Fantôme d'amour  –  Dino Risi  –  1981

Fiche générale

Affiche
  • Titre original : Fantasma d'amore
  • Pays de production :Italie
  • Genre : Drame fantastique
  • Durée : 95 minutes
  • Production :International Dean Film (Rome)
    A.M.L.F. (Paris)...
  • Distribution : A.M.L.F.
  • Réalisateur :Dino Risi
  • Interprètes : Marcello Mastroianni (Nino Monti)
    Romy Schneider (Anna Brigatti Zighi)
    Victoria Zinny (Loredana)
    Wolfgang Preiss (comte Zighi)
    Paolo Baroni (Ressi)
    Michael Kroecher (Don Gaspare)...
  • Scénario :Bernardino Zapponi
    Dino. D'après le roman de Milani Risi (Editions Mondadori)
  • Directeur de production :Pio Angeletti
    Adriano De Micheli
  • Directeur de la photographie : Tonino Delli Colli
  • Compositeur de la musique : Riz Ortolani (Editions musicales CAM)
    Thèmes interprétés à la clarinette par Benny Goodman
  • Monteur : Alberto Gallitti
  • Chef décorateur : Giuseppe Mangano
  • Costumier : Orietta Nasalli Rocca

Production

  • Titre original : Fantasma d'amore
  • Pays de production :Italie
  • Production :International Dean Film (Rome)
    A.M.L.F. (Paris)
    Roxy Film (Munich)
  • Distribution : A.M.L.F.
  • Directeur de production :Pio Angeletti
    Adriano De Micheli

Fiche artistique

  • Réalisateur :Dino Risi
  • Scénario :Bernardino Zapponi
    Dino. D'après le roman de Milani Risi (Editions Mondadori)
  • Interprètes :Marcello Mastroianni (Nino Monti)
    Romy Schneider (Anna Brigatti Zighi)
    Victoria Zinny (Loredana)
    Wolfgang Preiss (comte Zighi)
    Paolo Baroni (Ressi)
    Michael Kroecher (Don Gaspare)
    Eva Maria Meineke (Teresa Monti)
    Giampiero Becherelli (professeur Arnaldi)
    Ester Carloni (vieille domestique)
    R. Parisio Perrotti (juge d'instruction)
    Raf Baldassare (ami de Dino)

Fiche technique

  • Photographie :Tonino Delli Colli
  • Compositeur de la musique :Riz Ortolani (Editions musicales CAM)
    Thèmes interprétés à la clarinette par Benny Goodman
  • Ingénieur du son :Vittorio Massi
  • Monteur :Alberto Gallitti
  • Chef décorateur :Giuseppe Mangano
  • Costumier :Orietta Nasalli Rocca
  • Son :Effets sonores Studiosound
  • Décors :Intérieurs tournés aux Studios Cine International - Rome. Extérieurs tournés à Pavie
  • Maquilleur :Michel Deruelle
    Giulio Natalucci
    Corrado Cristofori (coiffures)
  • Assistant réalisateur :Claudio Risi
  • Procédé image :Technicolor

Résumé et notes

  • Genre : Drame fantastique
  • Durée : 95 minutes

RÉSUMÉ

Dans un bus de Pavie, Nino Monti croise sans le reconnaître son amour de jeunesse, Anna Monti. Désormais âgée, sans le sou, malade, elle, le reconnaît et, désirant le revoir, elle lui téléphone. Marié à une femme particulièrement revêche, Loredana, Mario n'a aucune difficulté à se replonger dans des souvenirs heureux, il s'aventure devant la maison où Anna habitait. Ils se retrouvent et s'embrassent. Le lendemain, Nino apprend que la concierge de cette habitation a été sauvagement assassinée dans la nuit et que Mario, le neveu de cette dernière, est le principal suspect. Le mystère s'épaissit quand Nino apprend par un de ses amis qu'Anna, après s'être mariée au comte Zighi, est morte il y a trois ans. Pour en avoir le coeur net il se rend chez le comte et y trouve Anna, désirable et belle comme au premier jour. Alors qu'ils se retrouvent seuls dans une barque, Anna tombe à l'eau et disparaît. Contre toute attente les policiers ne repêchent pas son corps à elle mais celui de Mario; aucune trace d'Anna n'est trouvée.

Déboussolé, Nino rentre à Pavie et se retrouve à nouveau face à la vieille Anna à la peau toute frippée, il lui demande une explication. C'est en réalité une défunte revenue sur terre pour se venger de Mario et de sa tante. Elle implore un dernier baiser à Nino et s'évanouit à jamais, sa mission est accomplie.

Cette histoire est certes délirante mais Nino n'est-il pas pensionnaire d'un asile de fous et cette belle infirmière qui s'approche au loin, n'a-t-elle pas les traits de la belle Anna...? D’après le synopsis publicitaire du film

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Extraits du matériel publicitaire du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

Extraits des dialogues – Dernière scène du film

NINO MONTI A UN VIEIL HOMME ASSIS SUR UN BANC DANS LE PARC DE L’HOSPICE

NINO : Voyez-vous, cher monsieur, tout ce qu’on raconte sur l’au-delà et sur l’en-deça, ce sont des histoires, parce que nous sommes toujours nous-mêmes. Nous sommes vivants et nous sommes morts en même temps. Vous ne me croyez pas ? Je sais, c’est difficile à expliquer, mais c’est ainsi. Je l’ai connue, je l’ai aimée à la folie. J’ai éprouvé l’horreur et la passion, et puis elle m’a échappé… Elle a disparu dans le fleuve, à tout jamais. Eh oui ! Mais cela s’est-il vraiment passé ainsi ? Non, non. Ecoutez, je vais vous confier un secret. Elle n’a pas du tout disparu. Elle est toujours là près de moi, car, elle me l’a dit, elle a besoin de moi pour vivre comme un papillon de nuit est attiré par la lumière, et tant que je vivrai, elle aussi elle vivra… Vous comprenez ? Parce que l’amour… c’est la vie éternelle. C’est la vie dans la mort. Oui… seulement… personne ne veut me croire quand je dis ces vérités toutes simples. Même ici, tous ces messieurs sérieux qui s’occupent de nous… les professeurs… il m’écoutent, ils prennent même des notes, mais je me rends bien compte qu’ils ne me croient pas. Ils… Excusez-moi, je dois vous laisser, on m’appelle…

Entretien avec Dino Risi par Simon Mizrahi

Dans vos derniers films, deux choses paraissent ressortir : d’une part, les sujets se déroulent de plus en plus en province, d’autre part, ces films sont de plus en plus mélancoliques, ils sont faits sur le vieillissement, sur le temps perdu, sur les occasions manquées, sur les amours impossibles, sur le temps qui passe.


Ce n’est pas par hasard que je me suis tourné vers la province. Il me semble qu’aujourd’hui, surtout quand on cherche une histoire à raconter, on se retrouve face à ce problème de broyage des lieux communs. Alors, j’ai l’impression, et je ne suis pas le seul, qu’en province certaines valeurs se sont conservées, même si elles ne sont pas définies. La province est un peu conservatrice. Aussi, peut-être peut-on encore, en province, construire une histoire qui ressemble aux histoires où l’on retrouve les anciennes valeurs. Alors qu’en ville, tout est désormais tellement sans règle, qu’il est difficile de construire une histoire qui ne soit pas « ouverte », comme on dit aujourd’hui. En province, au contraire, on peut encore raconter une histoire de sentiments, une histoire qui ait une certaine durée dans le temps, une histoire grise, une histoire de personnes qui ont des problèmes qu’elles doivent et peuvent résoudre seules, sans entrer en collision avec cette réalité qui, au fond, empêche l’homme de vivre sa vie.


Et d’assumer, peut-être aussi, ses sentiments ?

Oui, et d’avoir des sentiments qui aient eux aussi une durée dans le temps. Quand on raconte une histoire qui se déroule en ville, on doit tout de suite faire une de ces histoires où tout arrive, où mille choses se produisent, où il n’y a plus de temps pour l’amour, plus de temps pour rien. Il n’y a que cet espèce d’orgasme continuel, cette frénésie. Ce sont deux façons différentes de raconter un film.


Le film semble soutenir clairement que cette femme est un fantôme. Est-il possible d’imaginer une dimension onirique ? L’histoire n’est-elle pas rêvée par le cerveau perturbé de Mastroiani ?

Je ne serai pas mécontent si la question restait posée, si l’on envisage plusieurs solutions possibles. Si l’on voit le film d’une autre façon, peut-être même d’une façon complètement différente de la mienne, c’est tant mieux. « Fantôme d’amour» me semble vraiment être l’un de ces films où chacun prend ce qu’il a besoin. Quelqu’un pourrait être séduit par l’histoire de cet amour qui dure au-delà de la mort. Quelqu’un d’autre pourrait penser que tout est raconté en clé de songes, que c’est un rêve du protagoniste. On pourrait dire aussi que c’est l’histoire d’un homme en pleine décadence, un homme qui va vers la folie, tout le récit étant vu à travers le regard d’un fou. Ou un mirroir noir dans lequel il est difficile de reconnaître certaines images, comme dans certaines peintures abstraites, où chacun peut voir le paysage qu’il veut.


  • Sortie : 04/1981
Date de la publication électronique :27 June 2011
Sources :

Fiches du cinéma, Tous les films 1981, Editions O.C.F.C., 1982, p.163 ; Matériel publicitaire du film, Collection de la Fondation Jérôme Seydoux - Pathé (dossier de presse et affiche)