Ensemble, c'est tout  –  Claude Berri  –  2007

Fiche générale

Affiche
  • Pays de production :France
  • Genre : Comédie dramatique
  • Durée : 97 minutes
  • Producteur :Claude Berri
    Nathalie Rheims (producteur associé)
  • Production :Hirsch
    Pathé Renn Production...
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Claude Berri
  • Interprètes : Audrey Tautou (Camille)
    Guillaume Canet (Franck)
    Laurent Stocker (Philibert, sociétaire de la Comédie Française)
    Françoise Bertin (Paulette)
    Alain Sachs (médecin du travail)
    Firmine Richard (Mamadou)...
  • Scénario :Claude Berri (d'après le roman de Anna Gavalda aux éditions Le Dilettante)
  • Producteur exécutif :Pierre Grunstein
  • Directeur de production :Nicole Firn
  • Directeur de la photographie : Agnès Godard (image)
  • Compositeur de la musique : Frédéric Botton (musique)
    Jean-Yves D'Angelo (arrangements)
  • Monteur : François Gedigier
  • Chef décorateur : Laurent Ott
    Hoang Thanh At
  • Costumier : Sylvie Gautrelet

Production

  • Pays de production :France
  • Producteur :Claude Berri
    Nathalie Rheims (producteur associé)
  • Production :Hirsch
    Pathé Renn Production
    TF1 Films Production
    Canal+ (avec la participation de)
    CNC (avec la participation de)
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Producteur exécutif :Pierre Grunstein
  • Directeur de production :Nicole Firn

Fiche artistique

  • Réalisateur :Claude Berri
  • Scénario :Claude Berri (d'après le roman de Anna Gavalda aux éditions Le Dilettante)
  • Interprètes :Audrey Tautou (Camille)
    Guillaume Canet (Franck)
    Laurent Stocker (Philibert, sociétaire de la Comédie Française)
    Françoise Bertin (Paulette)
    Alain Sachs (médecin du travail)
    Firmine Richard (Mamadou)
    Béatrice Michel (Carine)
    Kahena Saighi (Samia)
    Hélène Surgère (Yvonne)
    Alain Stern (chef restaurateur)
    Halima Guizani (infirmière)
    Juliette Arnaud (Aurélia)
    Danièle Lebrun (mère de Camille)
    Li-Ting Huang (serveuse)
    Madeleine Cofano (Coiffeuse)
    Pierre Gérald (Gilbert)
    Michel Dubois (docteur)
    Sandrine Mazeas (Sandrine)
    Raymond Acquaviva (professeur de théâtre)
    Magalie Madison (la fille déhanchée)
    Marie-Christine Vicente (infirmière maison de retraite)
    Philippe Van Eeckhout (l'orthophoniste)
    Jacques Ciron (le curé)
    Marie-France Mignal (mère de Philibert)
    Bernard Dheran (père de Philibert)
    Nicky Marbot (Sébastien)
    Séverine Vincent (Jeanine)
    Jean-François Kopf (père de Sandrine)
    Roger Dumas

Fiche technique

  • Directeur de la photo :Agnès Godard (image)
  • Compositeur de la musique :Frédéric Botton (musique)
    Jean-Yves D'Angelo (arrangements)
  • Ingénieur du son :Pierre Gamet
    Nadine Muse
    Gérard Lamps
  • Monteur :François Gedigier
  • Chef décorateur :Laurent Ott
    Hoang Thanh At
  • Costumier :Sylvie Gautrelet
  • Casting :Gérard Moulevrier
  • Photographe de plateau :Etienne George
  • Assistant réalisateur :Thierry Mauvoisin
  • Conseiller artistique :François Dupeyron (conseiller technique et artistique)

Résumé et notes

  • Genre : Comédie dramatique
  • Durée : 97 minutes

RÉSUMÉ

Après l’immense succès du roman d’Anna Gavalda, « Ensemble, c’est tout » (Éditions Le Dilettante, 2004), Claude Berri découvre cette histoire à la fois intimiste et universelle sur la quête de soi à travers l’autre, sur le bonheur retrouvé grâce à l’amour et l’amitié. Réaliste et poétique, le livre est particulièrement cinématographique. Le sujet est contemporain, les personnages existent, le lieu est pratiquement unique, les dialogues sont tendres et drôles, l’intrigue est construite autour de quatre personnages principaux, l’histoire touche chacun de nous.

L’action se déroule à Paris, au cours d’une année. Une jeune femme, Camille, se lie d’amitié avec ses deux voisins, Philibert et Franck, puis s’installe chez eux pour connaître plus de confort, de réconfort. En harmonie, ces trois personnages que tout oppose, dans leur caractère comme dans leur histoire familiale, retrouvent le goût de vivre. Au-delà des disputes, des réconciliations, des querelles, des complicités, le plaisir d’être « ensemble » les rend plus fort. Quand ils décident de prendre en charge la grand-mère de Franck, vieille dame aussi têtue qu’adorable.

Les héros de cette histoire sont cabossés par la vie, un peu sauvages et solitaires, mais ils croient à la générosité des cœurs, à la puissance des sentiments. Etre « ensemble, c’est tout » permettrait-il de se découvrir soi-même, de se réaliser ? A la lisière du conte, le film prend pourtant le parti du quotidien. Tout n’est pas rose et le drame n’est jamais loin dans cette bulle qu’ils se sont construits. A l’extérieur comme à l’intérieur, une menace plane sur leur bonheur : comment échapper aux coups durs de la vie, sans prendre le risque de passer à côté ?

L’héroïne du film, Camille, est merveilleusement interprétée par Audrey Tautou. Dans sa gestuelle et la finesse de sa silhouette, elle semble être le personnage de Camille, jeune femme anorexique, franche et douce, entière et sensible. Bien qu’elle vienne d’un milieu bourgeois, elle a choisi d’être femme de ménage pour fuir les faux semblants, les faux sentiments. Elle est prudente et se méfie de tout le monde, y compris de sa mère, jusqu’au jour où elle rencontre Philibert. La gentillesse et la pureté de ce garçon timide lui donnent confiance, et l’envie de partager avec lui un bout de chemin, sans se préoccuper de l’avenir.

Sociétaire de la Comédie Française, Laurent Stocker est Philibert, jeune aristocrate bègue, très bien élevé, toujours prêt à rendre service. Il vit provisoirement dans un immense appartement qui appartient à sa famille et dont la succession n’est pas réglée. Refusant le rigorisme de ses parents, en dehors des bonnes manières qu’il a faites siennes, Philibert vend des cartes postales quand il pourrait être, par son érudition, historien. Pour profiter de cet appartement rempli de meubles anciens, mais dépourvu de vie, de joie, il propose à son ami Franck de l’héberger, en attendant qu’il trouve une solution.

Cuisinier au grand cœur et au mauvais caractère, Franck est incarné par Guillaume Canet, saisissant de justesse, émouvant et généreux. Quand il ne travaille pas, ce beau jeune homme un peu rustre accumule les conquêtes et s’occupe de sa grand-mère. Au début, il ne supporte pas la présence de Camille dans l’appartement et se moque de Philibert qu’il pense amoureux. Progressivement, Camille parvient à l’apprivoiser, à le séduire, surtout quand elle lui propose de s’installer chez sa grand-mère pour veiller sur elle. Tombé à son tour amoureux, Franck se heurte alors à la peur qu’éprouve Camille devant l’engagement.

La grand-mère de Franck, Paulette, est la magnifique Françoise Bertin. Le film commence sur son histoire : dans sa jolie maison, avec ses chats et ses oiseaux, elle tombe, d’un seul coup, évanouie. Son petit-fils lui explique qu’elle ne peut plus vivre seule désormais : dotée d’un fort tempérament, elle refuse catégoriquement de partir en maison de retraite. Avant de rentrer chez elle, elle vient passer quelques jours dans l’appartement. La relation avec Camille est d’une tendresse infinie. Camille la dessine. Charmé par sa délicatesse, son dévouement, Franck est déterminé à la convaincre de vivre une grande histoire d’amour. D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

ENTRETIEN AVEC CLAUDE BERRI, REALISATEUR

Angie David : Comment avez-vous découvert le roman d’Anna Gavalda et quand avez-vous eu l’envie de l’adapter au cinéma ?


Claude Berri : C’est toujours une question de hasard. Emmanuel Pierrat, mon avocat, m’a dit un jour de lire le livre. Vu les 600 pages, j’ai d’abord hésité. A ce moment-là, le livre n’était pas encore un best-seller, mais il commençait à avoir du succès. Alors, j’ai lu le livre. Je l’ai aimé et j’ai senti que beaucoup de gens allaient s’y intéresser. Avant que je ne me décide à réserver les droits du livre, Emmanuel Pierrat a demandé à l’éditeur de ne pas les vendre tant que je n’aurais pas pris une décision. Puis, j’ai fini la lecture et j’ai encore hésité, vu la densité du roman. Le succès grandissant du livre m’a ensuite confirmé dans cette intuition. Alors, avant même d’être sûr que le livre pouvait être adapté, j’ai pris les droits. Pendant l’été qui a suivi, tout en pensant que je ne réaliserais pas le film, j’ai démarré l’adaptation, qui serait de toute façon utile à l’autre metteur en scène. J’ai commencé à écrire le scénario. Et plus j’avançais, plus je riais, je m’amusais beaucoup en écrivant les scènes. A la fin du scénario, je me suis dit qu’il n’était pas question que ce soit quelqu’un d’autre qui fasse le film. Quand l’écriture du scénario a été complètement terminée, le livre était devenu un énorme succès. (…)


Angie David : Qu’est-ce qui vous a touché dans cette histoire et qui permet de penser qu’elle est proche de celles que l’on retrouve dans tous vos films, y compris autobiographiques ?


Claude Berri : Ce n’est pas moi qui ai eu l’idée du film, mais une fois fini, plusieurs personnes m’ont dit ; « c’est vraiment un film de Claude Berri ». Ce n’est pourtant pas une histoire que j’ai pu connaître ou vivre. L’histoire me touchait, bien sûr, mais pas comme dans mes films personnels ou autobiographiques.


Angie David : Audrey Tautou est, quand on la voit dans le film, le personnage de Camille. Comment avez-vous eu cette intuition ?


Claude Berri : Je n’avais même pas commencé à écrire le scénario que je voulais Charlotte Gainsbourg dans le rôle, parce que j’avais envie de retourner avec elle. Comme je disais, la vie est faite de hasards. Quelque temps plus tard, j’allais à New York et Audrey Tautou, que je ne connaissais pas, était assise à côté de moi dans l’avion. Nous avons fait connaissance, sans parler du livre. Elle savait déjà que ce serait Charlotte. Pourtant, deux ou trois semaines plus tard, elle a confié à son agent que si Charlotte ne pouvait pas faire le film, elle aimerait jouer le rôle de Camille. Comme c’est une fille très généreuse, il n’était pas question pour elle de prendre la place de Charlotte. C’est vrai que quand je l’ai rencontrée, j’ai pensé à elle. Mais je m’étais déjà engagé. J’ai d’ailleurs commencé le tournage avec Charlotte, une journée dans la Gare de Lyon. Puis, là encore, les hasards de la vie, Charlotte a eu un accident de snow-board. J’ai évidemment repensé à Audrey, mais elle venait de tourner deux films, dont le Da Vinci Code, et son agent m’avait annoncé qu’elle ne souhaitait pas tourner pendant un an. On s’est quand même rencontré à la brasserie Wepler et là, le courant est tout de suite passé entre nous. Elle a également compris que j’avais vraiment besoin d’elle puisque tout était prêt, l’équipe était engagée. Si je n’avais pas l’accord d’Audrey, c’était une catastrophe pour le film. On était un mardi et elle m’a dit qu’elle me donnerait une réponse le vendredi. Effectivement, le vendredi, elle me donnait son accord. Une parenthèse. Ce soir-là, au Wepler, elle a téléphoné à Stephen Frears que je connais depuis 40 ans, qui a habité chez mes parents. Elle lui dit qu’elle est avec moi et propose qu’on se retrouve pour prendre un verre ensemble. On est allé voir Stephen, et Audrey, qui l’aime beaucoup, a vu les liens qui nous attachaient, Stephen et moi. Ça a dû jouer. Et le vendredi, elle m’a dit oui.


Angie David : Le choix de Guillaume Canet et Laurent Stocker est aussi très intéressant parce qu’ils sont à la fois différents et complémentaires. Etiez-vous certains qu’ils iraient si bien ensemble ?


Claude Berri : Quand j’ai vu Guillaume, il m’a immédiatement plu pour le rôle. Lui-même avait très envie que nous fassions un film ensemble. Il connaissait certains de mes films. Je n’ai pas fait d’essai avec lui, je lui ai immédiatement dit oui. C’était au début de la préparation du film. Pour Philibert, c’était beaucoup plus difficile. Autant le personnage de Franck est populaire, autant celui de Philibert est un aristocrate. J’ai fait beaucoup d’essais avec mon directeur de casting, Gérard Moulevrier. Un jour, il m’a présenté Laurent Stocker. Les essais de Laurent m’ont plu et j’ai décidé de faire le film avec lui.


Angie David : L’image d’Agnès Godard est intime et dense. Elle fait de l’appartement un personnage à part entière. Les comédiens semblent vivre ici depuis toujours, coupés de tout. L’appartement est-il un élément central dans cette histoire ?


Claude Berri : Je savais qu’il fallait un très grand appartement et qu’on était obligé de le faire en studio. Depuis très longtemps, je pensais à Agnès Godard. Depuis que j’avais vu le film de Noémie Lvovsky, La Vie ne me fait pas peur. J’avais été emballé par la façon dont elle filmait sur le plan esthétique, mais aussi sur le plan du découpage. Après avoir travaillé avec Bruno Nuytten et Eric Gautier, qui n’était pas libre à ce moment-là, sinon je l’aurais fait avec lui puisqu’il a travaillé sur mes derniers films, je voulais Agnès. Un mot aussi sur mon monteur, François Gédigier, qui monte tous mes films depuis longtemps. L’équipe rapprochée du film, je l’avais constituée dès le début.


Angie David : La famille et la difficulté à être heureux ensemble, la peur de la rupture, de la dispersion de la cellule familiale, sont au cœur de tous vos films. Cette part dans le roman touche-t-elle quelque chose de personnel ?


Claude Berri : Forcément, j’ai dû mettre dans le film quelque chose de personnel, sans m’en rendre compte. C’est toujours des choses qui vous dépassent et qui sont les plus profondes. Cela arrive malgré soi.


Angie David : Une des différences avec vos autres films, c’est qu’il s’agit de personnages très jeunes, qui se cherchent, se demandent comment être heureux, ce qu’ils attendent de la vie. Généralement, vous vous intéressez à des personnages plus mûrs, qui se posent des problèmes d’adulte.


Claude Berri : C’était inscrit dans le roman. Les personnages sont bien sûr plus jeunes que moi. Je voulais respecter l’histoire.


Angie David : Considérez-vous qu’entre Camille et Franck, il s’agisse d’une véritable histoire d’amour, digne des comédies romantiques américaines ?


Claude Berri : Au départ, le personnage que joue Guillaume est hostile à Camille. C’est plutôt Philibert qui est amoureux d’elle, mais il ne peut l’avouer. Petit à petit, peut-être comme dans les comédies américaines, entre les deux personnages qui au départ ne s’aiment pas, commence une histoire d’amour. Une histoire d’amour compliquée, jusqu’à la fin.


Angie David : Aujourd’hui, « Ensemble, c’est tout », est devenu un film de Claude Berri. D’ailleurs, tous ceux qui l’ont vu considèrent qu’il fait entièrement partie de votre filmographie. Comment Anna Gavalda réagit-elle à cette réinterprétation, cette réappropriation ?


Claude Berri : Tout ce que je peux dire, c’est qu’elle a vu le film et qu’elle l’a beaucoup aimé. Elle n’est jamais intervenue. Je crois qu’elle avait dit que si elle n’aimait pas le film et qu’on l’interrogeait, elle n’en aurait pas parlé. Là, au contraire, bien qu’elle soit très discrète, si on lui pose la question, je pense qu’elle dira qu’elle l’aime. Elle ne m’a pas parlé de ce que j’ai pu modifier. Je me rappelle, après la projection, que son éditeur était en larmes. Je crois que Anna a ressenti la même chose.


  • Sortie : 21/03/2007
Date de la publication électronique :11 October 2011
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé