Hôtel de France  –  Patrice. Réalisé avec L'Ecole de comédiens de Nanterre-Amandiers Chéreau  –  1987

Fiche générale

  • Pays de production :France
  • Genre : Comédie dramatique
  • Durée : 98 minutes
  • Production :Renn Productions
    Camera One...
  • Distribution : A.M.L.F.
  • Réalisateur :Patrice. Réalisé avec L'Ecole de comédiens de Nanterre-Amandiers Chéreau
  • Interprètes : Laurent Grevill (Michel)
    Valeria Bruni-Tedeschi (Sonia)
    Vincent Perez (Serge)
    Laura Benson (Anna)
    Thibault de Montalembert (Nicolas)
    Marc Citti (Philippe Galtier)
    Bernard Nissille (Richard Veninger)
    Marianne Cuau (Catherine)...
  • Scénario :Patrice Chéreau
    Jean-François Goyet (D'après la pièce ''Ce fou de Platonov'' d'Anton Tchekhov )
  • Adaptation :Patrice Chéreau
    Jean-François Goyet
  • Dialogues :Patrice Chéreau
    Jean-François. D'après "Platonov" d'Anton Tchekhov Goyet (traduction de Elisa Triolet - Editeurs Français Réunis)
  • Producteur exécutif :Hélène Vager
  • Producteur délégué :Claude Berri
  • Directeur de production :Françoise Leherissey
  • Directeur de la photographie : Pascal Marti
  • Chef opérateur : Pascal Marti
    Damien Morisot (1er assistant opérateur)...
  • Compositeur de la musique : Michel Vionnet
    Marc Citti (piano)...
  • Monteur : Albert Jurgenson (chef monteur)
    François Gedigier ...
  • Chef décorateur : Sylvain Chauvelot (chef décorateur)
    Malik Setteramane (assistant décoration)...
  • Costumier : Caroline de Vivaise (créatrice de costumes)
    Marie-Lorraine Caure (habilleuse)

Production

  • Pays de production :France
  • Production :Renn Productions
    Camera One
    Nanterre Amandiers (co-production)
  • Distribution : A.M.L.F.
  • Producteur délégué :Claude Berri
  • Producteur exécutif :Hélène Vager
  • Directeur de production :Françoise Leherissey
  • Participation financière :Canal + (avec le concours de)
    Ministères de la Culture et de la Communication et des P & T (participation)
  • Assistant de production :Martine Quinternet (administratrice)
    Romual Drault (comptable)

Fiche artistique

  • Réalisateur :Patrice. Réalisé avec L'Ecole de comédiens de Nanterre-Amandiers Chéreau
  • Scénario :Patrice Chéreau
    Jean-François Goyet (D'après la pièce ''Ce fou de Platonov'' d'Anton Tchekhov )
  • Adaptation :Patrice Chéreau
    Jean-François Goyet
  • Dialogues :Patrice Chéreau
    Jean-François. D'après "Platonov" d'Anton Tchekhov Goyet (traduction de Elisa Triolet - Editeurs Français Réunis)
  • Scripte :Michèle Andreucci (scripte)
    Véronique Saavedra (stagiaire scripte)
  • Interprètes :Laurent Grevill (Michel)
    Valeria Bruni-Tedeschi (Sonia)
    Vincent Perez (Serge)
    Laura Benson (Anna)
    Thibault de Montalembert (Nicolas)
    Marc Citti (Philippe Galtier)
    Bernard Nissille (Richard Veninger)
    Marianne Cuau (Catherine)
    Isabelle Renauld (Marie)
    Bruno Todeschini (Bouguereau)
    Agnès Jaoui (Mme Bouguereau)
    Hélène de Saint-Père (Mme Petitjean)
    Thierry Ravel (Manu)
    Dominic Gould (compagnon de Manu)
    Foued Nassah (compagnon de Manu)
    Frank Demules (le serveur)
    Eva Ionesco (Katia, la serveuse)
    Aurelle Doazan (cousine)
    Catherine Bidaut (cousine)
    Jean-Louis Richard (Pierre Galtier)
    Ivan Desny (Maurice Veninger)
    Maria Verdi (la patronne du restaurant)
    Roland Amstutz (Gérard Petitjean)
    Jean-Paul Roussillon (Jean Trillat)

Fiche technique

  • Directeur de la photo :Pascal Marti
  • Chef opérateur :Pascal Marti
    Damien Morisot (1er assistant opérateur)
    Martin Legrand (2ème assistant opérateur)
  • Compositeur de la musique :Michel Vionnet
    Marc Citti (piano)
    Thibault de Montalembert (harmonica)
  • Ingénieur du son :Michel Vionnet (ingénieur du son)
    Jean-Pierre Duret (perchman)
    Jean-Paul Loublier (mixage)
  • Monteur :Albert Jurgenson (chef monteur)
    François Gedigier
    Reine Wekstein (assistants monteur)
    Mathilde Le Bailly (stagiaire)
  • Chef décorateur :Sylvain Chauvelot (chef décorateur)
    Malik Setteramane (assistant décoration)
    Catherine Bidaut (stagiaire décoration)
  • Costumier :Caroline de Vivaise (créatrice de costumes)
    Marie-Lorraine Caure (habilleuse)
  • Monteur son :Nadine Muse (montage son)
    Martine Fleury (assistante montage son)
    Jacques Lévy (doublage)
    Daniel Couteau (bruitage)
  • Maquilleur :Paul De Fissier (chef coiffeur)
    Caroline Burgdorffer (assistante coiffeuse)
  • Photographe de plateau :Caroline Parent
  • Régisseur :Jean-Eric Grandgérard (régisseur général)
    Rémi Kessler (régisseur adjoint)
    François Tajan (stagiaire régie)
  • Chef machiniste :Roland Gautherin
    Gérard Rival (chefs machinistes)
    Xavier Graveleau (machinistes)
    Franck Coquet (chef électricien)
    Daniel Delanoye
    Serge Valesy (électriciens)
  • Assistant réalisateur :Pierre Romans (1er assistant)
    Bertrand Figuier (2ème assistant)
    Christian Plemiannikov
    Brice Gérard (stagiaires)
  • Procédé image :Technovision
  • Laboratoire :Eclai
  • Laboratoire de mixage :Paris Studios Billancourt (montage et finitions)

Résumé et notes

  • Genre : Comédie dramatique
  • Durée : 98 minutes

RÉSUMÉ

C'est l'histoire d'un jeune homme, Michel, et d'une jeune femme, Sonia, qui se retrouvent après une longue séparation. Ils ont dû s'aimer. Ils se revoient lors d'une réception presque rituelle que donne chaque année Anna. Ils vont tenter de s'aimer à nouveau. Mais l'ambiance cette année va être empoisonnée par les problèmes d'argent que connaît la famille. Les "amis" sont aussi des créanciers. Les conflits vont s'exacerber au sein du groupe. Les générations s'affrontent dans une atmosphère provinciale, chargée d'ironie et de fiel. L'orage menace. La soirée se terminera mal et la nuit tournera au cauchemar. D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Prix et distinctions : Séléction officielle Cannes 1987

Propos de Patrice Chéreau et Jean-François Goyet, Revue de presse, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé :

La plupart des personnages de cette histoire sont des jeunes gens. La pièce de Tchekov, "Platonov", dont le scénario est adapté, a été écrite - il ne faut pas l'oublier- par un jeune homme qui n'avait guère plus de vingt ans. Ce monde bouché par des pères encombrants et décidés à rester jeunes, est un monde vu par un jeune homme qui se sent impuissant à égaler ou à combattre ces pères. Cette jeunesse est le problème de Michel, le "héros" du film. Il n'y tient pas. Il a probablement tout fait pour vieillir prématurément, pour se débarrasser de cette responsabilité écrasante qu'était sa jeune vie. Ils sont jeunes, un espoir doit demeurer. Tour à tour, ils tentent de se convaincre qu'il ne s'agit pas d'une partie remise, d'une crise passagère. Qu'ils sont simplement trop impatients, ou provisoirement fatigués. Qu'ils trouveront une sorte de repos, peut-être une vie nouvelle dans une vitalité simple. Cette vitalité est là, déja présente dans la pièce de Tchekov (...) L'adaptation au cinéma devait permettre de rendre toute sa place à ce poids physique et érotique que la convention théâtrale contraint à mettre entre parenthèses. Ces jeunes gens, Michel, Nicolas, Serge, Bouguereau... qui quelques années auparavant rêvaient leur vie tous ensemble, se surveillent au fil des ans pour savoir qui réussit, qui végète, mais cela ne change pas forcément la hierarchie établie une fois pour toutes entre eux lors de l'adolescence. Même "inachevé", Michel reste leur sage, leur maître à penser, qu'il le veuille ou non. L'étrangeté n'en est que plus forte de voir - dans ces années actuelles où la réussite semble redevenue une valeur pour bien des jeunes gens - celui qui a tout échoué demeurer la référence. Car en amour aussi, Michel a d'une certaine manière échoué. La fascination qu'il exerce sur les femmes ne tient pas à la maîtrise dont il ferait preuve dans la séduction. Il n'est pas le Don Juan que certains voient en lui, mais un homme incertain. C'est sa "fêlure" qui attire toutes les femmes vers lui L'incertitude de Michel, évidente dans sa vie sentimentale, s'étend à tout le reste. Elle porte aussi sur sa place dans ce monde de province étriqué et étouffant où il vit. Car la province française contemporaine n'a rien à envier à celle de Tchékhov pour ce qui est de l'étroitesse et de l'étouffement. La proximité et même la promiscuité ne sont pas le contact ou la communication. Les secrets d'argent sont toujours bien gardés et la surveillance moralisante toujours aussi présente. Ce monde a son dehors, par qui il est fasciné, dont il a peur, et avec qui la rencontre menace toujours de tourner à l'affrontement. C'est cela qui se joue le long de la route lorsque quelques jeunes de la ville viennent tourner autour du restaurant où le frère de l'un d'entre eux est serveur. Cette violence du dehors, les invités de l'Hôtel de France ne pourront la digérer, ils la retourneront contre ceux qui, en leur sein, font figure d'étrangers. Malgré les conflits d'intérêt, les querelles d'argent, les jalousies, ces gens ont besoin les uns des autres. Chacun attend qu'on le porte, ou qu'on l'emporte, qu'on le débarrasse du poids de sa vie, et demande à son tour qu'on l'aide ou qu'on lui redonne la force. Mais la force se fait rare, intermittente, et personne n'aide personne. Même le trio des amis, Serge, Nicolas et Michel, n'arrive plus à se reformer. C'est peut-être là le coeur de l'histoire : ce besoin que les être humains ont les uns des autres, et le peu qu'ils peuvent les uns pour les autres.

ENTRETIEN AVEC PATRICE CHEREAU ET JEAN-FRANCOIS GOYET, matériel publicitaire du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux - Pathé :

Pourquoi avoir choisi d’adapter « Platonov » ? Patrice Chéreau : J’avais envie d’inverser le schéma habituel, selon lequel on monte une pièce d’abord, et ensuite on la filme. A partir d’ « Hotel de France », je vais retravailler « Platonov » avec les élèves et j’en ferai un spectacle qui sera présenté cet été en Avignon, puis à Nanterre à l’automne. La pièce de Tchékhov permet de donner des rôles importants à beaucoup de jeunes comédiens. Tchékhov avait vingt ans quand il l’a écrite. Il n’y a donc rien d’abusif à leur donner des âges équivalents. « Platonov » est fait d’un tissu de relations très riches, très élaborées, mais racontées avec une grande simplicité. J’avais envie à la fois de cette richesse et de cette simplicité ; je voulais un film plus accessible, destiné à un public plus large que « L’Homme blessé » Vous avez fait un gros travail d’adaptation ? Patrice Chéreau : Je procède un peu de la même façon que je prépare un film ou une pièce. On commence par un travail à la table avec les comédiens : on lit, on déchiffre le texte ou le scénario, tout le monde s’empare du texte, invente à partir de lui, le rêve. Ensuite seulement, on se lève, on bouge, on essaie de retrouver dans l’espace ce qu’on a rêvé, on tatonne jusqu’à ce que soit atteint ce moment très particulier où l’on peut bifurquer soit vers le cinéma, soit vers une mise en scène théâtrale. Et cela correspondait à l’ambition de l’Ecole qui n’est pas de former des acteurs seulement pour telle ou telle spécialisation. Ce que je cherchais cette fois-ci à localiser, c’était ce moment précis des répétitions où il faut choisir : tourner aussitôt, ou au contraire construire et transposer pour arriver à quelque chose qu’on peut reproduire tous les soirs. Chercher ce point d’équilibre était l’un des buts de ce travail qui a duré de juillet à septembre 1986. C’est à ce moment que Jean-François Goyet est intervenu. Jean-François Goyet (scénariste) : Nous avons fait un premier découpage. Patrice avait déjà repéré quelques articulations essentielles du récit pendant le travail à la table, et fait des choix. Tout d’abord abandonner la Russie du XIXème siècle, c’est-à-dire refuser toute nostalgie facile. « Platonov » est une œuvre de jeunesse, nerveuse, tendue. C’était lui être fidèle que de la transposer dans la France contemporaine, avec des jeunes d’aujourd’hui. Ensuite, concentrer l’action sur une courte durée, moins de vingt-quatre heures, et la situer hors du domicile des personnages, « pas à la maison », comme dit Michel dans le film. Patrice Chéreau : Je voulais que l’histoire se déroule en province. J’ai choisi la région d’Angers, l’Anjou où je suis né. Il y a quelques années, cela m’aurait semblé saugrenu ou indécent. Là, l’idée m’est venue, j’ai même été surpris d’oser pouvoir m’en servir. Et pourtant, c’est l’utilisation de cette région qui a été le déclic, puis le moteur du film. Jean-François Goyet : Pendant l’adaptation, nous nous sommes beaucoup éloignés du texte de Tchékhov… pour finir par nous en rapprocher, presqu’inconsciemment au fur et à mesure que le récit se construisait. Vous assistiez aux répétitions ? Patrice Chéreau : Chaque jour, François et moi apportions un nouvel état du découpage et on le testait avec les comédiens. Toute l’adaptation s’est faite comme ça, dans ce va et vient jusqu’au scénario définitif qui n’a été prêt qu’en septembre, peu de temps avant le tournage. Entretemps, j’avais fait les repérages, ce qui nous a ermit de travailler en connaissant exactement l’espace dont nous disposerions. Des scènes compliquées ont pu ainsi être tournées très vite, grâce à cette préparation où les mouvements étaient prévus, parfois très précisément. Et en filmant les répétitions en vidéo, j’avais résolu beaucoup de problèmes de découpage et de cadrage avant même d’avoir quitté Nanterre. Ces répétition devaient durer cinq semaines, elles ont duré deux mois et demi. On dit souvent qu’une longue préparation pour un film tue la spontanéité de l’acteur, c’est faux, tout simplement. Sans « Hôtel de France », la plupart des scènes sont des improvisations. Mais à partir de l’acquis accumulé pendant les répétitions. On n’improvise bien que si on a répété beaucoup. Ne trouvez-vous pas que « Hôtel de France » donne une image un peu noire ou pessimiste de la jeunesse ? Patrice Chéreau : Non. Même si les personnages ont l’impression d’avoir raté quelque chose : mais, c’est justement cette impression qu’un personnage comme Michel ne supporte pas. Dire que le film est pessimiste, ou noir alors qu’il est dur et tendu reviendrait à dire que tous les personnages auraient renoncé à vivre, renoncé à tout espoir, à toute volonté. J’y vois, moi, tout autre chose : la violence de mes films n’est faite que du refus violent de renoncer, de l’envie persistante et inentamable de vouloir vivre, et mieux. L’espérance est une chose violente : c’est pour cela que je ne me reconnaîtrai jamais dans le mot pessimiste. Pour moi, un film pessimiste montrerai des gens qui sont finis ou se considèrent comme tels. Ce n’est pas du tout le cas des personnages d’ « Hôtel de France ». Ils ont des désirs, des colères, des tendresses, des corps pleins d’énergie. Ils ont à revendre mais ne savent pas à quoi l’employer. Une opposition "électrique", la proximité immédiate de l’hôtel-restaurant, lieu de réunion, et de la route, lieu de passage. Patrice Chéreau : En fait, il y a quatre lieux. Deux sont dynamiques : la route, où commence le film, par où les personnages arrivent et où la circulation ne s’interrompt jamais, même si le groupe croit un moment pouvoir se l’approprier (pour jouer au football) ; et le fleuve, au bord duquel les corps et les pulsions éclatent. Et deux lieux plus statiques : le restaurant, qui accueille tout le monde et où tout se noue, et le parking où s’achève la nuit, et le film, sur une scène qui devrait être paradoxalement un apaisement.


  • Sortie : 20/05/1987
Date de la publication électronique :07 July 2011
Sources :

Matériel publicitaire du film (affiche et revue de presse), collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé ; Bible de tournage appartenant à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé