Uranus  –  Claude Berri  –  1990

Fiche générale

Affiche
  • Pays de production : France
  • Genre : Drame
  • Durée : 96 minutes
  • Production : Renn Productions
    Films A2...
  • Numéro de visa : 73247
  • Distribution : A.M.L.F
  • Réalisateur : Claude Berri
  • Interprètes : Michel Blanc (René Gaigneux)
    Gérard Depardieu (Léopold Lajeunesse)
    Jean-Pierre Marielle (Archambaud)
    Philippe Noiret (Watrin)
    Gérard Desarthe (Maxime Loin)
    Michel Galabru (Monglat)...
  • Scénario : Claude Berri
    Arlette. D'après le roman de Marcel Aymé Langmann
  • Adaptation : publié en 1948 aux Editions Gallimard D'après le roman "Uranus" de Marcel Aymé
  • Producteur exécutif : Pierre Grunstein
  • Directeur de production : Patrick Bordier
    Jacqueline Tolianker ...
  • Directeur de la photographie : Renato Berta
  • Chef opérateur : Jean-César Chiabaut (cadreur)
    Jean-Paul Toraille (assistant opérateur)...
  • Compositeur de la musique : Jean-Claude. Thème d'Uranus Petit d'après la Fantaisie pour piano KV 475 de Mozart
  • Monteur : Hervé de Luze
    Roberto Garzelli (assistant monteur)...
  • Chef décorateur : Bernard Vézat
    Than At Hoang (assistant décorateur)...
  • Costumier : Caroline de Vivaise
    Paule Mangenot ...

Production

  • Pays de production : France
  • Production : Renn Productions
    Films A2
    D.D. Productions
    Sofica Investimage
  • Distribution : A.M.L.F
  • Producteur exécutif : Pierre Grunstein
  • Directeur de production : Patrick Bordier
    Jacqueline Tolianker
    Pierre Trémouille (directeur financier)
    Catherine Staub (administration)
    Stella Mihidukulasooriya (administration)
    Lise Boorn (secrétaire de production)

Fiche artistique

  • Réalisateur : Claude Berri
  • Scénario : Claude Berri
    Arlette. D'après le roman de Marcel Aymé Langmann
  • Adaptation : publié en 1948 aux Editions Gallimard D'après le roman "Uranus" de Marcel Aymé
  • Scripte : Hélène Sebillotte
  • Interprètes : Michel Blanc (René Gaigneux)
    Gérard Depardieu (Léopold Lajeunesse)
    Jean-Pierre Marielle (Archambaud)
    Philippe Noiret (Watrin)
    Gérard Desarthe (Maxime Loin)
    Michel Galabru (Monglat)
    Fabrice Luchini (Jourdan)
    Daniel Prevost (Rochard)
    Florence Darel (Marie-Anne)
    Danièle Lebrun (Mme Archambaud)
    Myriam Boyer (Maria Gaigneux)
    Josiane Leveque (Andréa)
    Dominique Bluzet (Michel Monglat)
    Yves Afonso (le brigadier)
    Ticky Holgado (Megrin)
    Hervé Rey (Pierre)
    Vincent Grass (Ledieu)
    Alain Stern (Charles Watrin)
    André Chaumeau (le policier)
    Bernard Ballet (le capitaine)
    Paul Doumer (le gardien)
    Gérard Bole de Chaumont (Gallien)
    Patrice Mellenec (Montfort)
    Thierry Theoleyre (Alfred)
    André Charrondière (le maire)
    Daniel Dedieu (le curé)
    Lydie Lorente
    Sabine Lorente
    Morgan Formes
    Prune Semof (enfants Gaigneux)

Fiche technique

  • Photographie : Renato Berta
  • Chef opérateur : Jean-César Chiabaut (cadreur)
    Jean-Paul Toraille (assistant opérateur)
    Catherine George (assistant opérateur)
  • Compositeur de la musique : Jean-Claude. Thème d'Uranus Petit d'après la Fantaisie pour piano KV 475 de Mozart
  • Directeur musical : Jean-Claude Petit
  • Ingénieur du son : Louis Gimel
    Dominique Hennequin
    Matthieu Imbert (assistant son)
  • Trucages : Euro-titres
  • Monteur : Hervé de Luze
    Roberto Garzelli (assistant monteur)
    Nadia Sassi (assistant monteur)
    Laura Harrison (assistant monteur)
    Sylvie Gautrelet (assistant monteur)
    Michèle Hubinon
    Jacqueline Mariani (montage dialogues)
    Denis Coq
  • Chef décorateur : Bernard Vézat
    Than At Hoang (assistant décorateur)
    Jean-Marc Druais
    Jean-Pierre Cognard
    Valérie Lacruz
    Alexandre Putman
    Eric Brouillet
    Danielle Lagrange (décoratrice exécutante)
  • Costumier : Caroline de Vivaise
    Paule Mangenot
    Gil Noir
    Coralie Renaud (stagiaire)
    Caroline Staub (stagiaire)
    Dylan Mc Neil (stagiaire)
    Christiane Fageol (habilleuse)
    Yvette Bonnay (habilleuse)
    Hélène Robin (habilleuse)
    Gérard Staub (habilleur)
  • Son : Dolby Stéréo
  • Monteur son : Michel Klochendler
  • Décors : Tournage à Maringues et Ambert (Puy-de-Dôme).
  • Maquilleur : Jean-Pierre Eychenne
    Marianne Colette
    Patrick Villain (coiffure)
    Nadine Dumas (coiffure)
  • Casting : Gérard Moulevrier
    Pascale Beraud (assistante)
    Catherine Deserbais
  • Photographe de plateau : Benoît Barbier
  • Régisseur : Marc Vade
    Francis Barrois
    Pascal Richez
    Pierre Bergasse
    Stéphane Roux
    Bertrand Soupey
    Grégoire Lasalle
    Frédérique Lauzier
    Catherine Leclou
    Dominique Treibert (régie d'extérieurs)
    Valérie Leblanc (régie d'extérieurs)
    Jean Cirla (régie d'extérieurs)
    Jean-Paul Camail (régie d'extérieurs)
  • Chef machiniste : André Boiladoux
    André Haidant
    Jean Onno
    Jean Guérif
    Thierry Fonteny
  • Assistant réalisateur : Eric Bartonio
    Thierry Verrier
    Alain Agostini
    Natalie Engelstein
    Thomas Langmann
    Laura Waddington
  • Laboratoire : Eclair
  • Laboratoire de mixage : Eric Tisserand (assistant mixage)

Résumé et notes

  • Genre : Drame
  • Durée : 96 minutes

RÉSUMÉ

Printemps 1945. Une petite ville de province est détruite par les bombardements. Tout le monde devrait se réjouir que la guerre soit enfin terminée mais entre les communistes et les « collabos » la paix a bien du mal à s'installer. La tension monte lorsque la communauté apprend que Maxime Loin, auteur d'articles pro-hitlérien pendant l'Occupation, est revenu et se cache quelque part dans la ville… D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Entretiens issus du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé :

Claude Berri (réalisateur)

  
                  

Il y a un aspect directement polémique dans le livre de Marcel Aymé, avec une attaque en règle contre les communistes.

Marce Aymé s'en prend à l'hypocrisie, aux faux résistants. Dans le contexte de l'époque, il centre plus particulièrement son attaque sur les communistes. Aujourd'hui, après les changements qui s'opèrent, il est un petit peu trop facile de taper sur eux. Je n'ai pas oublié qu'à l'époque mon père votait communiste, comme énormément de gens pour qui le marxisme représentait un espoir gigantesque. C'est pour cela que j'ai modifié le personnage de Gaigneux. J'en ai fait un démocrate, un homme qui rêve encore de changer le monde avec des bulletins de vote. Le marxisme est une grande idée, le malheur c'est toujours ce que les hommes font du pouvoir. On en revient toujours aux hommes. Uranus est une histoire à hauteur d'hommes. Je me suis toujours demandé ce que j'aurais fait si j'avais eu vingt ans pendant la guerre. Dans un autre film peut-être, j'essaierai d'y répondre. Là n'était pas le propos. Il n'y a pas de juifs non plus. A cette question, j'ai déjà répondu dans Le vieil homme et l'enfant.

  
                  

Avez-vous mis au point des principes de mise en scène?

  
                  

Le principe c'est : les acteurs d'abord. Il faut serrer au plus près les personnages, surtout lorsqu'ils sont une dizaine d'égale importance. Tout en conservant un certain équilibre entre eux, il faut veiller à la lisibilité du récit qui se déroule sur plusieurs plans à la fois. Il faut aimer tous les personnages et leurs interprètes et tourner chaque scène comme si elle était la plus importante du film. J'ai préféré tourner en extérieur. Pour moi, le cinéma, c'est une équipe qui part en voyage, qui vit à l'écart du monde en se consacrant au film. Un film, c'est un travail d'équipe. Je me concerte volontiers avec le chef opérateur, le scripte, le décorateur, le monteur pour finalement décider moi même. Mais je suis très attentif aux suggestions de mes collaborateurs.

  
                  

En écrivant l'adaptation, n'étiez-vous pas obligé d'instaurer une hiérarchie entre les personnages?

  
                  

Non, c'est un film chorale où chaque personnage a son rôle à jouer. Tous ont une épaisseur. On sent que Marcel Aymé qui n'enjolive pas et voit plutôt les hommes d'un oeil noir, conserve une sorte de tendresse pour chacun d'eux.

Hervé de Luze (chef monteur)

  
                  

En montant le film, vous êtes-vous contraint à donner le maximum d'informations historiques pour faciliter la compréhension du public de cette période?

  
                  

Au contraire. Nous avons pris le parti de n'être pas didactique, et j'ai plutôt essayé de gommer toutes les références trop précises à la situation politique de l'époque. Le but était de tirer le film du côté de la fable universelle, ce qui est je crois la vraie nature du texte de Marcel Aymé.

  
                  

Avez-vous rencontré des problèmes de construction au moment du montage?

  
                  

Ils étaient résolus par le scénario. Au moment de l'écriture, Claude Berri avait cherché à limiter la dispersion des situations en les inscrivant dans une unité chronologique très stricte, qui respecte l'écoulement des jours et des nuits. Les quelques variantes minimes dans l'ordre des scènes tiennent à des raisons esthétiques, pour mieux alterner les séquences d'intérieur, de ville et de campagne, mais pas à des raisons dramatiques. Le problème d'Uranus n'est pas un problème de construction mais un problème de rythme : tous les comédiens n'ont pas le même phrasé, le même tempo, il s'agit d'homogénéiser sans uniformiser.

Renato Berta (directeur de la photographie)

  
                  

Avez-vous participé à la préparation du film?

  
                  

C'est un des avantages d'une structure comme Renn Productions, on n'hésite pas à y investir en amont. J'ai donc pu travailler avec Bernard Vezat, le décorateur, dès les repérages. J'ai tourné énormément, en vidéo, pour pouvoir soumettre des propositions visuelles à Claude Berri. Avec Claude et Bernard, et Caroline de Vivaise qui s'occuppe des costumes, nous nous sommes mis d'accord sur l'ambiance générale de ce qui apparaîtrait à l'image, sur les couleurs dominantes par exemple (...) Pour mieux saisir les différentes nuances de chaque personnage, j'ai eu la possibilité de travailler avec deux caméras, non seulement munies de deux focales différentes, mais sur deux axes. Ce qui offre un matériel très riche pour le montage, et toujours raccord.

  
                  

Les protagonistes importants du film sont aussi, presque tous des hommes.

  
                  

C'est reposant pour un chef opérateur de ne pas avoir à éclairer une star féminine, on a toujours peur qu'elle ne se trouve pas assez mise en valeur. Mais finalement, parmi tous ces hommes, un des effets les plus saisissants est certainement la manière dont ressort la grâce de Florence Darel : au milieu de tous ces personnages masculins pas particulièrement reluisants, elle éclate comme une fontaine lumineuse de jeunesse.

Bernard Vezat (chef décorateur)

  
                  

Comment avez-vous approché l'univers d'Uranus?

  
                  

Je connais bien Marcel Aymé, c'est un de mes auteurs favoris, donc j'étais familier de son atmosphère. Et nous sommes tout de suite tombés d'accord Claude Berri et moi pour traiter le film comme une fable, et non comme une reconstitution d'époque. Dans le film, ce sont les personnages qui comptent le plus, pas la période. Ensemble, nous avons établi une hiérarchie entre les décors : le principal, celui qui organise tout le film, ce sont les ruines. C'est parce que la moitié de la ville est en ruines que tous ces gens se retrouvent les uns sur les autres, et que le drame se noue.

