Sur mes lèvres  –  Jacques Audiard  –  2001

Fiche générale

Affiche
  • Pays de production :France
  • Genre : Film noir
  • Durée : 115 minutes
  • Production :CNC
    Ciné B...
  • Distribution : Pathé International
    Magnolia Pictures...
  • Réalisateur :Jacques Audiard
  • Interprètes : Vincent Cassel (Paul Angeli)
    Emmanuelle Devos (Carla Behm)
    Olivier Gourmet (Marchand)
    Olivier Perrier (Masson)
    Olivia Alane Bonamy (Annie)
    Cécile Samie (Josie Marchand)...
  • Scénario :Jacques Audiard
    Tonino Benacquista
  • Producteur exécutif :Bernard Marescot
  • Producteur délégué :Jean-Louis Livi
    Philippe Carcassonne
  • Directeur de production :Jean-Louis Nieuwbourg
  • Directeur de la photographie : Matthieu Vadepied
  • Chef opérateur : Matthieu Vadepied
    Sébastien Leclercq (assistant)
  • Compositeur de la musique : Alexandre Desplat
  • Monteur : Juliette Welfling
  • Chef décorateur : Michel Barthelemy
  • Costumier : Virginie Montel

Production

  • Pays de production :France
  • Production :CNC
    Ciné B
    France 2 Cinéma
    Le Studio Canal +
    Pathé Image Production
    Sédif Productions
  • Distribution : Pathé International
    Magnolia Pictures
    Pathé
    Nexo
  • Producteur délégué :Jean-Louis Livi
    Philippe Carcassonne
  • Producteur exécutif :Bernard Marescot
  • Directeur de production :Jean-Louis Nieuwbourg

Fiche artistique

  • Réalisateur :Jacques Audiard
  • Scénario :Jacques Audiard
    Tonino Benacquista
  • Scripte :Nathalie Vierny
  • Interprètes :Vincent Cassel (Paul Angeli)
    Emmanuelle Devos (Carla Behm)
    Olivier Gourmet (Marchand)
    Olivier Perrier (Masson)
    Olivia Alane Bonamy (Annie)
    Cécile Samie (Josie Marchand)
    David Saracino (Richard Carambo)
    Christophe Vandevelde (Louis Carambo)
    Pierre Diot (Keller)
    Serge Boutleroff (Mammouth)

Fiche technique

  • Photographie :Matthieu Vadepied
  • Chef opérateur :Matthieu Vadepied
    Sébastien Leclercq (assistant)
  • Compositeur de la musique :Alexandre Desplat
  • Ingénieur du son :Marc-Antoine Beldent
    Cyril Holtz (mixage)
  • Monteur :Juliette Welfling
  • Chef décorateur :Michel Barthelemy
  • Costumier :Virginie Montel
  • Son :Dolby SRD
  • Monteur son :Pascal Villard
  • Maquilleur :Frédérique Ney
    Pierre Chavialles (coiffeur)
  • Casting :Richard Rousseau
  • Photographe de plateau :Jean-Marie Leroy
  • Régisseur :Philippe Morlier
  • Assistant réalisateur :Serge Boutleroff
  • Conseiller artistique :Thomas Reichlin Meldegg

Résumé et notes

  • Genre : Film noir
  • Durée : 115 minutes

RÉSUMÉ

Cela fait un moment que Carla Behm est secrétaire à la Sédim, une boîte de promotion immobilière. Là, c'est simple, elle s'occupe de tout : les dossiers, le standard, les devis, les bilans, les fournisseurs... Première arrivée, dernière partie! En échange : un salaire de misère et aucune considération. Carla en a assez, elle pense mériter mieux. Seulement voilà : que peut-on vraiment espérer quand on est une femme dans une société d'hommes, qu'on a 35 ans, un physique plutôt moyen et qu'on porte une prothèse auditive dans chaque oreille ? La solution s'appelle Paul Angéli, le nouveau stagiaire qu'elle réussit à faire engager. Paul a 25 ans et aucune compétence dans la promotion immobilière. Il est même complètement nul. Mais il a d'autres qualités : c'est un voleur qui sort de taule et il a une belle gueule. Comme dit le proverbe : "Il faut être deux pour danser le tango". Elle lui apprendra les bonnes manières et lui les mauvaises. Les premiers résultats seront tout de suite encourageants. D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Entretiens issus du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé


ENTRETIEN AVEC JACQUES AUDIARD (réalisateur): ''


Quel serait le genre de « Sur mes lèvres?''


En fait, Sur mes lèvres n’appartient pas à un genre particulier. A l’image des personnages – et principalement de Carla – c’est un film qui passe d’un genre à un autre : de la comédie sentimentale au film noir. Dans ce sens, le changement de genre – ou le télescopage – fait partie du sujet même du film. Au sens strict, on peut dire que Carla change de « genre » et le film avec elle.


Comment avez-vous mis en place les personnages?


Je pensais depuis longtemps à la rencontre d’une femme sans âge, disgracieuse et d’un type beau et brutal. Elle était intelligente et lui… "brutal". Au lieu d’aller immédiatement vers une histoire d’amour au seul bénéfice du type, l’histoire en fait racontait comment ces deux personnages passaient un contrat tacite d’aide réciproque : « Je suis moche et intelligente, vous êtes beau et con… A nous deux on peut faire des merveilles ! ». En travaillant sont apparus le handicap de Carla, Paul en ex-taulard, le personnage du contrôleur judiciaire, le milieu professionnel de Carla, etc.


ENTRETIEN AVEC VINCENT CASSEL (dans le rôle de Paul) :


Pour ce rôle, vous avez choisi d’aller vers un jeu plus intériorisé, tout en étant très expessif.


Parce que je suis dirigé. C’est-à-dire dirigé par Jacques Audiard. Dès qu’il y a quelque chose de violent, il ferme la porte et filme à travers le trou d’une serrure. J’ai eu à jouer un personnage vraiment construit. Un personnage est fait d’une multitude de détails en rapport les uns avec les autres. J’ai tendance à être plutôt hyper expressif. J’envisage le boulot d’acteur comme un mec qui remplit des trous, des espaces. Là où certaines personnes voient huit trous à remplir, j’essaie d’en trouver vingt-huit ! (…). J’ai bien aimé que Jacques me retienne, ett c’est une raison pour laquelle dans certains plans je ne me reconnais pas.


Vous avez fait un travail surprenant sur la voix.


Cette voix avalée est venue comme ça, à la première prise, elle s’est affinée au fur et à mesure. Au début Jacques m’avait dit : « Pense SDF ». J’ai regardé les types d’Europe de l’Est qui traînent dans Paris. J’ai joué Paul un peu éteint par cette réalité-là, un peu bas du front, le type écrasé par la vie qui n’a plus trop les moyens de réagir face aux coups qu’il se prend. Cette base nous a permis par la suite d’être plus fantaisistes. Une fois qu’il rentre dans son univers à lui, Paul est plus mariole. Il est même très « street wise », c’est un malin de la rue, il a la sagesse de la rue, un instinct qui lui sert d’intelligence. Sur son terrain, il sait toujours s’en sortir, même si ça chauffe.


ENTRETIEN AVEC EMMANUELLE DEVOS (dans le rôle de Carla) :



Comment voyez-vous Carla?


Je la vois un peu comme un monstre ! (…). Je trouvais intéressant de chercher comment incarner l’immense solitude dans laquelle elle vit et qui n’est pas uniquement due à sa surdité. Elle serait la même, je crois, sans ce handicap (…). Pour moi c’est une grande fille plate et insignifiante qui se transforme petit à petit en une jeune femme qui se met à respirer à grandes goulées (…). C’est Paul qui l’initie, il lui fait prendre l’air. Avec lui elle est dans un état de surexcitation constant, elle part dans des aventures, elle est bousculée… Elle aime ! Mais tout en étant amoureuse, elle ne perd pas le nord, elle sait comment le manier ce Paul.


Ce n’est pas avec son corps qu’elle le vampe, mais par la manipulation.


Oui, elle est sûrement plus futée que lui. Tous les deux, ils ont un côté animal (…). Leur rapport est construit sur un mouvement de bascule. Une fois c’est elle, une fois lui, mais quand il essaie de se servir d’elle, elle récupère très vite la situation à son avantage. La scène où elle lui fait visiter le studio est assez représentative de leur relation. Elle lui trouve un logement, lui pense qu’il doit payer de sa personne. Il le fait avec mauvaise grâce et en plus il se prend une gifle ! Ce qu’elle veut elle, ce n’est pas juste s’envoyer en l’air… Avec Jacques on appelait ça son côté Princesse de Clèves.


Votre duo avec Vincent Cassel est très physique, très dynamique. Comment avez-vous accordé votre jeu avec lui?


Cela a été très facile, fluide et évident. On s’est rapidement trouvés sur un même désir de rester dans la simplicité du jeu, de ne pas aller dans l’intellectualisation des situations des personnages. Nous sommes tous les deux, mais de manière différente, des acteurs instinctifs. Vincent a une telle énergie, qu’elle est stimulante pour son partenaire. Il a une grande liberté, une grande habileté dans l’improvisation. Et en plus, il me faisait beaucoup rire entre chaque prise.


Quel souvenir immédiat vous revient en pensant au tournage?


La scène sur le toit, l’ambiance était étrange, surréelle. En plus nous étions harnachés pour des raisons de sécurité… C’était vertigineux, cette sensation d’être dans le vide qui correspondait bien à l’état des personnages tout le temps «borderline». Un pas de plus, et c’est la chute…


  • Sortie : 17/10/2001
Date de la publication électronique :04 August 2011
Sources :

Matériel publicitaire du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé