La Séparation  –  Christian Vincent  –  1994

Fiche générale

Affiche
  • Pays de production :France
  • Genre : Drame
  • Durée : 88 minutes
  • Producteur :Claude Berri
  • Production :Renn Productions
    France 2 Cinéma...
  • Distribution : A.M.L.F.
  • Réalisateur :Christian Vincent
  • Interprètes : Daniel Auteuil (Pierre)
    Isabelle Huppert (Anne)
    Jérôme Deschamps (Victor)
    Karin Viard (Claire)
    Laurence Lerel (Laurence)
    Louis Vincent (Loulou)...
  • Scénario :Dan. D'après "La Séparation" de Dan Frank Frank
  • Adaptation :Dan Frank
  • Dialogues :Dan Frank
  • Producteur exécutif :Pierre Grunstein
  • Directeur de production :Nicole Firn
  • Directeur de la photographie : Denis Lenoir
    Pascal Lagriffoul (1er assistant opérateur)...
  • Monteur : François Ceppi (chef monteur image)
    Véronique Ilie (assistante image)
  • Chef décorateur : Christian Vallerin
    Louise Marzaroli (assistant)...
  • Costumier : Sylvie Gautrelet
    Paule Mangenot (assistante)...

Production

  • Pays de production :France
  • Producteur :Claude Berri
  • Production :Renn Productions
    France 2 Cinéma
    D.A. Films
    C.M.V. Productions
    Canal + (avec la participation de)
  • Distribution : A.M.L.F.
  • Producteur exécutif :Pierre Grunstein
  • Directeur de production :Nicole Firn
  • Assistant de production :Jackline Tolianker (assistant de production)
    Donatienne Desmarest (secrétaire de production)

Fiche artistique

  • Réalisateur :Christian Vincent
  • Scénario :Dan. D'après "La Séparation" de Dan Frank Frank
  • Adaptation :Dan Frank
  • Dialogues :Dan Frank
  • Scripte :Sophie Thevenet-Becker
  • Interprètes :Daniel Auteuil (Pierre)
    Isabelle Huppert (Anne)
    Jérôme Deschamps (Victor)
    Karin Viard (Claire)
    Laurence Lerel (Laurence)
    Louis Vincent (Loulou)
    Nina Morato (Marie)
    Estelle Larrivaz (la fille de la fête)
    Gérard Jumel (l'homme de la fête)
    Jean-Jacques Vanier (l'agent immobilier)
    Christian Benedetti (l'avocat)
    Claudine Challier (la grand-mère de Loulou)

Fiche technique

  • Photographie :Denis Lenoir
    Pascal Lagriffoul (1er assistant opérateur)
    Philip Rang
    Anne-Christine Nicolet (2èmes assistants opérateur)
  • Ingénieur du son :Jacques Tassel (bruiteur)
    Christian Germain (assistant bruiteur)
  • Monteur :François Ceppi (chef monteur image)
    Véronique Ilie (assistante image)
  • Chef décorateur :Christian Vallerin
    Louise Marzaroli (assistant)
    Annie Touquet (ensemblier)
    Henri-Noël Guillot (chef peintre)
    Xavier Buffin
    Sylvie Challier (peintres)
  • Costumier :Sylvie Gautrelet
    Paule Mangenot (assistante)
    Annie Thiellement (habilleuse)
  • Son :Mono
  • Monteur son :André Gaultier (chef monteur son)
    Jean-Paul Loublier (ingénieur du son mixage)
  • Maquilleur :Nguyen Thi Loan (chef maquilleur)
    Nguyen Thi Thanh Tu (maquilleuse)
    Isabelle Luzet (chef coiffeur)
    John Nollet (coiffeur)
  • Casting :Frédéric Moidon
    Valérie Reux (casting figuration)
  • Photographe de plateau :Moune Jamet
  • Régisseur :Francis Barrois (régisseur général)
    Jean-Michel Isabel (régisseur adjoint)
    Bruno Madesclaire (régisseur d'extérieurs)
    Frédéric / Versluys Forestier (stagiaires)
  • Chef machiniste :François Tille
    Jean / Blanc Picard (machinistes)
    Claude Delau (machiniste décors)
    Léopold Gomez (chef électricien)
    Benoît / Gomez Lemercier (électriciens)
  • Assistant réalisateur :Marianne Fricheau (1er assistante)
    Thierry / Borowsky Mauvoisin (2èmes assistants)
    Dominique Bordes (stagiaire)
  • Laboratoire :Eclair

Résumé et notes

  • Genre : Drame
  • Durée : 88 minutes

RÉSUMÉ

La séparation raconte l'histoire de deux séparations. Celle de Pierre et Anne, tout d'abord, dont les prémices apparaissent un soir, quand elle refuse de lui prendre la main. Premier signe, mais d'autres suivront, précédant l'aveu : elle aime un autre homme. Ils parleront, s'expliqueront, tenteront de sauver un amour qui s'est effiloché au fil des années. Il y aura des réconciliations bancales, des scènes, des crises, puis Pierre et Anne comprendront que leur histoire est morte, et qu'il s'agit désormais d'approcher la deuxième séparation : celle des parents et de leur enfant - Louis, deux ans. D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Entretiens issus du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

ENTRETIEN AVEC CHRISTIAN VINCENT (réalisateur)

En quoi le roman de Dan Franck vous intéressait-il particulièrement ? Dès les premières pages, j’ai eu le sentiment que c’était un sujet pour moi, et avant même d’en avoir terminé la lecture j’ai fait savoir à Claude Berri que ça m’intéressait. La livre racontait de manière assez brutale comment, en l’espace de très peu de temps, un homme et une femme qui se sont aimés et qui ont fait un enfant ensemble, en arrivent à se déchirer et à se faire autant de mal. Comment ils en arrivent non seulement à devenir étrangers l’un vis-à-vis de l’autre, mais aussi étrangers à eux-mêmes puisqu’ils finissent par ne même plus se reconnaître dans ce qu’ils font. J’avais à ce moment-là, envie d’approcher ce mystère, envie de comprendre comment on peut en arriver là. En plus de cela, je venais d’avoir un petit garçon, je découvrais ce que c’était qu’aimer un enfant. Avant d’avoir cet enfant, je ne soupçonnais pas que l’amour pour un enfant puisse être aussi fort. J’ai également compris ce que pouvait-être la douleur qu’on éprouve quand les circonstances de la vie vous amènent à vous en séparer. Qui est le plus à plaindre dans le couple, Anne ou Pierre ? En fait, je crois que j’ai écrit et tourné le film pour qu’on ne pose pas la question. Tout au long du scénario, nous avons essayé de ne plaindre, ni d’accabler personne. Car je pense qu’en théorie, on ne peut pas en vouloir à quelqu’un de quitter l’autre, de tomber amoureux de quelqu’un d’autre. Au fond, l’autre est libre. Il ne vous appartient pas. Mais, évidemment, c’est toujours plus compliqué ! je ne met donc pas le spectateur en demeure de choisir entre Pierre ou Anne ou en position de plaindre l’un ou l’autre.

ENTRETIEN AVEC ISABELLE HUPERT (dans le rôle d'Anne)

Quels étaient vos centres d’intérêt pour ce film ? J’étais intéressée par l’histoire, sachant que Christian Vincent saurait la raconter d’une façon tantôt très émotionnelle, tantôt très légère, par petites touches infimes. C’est une séparation traitée d’un point de vue assez quotidien, qui n’est pas montrée uniquement avec des grandes scènes de déchirure, mais au contraire à travers les petites choses par lesquelles tout se défait, d’une façon presque invisible mais inéluctable (…) Ce qui m’a beaucoup plus dans le livre et dans le scénario, c’est précisément que cette séparation ne repose pas sur grand-chose. Une femme, à un moment donné, dit à son mari qu’elle pense être amoureuse de quelqu’un d’autre mais la façon dont il reçoit cet aveu est tout à fait étonnante car finalement, il a une sorte d’acceptation de la situation ; c’est en cela qu’on peut dire que la séparation ne repose pas sur grand-chose (…) Bien qu’à un moment donné on sente que l’objet même de la séparation n’existe plus, il y a comme quelque chose qui s’est fracturé et qui ne pourra plus jamais se réparer. Anne est une femme que vous avez comprise d’emblée ? Oui, dans la mesure où je savais que ce serait un film qui brouillerait un peu les cartes comme la plupart du temps dans la réalité, où celui qui apparemment a le mauvais rôle n’est plus le mauvais et celui qui a le bon n’est pas forcément le meilleur. En ce sens il y a modernité dans la façon dont l’histoire est racontée (…) avec un personnage contemporain, le degré d’intimité que l’on va créer est mille fois plus fort. Dans ce cas-là, c’est vrai, j’ai souvent l’impression d’avoir rendez-vous avec moi-même. Je suis donc beaucoup plus exposée, mais très vite (…) il y a un très grand plaisir à être totalement soi-même, cela créé un sentiment probablement plus troublant parce que la frontière entre le personnage et l’actrice devient beaucoup plus infime. C’est très agréable.

ENTRETIEN AVEC DANIEL AUTEUIL (dans le rôle de Pierre):

Pierre est touchant parce qu’il est « je », il est « il », il est « nous ». Pierre sent qu’il y a un malaise dans son couple, il est installé dans des certitudes qui vont s’écrouler les unes après les autres. Un homme ne comprend jamais les reproches de sa femme (…) En fait Pierre ne fait pas des choses qui peuvent déplaire à Anne, mais il a cessé de faire des choses qui lui plaisaient. Cette érosion, l’homme ne la voit pas car il a d’autres pôles d’attraction, il ne voit pas que le rocher perd ses arêtes, la femme, elle, le sent. Tous ces rapports m’ont passionné. Une crise de couple est une histoire somme toute banale, quels étaient les attraits les plus spécifiques de cette variation sur ce sujet par Christian Vincent ? En fait, c’est une séparation idéale ! Même si les deux morflent… Tous les deux ont un comportement très digne, pas crapoteux, c’est beau. Anne est une femme franche, belle dans sa franchise et on ne peut rien faire contre quelqu’un qui vous dit la vérité, on ne peut que l’accepter ou la refuser, ça c’était intéressant pour le jeu. L’histoire est intemporelle mais elle est vécue ici par des gens de 68, c’est là où elle nous concerne. Aujourd’hui on ne se marie plus et on a quand même des enfants. On a accepté l’idée d’une certaine liberté mais juste l’idée… Comment souhaitiez-vous faire évoluer votre personnage ? D’abord meurtri mais conciliant, Pierre devient, malgré lui, haineux, brutal. Pour ce rôle je suis parti du principe très simple de ne pas chercher à savoir ce qui va arriver le lendemain, donc je joue l’instant. Si à un moment donné j’en fais trop, ce n’est pas grave, la vie est ainsi faite, il y a des jours où on en fait trop, d’autres pas assez… Je joue à l’instinct (…). En étant suffisamment concentré, les mots venaient naturellement parce que les situations et les dialogues étaient justes, vrais. Le rapport du père à l’enfant est très beau, on sent un véritable amour, une réelle douleur chez Pierre de devoir partager son fils ou d’en être privé. Même si on veut bien se conduire, l’enfant devient très vite un objet de chantage dans ces moments de désarroi où l’on a plus grand-chose à quoi se raccrocher (…) Pierre adore son gosse, il a un rapport quasi maternel avec lui et à sa façon, il détourne l’enfant, il vole quelque chose chez l’enfant pour essayer de se raccrocher aux branches.


  • Sortie : 09/11/1994
Date de la publication électronique :20 July 2011
Sources :

Bible de tournage du film ; Matériel publicitaire du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé ; Fiches du cinéma, L'annuel, Tous les films 1994, Editions Chrétiens-Médias, 1995, p.334