image description

Le redéploiement sur les activités d’exploitation (1970-1990)

Cette période de l’histoire de Pathé est marquée par la réorganisation et le repli de ses activités. Elle s’achève par la période troublée de sa prise de contrôle par Giancarlo Paretti fin 1988), suivie de l’ouverture d’une nouvelle ère, avec l’acquisition en 1990 de Pathé par le groupe diversifié Chargeurs, dirigé par Jérôme Seydoux. lire la suite...

Sous la direction de Pierre Cabaud, arrivé à la tête de la maison en 1966, puis de Pierre Vercel, qui lui succède en 1969, le groupe avait choisi de se concentrer sur l’exploitation des salles, la distribution et la production de films de fiction et de documentaires pour la télévision. Pathé a peu à peu abandonné la production de cinéma depuis le milieu des années 60 pour cesser complètement au début des années 1970.

L’activité de distribution de Pathé se poursuit mais, à quelques exceptions : Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil (Jean Yanne, 1972), L’Horloger de Saint-Paul (Bertrand Tavernier, 1974), elle est plutôt exercée en partenariat, avec Sirius et UGC dans la Compagnie française de distribution cinématographique. Pathé conserve néanmoins son patrimoine propre de films, qui en fait un acteur important du marché français.

Pour enrayer la baisse de fréquentation des salles de cinéma due notamment à la concurrence de la télévision, Pathé modernise son parc d’exploitation, vend les petites salles de quartier et dédouble les très grandes salles devenues inadaptées (Pathé Marignan, Pathé Wepler, Pathé Palace de Lyon). Elle multiplie ainsi le nombre d’écrans, mettant en place les premiers complexes en France.Au début des années 1980, le GIE Pathé-Gaumont est le premier consortium de programmation en France, alimentant plus de 700 salles. A la suite de la loi Lang contre les trusts, Pathé se sépare de Gaumont en 1983 et s’associe avec Edeline Indépendants : avec plus de 400 salles, les nouveaux associés se retrouvent à la tête du plus grand nombre d’écrans en France, devant UGC et Gaumont. Pathé délaisse la production cinématographique et arrête également l’activité de location des studios (ceux de Franstudio ferment en 1971) mais investit en revanche la production télévisuelle. Dès les années 1960, les feuilletons réalisés par sa branche télévision font les belles heures de l’ORTF : Le Chevalier de Maison-Rouge (Claude Barma, 1963), Belphégor (Claude Barma, 1965), Arsène Lupin (Jean-Pierre Decourt, 1969-1970), Nana (Maurice Cazeneuve, 1981). A côté des films de fictions, les séries documentaires enrichissent le catalogue de la maison : Les Grandes batailles (Henri de Turenne et Daniel Costelle, 1973), C’était hier (Henri de Turenne et Daniel Costelle, 1973), L’Aventure de l’art moderne (Carlo Villardebo, 1978-1980).

En 1988-1989), la société traverse une période difficile. Cotée en bourse, elle a pour actionnaire principal le groupe Rivaud depuis 1966. Celui-ci, en septembre 1988), cède 52 % de ses parts à une société suisse, la SASEA, spécialisée dans la reprise de sociétés en difficulté et associée à l’homme d’affaires italien Giancarlo Parretti. Ce dernier, qui devient alors vice-président de Pathé, mène une politique ambitieuse (rapprochement avec la société britannique Cannon, projet d’un réseau de distribution pan-européen, création d’une société américaine Pathé Communication). La cession des parts du groupe Rivaud à Parretti donne lieu à un débat juridique, politique et médiatique, car des doutes existent sur l’origine de ses capitaux. Le gouvernement français tente d’abord d’empêcher cette prise de contrôle en faisant jouer son droit de bloquer des investissements étrangers d’origine non communautaire. Finalement, soutenus par l’ensemble de la profession, qui craint un démantèlement de Pathé et sa transformation en structure d’acquisition et de commercialisation des films américains, les pouvoirs publics prononcent le classement des Actualités Pathé, ce qui interdit leur transfert à l’étranger.

La bataille juridique opposant Giancarlo Parretti à l’Etat français engagée, de nouveaux candidats au rachat se présentent. Le 1er août 1990, Pathé Cinéma est acquis par Chargeurs, groupe industriel diversifié dirigé et contrôlé par Jérôme Seydoux, qui a mis la communication et les métiers de l'image parmi ses axes de développement prioritaires.

Dans le domaine du cinéma, Chargeurs détient déjà 50 % de Renn Productions, société de production fondée en 1963 et animée par Claude Berri, qui elle-même détient le capital de la société de distribution en salles AMLF. Renn Productions est notamment le producteur de Le vieil homme et l’enfant (Claude Berri, 1967), Histoire simple (Claude Sautet, 1978), Tess (Roman Polanski, 1979), Tchao Pantin (Claude Berri, 1983), Le fou de guerre (Dino Risi, 1985), L'Ours (Jean-Jacques Annaud, 1988), Valmont| (Milos Forman|, 1989) et Uranus, (Claude Berri, 1990).

De son côté, Chargeurs est à l'origine, en 1985, de la Cinq, première chaîne de télévision privée commerciale et gratuite en France. Elle a rapidement connu le succès, mais sa concession a été prématurément résiliée par le gouvernement en février 1987. Chargeurs a également fondé British Satellite Broadcasting (BSB) avec Pearson et Granada, premier bouquet de télévision payante par satellite en Europe. Il devient BSkyB après sa fusion avec Sky TV de Rupert Murdoch en 1990 (Chargeurs en détient 17,5%), et connaît un grand succès commercial. ...replier le texte