Parle avec elle  –  Pedro Almodovar  –  2002

Fiche générale

Affiche
  • Titre original : Hable con ella
  • Pays de production :Espagne
  • Genre : Mélodrame
  • Durée : 112 minutes
  • Numéro de visa : 103338
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Pedro Almodovar
  • Interprètes : Javier Camara (Benigno)
    Leonor Watling (Alicia)
    Dario Grandinetti (Marco)
    Rosario Flores (Lydia)
    Géraldine Chaplin (Katerina Bilova, le professeur de danse)
    Pina Baush (elle-même)...
  • Scénario :Pedro Almodovar
  • Producteur exécutif :Agustin Almodovar
  • Producteur délégué :Michel Ruben (producteur associé)
  • Directeur de production :Esther Garcia
  • Directeur de la photographie : Javier Aguirresarobe
  • Compositeur de la musique : Alberto Iglesias
  • Monteur : José Salcedo
  • Costumier : Sonia Grande

Production

  • Titre original : Hable con ella
  • Pays de production :Espagne
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Producteur délégué :Michel Ruben (producteur associé)
  • Producteur exécutif :Agustin Almodovar
  • Directeur de production :Esther Garcia
  • Participation financière :A3TV
    Via Digital (avec la participation de)

Fiche artistique

  • Réalisateur :Pedro Almodovar
  • Scénario :Pedro Almodovar
  • Interprètes :Javier Camara (Benigno)
    Leonor Watling (Alicia)
    Dario Grandinetti (Marco)
    Rosario Flores (Lydia)
    Géraldine Chaplin (Katerina Bilova, le professeur de danse)
    Pina Baush (elle-même)
    Mariola Fuentes (Rosa)
    Caetano Veloso (lui-même)
    Elena Anaya (Angela)
    Adolpho Fernandez (l’enfant)
    Fele Martinez (le psychanaliste)
    Paz Vega (l’assistante du psychanaliste)
    Malou Airaudo
    Roberto Alvarez
    Lola Duenas
    Chus Lampreave
    Loles Léon
    Helio Pedregal
    José Sancho
    Marisa Paredes
    Cecilia Roth

Fiche technique

  • Photographie :Javier Aguirresarobe
  • Compositeur de la musique :Alberto Iglesias
  • Ingénieur du son :Miguel Rejas (chef opérateur son)
    José A. Bermudez (mixage)
  • Monteur :José Salcedo
  • Costumier :Sonia Grande
  • Son :Dolby SR / SRD
  • Chorégraphie :Pina Bausch (chorégraphie "Masurca Fogo" et "Café Müller")
  • Maquilleur :Karmele Soler (maquillage)
    Francisco Rodriguez (coiffure)
  • Conseiller artistique :Antxon Gomez
  • Procédé image :Scope

Résumé et notes

  • Genre : Mélodrame
  • Durée : 112 minutes

RÉSUMÉ

Un rideau avec des roses couleur saumon et de grandes franges dorées s’ouvre sur un spectacle de Pina Bausch, « Café Müller ». Parmi les spectateurs, deux hommes sont assis, l’un à côté de l’autre. Ils ne se connaissent pas. C’est Benigno, un jeune infirmier et Marco, un écrivain d’une quarantaine d’années. Sur la scène jonchée de chaises et de tables en bois, deux femmes, les yeux fermés et les bras tendus se déplacent au rythme de la musique de « The Fairy Queen » de Henry Purcell. Le spectacle est si émouvant que Marco éclate en sanglots. Benigno voit les larmes de son voisin dans l’obscurité des fauteuils d’orchestre. Il aimerait pouvoir lui dire que lui aussi est très ému par le spectacle, mais il n’ose pas. Plusieurs mois plus tard, les deux hommes se rencontrent à la clinique El Bosque, une clinique privée où travaille Benigno. Lydia, la petite amie de Marco, torero professionnelle, se retrouve dans le coma suite à un accident survenu pendant une corrida. Benigno, lui, est au chevet d’une autre femme dans le coma, Alicia, une jeune danseuse. Lorsque Marco passe à côté de la chambre d’Alicia, Benigno, sans hésiter, s’approche de lui. C’est le début d’une grande amitié aussi linéaire que des montagnes russes ! Le temps s’écoule entre les murs de la clinique. La vie des quatre personnages suit son cours, elle part dans tous les sens, passé, présent, futur, et les entraîne vers un destin inattendu.

« Parle avec elle » est une histoire sur l’amitié entre deux hommes, sur la solitude et la longue convalescence due aux blessures de la passion. C’est aussi un film sur l’impossible dialogue dans le couple, mais aussi sur la communication, sur le cinéma comme sujet de conversation. Le film cherche à démontrer 1 – qu’un monologue face au mutisme peut s’avérer être une forme de dialogue, 2 – comment le silence peut exprimer l’éloquence du corps, 3 – comment le cinéma peut apparaître comme un lien idéal dans les relations entre les gens, et enfin, 4 – comment le cinéma raconté avec des mots peut retenir le temps et s’installer aussi bien dans la vie du narrateur que dans celle de celui qui écoute. « Parle avec elle » est un film sur le plaisir de raconter et sur la parole comme arme pour fuir la solitude, la maladie, la mort et la folie. C’est également un film sur la folie. Une folie parfois si douce et pleine de bon sens qu’il est difficile de la dissocier de la normalité. « Tout sur ma mère se terminait par un rideau qui s’ouvrait sur une scène plongée dans la pénombre. « Parle avec elle » commence par le même rideau s’ouvrant aussi sur une scène. Les personnages de « Tout sur ma mère » étaient des actrices, des hâbleuses, des femmes capables de jouer dans le film et hors du film. « Parle avec elle », c’est l’histoire de narrateurs qui parlent d’eux, d’hommes qui parlent à qui peut les entendre et surtout à qui ne peut pas les entendre. D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Interview de Pedro Almodovar, matériel publicitaire du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

Où as-tu trouvé l’inspiration pour « Parle avec elle » ?


Dans plusieurs faits qui ont eu lieu ces dix dernières années et que j’ai notés.


1 – Une femme américaine se réveille après seize années passées dans le coma. D’après les médecins, son état était irréversible. J’ai été très impressionné quand j’ai vu la photo de cette femme dans « El Pais ». Elle se tenait debout entre deux infirmières, elle réapprenait à marcher. Son réveil était en contradiction avec tout ce que la science avait pu affirmer à ce sujet.


2 – En Roumanie, dans une morgue, un jeune gardien de nuit se sent attiré par un macchabée. La solitude de la mort, plus celle de la nuit, égal trop de solitude ! Alors le jeune gardien cède à ses pulsions et possède la jolie défunte. Ce qui se produisit par la suite ressemble à un miracle de la nature humaine qui, j’en suis sûr, n’a pas dû faire plaisir au Pape… Suite à cette union la morte revint à la vie… La jeune fille souffrait d’un genre de catalepsie et sa mort n’était qu’apparente. (…) Bien que la famille de la jeune fille se soit montrée reconnaissante envers le violeur, elle n’a pu empêcher son incarcération. La famille allait le voir en prison et lui apportait des colis de nourriture. Elle lui a même trouvé un avocat. La situation était si insolite qu’elle a provoqué un drôle de dilemme. Aux yeux de la justice, le garçon n’était qu’un violeur, mais pour la famille, il avait ressuscité leur fille. Je n’ai pas laissé un seul détail de côté, tout m’a inspiré y compris "le dilemme moral" dont il est question dans « Parle avec elle »


3 – A New-York, une fille qui avait passé neuf ans dans le coma, se retrouve enceinte (Sans sortir du coma, elle a accouché). Ils ont découvert quelques jours plus tard que le coupable était un brancardier de la clinique. La question est comment un corps cliniquement mort (c’est le cerveau qui détermine la mort) peut-il engendrer la vie ?


4 – Je crois que c’est Cocteau qui a dit que "la beauté pouvait être douloureuse". Il me semble qu’il faisait allusion à la beauté des gens. Je crois que les moments d’une beauté intense et extraordinaire peuvent, sous l’effet de l’émotion, faire pleurer. Ce sont des larmes de douleur plus que de plaisir. Des larmes qui occuperaient dans nos yeux la place des absents.


5 – Depuis que j’ai vu « Les poupées du diable » et « L’Homme qui rétrécissait », je rêve de faire un film sur un être minuscule où les pieds des meubles et l’orographie du sol seraient le décor principal. J’avais déjà écrit quelque chose sur une histoire de ce genre. Tous ces évènements ainsi que le souvenir d’un amour brisé mais encore vivant m’ont inspiré pour l’écriture du scénario de «Parle avec elle ».


Quand le psychiatre demande au personnage de Javier Camara quel est son problème, il répond : « La solitude, je suppose »


Marco (Dario Grandinetti) dit lui aussi aux deux femmes et à deux moments différents, qu’il est seul. Les deux personnages, Benigno et Marco ne glissent jamais dans le mélodrame, ils constatent simplement un fait. La solitude est le point commun entre tous les personnages du film. Alicia et Lydia sont seules. Katerina, le professeur de danse, aussi. Le père d’Alicia également, même si par la suite, il a une liaison avec sa secrétaire. Il en va de même pour l’infirmière interprétée par Mariola Fuentes, qui est amoureuse de son collègue Benigno, la concierge, le personnage antipathique de la journaliste interprété par Loles Léon qui finit seul, face à la caméra quand Lydia abandonne le plateau en plein milieu de l’interview. Même le taureau reste seul sur l’immense place quand ils emmènent Lydia, blessée à mort. «La solitude, je suppose» aurait pu être, entres autres, le titre de ce film.


  • Sortie : 10/04/2002
Date de la publication électronique :13 September 2011
Sources :

Matériel publicitaire du film, collection de la fondation Jérôme Seydoux-Pathé