Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants  –  Yvan Attal  –  2004

Fiche générale

Affiche
  • Pays de production :France
  • Genre : Comédie douce-amère
  • Durée : 104 minutes
  • Production :Pathé Renn Production (production)
    Hirsch...
  • Numéro de visa : 108848
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Yvan Attal
  • Interprètes : Charlotte Gainsbourg (Gabrielle)
    Yvan Attal (Vincent)
    Alain Chabat (Georges)
    Emmanuelle Seigner (Nathalie)
    Alain Cohen (Fred)
    Angie David (la maîtresse)...
  • Scénario :Yvan Attal
  • Producteur exécutif :Pierre Grunstein
  • Producteur délégué :Claude Berri
  • Directeur de la photographie : Rémy Chevrin
  • Monteur : Jennifer Augé
  • Chef décorateur : Katia Wiszkop
  • Costumier : Jacqueline Bouchard

Production

  • Pays de production :France
  • Production :Pathé Renn Production (production)
    Hirsch
    TF1 Films Production (coproductions)
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Producteur délégué :Claude Berri
  • Producteur exécutif :Pierre Grunstein
  • Participation financière :Canal +
    CNC

Fiche artistique

  • Réalisateur :Yvan Attal
  • Scénario :Yvan Attal
  • Interprètes :Charlotte Gainsbourg (Gabrielle)
    Yvan Attal (Vincent)
    Alain Chabat (Georges)
    Emmanuelle Seigner (Nathalie)
    Alain Cohen (Fred)
    Angie David (la maîtresse)
    Marie-Sophie Wilson (Florence)
    Johnny Depp (l’inconnu)
    Claude Berri (le père de Vincent)
    Anouk Aimée (la mère de Vincent)
    Aurore Clément (la mère de la maîtresse)
    Stéphanie Murat (Géraldine)
    Ruben Marx (Antoine)
    Kitu Gidwani (madame Gibson)
    Sujay Sood (monsieur Gibson)
    Carolina Gynning (Zoé)
    Chloé Combret (Chloé)
    Keith Allen (l’homme de la piscine)
    Jérôme Bertin (le client du garage)

Fiche technique

  • Directeur de la photo :Rémy Chevrin
  • Ingénieur du son :Didier Saïn
    Jean-Paul Hurier
    Jean Goudier
    Marc Doisne
  • Monteur :Jennifer Augé
  • Chef décorateur :Katia Wiszkop
  • Costumier :Jacqueline Bouchard
  • Son :Dolby SR / SRD / DTS
  • Casting :Laurent Soulet
  • Assistant réalisateur :Olivier Horlait
  • Procédé image :Scope

Résumé et notes

  • Genre : Comédie douce-amère
  • Durée : 104 minutes

RÉSUMÉ

Ca commence avec trois hommes, ils ont la petite quarantaine et s’interrogent sur leur vie.

Vincent vit avec Gabrielle et Georges avec Nathalie. Ils ont chacun un petit garçon de cinq ans et ont l’impression d’étouffer, de s’embourgeoiser et même de s’être fait piéger par une société qui les a poussés à travailler, se marier et faire des enfants.

Ils envient la liberté de Fred le troisième, célibataire qui sort avec de belles filles et n’a pas d’heure.

Evidemment, Fred ne rêve lui que d’une chose, c’est d’être comme Vincent et Georges – rangé, marié, des enfants – et de tenter de donner enfin un sens à sa vie.

Mais on apprend que Vincent vit une histoire avec une autre femme. « Une maîtresse ». Personne n’est au courant, aucun de ses amis, sauf Gabrielle, sa femme. Lui ne sait pas que Gabrielle sait.

A partir de là, c’est elle que nous suivons. Nous la regardons s’arranger avec cette situation. Elle aime son mari et l’attend patiemment.

Elle est agent immobilier et lors d’une fin de journée un peu plus calme, nous la retrouvons dans une allée d’un Virgin Mégastore, où elle écoute un disque à côté d’un homme qu’elle ne connaît pas. Son imaginaire se met alors à courir, comme à chaque fois qu’elle fera visiter un appartement à un client, où elle s’imaginera une autre vie, meilleure ou pire… sans l’homme qu’elle aime.

D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

ENTRETIEN AVEC YVAN ATTAL, REALISATEUR ET ACTEUR


Comment est né le projet ?


Pendant le tournage de « Ma femme est une actrice », un soir où l’écriture me manquait, je me suis mis à mon ordinateur et spontanément, j’ai commencé à imaginer trois types à table qui se parlaient de leur vie. En fait, ce soir-là, j’ai écrit une scène que l’on peut voir maintenant dans le film, celle où les deux Alain et moi-même déjeunons dans la brasserie.

Peu après, lors de l’enregistrement de la musique du film – toujours « Ma femme est une actrice » - je voyais Brad Mehldau et son trio et je me suis dis qu’ils pouvaient être ces trois types. Leur musique m’inspirant beaucoup, je suis resté un moment avec cette scène et cette envie de parler de mecs.

Après la sortie de mon premier film, j’ai ressenti un grand vide et je n’avais que ça à faire que de tourner en rond et m’interroger sur ma propre existence et les choix que j’avais fais : vivre avec une femme que j’aime et faire des enfants, à qui on promet le bonheur. J’ai simplement réalisé que c’était énorme et angoissant sans pour autant que rien ne soit remis en question puisque l’amour est toujours là.

Mais autour de moi, les séparations, les enfants qui naissent au même moment, les voir grandir et voir leurs parents, se reconnaître et être effrayé, l’âge qu’on se découvre soudain, le fait de ne plus être capable par moments de se souvenir de son âge, sont des signes.

En amenant mon fils le matin à l’école je réalisais qu’un grand nombre d’enfants ne vivaient déjà plus avec leurs deux parents. Je crois que j’ai eu peur et je me suis concrètement mis à écrire.


Vous avez une manière très singulière de passer sans transition de scènes très quotidiennes, à des scènes rêvées ou imaginées, sans qu’il y ait besoin d’explication.

Le cinéma permet toutes les audaces, c’est dommage de ne pas tenter de les explorer et de s’en tenir à un seul degré de réalité. Montrer des situations sans dialogue ou visualiser le flux extérieur d’un personnage, tout ce qui traverse un individu, tandis qu’il est dans la rue ou qu’il travaille, qu’il fait visiter des appartements s’il est agent immobilier, comme le personnage de Charlotte, par exemple, est un challenge au cinéma. Cela est plutôt réservé à la littérature. Il n’y a pas de raison de ne pas essayer de montrer avec les outils du cinéma à quoi songe un personnage ! (…)


Pourquoi avoir choisi de travailler de nouveau avec votre femme, Charlotte Gainsbourg, et de jouer vous-même le rôle de Vincent, au risque qu’on cherche de nouveau à savoir si vous racontez votre vie ?


Sur Charlotte, je n’ai jamais eu l’ombre d’un doute. J’ai envie de la filmer, j’ai envie d’être avec elle. Pourquoi je m’en priverais ? L’histoire du type qui trompe sa femme n’a rien d’autobiographique ! En même temps, il y a peut-être une part d’exorcisme. La croyance absurde que filmer un couple qui se détraque, protège le sien. J’ai cherché un acteur pour jouer mon rôle. Ca s’est révélé factice, voire impossible. On se serait demandé – et moi le premier -, à quoi rime cette manière de se cacher derrière la caméra. L’autre avantage de jouer dans le film avec Charlotte, c’est que le couple existe facilement dans l’esprit du spectateur. Autrement dit : il n’est pas question de déballer sa vie dans un film. Mais d’utiliser tout ce qui peut aider la fiction à être vraisemblable.


Vos influences semblent principalement américaines ?


Je n’y peux rien, j’ai grandi avec, entre autres, les films de Cassavetes et Woody Allen. Aujourd’hui j’ai une passion pour Michael Mann et Paul Thomas Anderson. Aussi différents soient-ils, « Révélations » et « Punch drunk love » sont les films dont je regarde un morceau pratiquement tous les jours. Grâce au DVD, j’ai vu et revu énormément de films dans leurs moindres détails. De plus, grâce à Claude Berri, grand collectionneur, j’ai eu des chocs pour quelques photographes qui ont nourri certaines scènes du film.


Comme dans votre premier film, on sent l’importance de la musique.


J’aime la musique autant que le cinéma. Elle me nourrit énormément pendant l’écriture. J’écoute beaucoup Radiohead ce qui explique leur présence dans le film. Ils ont failli signer la B.O. mais leur tournée mondiale à empêcher ce rêve de se concrétiser. Ils ont quand même conçu une chanson originale mais n’ont pas eu le temps de faire les arrangements. Je la garde pour moi et l’écoute religieusement.

ENTRETIEN AVEC CHARLOTTE GAINSBOURG, ACTRICE


Avez-vous suivi la conception du film, à chaque étape, dès l’écriture ?


J’ai suivi l’écriture mais de loin, comme pour « Ma femme est une actrice », Yvan m’en parlait, me racontait des scènes. J’étais très angoissée par le sujet du film. L’idée lui venait forcément d’une réflexion qu’il se faisait sur sa vie, dont je fais partie ! C’était légitime de ma part de m’inquiéter. (…)


Avez-vous le sentiment que le personnage de Gabrielle est proche de vous ?


Elle m’impressionnait avant que je ne me l’approprie. Je la trouvais tellement plus noble que moi. L’idée qu’elle sache que son mari la trompe et qu’elle décide de vivre avec sans rien dire me paraissait être un choix à des kilomètres de moi. Je me sens beaucoup plus instinctive, plus égoïste et moins lucide qu’elle. Elle a l’intelligence de se rendre compte que sa vie sans son mari serait pire que sa souffrance au quotidien. En même temps elle n’est pas une sainte. Elle vit avec ses rêves, ses fantasmes de rencontres.


Qu’est-ce qui vous a surpris en découvrant le film ?


De voir sa personnalité s’exprimer, d’avoir osé faire un film si personnel. Le film lui ressemble. Je ressentais la même chose avec « Ma femme est une actrice » mais celui-là dévoile des choses plus intimes, sans la face de la comédie romantique.

Ce que j’ai découvert aussi c’est tous les autres personnages, ceux avec lesquels je n’avais pas joué. Toutes les scènes entre Alain Chabat et Emmanuelle Seigner. En fait toute la partie comédie du film. Et c’est le mélange qui en fait l’originalité. Toutes les différences de ton. Non seulement le drame et la comédie mais aussi des moments plus oniriques.

Chaque personnage existe, même lorsqu’ils n’apparaissent que très peu. Comme les parents, muets, joués par Anouk Aimée et Claude Berri, dans le restaurant. A chaque fois, il y a un regard singulier sur les personnages.

ENTRETIEN AVEC ALAIN CHABAT, ACTEUR


Le personnage de Georges est très différent de ce que vous avez interprété jusqu’à présent…


Oui, Yvan voulait que Georges soit un mec à cran, sur les nerfs et plutôt extraverti donc assez loin de moi, mais c’est ce qui était intéressant. Yvan pensait que je pouvais l’incarner donc je l’ai cru. Je me suis laissé guider, et comme il dirige très bien, qu’il est précis, et qu’il donne confiance, ça aide et ça permet d’essayer des choses. Et puis Yvan est client et il adore ses acteurs, donc c’est un plaisir d’essayer de lui donner ce qu’il veut.


Quel en est le sujet principal ?


Le couple, qui est quand même le sujet le plus compliqué et le plus passionnant au monde. Le film est un instantané qui ne donne ni réponses, ni leçons, ni solutions. Et comme Yvan traite le sujet en comédie, c’est parfait pour en discuter après la projection.


Le couple que vous formez avec Emmanuelle Seigner est un peu particulier…


Disons qu’ils s’aiment mais le film les montre à un moment où ça ne se voit pas beaucoup. Ils ne peuvent pas se parler sans s’engueuler. C’est leur mode de communication. En même temps, ils n’ont pas le temps de s’ennuyer. Jouer avec Emmanuelle ce couple explosif a été très marrant à faire. Voir Emmanuelle, qui est quelqu’un de chaleureux et drôle, se transformer en femme cassante et agressive qui n’a de cesse de me harceler, c’était une vrais expérience. On a partagé une belle complicité et beaucoup de rigolades.

ENTRETIEN AVEC EMMANUELLE SEIGNER, ACTRICE


C’est la première fois que vous jouez un rôle qui semble assez éloigné de vous.


Effectivement ! Au point que lorsque j’ai vu le film, je ne me suis pas reconnue. Pourtant, physiquement, il n’y a aucune métamorphose. Yvan m’avait juste demandé de prendre quelques kilos, de me laisser aller, de ne pas me maquiller…


Vous était-il difficile de jouer la femme revendicatrice, un peu revêche, qui ne cherche pas à plaire ?


Non, au contraire, c’était étonnamment facile. J’étais épuisée, je jouais au théâtre le soir, et le tournage était comme une petite récréation. J’apprenais le texte dans la voiture, parce que je manquais vraiment de temps. Mais je crois que la fatigue et l’absence de temps m’ont aidé. Je n’avais pas d’autre solution que de me laisser entièrement guidée, être disponible. Yvan me mimait toutes les scènes avant les prises, et je m’exécutais. Il m’indiquait les gestes, m’encourageait à ne pas avoir peur, à hurler carrément. Travailler avec un cinéaste qui est lui-même acteur, c’est formidable. On s’est beaucoup amusé. Le personnage est très dessiné. D’habitude, on m’emploie pour des rôles plus idéalisés, un peu vaporeux, et il est rare de tomber sur un cinéaste qui sait précisément ce qu’il veut.


Qui est Nathalie ?


Une hystéro, mariée depuis un bout de temps, qui n’est pas épanouie, ne fait sans doute plus l’amour depuis longtemps avec son mari ! Elle est en colère contre les hommes. On en connaît tous, des comme ça.

Vous ne l’avez pas trouvée trop horrible ?

Non, je vous le promets. Dans le fond, elle est sympathique, et sa cause est juste. Il n’y a pas de raison que les femmes fassent tout à la maison ! Comme Nathalie n’est pas entendue, elle augmente le son. Il est certain qu’elle aimerait être viril. Le spectateur rit mais jamais à ses dépends. Elle n’est pas une caricature. (…)


  • Sortie : 25 Août 2004
Date de la publication électronique :23 September 2011
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé