Une femme de ménage  –  Claude Berri  –  2002

Fiche générale

Affiche
  • Pays de production :France
  • Genre : Comédie dramatique
  • Durée : 98 minutes
  • Production :Hirsch
    Renn Productions...
  • Numéro de visa : 102770
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Claude Berri
  • Interprètes : Jean-Pierre Bacri (Jacques)
    Emilie Dequenne (Laura)
    Brigitte Catillon (Claire)
    Jacques Frantz (Ralph)
    Axelle Abbadie (Hélène)
    Catherine Breillat (Constance)
  • Scénario :Claude. D'après le roman "Une femme de ménage" de Christian Oster Berri
  • Dialogues :Claude Berri
  • Producteur exécutif :Pierre Grunstein
  • Producteur délégué :Nathalie Rheims
  • Directeur de production :Nicole Firn
  • Directeur de la photographie : Eric Gautier
  • Monteur : François Gedigier
  • Chef décorateur : Hoang Thanh At
  • Costumier : Corinne Jorry

Production

  • Pays de production :France
  • Production :Hirsch
    Renn Productions
    TF1 Films Productions
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Producteur délégué :Nathalie Rheims
  • Producteur exécutif :Pierre Grunstein
  • Directeur de production :Nicole Firn
  • Participation financière :Canal +
    Centre National de la Cinématographie

Fiche artistique

  • Réalisateur :Claude Berri
  • Scénario :Claude. D'après le roman "Une femme de ménage" de Christian Oster Berri
  • Dialogues :Claude Berri
  • Scripte :Helen Sebillotte
  • Interprètes :Jean-Pierre Bacri (Jacques)
    Emilie Dequenne (Laura)
    Brigitte Catillon (Claire)
    Jacques Frantz (Ralph)
    Axelle Abbadie (Hélène)
    Catherine Breillat (Constance)

Fiche technique

  • Photographie :Eric Gautier
  • Ingénieur du son :Laurent Poirier
    Nadine Muse
    Gérard Lamps
  • Monteur :François Gedigier
  • Chef décorateur :Hoang Thanh At
  • Costumier :Corinne Jorry
  • Son :Dolby Digital SR / SRD / DTS
  • Photographe de plateau :Etienne George
  • Régisseur :Aimeric Bonello
  • Assistant réalisateur :Thierry Mauvoisin
  • Conseiller artistique :Eric Gautier (collaboration artistique)
  • Procédé image :Scope

Résumé et notes

  • Genre : Comédie dramatique
  • Durée : 98 minutes

RÉSUMÉ

Constance a quitté Jacques. Depuis, cet ingénieur du son quinquagénaire survit, proche de la déprime. Côté boulot, ça va. Mais côté vie privéee... Son appartement au coeur du 6ème arrondissement de Paris est devenu un capharnaüm désastreux, et, au bistrot, il partage sa morosité avec celle de sa "vieille" copine Claire. Aussi se décide-t-il à relever une annonce chez le boulanger. Peu après, la femme de ménage contactée se présente : c'est la toute jeune Laura, bouche en coeur, minijupe et poitrine à l'avenant. La gêne de Jacques va bientôt se muer en énervement : les goûts "musicaux" de Laura l'exaspèrent. Et puis, Laura va être plaquée par son petit ami et s'installer, provisoirement... L'annuel du cinéma 2003, Tous les films 2002, Editions les fiches du cinéma 2003, p.543

En savoir plus

Entretiens issus du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

ENTRETIEN AVEC CLAUDE BERRI (Réalisateur):

Vous partez d’un roman écrit par Christian Oster, mais on a tout de même l’impression en voyant le film qu’il reste très personnel. Ne serait-ce que par le personnage de Jacques – joué admirablement par Jean-Pierre Bacri – une osmose semble exister entre vous deux.

Je me suis identifié à son personnage et probablement que Jean-Pierre m’a bien observé, même inconsciemment. Qui n’a pas vécu une rupture suivie d’une nouvelle rencontre dans laquelle on replonge – sûrement trop vite – et dont on ne ressort pas indemne… Toutes ces histoires d’amour se ressemblent, mais c’est la façon dont elles se passent qui diffère.


Que ce soit Jacques, le héros mélancolique, ou Claire, sa copine au cœur brisé, en passant par Ralph, ermite parmi ses gallinacés, ou par Hélène la baigneuse divorcée, tous les personnages crèvent de solitude… Or l’addition de toutes des désespérances donne un film tonique, drôle, irrésistible.


L’histoire est féconde en situations comiques : elle met en présence deux personnes qui ne sont pas faites l’une pour l’autre et qui devront cohabiter. Tout les sépare, leurs goûts, leur culture, leur âge. Et pour un court moment, ils auront l’illusion de s’aimer. Je pense que cet aspect tonique vient aussi beaucoup du personnage de Laura, la femme de ménage. Lui est d’abord méfiant, réservé, il a du mal à y croire encore, mais elle par sa gaieté, sa joie de vivre, sa jeunesse, le sort de sa léthargie. Il a souffert, pas elle. Ce qu’elle aime, c’est les débuts en amour, lui, c’est un homme définitif. C’est en cela que je m’identifie au personnage. Les rencontres définitives sont rares.


Vous avez tout de suite pensé à Jean-Pierre Bacri?


Je ne sais plus, mais à partir du moment où j’ai pensé à lui, je n’ai plus pensé à personne d’autre. Lui qui tourne si peu m’a dit oui après avoir lu le script. J’en étais très heureux. Nous avons revu tous les dialogues ensemble.


Et Emilie Dequenne?


Je ne sais pas pourquoi j’étais sûr que c’était elle, même avant de la rencontrer. Quand elle est entrée dans mon bureau, tout de suite elle m’a plu. Elle était le personnage. Elle n’avait qu’à ouvrir la bouche. Fringuée comme elle l’était, on pouvait faire l’économie des costumes. Sans même l’essayer je lui ai dit oui. Au tournage elle m’a époustouflé par son naturel, son aisance. C’est une fille d’aujourd’hui comme on en rencontre plein dans la rue, dans le métro. Mais quelle actrice ! Elle est spontanée, directe, lui, réservé, méfiant, mais drôle. Le couple était là, dissonant.


Après avoir vu le film, on a envie d’imaginer la suite de l’histoire de Une femme de ménage. Quelle est votre version ?


Il y a une ambiguïté à la fin. Mais on ne peut pas croire que Jacques va repartir avec cette femme qui vient de divorcer et qui le prend pour le père de Laura. Laura va avoir une aventure de quelques semaines avec Julien, puis elle aura d’autres aventures… Lui va rester ce qu’il est, un homme définitif. Je ne crois pas qu’il retrouvera Constance. J’imagine que, pendant un certain temps, il va s’enfoncer à nouveau dans la solitude.

ENTRETIEN AVEC CHRISTIAN OSTER (auteur du roman ayant inspiré le film):

Avez-vous collaboré à l’écriture du scénario?


Non. Je savais que Claude Berri était quelqu’un de méticuleux, d’exigeant, de respectueux… S’agissant d’une adaptation, il a une fidélité presque excessive, mais c’est plus sympathique que l’inverse. Claude m’a posé de nombreuses questions sur le roman, sur la façon dont je concevais les personnages. Il avait très envie de comprendre l’esprit du roman de l’intérieur. Quand je l’ai rencontré, il avait déjà écrit une dizaine de pages. Ensuite il m’a proposé très gentiment de regarder les choses d’un peu plus près. J’ai apprécié son travail sur le scénario, y compris les scènes additionnelles.


Quels sont les éléments du roman qui risquaient de souffrir d’une adaptation cinématographique?


Tout l’aspect des réflexions du narrateur sur ce qu’il vit, ses considérations, ses hésitations, ses pensées. Claude Berri aurait pu choisir la voix off, il a préféré, et c’est très bien ainsi, remplacer les mouvements de l’âme du narrateur par des mouvements de caméra et une direction d’acteurs.

ENTRETIEN AVEC JEAN-PIERRE BACRI (dans le rôle de Jacques) :

Comment avez-vous abordé ce personnage?


Le tournage a suivi d’assez près la chronologie de l’histoire, ça m’a beaucoup aidé. Il fallait s’en tenir à l’état de vide, de ressassement de ce personnage, encore sous le coup de son échec affectif. Le personnage était clairement défini, je comprenais bien ce « rien » dans lequel il était, cette absence de désir de faire un quelconque effort pour s’en sortir. Avec l’arrivée de Laura, il y a cette jeunesse, cette fraîcheur, cette spontanéité, cette non-réflexion qui surgit dans la pièce. Je me suis laissé porter par cette façon dont elle me soulevait de terre. Il y a d’abord une espèce d’agacement, une indifférence, puis un petit intérêt, un peu plus de bienveillance, un peu plus d’affection, d’attendrissement… Et finalement… il fallait lâcher petit à petit, doser les émotions, pour laisser paraître au fur et à mesure ce qui était réveillé chez cet homme blessé.


On se sert d’expériences vécues pour nourrir le personnage?


Quand j’avais une vingtaine d’années, j’ai vécu ce qu’on appelle « une grande histoire d’amour douloureuse ». J’ai été quitté par quelqu’un que j’adorais… comme on adore à 20 ans ! Est-ce-que cela m’a aidé pour le film ? Non… Enfin, si, peut-être. Je me suis sans doute souvenu de cet état d’abattement total.

ENTRETIEN AVEC EMILIE DEQUENNE (dans le rôle de Laura) :

Lequel des deux a le plus besoin de l’autre?


Je pense qu’ils ont autant besoin l’un de l’autre, ils ne se sont pas trouvés pour rien. Elle est en galère, et lui, si c’est le bordel dans son appartement, c’est parce que ça l’est aussi dans sa tête. Il embauche une femme de ménage pour répondre à un besoin de rangement. C’est un système d’échange, une sorte de commerce avec achat et vente. Des deux côtés, il y a une offre et une demande. C’est la loi de toute histoire d’amour!


C’est troublant, plus le film avançait, plus je me sentais proche du personnage de Jean-Pierre. Quand on a tourné la scène de fin, je me suis rendue compte à quel point la fiction avait opéré sur moi, Emilie. J’étais profondément déprimée pour la scène avec le petit copain de la plage. L’acteur qui jouait Julien était très gentil, mais j’étais vraiment triste de laisser tomber Jean-Pierre. J’y croyais vraiment à cette histoire entre ces deux-là !


Pour l’interprétation de Laura, Claude voulait une absence totale de jeu, il me disait toujours : « Sois naturelle. Comme Rosetta… » Il avait raison, cette histoire est une tranche de vie, une rencontre entre deux personnes. On pose discrètement une caméra dans la vie de cet homme et de cette jeune femme, on suit un moment leur histoire d’amour et on s’en va sans faire de bruit.


  • Sortie : 13 Novembre 2002
Date de la publication électronique :05 septembre 2011
Sources :

Matériel publicitaire du Film, Collection de la Fondation Jérôme Sedoux-Pathé ; L'annuel du cinéma 2003, Tous les films 2002, Editions les fiches du cinéma 2003, p.543