Cartouches gauloises  –  Mehdi Charef  –  2007

Fiche générale

Affiche
  • Genre : Drame
  • Durée : 92 minutes
  • Producteur :Michèle Ray-Gavras
    Salem Brahimi (producteur associé)
  • Production :KG Productions
    Pathé Distribution...
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Mehdi Charef
  • Interprètes : Hamad (Ali)
    Thomas Millet (Nico)
    Tolga Cayir (Gino)
    Julien Amate (David)
    Mohammed Medjahri (Bachir "Yachine")
    Nassim Meziane (Paul)...
  • Scénario :Mehdi Charef
  • Producteur exécutif :Yacine Laloui (producteur exécutif Algérie)
  • Directeur de la photographie : Jérôme Alméras (image)
  • Compositeur de la musique : Armand Amar
  • Monteur : Yorgos Lamprinos (montage image)
  • Chef décorateur : Hélène Mélani
    Adel Kacer
  • Costumier : Mathé Pointanier

Production

  • Producteur :Michèle Ray-Gavras
    Salem Brahimi (producteur associé)
  • Production :KG Productions
    Pathé Distribution
    Battam Films
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Producteur exécutif :Yacine Laloui (producteur exécutif Algérie)
  • Participation financière :Canal +
    CinéCinéma
  • Avec le soutien de :Région Provence-Alpes-Côte-d'Azur
  • Avec le soutien de :ACSE
  • En partenariat avec :CNC
  • Avec l'aide du :Ministère de la Culture (Algérie)
    Alger 2007 - Capitale de la Culture Arabe
    F.D.A.T.I.C. (Fonds de Développement de l'Art, la Technique et l'Industrie Cinématographique)
  • Avec la participation de :Canal +
    CINECINEMA

 

Fiche artistique

  • Réalisateur :Mehdi Charef
  • Scénario :Mehdi Charef
  • Interprètes :Hamad (Ali)
    Thomas Millet (Nico)
    Tolga Cayir (Gino)
    Julien Amate (David)
    Mohammed Medjahri (Bachir "Yachine")
    Nassim Meziane (Paul)
    Aurore Labrugere (Julie)
    Zahia Said (Aicha)
    Bonnafet Tarbouriech (Barnabé chef de gare)
    Mohammed Dine El Hannani (Djelloul)
    Betty Krestinsky (Rachel)
    Jean Nehr (Norbert)
    Assia Brahmi (Zina)
    Marc Robert (Lieutenant Laurent)
    Laurent Navarre (Directeur école)
    Diboun Benamar (L'oncle Behi)
    Yves Michel (père de David)

Fiche technique

  • Photographie :Jérôme Alméras (image)
  • Compositeur de la musique :Armand Amar
  • Ingénieur du son :Olivier Hespel (son direct)
  • Monteur :Yorgos Lamprinos (montage image)
  • Chef décorateur :Hélène Mélani
    Adel Kacer
  • Costumier :Mathé Pointanier
  • Monteur son :Jonathan Garhui Dit Marco (monteur son)
    Olivier Goinard (mixage)
  • Casting :Coralie Amédéo

Résumé et notes

  • Genre : Drame
  • Durée : 92 minutes

RÉSUMÉ

C’est le printemps 1962. Le dernier printemps de la Guerre d’Algérie. Le printemps avant l’été de l’Indépendance.

Ali, 11 ans, est vendeur de journaux. Son monde est celui de la guerre et de l’enfance. Dans son monde il y a les attentats. Il y a l’apartheid. Il y a son père, un « moujahid » dont on lui a dit de dire qu’il est parti travailler en France. Il y a l’arbitraire et la violence de la « pacification ».Il y a le cinéma où Ali va chercher la paix, récitant les dialogues de ''Los Olvidados’’ qu’il connaît par cœur.

Et il y a Nico, le meilleur copain d’Ali. Et il y a le foot et l’équipe de Reims… « C’est les meilleurs ! ». Il y a la cabane qu’ils construisent tous ensemble. Il y a les copains algériens qui se font rafler, exécuter… Il y a les copains français qui partent un à un en sachant qu’en France « y fait gris, tout le monde est triste et… ils n’aiment pas les youdes »…

Il y a Djelloul le harki qui fait si peur à Ali… L’homme sans pitié qui bientôt fera pitié à Ali… Il y a Barnabé, le chef de gare, muté à Sarcelles où, c’est sur, il n’est « pas près d’y revoir un Arabe ou un Juif… »

Il y a Zina, la pute dont Ali est amoureux… Bientôt, elle fuira… mais qui voudra l’aider, à part peut-être Ali ? Il y a Rachel, la voisine juive, qui (Indépendance ou pas !) reste et dit préférer « mourir de la main des Arabes que d’être humiliée, là-bas, en France… » Elle sourit à Ali en lui disant « allez… Va à ton Indépendance… »Il y a l’amour d’une mère, d’une épouse, enveloppant son fils Ali d’affection, de force, de dignité en attendant le retour de liberté, et avec, celui de « son homme… »

Et il y a Nico… Encore et toujours. Le meilleur copain… Le copain cruel aussi qui hurle « Vous êtes tous des fourbes ! La cabane, elle est à moi aussi ! » Nico, le copain qui ne « partira jamais »…

Jamais ? D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Prix et distinctions : Festival de Cannes, Sélection officielle, Hors compétition

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

ENTRETIEN AVEC MEHDI CHAREF, REALISATEUR


'' Quand j’étais enfant, en Algérie, avant l’Indépendance, j’avais un copain français. Je pouvais aller jouer chez lui. Ses parents ne s’en offusquaient pas, chose rare. Ce que j’attendais le plus chez lui, c’était l’heure du goûter. Sa maman nous le préparait : Jos (c’est comme ça qu’on l’appelait) avait un casse-croûte au jambon, et moi un au fromage car sa mère tenait compte du fait que je suis musulman. Parfois, c’était tout ce que je mangeais de la journée. (…)

A la sortie de l’école que je commençais à fréquenter, Jos et moi construisions une cabane sous le pont du chemin de fer. (…)

Ensuite, la guerre des grands entre nos pères algériens et leurs pères français s’est intensifiée. Jos préférant la cause française et moi la cause algérienne, on s’est parfois boudé. On s’est parfois dit des choses méchantes. Et parfois, on en est venu aux poings… Et toujours en pleurant, parce qu’on regrettait nos gestes, nos mots… Ces larmes, sans qu’on se le dise, c’était la peur : pour lui de quitter l’Algérie et pou moi de le voir partir.

Un jour, Jos est parti. Sans qu’on ait fini de construire ensemble notre cabane. (…) Je n’ai jamais revu Jos. Pourtant, peu de temps après l’Indépendance, ma famille et moi rejoignions mon père en France. (…)

Puis l’écriture m’est apparue comme la seule issue de secours. Par bonheur, j’ai été publié. Enfin de l’air dans mes poumons, à la place de l’angoisse. Puis le cinéma, Michèle et Costa… « Le Thé au Harem d’Archimède »… Après mon deuxième film « Miss Mona », en 1986, c’est le scénario « Cartouches gauloises » que j’aurai dû écrire et tourner. Mais bon.. d’autres idées, d’autres envies. (…)

Peut-être que je craignais aussi qu’un tel film devienne autre chose… que ce qui me tenait vraiment à cœur dans ce film me soit confisqué, volé, détourné, scruté, débattu, bien ou mal, à tort ou à raison, par bienveillance ou malveillance, peu importe… Je m’étais fait voler mon enfance une fois, et ça me suffisait. (…)

Quand j’ai commencé à écrire « Cartouches gauloises », j’ai tout retrouvé… Michèle et Costa pour m’accompagner aujourd’hui comme ils l’auraient fait après « Miss Mona »… et les cicatrices, les douleurs. J’ai aussi retrouvé intact le malaise de fouiller dans ma mémoire lorsque je suis revenu à Tlemcen et Maghnia en repérage… L’angoisse quand j’ai posé mes valises à quelques kilomètres des lieux de mon enfance.

Il y a beaucoup de scènes dans le film où sur le moment, je croyais faire du cinéma et le soir, le lendemain, j’étais très mal. Parce que j’étais allé dans quelque chose que j’avais vécu très fortement, très douloureusement. Non seulement, je le revivais, mais j’étais là à le recréer, avec des acteurs et des techniciens. Et je l’avais voulu.

« Cartouches gauloises », c’est aussi tout ce chemin-là.''

ENTRETIEN AVEC MICHELE RAY-GAVRAS, PRODUCTRICE


'' 1985 – « Le Thé au Harem d’Archi Ahmed »… C’était le début de notre collaboration. (…)

2005 – Mehdi arrive au bureau avec un scénario sous le bras qu’il tenait comme un bébé. Avec affection et inquiétude. Il m’a simplement dit « Tiens. Lis. Il n’y a que toi qui peut produire ça. »

Mehdi savait que je ne pouvais pas dire non à « Cartouches gauloises… prequel du « Thé au Harem » ! Il savait aussi que je l’accompagnerais chaque jour, que je serais son balancier, qu’il serait le funambule, que nous aurions tous les deux les yeux fixés sur le même point à l’horizon, que je le protègerais, contre tout, tous… et même de lui-même !

C’était un film difficile à financer… le sujet, la guerre d’Algérie, les thèmes abordés, l’enfance dans la guerre, la séparation, les harkis, la répression, la résistance… des acteurs inconnus…

Sans Salem Brahimi, l’Algérie, Jérôme Seydoux… ce film n’existerait pas. ''


  • Sortie : 08 août 2007
Date de la publication électronique :06 October 2011
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé