Incontrôlable  –  Raffy Shart  –  2006

Fiche générale

Affiche
  • Autre titre : Son corps se rebelle!
  • Pays de production :France
  • Genre : Comédie
  • Durée : 90 minutes
  • Producteur :Abel Nahmias
  • Production :SAJ
    Seven...
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Raffy Shart
  • Interprètes : Michaël Youn (Georges)
    Hélène De Fougerolles (Marion)
    Hippolyte Girardot (Roger)
    Thierry Lhermitte (Denis)
    Cyrielle Clair (Grace)
    Patrick Timsit (Marc)...
  • Scénario :Raffy Shart
  • Directeur de production :Aude Cathelin
  • Directeur de la photographie : Carlo Varini (image)
  • Monteur : Marco Cave
  • Chef décorateur : Didier Naert
  • Costumier : Françoise Bourrec

Production

  • Autre titre : Son corps se rebelle!
  • Pays de production :France
  • Producteur :Abel Nahmias
  • Production :SAJ
    Seven
    TF1 Films Production
    Banques Populaires Images 6 (en association avec)
    Canal+ (avec la participation de)
    Cinécinéma (avec la participation de)
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Directeur de production :Aude Cathelin

Fiche artistique

  • Réalisateur :Raffy Shart
  • Scénario :Raffy Shart
  • Interprètes :Michaël Youn (Georges)
    Hélène De Fougerolles (Marion)
    Hippolyte Girardot (Roger)
    Thierry Lhermitte (Denis)
    Cyrielle Clair (Grace)
    Patrick Timsit (Marc)
    Françoise Bertin (Mamie)
    Shirley Bousquet (Catherine)
    Jacky Ercessian (Pierre-Emmanuel)
    Régis Laspalès (Le prêtre)
    Gilles Gaston Dreyfus (Docteur Clair)
    India Weber (petite soeur)
    Delphine Chaneac (petite soeur)
    Sabine Perrad (petite soeur)
    Christophe Fluder (L'agent Francky)
    Julia Faure (Rose)

Fiche technique

  • Photographie :Carlo Varini (image)
  • Ingénieur du son :Michel Casang
    Stéphane Brunclair
    Joël Rangon
  • Effets spéciaux :Def 2 Shoot (effets spéciaux numériques)
  • Monteur :Marco Cave
  • Chef décorateur :Didier Naert
  • Costumier :Françoise Bourrec
  • Régisseur :Nicolas Borowsky
  • Conseiller artistique :Jérôme Navarro (conseiller technique)

Résumé et notes

  • Genre : Comédie
  • Durée : 90 minutes

RÉSUMÉ

Imaginez. Un beau matin, votre corps décide de ne plus vous obéir. Pire, il n’en fait qu’à sa tête, prend un malin plaisir à vous mettre dans les situations les plus humiliantes, et passe son temps à vous vanner avec la voix d’âne de Shrek !

Cet étrange phénomène, c’est ce qui arrive au pauvre Georges, devenu incontrôlable bien malgré lui…

D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

ENTRETIEN AVEC MICHAEL YOUN, ACTEUR


« Incontrôlable » se démarque des comédies françaises habituelles…


C’est ce qui m’a immédiatement plu. J’adore, mais je ne vois pas l’intérêt d’en refaire un énième ersatz. Il faut aujourd’hui essayer d’amener quelque chose de complètement dingue et différent dans un film destiné à faire rire. Et il y a cette folie dans « Incontrôlable », qui lorgne vers les « physical comédies » américaines dont je suis un grand fan. On pense notamment aux farces avec Will Ferrell, ou bien sûr à celles des frères Farrelly, qui, dans le genre sont à mon avis la statue du Commandeur.


Avez-vous eu des exigences au niveau du scénario ?


Quand Raffy Shart m’a proposé le rôle il y a deux ans, il m’a fait lire une première version qui ne ressemble pas vraiment à celle d’aujourd’hui. L’histoire d’un homme qui avait perdu le contrôle de chacun de ses membres, c’est-à-dire que ses deux bras, ses deux jambes, son nez, son ventre, sa bouche ou encore son sexe s’agitaient indépendamment et parlaient avec une voix différente. Raffy avait même prévu de rajouter des yeux et des effets spéciaux sur chacun de ces membres. Avec le producteur Abel Nahmias, on trouvait l’idée très originale, mais un peu trop compliquée. Raffy, ainsi qu’Abel et moi, mais dans une moindre mesure, avons alors retravaillé pour revenir à une structure plus imaginable pour un cerveau humain. On s’est concentré sur la dualité du personnage…


Pourquoi Rex, alias le corps de Georges Pal, lui fait-il autant de misères ?


Il se venge, tout simplement. Georges passe son temps à se goinfrer, à boire et à cloper, bref à prendre son corps pour une poubelle. Alors un jour, ce corps en a ras la casquette d’être maltraité. Il a la jauge qui déborde, comme le Rex à un moment, et il décide de montrer à Georges qui est le patron. Il peut donc l’empêcher de se saisir de la bouffe, de la bière ou du ketchup, comme au resto avec son copain. Il peut aussi l’humilier devant les parents de Marion. (…) Mais ce que j’apprécie dans le scénario, c’est le côté Gilles de la Tourette de Rex. Il est imprévisible, c’est un petit malin. On ne sait jamais quand il va apparaître. Ca donne encore plus de piment et de drôlerie aux situations.


Jouer deux personnages en un, c’est un sacré challenge pour un acteur ?


Absolument. C’est pourquoi j’ai préparé le film très en amont. J’ai commencé par suivre le régime de Morgan Spurlock, le réalisateur de « Super size me », mais avec des kebabs : kebab-café le matin, kebab-coca le midi et kebab-bière le soir. (…) Ensuite, mon poids a commencé à stagner. J’ai alors mangé des plats de pâtes énormes et je suis allé au fast-food. Sans compter qu’en soirée, je dévorais un pot de glace entier et mes cinq paquets de noix de cajou devant la télé.


Comment se déroulaient les scènes où vous êtes censé parler avec la voix de Rex ?


Il va de soi que Med Hondo, l’acteur qui double Eddie Murphy, n’était pas présent sur le plateau. Du coup, dans ces moments-là, j’ouvrais grand les yeux, j’élargissais ma bouche, et j’imitais sa voix. Je voulais que l’on retrouve par instants les mimiques d’Eddie Murphy. J’ai d’ailleurs maté tous ses films en version française avant le tournage. Et c’est grâce à ça qu’on a eu l’idée de la scène devant la boîte de nuit, où il déboule en déclarant : « FBI ! T’es dans la merde mec ». La voix de Med Hondo, c’est un vrai levier de comédie.


C’est aussi la première fois que vous devez donner un peu d’émotion à un personnage…


La première fois… au cinéma. Car j’ai débuté au théâtre classique, dans des pièces de Beckett, Pinter ou Shakespeare. Jouer la tristesse nécessite d’aller chercher des sentiments au fond de soi, et j’avoue que cette impudeur ne me met pas très à l’aise. Toutefois, bizarrement, ces séquences ne m’ont pas posé tant de problèmes que ça au niveau du jeu, car elles exigent beaucoup moins d’énergie que les moments de comédie. J’ai juste essayé de rester le plus naturel et le plus spontané possible.


Un mot sur Raffy Shart…


C’est le mec le moins stressé du monde. Le pire, c’est qu’il n’est tellement pas stressé, que je l’étais à sa place. Il fallait bien que quelqu’un s’angoisse pour ce film, non ? Il trouvait même le temps de déconner et de raconter des histoires, ce qui ne l’empêchait pas de regorger d’idées lumineuses et d’obtenir de nous absolument tout ce qu’il voulait. Ce mec, c’est un génie et un escroc, c’est tout ça réuni dans une seule personne.


A-t-il utilisé des effets numériques lors des scènes où Georges devient incontrôlable ?


Oui, mais très peu, au final. Il a préféré utiliser des trucages mécaniques, faire venir des acrobates et des contorsionnistes. Par exemple, quand Rex applaudit avec les pieds, il y a évidemment deux acteurs pour tourner la scène. Visuellement, ça me paraît bien plus judicieux.


La morale du film, c’est « L’important, c’est d’aimer » ?


Quelque chose comme ça, oui. L’important, ce n’est pas mon métier d’acteur et l’argent que je gagne, l’important c’est que ce métier me fasse vibrer. L’important, c’est de se trouver aussi, comme Hippolyte Girardot qui se vante à la fin : « T’as vu, j’ai jeté ma Bluetooth ». Georges, lui, ne se trouve pas véritablement, mais il a compris qu’il faisait fausse route, qu’il va falloir se comporter moins égoïstement et s’ouvrir davantage aux autres pour s’épanouir. C’est toujours bien d’inclure une petite morale dans une comédie. Maintenant, je peux vous assurer qu’on ne s’est pas focalisé là-dessus. On s’est bien plus pris le crâne pour savoir si la scène avec le nain faisait marrer les gens que pour savoir si une profondeur existentialiste se dégageait du film.

ENTRETIEN AVEC RAFFY SHART, REALISATEUR


Comment est née l’idée « d’Incontrôlable » ?


Georges Pal, c’est moi. Il écrit sous les toits. Ses angoisses, ses lubies, ses démêlés avec son agent, je les ai réellement vécus. Les affiches de Fellini, les petites statuettes de Ray Harryhausen exposées chez Georges, elles viennent de mon propre appartement. J’ai également moi-même totalement délaissé mon corps et grossi de presque vingt kilos. Alors un jour, en voiture avec mon fils, j’ai imaginé : « Et si mon corps se vengeait de tout ce que je lui fais subir. S’il m’obligeait à dire la vérité, à me confronter à mes pulsions directes. Ca pourrait peut-être engendrer des situations assez délirantes. » Mon fils a adoré l’idée. Je me suis lancé.


Le scénario a ensuite subi quelques modifications…


La trame – le séjour chez les parents de Marion, etc – n’a pas bougé. C’est le fait que chaque membre du corps soit complètement indépendant qui a été écarté. J’aimais bien et j’aime toujours le principe, mais je reconnais que c’était difficilement réalisable. Abel Nahmias, le producteur du film, m’a alors soufflé l’idée d’un buddy movie, mais avec une seule entité, un seul corps. Je me suis attelé à la réécriture, qu’Abel et Michaël ont suivi de près. Ils me donnaient leur avis, me disaient si les gags fonctionnaient ou non.


Et la voix de Med Hondo, comment y avez-vous songé ?


Au moment de l’écriture, mon fils regardait « Shrek » en boucle. Ca a soudain fait tilt dans mon cerveau. Qu’un type raconte à son copain « Tu sais, j’ai une voix intérieure qui me parle comme l’âne de Shrek » me faisait rire. Surtout s’il le lui avouait avec un ton un peu dramatique. Voilà comment est né « Incontrôlable »…


La scène avec le flic nain a-t-elle été écrite en hommage à « Fous d’Irène » ?


C’est Richard Berry qui devait tenir ce rôle au départ. Il n’a malheureusement pas pu se libérer, question de planning. Ce n’est qu’après, alors que je n’imaginais aucun autre acteur, que j’ai pensé à prendre un homme de petite taille. En revanche, la scène où Thierry Lhermitte pointe Michaël avec son gros flingue fait directement référence à « Dirty Harry ».


Comment avez-vous abordé l’aspect esthétique du film ?


Pendant la préparation j’ai dessiné les décors, les costumes, les caricatures des personnages, les story-boards, plus de deux milles petits dessins. Je dessinais même les rais de lumière, car je voulais que le film ait une identité visuelle forte et personnelle. J’ai cherché à imaginer un Paris sans immeuble, sans gratte-ciel, mais avec beaucoup de coupoles, un peu baroque, m’inspirant de certains dessins de Gustave Doré sur Londres. J’ai passé six mois sur le story-board, ce qui m’a permis d’avoir le film intégralement dans ma tête et d’arriver zen sur le plateau.


Comment laissiez-vous une marge d’improvisation aux comédiens ?


Les trois ou quatre premières prises, je leur demandais de respecter la partition. Une fois que c’était dans la boîte, je les invitais à aller dans la direction qu’il voulait. Michaël Youn et Thierry Lhermitte adoraient ça. Hélène de Fougerolles, elle, ne fonctionne pas de cette manière habituellement. Mais elle a joué le jeu, et elle m’a suivi dans mes délires. (…)


Un mot sur les autres comédiens…


J’ai choisi Hippolyte Girardot lors d’un casting. Et il m’a vraiment épaté. Quant à Patrick Timsit, je le connais de longues dates, et il me paraissait inconcevable qu’il ne figure pas dans mon premier film.


  • Sortie : 08 février 2006
Date de la publication électronique :10 octobre 2011
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé