L'Occident   –  Henri Fescourt  –  1928

Fiche générale

  • Pays de production : France
  • Genre : Aventure
  • Production : Société des Cinéromans - Films de France
  • Distribution : Pathé Consortium Cinéma
  • Réalisateur : Henri Fescourt
  • Interprètes : Claudia Victrix Jacques Catelain
    Lucien Dalsace André Rolane
    H. de Bagratide Paul Guidé
    Pierre Labry Jeanne Méa ...
  • Scénario : d'après Henri Kistemaeckers

Production

  • Pays de production : France
  • Production : Société des Cinéromans - Films de France
  • Distribution : Pathé Consortium Cinéma

Fiche artistique

  • Réalisateur : Henri Fescourt
  • Scénario : d'après Henri Kistemaeckers
  • Interprètes : Claudia Victrix Jacques Catelain
    Lucien Dalsace André Rolane
    H. de Bagratide Paul Guidé
    Pierre Labry Jeanne Méa
    Renée Veller Raphaël Liévin
    Raymond Guérin

Fiche technique

  • Son : muet

Résumé et notes

  • Genre : Aventure

RÉSUMÉ

Hassina, prisonnière avec sa soeur Fathima de l'émir Taïeb , s'éprend au lieutenant de vaisseau Cadières qu'elle a sauvé Il l'emmène chez lui, en France, à Toulon. Mais Taïeb, déchu, est venu à Marseille pour sa vengeance acev Fathima, qui en sera l'instrument. Déguisé en marchand de tapis misérables, il peur communiquer avec Hassina, à qui il persuade que Cadières est l'assassin de sa soeur et qu'elle doit la tuer. Hassina se refuse cependant au geste vengeur. Mais, prête à fuir avec un ami de Cadières qui la courtise, voulant se venger quand même, croyant à cette bassesse monstreuse d'un homme qui l'aime, elle ne comprend la cruauté et la duplicité de Taïeb que lorque sa soeur, adoptée par un marin, lui est rendue. Taïeb a-t-il failli à l'honneur de sa race? (Sujet Cinémagazine N° 51, 21 décembre 1928).

En savoir plus

Ce fut une grande première. Marivaux accueillait en une salle toute neuve, peinture et fauteuils, le Tout-Paris. On présentait L'Occident. Ce film dont toute la première partie se déroule au Maroc se devait d'être marocain, il le fut non seulement par ses images, mais par la nouba et les trompettes de 6e et 24e spahis qui, sur la scène firent entendre les plus ardentes marches de leur vibrant répertoire , qui font frémir tous ceux qui furent cavaliers de spahis... même quand, comme moi, ils devenus des territoriaux. Aux fauteuils, au balcon, dans les loges, le Tout-Paris: des artistes, des gens du monde, des journalistes et des écrivains - toilettes chatoyantes, smokings ou habits noirs. M. Painlevé, ministre de la Guerre et le général Carence semblaient de leur présence encourager tous les réalisateurs de L'Occident. pour montrer nos soldats du bled en action tandis que de son fauteuil, M. Steeg, résident général de France au Maroc, continuateur et réalisateur, disait disait le fruit de l'effort de Drude, de l'Amade et de Lyautey. Le général Decoin, commandant la division de spahis de Compiègne ne pouvait trouver aucune critique à la charge de spahis réalisée sur l'écran, tandis que M. Charles Pathé, dans la loge de M. Sapène, applaudissait le Provence en action. Bref, une belle salle, une salle chic - une salle de grande première.M. Henry Kistemaeckers a quelque peu modifié le scénario de sa pièce, L'Occident, que créa Suzanne Desprez, et qui fut déjà tourné jadis par Capellani avec Nazimova. ...Le film se termine par un mariage ou un baiser à l'américaine, ce qui eût été franchement ridicule, mais la dernière image s'estompe sur des mots de pardon et de douceur, lourds de fatalité et d'amour, prélude d'autres mots...Claudia Vitrix a incarné Hassina. Lourde tâche en vérité. Cette artiste riche d'une intelligente sensibilité a réussi à rendre le conflit de la primitive Marocaine prise entre son amour pour le roumi, son vainqueur, et l'atavisme de sa race. Auprès d'elle, Jaque Catelain, jeune enseigne de vaisseau, se montra tendre et Lucien Dalsace , âpre, violent, officier sans peur, comme sans reproches. H. de Bagratide passé maître en l'art du maquillage mérite une mention spéciale pour sa composition du rôle de Taïeb. Paul Guidé, sut commander avec autorité la cuirassé Povence et Renée Veller, une des lauréates du dernier concours de Cinémagazines, en fiancée douloureuse nous montre un visage bouleversé - qui est beau. La petite Andrée Rolane, déjà si appréciée, incarne avec émouvante grâce le personnage de Fathima, la jeune soeur d'Hassina. Citons encore Mme Jeann Méa, MM. Liévin, Terrore, Labry, Raymond Guérin. Mais parmi les interprètes du film il serait injuste de ne pas citer nos matelots, nos spahis, les tirailleurs sénégalais, et les hommes de la légion étrangère qui, dans un combat admirablement réglé, bousculèrent le pillards de Taïeb. La mise en scène est d'Henri Fescourt, un maître à qui l'on doit les Misérables. Elle mérite d'être louée. Le combat, nous l'avons dit, est admirable de vérité, mais le réalisateur a su aussi se servir des bâtiments de la flotte, de leurs canons pointant dans le ciel, de leur vie enfin pour rendre intensément une oeuvre où ceux du bled jouent un si beau rôle. Il y a, enfin, dans la première partie, des paysages marocains qui rappellent les plus belles prises de vues des Misérables. (Dans Cinémagazine N° 40, 5 octobre 1928).

"La politique sérieuse et courageuse de production inaugurée par les Cinéromans il y a quelques années et jamais interrompue depuis continue à porter ses fruits. Voici aujourd'hui L'Occident, réalisé par Henri Fescourt, d'après le drame célèbre de Kistemaeckers. Ce film, qu'on se le dise bien, est le résultat de toute une organisation puissante et intelligemment ordonnée, car il constitue, dans l'état actuel des choses et dans le domaine des grandes productions populaires, le summum de ce que peut donner le cinéma français. La valeur de L'occident en tant que spectacle d'écran dépasse ce qu'on pouvait en attendre. Or il est indéniable que la grande majorité du public vient surtout chercher au cinéma un spectacle dont l'agrément se mesurera en partie à ses bonnes dispositions. Traité objectivement beaucoup plus psychologiquement le drame de Kistemaeckers gagne en surface ce qu'il perd en profondeur. Tout est fait là pour l'enchantement des yeux. Pourquoi demanderions-nous davantage? Admirablement découpé et monté, le film plaît non par ce qu'il suggère, mais par ce qu'il montre. Nous suivons cette brillante succession d'images enchaînées et notre plaisir ne se mêle d'aucun regret. C'est là le privilège des ouvres qui ne cherchent qu'à plaire sans avoir la prétention d'étonner. Le spectacle pur dans L'Occident est traité avec une ampleur artistique et technique exceptionnelle. Toute la première partie du film qui a été tournée dans le désert est extraordinaire de vie, de mouvement, avec cette charge finale dont les prises de vues au ralenti et de haut furent longuement applaudies. " ("Un Gros effort Français: L'Occident", Cinéa-Ciné N° 19, 1928).


  • Sortie : 21/12/1928
Date de la publication électronique : 10 mars 2010
Sources :
  • Cinéa-Ciné, Revue de l'Art cinématographique, année 1928, Série N° 119, 15 octobre 1928.
  • Cinémagazine N° 40, 5 octobre 1928.
  • Cinémagazine N° 51, 21 décembre 1928.