L'Affaire Dreyfus   –  Lucien Nonguet  –  1908

Fiche générale

  • Numéro de film : 2237
  • Genre : Scènes dramatiques
  • Production : Pathé frères
  • Édition : Pathé frères
  • Réalisateur : Lucien Nonguet
  • Scénario : G. Zecca dit Rollini (d’après J. Mitry)

Production

  • Production : Pathé frères
  • Édition : Pathé frères

Fiche artistique

  • Réalisateur : Lucien Nonguet
  • Scénario : G. Zecca dit Rollini (d’après J. Mitry)

Fiche technique

Résumé et notes

  • Genre : Scènes dramatiques
  • Métrage : 370 m ; 1213.6 f.
  • Code télégraphique : Engeance

En savoir plus

Georges Sadoul dans le tome 3 de son Histoire Générale du Cinéma (page 302) écrit sous deux photographies du film  : “En 1908, ou dans les derniers mois de 1907, Pathé fit tourner une nouvelle version de l’affaire Dreyfus… Zecca dit avoir dirigé le film qu’il n’a peut-être fait que superviser. Ce film qui ne fut pas édité en France, fut largement distribué aux États-Unis” Dans son premier numéro du 15.8.1908, Ciné-Journal faisait paraître l’article que nous citons ci-dessous in extenso. Cet article de la “presse américaine” était le compte rendu du Moving Picture World du 4.7.1908. Un film historique - l’Affaire Dreyfus à l’usage américain. Il y a quelques mois, un ami de la maison Pathé Frères, nous informait confidentiellement que les metteurs en scène travaillaient avec énergie à la confection d’un “film historique” qui devait faire sensation dans le monde. À mots couverts, il nous confessa qu’il s’agissait de l’affaire Dreyfus. Or depuis, nous attendions, très recueillis, l’enfantement sans doute laborieux de ce “grand œuvre”. Pourquoi faut-il que l’Amérique nous l’ait ravi ? Ce sont, en effet, nos bons Yankees… qui s’en régalent aujourd’hui. Pourquoi ? Mystère et Pathé Frères. Voici dans quels termes la presse américaine analyse le film dont on nous avait dit qu’il serait l’expression même de la vérité. Nos lecteurs verront que la vérité - selon le mot célèbre - est en marche, mais qu’hélas, elle n’a pas pris le chemin de la rue Favart  : L’Affaire Dreyfus - Cette intéressante vue nous donne une vivante idée des principaux incidents de l’affaire Dreyfus qui troubla si violemment les milieux militaires français en 1894. Alfred-Henri Dreyfus, officier au Ministère de la Guerre, était accusé d’avoir vendu des secrets militaires à une puissance étrangère. Il fut jugé et reconnu coupable, d’après des preuves insuffisantes, puis condamné à la détention à l’île du Diable où il resta huit ans. Jusqu’au moment où l’influence de ses partisans démontra qu’il était victime d’un complot . Finalement, il fut gracié par le président Loubet et reprit sa place dans l’armée. Dans la première scène, on voit Estherazy s’emparer d’un papier sur le bureau d’Henry pour l’envoyer à Swartzkoppen. Henry le voit le prendre, mais n’en laisse rien savoir, parce que c’est lui qui a forgé le document et l’a mis juste à l’endroit où on pouvait s’en emparer. Un garçon du baron découvrit le document sur son bureau et le fit tenir au Ministre de la Guerre - qui soupçonne Dreyfus. Il fait venir ce dernier et le prie de signer son nom. Cela fait, il compare l’écriture avec celle du document et accuse Dreyfus de trahison. Il appelle des agents de la sûreté et Dreyfus est arrêté. Nous le voyons ensuite dans sa cellule où vient le voir sa fidèle femme convaincue de son innocence. Il est traîné devant le conseil de guerre et, après un rapide procès, condamné à une terrible sentence. Alors, il est dégradé en place publique et voit son sabre brisé sur le genou d’un officier, son supérieur. On l’emmène en prison, marqué comme un traître, et c’est une pathétique scène que celle de son départ pour l’île du Diable. On le voit dans sa solitude, alors qu’il passe son temps à regarder l’horizon, rêvant de sa famille dans la patrie lointaine. Enfin, après des années de souffrance, pendant lesquelles ses amis luttèrent pour sa justification, Henry avoue son faux et se suicide. L’heureuse nouvelle de la grâce arrive au prisonnier dans sa case et nous le voyons rentrer en France où il est replacé dans le grade qu’il avait précédemment dans l’armée” Et voilà justement comme on écrit l’histoire au cinématographe-monopole ! Ne croirait-on pas voir quelque vieille image d’Épinal dont se réjouissait notre enfance ? Un tel document au lieu de relever la faveur du cinéma est de nature à l’abaisser… mais quoi ? tout le monde n’est pas Michelet !”

Sources S. Dalton : Catalogue Pathé Des Années 1896 À 1914 (1907-1909), by Henri Bousquet |p 102-103

Date de la publication électronique : 13 octobre 2008
Sources :
  • Henri Bousquet, Catalogue Pathé des années 1896 à 1914, Bures-sur-Yvette, Editions Henri Bousquet, 1994-2004