Le Ruisseau  –  René Hervil  –  1929

Fiche générale

  • Production :Eclair
  • Distribution : Paramount
  • Réalisateur :René Hervil
  • Interprètes : Louise Lagrange
    Luicien Dalsace
    Olga Day
    Felix Oudart
    Tony D'Algy
    René Lefebvre
    Pépé Bonis
  • Adaptation :d'après la pièce de Pierre Wolff (comédie en 3 actes)

Production

  • Production :Eclair
  • Distribution : Paramount

Fiche artistique

  • Réalisateur :René Hervil
  • Adaptation :d'après la pièce de Pierre Wolff (comédie en 3 actes)
  • Interprètes :Louise Lagrange
    Luicien Dalsace
    Olga Day
    Felix Oudart
    Tony D'Algy
    René Lefebvre
    Pépé Bonis

Fiche technique

Résumé et notes

RÉSUMÉ

Paul Bréhant, peintre célèbre, a dans sa vie un grand amour, Madeleine Granval, riche, divorcée et femme du monde. Celle-ci, confiante sans doute dans le vieux dicton qui prétend que l'amour a un bandeau sur les yeux, ne se gêne pas pour tromper consciencieusement Paul Bréhant, jusqu'au jour où celui-ci finit par s'en apercevoir. Explications, séparation. Paul Bréhant, pour se consoler, va faire la fête dans les boîtes de Montmartre. Il y rencontre une "petite femme", Denise Fleury, fille de famille honorable, entraînée là par la misère et la faim; une amitié, qui ne tard pas à évoluer en amour, les rapproche. Mais Madeleine Granval réussit pour un soir à reprendre Paul Bréhant. Va-t-il abandonner Denise, qui déjà s'apprête à partir? Non. Comprenant la délicatesse qui se cache dans cette âme et, sans souci de l'opinion d'autrui, il lui demande de toujours rester avec lui. (Sujet dans Cinémagazine N° 37, 13/11/1929).

En savoir plus

Note 1: Ce n'est pas là vraiment le meilleur film de René Hervil, qui nous a donné, par ailleurs, assez de productions réussies et charmantes pour que nous ne doutions pas un seul instant de son grand talent de réalisateur, mais il faut bien cependant avouer que nous n'avons pas retrouvé dans Le Ruisseau, toutes les qualités d'émotion, de fine sensibilité et d'ironie spirituelle qui firent , par exemple, le succès de Minuit.... place Pigalle. On avait prononcé, pour ce dernier film, le mot, souvent galvaudé mais dans ce cas parfaitement juste, de chef-d'oeuvre. Disons que Le Ruisseau se contente d'être une oeuvre agréable. C'est que là pièce de Pierre Wolff qui sert d'argument au film a, par elle même, beaucoup vieilli; on ne s'apitoie plus, tout au moins avec la même sensibilité paternelle, sur les malheurs de la fille perdue. Depuis la guerre, la femme a gagné dans la société une place qui la pose presque un égale de l'homme et, de nos jours, une jeune fille qui se trouve sans ressources n'est pas obligatoirement entraînée au ruisseau. N'admettant donc plus les motifs qui font agir le personnage central du drame, le spectateur de 1929 n'a plus les mêmes raisons que celui qui assista à la création de la pièce, de pleurer sur les souffrances de l'héroïne. C'est encore une erreur d'adaptation, puisque les réalisateurs se trouvent obligés d'emprunter au domaine littéraire et théâtral; qu'ils le fassent dans ses oeuvres répondant au moins à un esprit plus actuel, nos jeunes auteurs ne manquent ni de talent ni d'imagination. Mais, pour l'amour du cinéma! qu'on ne s'obstine pas à exhumer les succès qui ne répondent plus à nos goûts. L'écran n'est tout de même pas fait uniquement pour perpétuer les gloires du répertoires.

Note 2: Nanti d'une semblable affabulation René Hervil s'est attaché, avec beaucoup de métier, à la rendre vivante. Les scènes de dancing sont animées avec vérité, il faut également signaler un passage, celui-là très réussi: l'arrivée dans une pension bourgeoise de la Côte d'Azur de la lettre en tête d'un bar de la rue Pigalle; c'est de la meilleure observation. La photographie est lumineuse et met bien en valeur les quelques paysages qui viennent aérer l'action. Quant à l'interprétation, choisie avec ce souci très "Comédie Française" des chefs d'emploi, elle groupe Lucien Dalsace, jeune premier, Louise Lagrange, fille malheureuse, et Olga Day, élégante. Autour de ces trois interprètes principaux, le restant de la distribution joue avec tact et homogénéité. Un film que l'on regarde sans ennuie - ce qui est déjà quelques chose - mais qui manque tout de même un peu trop d'originalité et de nerf. De ce nerf dont pourtant son auteur a la réputation d'être si prodigue. (Dans Cinémagazine N° 37, 13/11/1929).

  • Sortie : 01/10/1929 au Paramount
Date de la publication électronique :23 mars 2010
Sources :
  • Cinémagazine N° 37, 13/11/1929
  • Cinéa pour tous 01/10/1929