  
                  

Comment se sont passés les repérages?

  
                  

Le but était de trouver une petite ville sans caractéristique régionale particulière, qui puisse figurer la province française en général. Une ville qui n'ait pas trop évolué depuis la fin de la guerre, et où il ne vient pas trop de touristes en été, puisque nous devions tourner en juin-juillet. Enfin et surtout une ville comportant un grand espace vide, où on puisse installer les ruines. Pour trouver un pareil lieu, j'ai sillonné le centre et le sud de la France, pendant qu'un assistant explorait l'ouest et un autre l'est. En comparant les résultats de nos recherches, nous avons choisi Maringues, dans le Puy de Dôme, que j'avais découvert par hasard. Maringues m'avait semblé convenir : c'est une bourgade qui non seulement a peu changé depuis quarante ans, mais qui est passée de 6.000 à 2.500 habitants : beaucoup de maisons étaient inoccupées et nous pouvions les utiliser sans embêter personne. Il y avait très peu d'antennes de télé et autres accessoires modernes, la plupart des magasins pouvaient jouer dans le film sans qu'il n'y ait rien à changer. Surtout, la ville était de plein-pied en contact avec la campagne, et il y avait cet immense Mail, emplacement d'une ancienne foire aux bestiaux très importante, où nous pouvions installer les ruines. Et il y avait même une rivière avec un pont, exactement comme les avait décrit Marcel Aymé.

  
                  

Un tournage dans une petite ville entraîne toujours des perturbations. Comment avez-vous été accueillis par les habitants?

  
                  

Une autre raison du choix de Maringues a été l'accueil très chaleureux que nous ont réservé à la fois les habitants et les responsables municipaux. Nous avons organisé une réunion à la mairie, où toute la population est venue poser des questions sur ce qui allait se passer. Cela a été l'occasion pour Claude Berri de choisir des figurants parmi les habitants. Et puis, évoquer cette période dans une ville située à mi-chemin de Vichy, la capitale de Pétain, et de Clermont-Ferrand qui fut un haut lieu de Résistance, ravive forcément des souvenirs, même si Maringues n'a pas spécialement souffert de l'Occupation. Beaucoup de gens sont venus raconter des histoires de ce temps-là, nous ont apporté des photos ou des objets datant de cette époque.

Caroline de Vivaise (chef costumière)

  
                  

Aviez-vous certaines images en tête en commençant à travailler?

  
                  

J'ai pensé à Hope and Glory, le film de John Boorman, qui, bien qu'il se déroule lui aussi à une époque très dure et très sombre, possède quelque chose de tonique, plein de vitalité, que lui confère son esthétique et notamment la lumière de Philippe Rousselot. Et curieusement, quand j'ai cherché des habits d'époque, tout ce que j'ai trouvé en France était gris et sinistre. C'est en Angleterre que je me suis procurée les vêtements et les tissus que je voulais. Plus exactement, j'ai fait fabriquer pour chaque rôle des costumes coupés selon les patrons de l'époque, dans des tissus également d'époque, dont j'ai retrouvé des stocks là-bas

  
                  

Le grand nombre de personnages principaux vous a-t-il compliqué la tâche?

  
                  

Le problème n'est pas seulement qu'ils sont nombreux mais qu'ils se rencontrent tous par couple, successivement. Uranus est dans une large mesure une série de duos, ou de face-à-face. Pour que chaque personnage ait sa propre cohérence, j'ai utilisé trois couleurs par famille (vert-gris-rose pour les Archambaud, par exemple). Ensuite, il fallait prendre garde que lorsque deux personnages se rencontraient, aucun des deux n'écrase l'autre. C'est un problème d'équilibre qu'il faut résoudre soigneusement à l'avance, et dans lequel les décors jouent également un grand rôle.


  • Sortie : 12 Décembre 1990
Date de la publication électronique : 25 mars 2010
Sources :

Génériques du dvd ; Matériel publicitaire du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé