Nid de Guêpes  –  Florent-Emilio Siri  –  2002

Fiche générale

Affiche
  • Pays de production :France
  • Genre : Film d'action
  • Durée : 105 minutes
  • Production :Cinémane films
    Carrère Group...
  • Numéro de visa : 99640
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Florent-Emilio Siri
  • Interprètes : Samy Naceri (Nasser)
    Benoît Magimel (Santino)
    Nadia Farès (Laborie)
    Pascal Greggory (Louis)
    Sami Bouajila (Selim)
    Anisia Uzeyman (Nadia)...
  • Scénario :Florent-Emilio Siri
    Jean-François Tarnowski
  • Producteur délégué :Patrick Gouyou Beauchamps
    Claude Carrere
  • Directeur de production :Frédéric Doniguian
  • Directeur de la photographie : Giovanni Fiore Coltellaci
  • Compositeur de la musique : Alexandre Desplat
  • Monteur : Olivier Gajan
    Christophe Danilo
  • Chef décorateur : Bertrand Seitz
  • Costumier : Marie Calvet
    Brigitte Calvet (chef costumières)

Production

  • Pays de production :France
  • Production :Cinémane films
    Carrère Group
    Pathé Image Production
    France 2 Cinéma
    Embellie Productions
    Pendrake Films (coproduction)
    Cofimage 12
    Gimages 4
    Natexis Banques Populaires Images 2 (en association avec)
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Producteur délégué :Patrick Gouyou Beauchamps
    Claude Carrere
  • Directeur de production :Frédéric Doniguian
  • Participation financière :Canal + (avec la participation de)
    Procirep (et le soutien de la)

Fiche artistique

  • Réalisateur :Florent-Emilio Siri
  • Scénario :Florent-Emilio Siri
    Jean-François Tarnowski
  • Interprètes :Samy Naceri (Nasser)
    Benoît Magimel (Santino)
    Nadia Farès (Laborie)
    Pascal Greggory (Louis)
    Sami Bouajila (Selim)
    Anisia Uzeyman (Nadia)
    Richard Sammel (Winfried)
    Valério Mastandrea (Giovanni)
    Martial Odone (Martial)
    Angelo Infanti (Abedin Nexhep)
    Martin Amic (Spitz)
    Alexandre Hamidi (Tony)
    Grigori Manoukov (passager V.A.B.)

Fiche technique

  • Photographie :Giovanni Fiore Coltellaci
  • Compositeur de la musique :Alexandre Desplat
  • Ingénieur du son :Daniel Ollivier (ingénieur du son)
    Eric Tisserand
    Williams Schmit (mixage)
  • Effets spéciaux :Laurent Brett (superviseur artistique des effets spéciaux numériques)
    Alain Figlarz (régleur cascades physiques)
    Jean-Claude Lagniez
    Patrick Ronchin (régleurs cascades mécaniques)
    Georges Demetrau
    Grégoire elage Delage (ef
  • Monteur :Olivier Gajan
    Christophe Danilo
  • Chef décorateur :Bertrand Seitz
  • Costumier :Marie Calvet
    Brigitte Calvet (chef costumières)
  • Son :Dolby SR / SRD / DTS
  • Monteur son :Germain Boulay (montage son et sound design)
  • Photographe de plateau :Florence Dugowson
  • Assistant réalisateur :Pascal Salafa (AFAR)
    Roxane Andreani (AFAR)
  • Procédé image :99 mm - Scope

Résumé et notes

  • Genre : Film d'action
  • Durée : 105 minutes

RÉSUMÉ

Hélène Laborie, 30 ans, agent des forces spéciales. Sa mission : escorter Abedin Nexhep, un ponte de la mafia albanaise. Accusé de diriger un vaste réseau de prostitution, ce redoutable criminel doit être jugé devant un tribunal européen. Jeudi 14 Juillet… Pendant le transfert, des tueurs à la solde de Nexhep montent une embuscade en pleine nuit pour faire évader leur chef, mais Laborie et ses hommes parviennent à leur échapper. Au terme d’une folle poursuite, les policiers se réfugient, en compagnie de leur prisonnier, dans un entrepôt isolé situé dans une vaste zone industrielle. Là, ils découvrent une bande venue braquer du matériel informatique. Au même moment, les tueurs de Nexhep encerclent l’entrepôt… D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

FILM INTERDIT AUX MOINS DE 12 ANS

Entretiens issus du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

Florent-Emilio Siri (réalisateur)

« Une minute de silence », votre premier long métrage, avait pour thème la vie des mineurs lorrains. Avec « Nid de guêpes », vous changez complètement de genre ! Pour moi il n’y a aucune différence ! « Une minute de silence » et « Nid de guêpes » sont, chacun dans son genre, des films d’auteur. L’un est un film social et l’autre un film d’action, mais ils ont la même sincérité et la même sensibilité. Le premier est peut-être plus intimiste que le second, quoique… Si on s’amusait à les comparer, on s’apercevrait vite qu’ils ont beaucoup de points communs de par les thèmes abordés ou les influences : dans les deux films, il y a des histoires d’amitié, l’idée de solidarité, de se battre ensemble contre un ennemi commun, les références au western ou encore une histoire traitée sur un mode réaliste. Il est vrai qu’« Une minute de silence » était un film plus personnel dans le sens où il était inspiré de mon vécu, mais s’il faut vraiment chercher une différence entre ces deux films, elle concerne surtout leur budget et leur processus de fabrication. Avec « Nid de guêpes », pour la première fois, j’ai eu les moyens de m’exprimer comme je le souhaitais ! Vous admettrez quand même que « Nid de guêpes » s’apparente beaucoup au cinéma d’action américain ! Oui, mais ce n’est pas un simple film d’action, car le récit s’appuie avant tout sur le parcours psychologique des personnages. Toute la difficulté a consisté à trouver un bon équilibre entre psychologie et action. Une préoccupation qui ne m’a jamais quitté depuis l’écriture du scénario jusqu’au montage. Je dirai que « Nid de guêpes » se caractérise par un visuel fort "à l’américaine", mais développe une sensibilité "européenne". La violence n’y est jamais gratuite, elle "colle" à l’histoire et à la psychologie des personnages. Le spectateur est censé s’identifier aux émotions de ces derniers face à cette violence, au lieu de regarder passivement des hommes se faire tuer. Le personnage de Santino, joué par Benoît Magimel, incarne bien l’esprit du film. Au début de l’histoire, il répugne à se servir d’une arme et s’il le fait par la suite, c’est par nécessité… Sinon, d’une manière plus générale, je pense que la violence au cinéma se justifie parfaitement dans la mesure où notre monde baigne dans cette violence. L’esclavage moderne et la mondialisation de la prostitution, thèmes centraux de « Nid de guêpes », en sont une parfaite illustration. Beaucoup de jeunes cinéastes français défendent l’idée d’une stylisation de la violence. Que pensez-vous de cette approche ? Ce n’était pas la mienne pour « Nid de guêpes ». Ce film n’est pas une BD, avec des « gunfights » pour le fun. La violence s’inscrit dans un contexte réaliste. J’ai voulu que la caméra ne fasse pas tape-à-l’œil, qu’elle s’occupe avant tout de capter les émotions des personnages… Pour moi, le style n’est pas une difficulté : j’ai réalisé plus de trente clips tous plus stylisés les uns que les autres ! Mais ce que je voulais sur « Nid de guêpes », c’était justement tout le contraire : rendre la caméra invisible et que seules les émotions dominent. Ce qui n’empêche pas votre film d’être très soigné visuellement ! J’ai passé six mois sur le découpage et le story-board. C’est ce qui m’a pris le plus de temps pour ce film ! Puisque l’on aborde le processus de création, je pense qu’un film s’écrit en trois fois : au scénario, au tournage et au montage. En ce qui me concerne, j’ai une préférence pour le scénario et surtout pour la préparation du film. Je fais participer la plupart de mes collaborateurs en amont. J’ai travaillé avec mon musicien, Alexandre Desplat, dès l’écriture du scénario. Même chose avec Giovanni Fiore Coltellaci, le chef opérateur et Dominique Carrara, le directeur artistique. Dans le registre du piège ou de l’enfermement, « Nid de guêpes » peut faire penser à des films comme « Alien », « Outland » ou « La nuit des morts-vivants ». Revendiquez-vous cette dimension fantastique ? Vous avez raison, il y a une dimension fantastique dans « Nid de guêpes ». Je voulais que ce film ait un aspect intemporel ou plutôt "en dehors du temps". Les codes du film fantastique permettent ce décalage temporel… Par ailleurs, l’entrepôt tel qu’il a été conçu tire effectivement le film vers le fantastique. Ce monolithe noir et rouge ressemble à un vaisseau spatial à la dérive, et j’accepte donc volontiers la référence à « Alien » ! Mais lorsqu’on regarde cet entrepôt entouré d’eau on peut aussi y voir un château fort ou un simple fort, comme dans les westerns. D’ailleurs le film fonctionne comme un western. Cet entrepôt évoque un fort qui se ferait encercler par les Indiens. (…) La grande force du film, c’est qu’on ne les voit jamais, ou alors de loin, comme dans « La captive aux yeux clairs ». On entend seulement le bruit sourd et lugubre de leurs tambours tout au long du film, comme une menace invisible… Y a-t-il une morale dans le film ? Non. C’est une notion qui ne me plaît pas beaucoup. Je lui préfère la notion de contradiction, l’idée que rien n’est banalisé par avance par le parcours intérieur des personnages, que tout peut être constamment remis en question. D’où l’importance par exemple des masques dans le film. Il y a les masques I.L. (Intensificateurs de Lumière) des assaillants albanais, les masques transparents des braqueurs, des cagoules, des masques à gaz, une pare-balles facial. Ces masques ont une fonction psychologique dans le parcours initiatique des personnages. Ils tendent à faire passer l’idée qu’un visage peut en cacher un autre ; au début, chaque protagoniste manque de lucidité sur lui-même. Tout le monde croit être quelqu’un, et devient un autre à la fin de l’histoire. C’est là où "certains artifices" de mise en scène aident à faire ressentir la psychologie des personnages et dépassent parfois l’action, parce que le confinement les révèle chacun à eux-mêmes.

Samy Naceri (dans le rôle de Nasser)

Comment Florent-Emilio Siri vous a-t-il convaincu de jouer dans « Nid de guêpes » ? Il n’a pas eu besoin de me convaincre ! Je connaissais son travail sur les clips d’ « Iam » et j’avais vu son premier film, « Une minute de silence ». de plus, j’ai adoré le scénario de « Nid de guêpes ». je suis un grand fan de western et le film est vraiment dans cet esprit ! Quand au personnage de Nasser, il me motivait vraiment, surtout quand Florent m’a dit qu’il voulait jouer sur l’émotion et la souffrance. C’est un personnage différent de ceux que vous incarnez d’habitude… Je savais que ce ne serait pas facile, mais j’ai décidé de foncer en écoutant mon instinct et en faisant confiance à Florent… Il a parfaitement su me diriger, utiliser ma "matière". il m’a aussi beaucoup aidé car, dans l’histoire, Nasser passe par différentes étapes et j’avais du mal à me repérer ! J’avais besoin de ça pour être toujours en phase avec le personnage, pour exprimer au bon moment l’émotion ou les souffrances adéquates… Comment décririez-vous Nasser ? C’est un meneur d’hommes. On le sent clairement au début du film. Ensuite, les choses dérapent et il devient invalide, c’est comme un château de cartes qui s’écroule. Il a emmené tout le monde dans cette galère, il se sent coupable… C’est douloureux pour un comédien d’incarner un personnage qui reste à terre et souffre comme un damné ? Oui, parce qu’il n’y a plus aucune possibilité de jouer avec son corps. Il ne reste que le regard… Je me souviens, quand j’arrivais su le plateau, je savais que j’allais finir la journée allongé sur cette porte… Ca a duré plus d’un mois, et c’était dur physiquement, mais le rôle en valait le coup.

Benoît Magimel (dans le rôle de Santino)

Qu’est-ce qui vous a séduit dans « Nid de guêpes » ? J’avais envie de tourner dans un film d’action ! J’attendais simplement de trouver le bon, ce qui s’est produit quand Florent m’a fait lire le scénario de « Nid de guêpes ». Les personnages m’ont séduit, notamment celui de Laborie, interprété par Nadia Farès dans le film. Un rôle féminin aussi fort dans un film d’action, ça casse les habitudes. J’aime la manière dont les personnages sont confrontés à une situation extrême et comment ils réagissent face au danger. Ils se révèlent différents de ce que l’on pouvait imaginer au début du film, leur parcours émotionnel est guidé par leur instinct de survie. Comment décririez-vous Santino, le personnage que vous incarnez ? On avait imaginé avec Florent qu’il avait subi un traumatisme, une mauvaise expérience dans le passé avec les armes à feu. Depuis, la peur le paralyse dès qu’il s’agit de s’en servir. Sa relation avec Nasser est également très importante, ils se connaissent depuis longtemps et ils ont déjà traversé des épreuves ensemble, chacun est le gardien de son frère. D’où son sentiment de culpabilité quand son ami est au plus mal. « Nid de guêpes » est un film choral, comme dit Florent-Emilio Siri. Il n’y a pas de vedettes… C’est aussi cet aspect collectif qui m’a séduit dans ce projet. Il n’y a pas de personnage principal, tous sont mis tour à tour au centre de l’histoire. L’occasion d’explorer les zones d’ombre de chacun, leurs conflits, leurs ambivalences, en particulier dans la manière dont ils réagissent face à la mort et au danger…

Nadia Farès (dans le rôle de Laborie)

Hormis l’action qu’est-ce qui vous a séduit dans ce film ? Son ambivalence. Laborie est une flic d’élite très professionnelle, mais derrière sa carapace se cache une femme très sensible. A part le fait qu’elle soit mère, on sait peu de choses sur elle, mais on devine qu’elle a vécu des choses difficiles. Et la manière dont elle prend à cœur sa mission montre qu’elle a des émotions et des convictions. Le thème des réseaux de prostitution est d’ailleurs une autre raison qui m’a poussée à jouer dans « Nid de guêpes ». ces filles sont traitées comme des esclaves et subissent les pires sévices. La force du film réside dans cette dénonciation. Est-ce perturbant pour une comédienne d’incarner une femme à l’apparence si masculine ? Non. C’est une bonne façon de montrer que dans la société d’aujourd’hui, les femmes sont capables de faire tous les métiers, à l’égal des hommes. Elles peuvent même les diriger, c’est le cas de Laborie dans le film ! Comment vous êtes-vous préparée physiquement pour être crédible ? J’ai travaillé trois mois avec Alain Figlarz, un spécialiste. Il m’a enseigné des tas de choses, du maniement des armes aux techniques de combat, en passant par les attitudes et les déplacements, notamment quand on transporte un priisonnier. Bref, tous les comportements de quelqu’un qui est censé s’être entraîné pendant des années et qui vit dans une atmosphère masculine ! Certains peuvent trouver ce film trop violent. Qu’en pensez-vous ? Si cette violence s’inscrit dans un discours cohérent, je ne vois pas où est le problème. D’autant qu’elle est très bien amenée, tant au niveau de l’écriture que de la mise en scène. L’action est au service d’une histoire qui raconte avant tout le parcours des personnages confrontés à des situations très fortes, avec tout un travail sur les comportements humains. Certains, il est vrai, engendrent la violence, notamment l’instinct de survie. La scène où Benoît tue son ennemi au couteau est symbolique de cette approche. Quand on voit ce qu’exprime son visage, on est dans l’émotion, même si, effectivement, l’acte est dur et violent !

Pascal Greggory (dans le rôle de Louis)

Comment avez-vous construit votre rôle pour « Nid de guêpes » ? J’adore avoir des références visuelles, cinématographiques et picturales, pour construire un personnage. En l’occurrence, pour « Nid de guêpes », j’ai beaucoup pensé à Clint Eastwood, période « Inspecteur Harry », et à Coluche dans « Tchao Pantin ». Des hommes solitaires et énigmatiques qui paraissent très désagréables avant que l’on découvre chez eux des trésors de sensibilité. Dans « Nid de guêpes », la mise en place de mon personnage et son évolution passent par un certain nombre de mystères. Florent a une grande passion pour Jean-Pierre Melville, notamment son côté hitchcockien, son goût pour les énigmes. A mon avis, ça se sent à travers le personnage que j’interprète dans le film. Quel genre de réalisateur est Florent-Emilio Siri ? J’ai été très surpris par sa capacité de travail. Après douze heures de tournage d’affilée, tout le monde était sur les rotules, sauf lui, qui aurait pu encore continuer pendant six heures de plus ! Et pourtant, il sait toujours où il va. Son travail est d’une précision remarquable dans la construction d’une prise, avec de nombreux angles et un souci du détail comme on n’en rencontre que très rarement chez les jeunes réalisateurs. Je suis d’autant plus admiratif que les conditions de travail étaient très rudes…

Sami Bouajila (dans le rôle de Selim)

Entre autres thèmes, « Nid de guêpes » aborde celui du courage et de la lâcheté. Selim, votre personnage, symbolise la lâcheté… Je dirai plutôt qu’il incarne la rédemption. Effectivement, au début du film, il ne brille pas par son courage, mais peu à peu, il évolue pour finalement se racheter. Avec Florent, c’est comme ça qu’on a construit le personnage : il se livre à une sorte de parcours initiatique… Selon vous, à quel moment de l’histoire bascule-t-il vers la rédemption ? Quand Martial, qui est son ami, l’ignore avant de s’enfoncer dans les égouts. Là, il se produit dans la tête de Selim une sorte de déclic. De là naît un conflit intérieur, ce qui est toujours passionnant à interpréter. Selon Florent-Emilio Siri, vous êtes un pur acteur de composition. Qu’en pensez-vous ? C’est flatteur, même si cela ne correspond pas tout à fait à ma démarche. Je ne cherche pas particulièrement à faire des compositions, j’essaie simplement de devenir le personnage. Dans un premier temps, je l’isole du contexte pour me concentrer sur ses motivations. Ensuite, j’essaie d’aller au plus près de lui… Les conditions de tournages étaient assez difficiles. Comment les avez-vous supportées ? Sans problème. J’y ai même pris beaucoup de plaisir ! c’est vrai qu’on a tourné de nuit pendant trois mois sur quatre, ce qui pourrait sembler éprouvant, mais le fait d’être décalé, de vivre à l’écart du monde, renforce la cohésion du groupe. On avait vraiment l’impression de former une bande, c’était très convivial… La violence au cinéma est souvent décriée. Qu’en pensez-vous ? Peckinpah faisait des films très violents et en même temps pleins d’humanité. C’est aussi le cas de « Nid de guêpes » qui traite d’honneur et d’amitié… Avec, en plus, un propos sur les réseaux de prostitution albanais… La violence au cinéma pose problème quand elle est gratuite et montrée sans talent, ce qui n’est pas le cas de « Nid de guêpes ». Avec Florent, j’ai su tout de suite qu’on éviterait cet écueil. C’est un cinéaste doté d’une très forte personnalité, à tel point que son film tient autant du cinéma d’auteur que du cinéma de genre.

Patrick Le Dissier (armurier du film)

Les armes jouent un rôle essentiel dans « Nid de guêpes »… Florent a travaillé cet aspect du film avec un soin presque maniaque ! Chaque arme faisait l’objet de longues discussions. Il voulait tout savoir ! J’ai rarement vu un réalisateur s’intéresser autant au sujet et se montrer si exigeant. Pour les armes longues comme le Famas ou le M16, il voulait qu’elles crachent une flamme de plusieurs centimètres tout en souhaitant obtenir des tirs en rafale. Dans la réalité c’est impossible à obtenir, ça pose des problèmes de pression. Il a donc fallu que je crée des munitions de toutes pièces pour obtenir l’effet souhaité. Globalement, on a fabriqué à peu près 12.000 cartouches pour le film, avec des codes couleurs qui correspondaient à chaque arme. Un travail de titan ! Chaque personnage utilise une arme spécifique… On a voulu donner à chacun une arme qui lui correspondait. Pour Nadia Farès, par exemple, on a choisi le Famas qui est une arme élégante, tandis que pascal Greggory se sert d’une vieille carabine de 9mm. Quand aux mafieux, ils utilisent l’Uzi, arme très prisée par les malfaiteurs. En ce qui concerne les Uzi, on les a modifiés en leur greffant un silencieux dans lequel on s’est amusés à intégrer une vision infrarouge, une vision normale et un système de visée laser. Tout le design a été conçu sur ordinateur, après quoi on a dessiné un prototype et fabriqué des moules. On a également retravaillé le look d’un lance-roquettes. A force de le transformer, on a fini par inventer une arme ultra-moderne ! Vous allez finir par intéresser l’armée française ! En voyant l’intérêt que suscitaient nos créations chez certains fabricants d’armes, on s’est dépêchés de déposer des brevets ! Finalement, sur ce film, on n’a pas seulement respecté la réalité, on l’a carrément devancée !


  • Sortie : 06/03/2002
Date de la publication électronique :13 September 2011
Sources :

Matériel publicitaire du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé