Le Bison  –  Isabelle Nanty  –  2003

Fiche générale

Affiche
  • Autre titre : Le Bison et sa voisine Dorine
  • Pays de production :France
  • Genre : Comédie
  • Durée : 96 minutes
  • Production :Pathé Renn Production
    Hirsk...
  • Numéro de visa : 105448
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Isabelle Nanty
  • Interprètes : Isabelle Nanty (Dorine)
    Edouard Baer (Louis Le Bison)
    Pierre-François Martin-Laval (Joël)
    Juliette Duval (Rose)
    Martine Chevallier (Madame Cabut)
    Jules-Angelo Bigarnet (Paulo)...
  • Scénario :Isabelle Nanty
    Fabrice Roger-Lacan
  • Adaptation :Isabelle Nanty
    Fabrice Roger-Lacan
  • Dialogues :Isabelle Nanty
    Fabrice Roger-Lacan
  • Producteur exécutif :Pierre Grunstein
  • Producteur délégué :Claude Berri
    Nathalie Rheims (producteur associé)
  • Directeur de production :Eric Hubert
  • Directeur de la photographie : Philippe Pavans de Cecatty
  • Chef opérateur : Eric Le Roux (cadreur)
  • Compositeur de la musique : Ignatus
    Jérôme Bensoussan
  • Monteur : Catherine Renault
  • Chef décorateur : Thierry Flamand
  • Costumier : Sylvie Gautrelet

Production

  • Autre titre : Le Bison et sa voisine Dorine
  • Pays de production :France
  • Production :Pathé Renn Production
    Hirsk
    TF1 Films Production (co-production)
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Producteur délégué :Claude Berri
    Nathalie Rheims (producteur associé)
  • Producteur exécutif :Pierre Grunstein
  • Directeur de production :Eric Hubert
  • Participation financière :CNC
    Canal +

Fiche artistique

  • Réalisateur :Isabelle Nanty
  • Scénario :Isabelle Nanty
    Fabrice Roger-Lacan
  • Adaptation :Isabelle Nanty
    Fabrice Roger-Lacan
  • Dialogues :Isabelle Nanty
    Fabrice Roger-Lacan
  • Scripte :Patrick Aubree
  • Interprètes :Isabelle Nanty (Dorine)
    Edouard Baer (Louis Le Bison)
    Pierre-François Martin-Laval (Joël)
    Juliette Duval (Rose)
    Martine Chevallier (Madame Cabut)
    Jules-Angelo Bigarnet (Paulo)
    Tilly Mandelbrot (Kim)
    Marie Martin (Léa)
    Nicolas Marais (Joseph)
    Emmanuelle Lepoutre (Anita)
    Valérie Bonneton (Reine)
    Chad Chenouga (Mourad)
    Anne Consigny (l’avocate)
    Riton Liebman (l’employé de banque)
    Candide Sanchez (huissier)
    Jacques Tresse (huissier)
    Solenn Jarniou (Madame Collin)
    Jean-Michel Portal (l’interne)
    Nanou Garcia (la sage femme)
    Michael Cohen (le prêtre)
    Alain-Paul (les poissons)
    Roland Menou (le facteur)
    Patrick Ligarde (M. Gérard)
    Isabelle Habiague (femme TV achat)
    Pierre Hiessler (homme TV achat)
    Bénédicte Guiho (fille sitcom)
    Steve Suissa (garçon sitcom)

Fiche technique

  • Photographie :Philippe Pavans de Cecatty
  • Chef opérateur :Eric Le Roux (cadreur)
  • Compositeur de la musique :Ignatus
    Jérôme Bensoussan
  • Ingénieur du son :Jean Umansky
    Jean-Paul Hurier (mixage)
  • Monteur :Catherine Renault
  • Chef décorateur :Thierry Flamand
  • Costumier :Sylvie Gautrelet
  • Son :Dolby SRD DTS
  • Monteur son :Alexandre Widmer
  • Maquilleur :Sophie Harvey
  • Casting :Bénédicte Guiho (casting enfants)
  • Régisseur :Bruno Morin
  • Chef machiniste :Gil Fontbonne (chef machiniste)
    Alain Cousseau (chef eléctricien)
  • Assistant réalisateur :Paul Geu
  • Conseiller artistique :Christian Chevalier (consultant musiques)
    Roland Menou (coach Isabelle Nanty et enfants)
  • Procédé image :Format 1.85

Résumé et notes

  • Genre : Comédie
  • Durée : 96 minutes

RÉSUMÉ

Louis le Bison est insupportable : noctambule et coureur, il s'emporte contre les bruits de l'immeuble, et notamment ceux que fait, en plein jour pourtant, sa gardienne et voisine Dorine, dans l'exercice de ses fonctions. Les relations sont donc tendues, d'autant que les enfants de Dorine (et de sa brute de mari, Joël) sont "pleins de vie". Le drame survient lorsque Joël s'enfuit avec la conquête du moment de Louis. Dorine se précipite à la porte de son voisin, en larmes, et tente d'obtenir son aide pour se lancer à la recherche de son mari perdu. Apparemment, l'affaire n'a pas la même importance pour le Bison... L'annuel du cinéma 2004, Tous les films 2003, Editions les fiches du cinéma 2004, p.107

En savoir plus

Entretiens issus du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

ENTRETIEN AVEC ISABELLE NANTY


Ce premier film vous tenait-il à cœur depuis longtemps ?


Je n’ai jamais voulu faire un film pour un film. J’ai un besoin d’expression. De partage. Si j’étais peintre, ce serait par mes tableaux. Le film, à commencer par le scénario, est le reflet du moment, des émotions et des questions qui m’accompagnent… Et ça bouge vite… Il y a quatre ou cinq ans, j’avais écrit un autre film avec Fabrice Roger-Lacan, le co-auteur du « Bison », mais pour différentes raisons nous avons été obligés de nous arrêter à la troisième semaine de préparation. A la suite de cet échec, j’étais dans un drôle d’état. J’ai alors pensé que cette colère ne devait pas rester improductive. J’ai commencé à écrire l’histoire d’une femme en colère.


Cela ne vous ressemble pas…


Non, c’est vrai. Mais quand même… Quand tout va mal, c’est non seulement une bataille contre soi mais aussi de soi contre le monde. Plus précisément, je voulais mettre en situation une femme que tout abandonne et que la difficulté emmène à d’autres difficultés par ricochets. Le malheur vous éloigne des autres. Plus vous êtes faible et en lutte, donc isolé, moins il se passera quelque chose. Pour avancer, vous avez besoin de quelqu’un qui vous tende la main. Au même moment, et ça n’à rien à voir, je me suis rendue compte que je n’étais pas concernée émotionellement par ce qui se passait alors dans le monde. Je pouvais réagir aux évènements avec ma conscience nais ils ne me touchaient pas.


Comment est née l’histoire du « Bison » ?


Nous avons eu l’idée, Fabrice et moi, de faire se côtoyer une héroïne qui pour nous symboliserait la survie, avec quelqu’un qui symboliserait la pensée et qui devrait à un moment ou à un autre se bouger pour la tirer du pétrin. Passer de la pensée à l’acte. Pour que les milieux soient différents, nous avons créé deux personnages opposés dans leurs goûts, leurs rythmse de vie, leurs motivations : une concierge et un inventeur. Et pour symboliser le lieu commun de vie (le monde, la ville), nous les avons imaginés voisins de palier, au rez-de-chaussée d’un immeuble bourgeois, elle dans une loge exigüe, lui dans un grand appartement vide. Dorine Romero lutte pour son existence et celle de ses enfants. Louis Le Bison vit des royalties d’un brevet qu’il a déposé. C’est un homme qui a du verbe, du charme, mais qui n’a pas l’air "concerné". Il a toutes les expériences de la civilité mais il n’en montre rien de concret. J’ai situé l’immeuble dans un beau quartier parce que l’incivilité est partout. Aujourd’hui, elle prend des formes différentes, comme l’indifférence, l’inconséquence, le manque d’imagination. Je pourrais parler de la délinquance amoureuse et de ses conséquences, c’est un thème que j’évoque dans le film…


Dorine est un personnage tendu vers un seul but : la survie. Elle ne respire que lorsqu’elle s'endort.


En cela, elle est semblable à ces milliers de personnes qui mènent une vie de routine, pour nourrir leur famille, donner un avenir à leurs enfants, s’assurer une retraite. Pour ces êtres là, il n’y a pas de place pour la dépression ni pour les états d’armes. Ils doivent d’abord se battre pour vivre avant "d’exister". Il faudra un choc violent à Dorine pour se remettre à penser. Elle va évoluer à l’inverse du Bison, son voisin, qui était un zombie au début du film…


Bison, zombie… C’est exprès ?


Honnêtement ? Non. A croire que les choses contiennent des sens inconscients (…) au commencement du film, le Bison est allongé, fume, il boit, il pense. Il ne fait rien. Dorine se bagarre avec tout et tout le monde. Son boulot ingrat, son mari volage, ses problèmes d’argent, ses enfants, le bébé qu’elle porte. Quand son homme la quitte, c’est elle qui peu à peu lâche du lest et se couche. Elle ne veut plus rien faire, elle se démotive, elle dit non à tout. Elle se met alors à réfléchir, à redéfinir les choses, et même à devenir un peu poète. C’est alors que Le Bison évolue vers l’action pour les sauver, elle et sa famille, et devenir ce qu’il est. Dans l’action, il prend le risque de la relation et c’est quand même ce qui nous fait Homme.


Avoir autant de casquettes : auteur, réalisatrice, actrice, n’était-ce pas multiplier les difficultés ?


Ce qui était difficile c’était d’un côté devoir se troubler comme actrice, se laisser bouleverser par les situations et les sentiments, et de l’autre, comme réalisatrice, rassurer l’entreprise, mes partenaires, l’équipe, et garder "le contrôle" de l’histoire. Le plus difficile était de passer presque simultanément d’un état à un autre. Il y a eu une scène difficile où moi-actrice je trouvais que moi-auteure avait été compliquée dans l’écriture : les sentiments étaient trop nombreux et impossibles, et moi-la-metteur-en-scène je m’impatientais en disant : « fais le, on verra au montage ». A l’arrivée, ce n’était pas bien et nous avons décidé, moi, moi, et moi-même, de supprimer cette scène. J’ai compris définitivement que des trois, c’était l’actrice qui avait raison. Parce que je l’avais éprouvé de l’intérieur. Même si je pense qu’écrire soit la chose la plus intense et physique qui soit.

ENTRETIEN AVEC EDOUARD BAER


Vous êtes un vieux complice d’Isabelle Nanty ?


Isabelle a été ma première prof de théâtre, au cours Florent, il y a douze ou treize ans. Nous sommes restés très proches. Lorsqu’elle a monté « La Ronde » de Schnitzel avec des élèves du cours, elle m’a engagé comme assistant metteur en scène. Je conduisais la camionnette avec les décors. J’ai rencontré là beaucoup d’acteurs avec lesquels je continue de travailler : Pierre-François Martin Laval (Pef) des « Robins des Bois » ou Soline Jarnioux qui tous deux jouent dans son film. Cette fidélité est formidable.


Elle vous a donné à lire le scénario du « Bison » ?


« Le Bison », je l’ai tout de suite pris comme un texte venant d’Isabelle. Avant même d’avoir commencé à tourner, ce film c’était elle et c’était pour moi. C’était une évidence. Je connais bien son univers visuel, son humour. Isabelle mélange tout avec talent, le dessin, les couleurs, les décors, les personnages, la naïveté et la brutalité, la tendresse et la dérision. Il y a des bizarreries, des moments différents. La force du film, c’est de remplir le contrat. L’histoire est quasiment un classique du cinéma hollywoodien : deux personnes que tout oppose vont finir par se rapprocher. Le bougon va être amadoué par la grâce de ses enfants. Et en même temps, aucune scène n’est prévisible, attendue : c’est là tout le charme du film.


Qui est Louis Le Bison ?


Je ne sais pas aborder les personnages de façon psychologique. Je préfère travailler par images. J’ai pensé à l’image publique de Dutronc, c’est-à-dire à quelqu’un pour qui tout a l’air d’avoir déjà eu lieu. Le Bison est encore jeune, il n’attend pas grand-chose de la vie et ne donne plus rien non plus. Il a de quoi vivre grâce à l’invention qu’il a brevetée. Ce brevet est une métaphore : le Bison est un rentier moderne, pas trop riche pour ne pas être odieux, pas un héritier non plus pour ne pas avoir les tics des fils de famille. C’est un "aquaboniste" sans tempérament artistique particulier. Son système peut durer jusqu’à sa mort. Il joue du piano dans son grand appartement sans meuble, il ramène des jeunes filles sans en tomber amoureux. Il vit en autosuffisance. Il se comporte comme un cow-boy fatigué, avec son grand manteau et sa voiture : il n’a pourtant jamais combattu. Il se joue un personnage à lui-même avec son whisky et sa cigarette : il n’a pas besoin du monde extérieur, il est son propre spectateur.


C’est la première fois que vous travaillez avec des enfants ?


Oui… Et quatre, c’est beaucoup… L’un des grands talents du film, c’est de les avoir considérés et donc montrés comme des caractères tranchés, des individualités, et pas seulement comme des "enfants". Isabelle s’est interdit de les manipuler. Elle a tissé avec chacun d’eux des relations particulières sans jamais faire semblant de remplacer leurs parents. Moi, j’ai imaginé avec eux un rapport de « grand frère ». J’étais le premier avec qui on fait des bêtises et en même temps celui qu’on écoute quand on va trop loin. Ce n’était pas très naturel pour moi, j’ai dû me forcer un peu. Quand on est acteur, on est égoïste, on voudrait que le réalisateur ne s’intéresse qu’à vous, on veut attirer par force son regard. Inconsciemment souvent, on rêve d’aimanter le plateau. Or, quand il y a des enfants sur un plateau, ce sont eux qui passent en premier. C’est une école d’humilité. J’ai été obligé de partager avec eux, d’être d’abord spectateur, une qualité importante dans le métier d’acteur.


On imagine des fous rires, des parties de rigolade…


Les enfants étaient souvent présents et on se retenait de rigoler devant eux parce qu’ils devaient comprendre que c’était un vrai travail et qu’on devait bien faire. Mais moi, je ne peux pas jouer avec Isabelle sans éclater de rire. On se connaît trop. Si je la regarde jouer, je suis tout de suite écroulé. D’ailleurs, elle a gardé des vrais fous rires à l’image…


  • Sortie : 04/06/2003
Date de la publication électronique :15 September 2011
Sources :

Matériel publicitaire du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé ; L'annuel du cinéma 2004, Tous les films 2003, Editions les fiches du cinéma 2004, p.107