Préface et sources d'Henri Bousquet (1910-1911)

Ce volume répertorie les années 1910 et 1911 soit 1400 titres. Les scénarios déposés dès 1907 à la Bibliothèque Nationale dans le cadre du Dépôt Légal, qu'il s'agisse de simples synopsis avec au dos une ou plusieurs bandes de photogrammes sur papier soit plus rarement des scénarios dits "conformes à la vue" sans photogrammes mais contenant une description plus complète du film avec indication des tableaux, sont, pour l'année 1910, très fragmentaires. Tous les sujets sans autre indication proviennent de cette source. Une deuxième source assez importante est celle des "Bulletins Pathé pour l'Amérique du Nord" du fond Rondel, disponibles à la Bibliothèque de l'Arsenal - Département des Arts et Spectacles de la Bibliothèque Nationale à Paris. La collection n'est cependant pas complète puisqu'elle va du n° 130 du 25 avril 1910 au n° l64 du 19 décembre 1910 avec un numéro manquant: le 145. Les sujets tirés de cette source portent la mention:Sujet dans le Bulletin Path avec son numéro et la date. Une source également importante me fut fournie par les comptes rendus de l'hebdomadaire anglais The Bioscope. J'ai également eu recours mais pour une part minime à la revue américaine The Moving Picture World (cinq scénarios). Ces sujets sont mentionnés par : Compte rendu The Bioscope (ou M.P.W)" avec la date du numéro de la revue. Le recueil factice de notices concernant les films pour le Pathé Kok et conservé à la Bibliothèque de l'Arsenal, quelques programmes du Cirque d' Hiver et de l'Omnia Pathé provenant soit de la Cinémathèque Française soit de la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris m'ont permis de retrouver une demi-douzaine de scénarios. Les sujets extraits de ces deux sources portent l'indication soit Sujet et Sortie: Cirque d'Hiver (ou Omnia Pathé)", soit Sujet dans Pathé Kok. Enfin, la collection des Pathé-Programmes du Théâtre-Pathé, 30, avenue du Keyser à Anvers, vendus 25 centimes aux spectateurs, et conservée à la Cinémathèque Royale de Belgique m'ont permis de compléter l'année 1910 non seulement pour les quelques scénarios qui me manquaient encore mais aussi pour un grand nombre de génériques surtout quant à l'interprétation. Les sujets tirés de cette source portent l'indication: Sujet dans Pathé Programme Anvers". L'année 1911, par contre, a été beaucoup plus simple à inventorier. Dès le début de 1911, Pathé lance une nouvelle publication: le Bulletin Hebdomadaire Pathé Frères dont la couverture en couleurs représente un superbe coq dessiné par un nommé Roubille. Ainsi, grâce d'une part à ces Bulletins dont les collections parfois amputées peuvent être consultés à la Bibliothèque de L'Arsenal, à l'antenne de Versailles de la Bibliothèque Nationale ou encore à la Bibliothèque de la FEMIS et d'autre part grâce aux scénarios très nombreux du Dépôt Légal conservés aux Archives du Film (CNC) et à la Bibliothèque de l'Arsenal, j'ai pu reconstituer cette année là dans sa totalité, Tous les sujets de 1911 proviennent donc du Dépôt Légal à trois exceptions près. Cependant, comme la quasi majorité d'entre eux se retrouvent dans les Bulletins Hebdomadaires illustrés et plus aisément accessibles, je l'ai indiqué par la mention: Sujet dans le Bulletin Pathé n° .. ," J'ai tenté également de suivre à travers les quotidiens de l'époque les sorties des films Pathé à Paris et en province. J'ai pu ainsi relever dans le quotidien Comœdia les sorties parisiennes à l'Omnia et au Cirque d' Hiver. En province, j'ai pu relever quelques sorties: à Lyon au Pathé Grolée, grâce au Nouvelliste des Concerts; à Limoges grâce au Courrier du Centre, qui dès l'ouverture d'un Cinéma Pathé le 25 février 1910 indiqua les programmes de cette salle; à Bordeaux où, en l'espace de quelques mois, au moins cinq salles furent ouvertes sous l'emblème du Coq, et dont les programmes étaient indiqués assez régulièrement dans les quotidiens La Petite Gironde ou Le Nouvelliste de Bordeaux. Dans cette dernière ville j'ai privilégié les deux principales de ces nombreuses salles: Le Théâtre National Pathé, 5, rue de l'Intendance qui figurera sous sa dénomination entière ou sous l'abréviation T.N.P. et le Cinéma Géant Pathé qui s'installait chaque été au Théâtre Français, les films sortis dans cette salle auront la mention "Théâtre Français". Enfin le 9 décembre 1910, le Théâtre de l'Alhambra à Rouen devenait le Théâtre Omnia et donnait sa première représentation cinématographique; cette inauguration était précédée par une causerie sur le cinéma par Mr Edmond Benoît Lévy; l'établissement se dotait d'un grand orchestre de 20 musiciens sous la direction d'un nommé Charles Pauchet. À partir de cette date, le quotidien La Dépêche de Rouen indiquera chaque semaine le programme de cette salle y compris le sommaire du Pathé-Journal. Le 21 juin 1910, le rédacteur inconnu chargé de la rubrique mentionnait que les bruits de coulisses sont exécutés avec une perfection absolue et que cela n'était pas le moindre attrait du spectacle. Il est à noter pourtant que les sorties en province se situaient deux mois et plus après les sorties parisiennes. Le 14 mai 1910, dans le n° 90 de Ciné-Journal, paraissait pour la première fois depuis la création de ce corporatif une annonce publicitaire des nouveautés de la Maison Pathé Frères en une page spéciale. Puis, régulièrement, les nouveautés Pathé figurèrent dans la rubrique Nouveautés Cinématographiques. Cette parution régulière m'a été d'un grand secours pour le suivi de la production de la Société. Je l'indique avec la mention: "Annoncé dans Ciné-Journal n° ... du .... Le décalage que l'on peut observer entre l'inscription dans le Registre Pathé, l'annonce dans Ciné-Journal et les dates de sortie parisiennes est pour l'instant sans réponse précise. Dans ces programmes hebdomadaires apparaît très tôt la mention "Comédie" pour désigner certaines bandes bientôt suivie par "Comédie dramatique" Peu à peu, également, le singulier prenait la place du pluriel dans l'indication des scènes. Dès lors, j'ai été amené à changer l'intitulé du genre et à adopter le singulier au lieu et place du pluriel utilisé dans le volume 1907-1908-1909. Dans le n° 105 du 27 août 1910 de Ciné-Journal paraissait un article de Georges Fagot sur The Japanese Film d'Art qui m'avait échappé lors d'un premier dépouillement de l'hebdomadaire: c'est donc en 1910 et non en 1911 qu'apparaît pour la première fois le sigle du Japanese Film avec Le Chatiment du Samouraï, contrairement à ce que j'écrivais dans mon article "Un Empire commercial" paru dans le volume 1907-1908-1909. Après la SCAGL, le Film d'Arte Italiana et le Film Russe, d'autres "marques", étrangères ou non, font leur apparition dans le Catalogue Pathé au cours des années 1910 et 1911 : American Kinema; Japanese Film; Comica; Nizza; Imperium Film; Germania Film; lberico Film dont le metteur en scène est Segundo de Chomón; Film Constantin Philipsen Copenhague; Modern Pictures pour laquelle plusieurs bandes seront réalisées par ... Camille de Morlhon; Hepwix. Si toutes ces firmes m'ont semblé être de "purs" produits Pathé, par contre la firme américaine Thanhouser Company quant à elle, n'a pas été, je crois, inféodée à la firme française. Créée en mars 1910 par Edwin Thanhouser la Thanhouser Company sera très '. présente sur le marché américain et aura une production importante jusqu'en 1918. Et alors que le label American Kinema est inconnu aux États-Unis, - le Catalogue de l'Amercian Film Institute n'en fait jamais mention -,les films de la Thanhouser y apparaissent très régulièrement. Ces films seront d'ailleurs présentés dans les scénarios déposés dans le cadre du Dépôt Légal avec l'intitulé significatif de "Produced by Thanhouser Company", intitulé que la firme n'a jamais employé pour les autres "marques"; c'est pourquoi j'ai écarté du Catalogue les films de la Thanhouser qui me paraissent n'avoir été que distribués par la Société Pathé Frères. Je n'en ai donc conservé, avec leur numéro de catalogue, que les titres et le métrage puisque ce Catalogue ne se veut qu'une tentative de reconstitution des œuvres produites, éditées ou commanditées par Pathé - comme ce fut le cas des six derniers films tournés par Georges Méliès en 1911 et 1912 et la dizaine de films produits par le Film d'Art en 1909 et 1910 mais édités par Pathé qui en conservait la "propriété exclusive", ainsi qu'une note parue dans Ciné-Journal du 9 avril 1910 le confirme. Je voudrais, pour terminer, ajouter quelques précisions:

1 - Tous les renseignements sur les films tournés par Francesca Bertini au Film d'Arte Italiana sont tirés de l'ouvrage de , Aldo Bernardini et Vittorio Martinelli Francesca Bertini 1892-1985. J'ai également utilisé l'ouvrage monumental d'Aldo Bemardini Archivio dei Cinema ltaliano - Volume 1 - Il Cinema muto

2 - Pour un certain nombre de bandes réalisées par la S.C.A.G.L., les renseignements sur les metteurs en scène, les interprètes et les dates de tournage proviennent d'un registre rédigé à la main et conservé dans les archives de la Cinémathèque Française.

3 - Pour les films tournés en Russie et présentés en France sous le label du Film Russe, j'ai conservé dans les titres et dans les textes des scénarios la translittération utilisée à l'époque par la firme qui faisait se terminer les noms russes par deux f. Par contre, pour les noms des écrivains, réalisateurs, interprètes, scénaristes, décorateurs ou autres j'ai utilisé la translittération d'aujourd'hui grâce au tableau proposé par Myriam Tsikounas dans son ouvrage sur les Origines du Cinéma Soviétique.

4 - L'indication de quelques noms d'opérateurs comme Jean Nedelec, François Le Noan ou Léo Lefebvre m'ont été fournis par des indications manuscrites insérées dans un recueil de notices de films destinés au cinéma de salon le Pathé KOK et que son possesseur M. Éric Lange m'a volontiers laissé compulser.

5 - Les attributions à Alfred Machin comme metteur en scène de la série des Fouinard avec Georges Vinter sont tirées de la monographie sur Alfred Machin de Francis Lacassin.

6 - Les noms des metteurs en scène et des interprètes de la filiale Pathé aux États-Unis proviennent du listing du Catalogue APl 1893-1910 en cours de réalisation à Washington que m'a aimablement communiqué Mme S. Dalton.

7 - Comme on pourra le constater, l'index des films englobe les deux années et facilite la recherche contrairement à l'erreur commise dans le précédent volume. Dans cet état d'esprit, aussi bien les articles indéfinis comme les articles définis ont été placés après les titres.

8 - Je n'indique que le titre français des films produits par les marques étrangères. Cette recherche supplémentaire, difficile et aléatoire des titres russes et américains en particulier m'aurait entraîné trop loin. Enfin, malgré toutes les relectures et vérifications, un certain nombre d'erreurs se sont sans aucun doute glissées dans ce catalogue. Je saurais gré, aux lecteurs de m'en faire part afin d'apporter les corrections nécessaires dans le dernier volume.

Henri BOUSQUET, 1994