Le Boucher de Meudon  –  1909

Fiche générale

  • Numéro de film : 2713
  • Genre : Scènes dramatiques
  • Production :Société cinématographique des auteurs et gens de lettres (SCAGL)
  • Édition : Pathé frères
  • Interprètes : Jacques Varennes (Lauriot le boucher)
    Melle Barat (Charlotte)
    Aimée Tessandier (la veuve Lauriot)
  • Scénario :Jules Mary

Production

  • Production :Société cinématographique des auteurs et gens de lettres (SCAGL)
  • Édition : Pathé frères

Fiche artistique

  • Scénario :Jules Mary
  • Interprètes :Jacques Varennes (Lauriot le boucher)
    Melle Barat (Charlotte)
    Aimée Tessandier (la veuve Lauriot)

Fiche technique

Résumé et notes

  • Genre : Scènes dramatiques
  • Métrage : 315 m ; 1033.2 f.
  • Code télégraphique : Géodésie

RÉSUMÉ

Dans une boucherie de Meudon, le fils Lauriot est fiancé à Charlotte la caissière. La veuve Lauriot qui avait couvé son fils d’une tendresse exclusive, sent croître dans son cœur la jalousie et la haine, à mesure que s’affirme la su­prématie de la femme aimée, préférée. Malgré les efforts des deux jeunes gens pour ramener ce vieux cœur aigri, pour apaiser cette défiance toujours en éveil, une guerre sourde se déclare entre les deux femmes et éclate un jour violemment au sujet d’une légère erreur commise par Charlotte au livre de comptes. La bouchère se répand en reproches amers, en insinuations calomnieuses et chasse la jeune fille. Celle-ci s’enfuit. Mais Lauriot apprenant ce qui s’est passé, court à la recherche de sa fiancée et la ramène de force, malgré sa résistance, à la boucherie, sous l’œil étonné du garde champêtre. Trois jours se sont écoulés. À l’extérieur de la boucherie, Lauriot prépare tristement l’étal. Cette fois, Charlotte est partie, bien par­tie, sans laisser un mot, ni une adresse. Le jour suivant, des paysans au travail dans un champ découvrent le corps de Charlotte caché sous une meule de paille. L’alarme est donnée. Un des hommes trouve un couteau de boucher. On ramène le corps et tout de suite Lauriot fou de douleur est accusé du meurtre. Il est emmené pour expier son crime. Sa mère le laisse emmener sans un mot. Mais sa conscience la terrasse et elle a une attaque de paralysie. La vision du crime passe et repasse devant ses yeux. Elle reçoit une lettre de son fils qui lui annonce sa condamnation à mort pour un crime qu’il n’a pas commis. Elle demande alors un bout de papier sur lequel elle écrit : “Mon fils est innocent, c’est moi qui ai tué Charlotte” Sa confession arrive juste à temps pour sauver Lauriot de la guillotine. Il revient chez lui pour y trouver sa vieille mère si pitoyable avec ses cheveux blanchis et ses mains tremblantes qu’il l’absout dans un geste de pitié tandis qu’elle meurt.

En savoir plus

Compte rendu  : M.P.W., 31.7.1909 Dans sa communication au colloque Griffith en janvier 1983  : De la fumerie d’opium au théâtre de la moralité - discours moral et conception du septième art dans le cinéma primitif américain Tom Gunning cite à propos de la censure aux États-Unis instituée à partir de mars 1909, le rapport du 10 mai  : Un film a été autorisé à condition que les changements suivants soient effectués Le Boucher de Meudon Pathé. Ce film représente le summum du sor­dide et de nombreux partisans de la Censure exigeraient qu’il fut totalement interdit. Cependant, après avoir exa­miné ce film pendant deux jours, la Commission a décidé de l’approuver avec les modification suivantes  : 1 -  Couper la lettre que le fils envoie à sa mère, “Je suis condamné etc”. Remplacer soit par un titre tel que Remords, soit ne pas laisser de titre du tout. Autrement dit, une certaine leçon morale est rajoutée au film si on laisse à croire que le remords après les faits incriminés agit sur la mère ; or, cette interprétation était neutralisée par l’épître en question. 2 -  Il y a deux visions  : dans la première, la femme voit le souvenir de la scène du meurtre, et dans la seconde, elle se rappelle la dissimulation du corps de la victime dans les foins. Couper la première vision, représentant la scène du meurtre. 3 - Dans la scène de la prison immédiatement avant l’aveu de la mère, il y a un plan morbide montrant la chemise de l’homme en train d’être découpée avant qu’il passe sous la guillotine. Éliminer ce plan ; il n’est pas partie prenante de l’intrigue et est horrible de manière totalement gratuite dans un récit déjà trop horrible en lui-même. Il suffit donc de couper quelques mètres de pel­licule - le moment où les gardiens de prison déchirent le vêtement de l’homme… (D.W. Griffith - Colloque International - sous la direction de Jean Mottet - Éditions L’Harmattan, Paris, Décembre 1984) Le Moving Picture World du 21.8.1909 dans sa rubrique “Comments on the subjects” écrit à propos de ce film  : À Pathé film d’art which will unquestionably take high rank in the silent drama. Perhaps nothing better has been done in some ways, though other pictures might please better than this, which has a murder and a death from remorse to make its details more or less harrowing… It is difficult to describe the power of the acting in this drama. The facial expressions, the gestures, all are parts of one of the most attractive pictures seen in weeks, even though it has a succession of horrors. Perhaps this proves that it is not so much that tragedy is offered, as it is the way it is offered. In this instance so good is the acting that one lives the scenes with the participants and it seems to follow as a natural sequence that certain events must occur. It is difficult to see how the picture could be improved. The staging, the photographic quality, the acting are all parts of a harmonious whole which should be seen by every lover of moving pictures… It seems perfect in every sense and may well be considered as the acme of the motion picture art…

Sources S. Dalton : Catalogue Pathé Des Années 1896 À 1914 (1907-1909), by Henri Bousquet |p 162

Date de la publication électronique :14 October 2008
Sources :
  • Henri Bousquet, Catalogue Pathé des années 1896 à 1914, Bures-sur-Yvette, Editions Henri Bousquet, 1994-2004