Mes amis, mes amours  –  Lorraine Lévy  –  2008

Fiche générale

Affiche
  • Genre : Comédie ; romance
  • Durée : 99 minutes
  • Producteur :Dominique Farrugia
    Romain Le Grand (producteur associé)
    Philippe Guez (producteur associé)
  • Production :Few
    Pathé...
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Lorraine Lévy
  • Interprètes : Vincent Lindon (Mathias)
    Pascal Elbé (Antoine)
    Virginie Ledoyen (Audrey)
    Florence Foresti (Sophie)
    Bernadette Lafont (Yvonne)
    Mar Sodupe (Valentine)...
  • Scénario :Lorraine Lévy
    Marc Lévy
    Philippe Guez (d'après le best-seller de Marc Lévy "Mes amis Mes amours" aux éditions Robert Laffont)
  • Adaptation :Lorraine Lévy
  • Dialogues :Lorraine Lévy
  • Producteur exécutif :Dominique Brunner
  • Producteur délégué :Dominique Farrugia
  • Directeur de production :Pascal Ralite
  • Chef opérateur : Emmanuel Soyer (chef opérateur du son)
  • Compositeur de la musique : Sébastien Souchois
  • Monteur : Dimitri Grimblat (réalisateur moking of)
    Sophie Reine (chef moteuse image)
  • Chef décorateur : Françoise Dupertuis
    Xavier Marty (chef constructeur)
  • Costumier : Jacquelien Bouchard (créatrice costumes)
    Sylvie Bellot-Trehout (costumière)

Production

  • Producteur :Dominique Farrugia
    Romain Le Grand (producteur associé)
    Philippe Guez (producteur associé)
  • Production :Few
    Pathé
    Evidence Films
    TF1 Films production
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Producteur délégué :Dominique Farrugia
  • Producteur exécutif :Dominique Brunner
  • Directeur de production :Pascal Ralite
  • Producteur UK :Christopher Granier-Deferre
  • Co-production UK :Poisson rouge pictures LTD
  • Production office UK :Poisson rouge LTD
  • Accountant UK :Robin Green

Fiche artistique

  • Réalisateur :Lorraine Lévy
  • Scénario :Lorraine Lévy
    Marc Lévy
    Philippe Guez (d'après le best-seller de Marc Lévy "Mes amis Mes amours" aux éditions Robert Laffont)
  • Adaptation :Lorraine Lévy
  • Dialogues :Lorraine Lévy
  • Scripte :Isabelle Delacroix Ducousset
  • Interprètes :Vincent Lindon (Mathias)
    Pascal Elbé (Antoine)
    Virginie Ledoyen (Audrey)
    Florence Foresti (Sophie)
    Bernadette Lafont (Yvonne)
    Mar Sodupe (Valentine)
    Matthias Mlekuz (Mac Enzie)
    Tom Invernizzi (Louis)
    Garance leGuillermic (Emilie)
    Richard Syms (John Glover)
    Sophie Guitter (Stéphanie)
    Laurent Levy (Client librairie)
    Philippe Magna (Patron librairie)
    Vincent Bowen (gosse n°3)
    Nicolas Quadflieg (Nicolas gosse n°1)
    Pauline Serieys (Pauline)
    Rémy Roubakha (chef déménageur)
    Anthony Clark (policeman cheval)
    Lilian Dugois (Victor gosse n°2)
    Patrice Thibaud (le proviseur)
    Nils Ohlünd (le surveillant)
    Edith Le Merdy (la voisine)

Fiche technique

  • Chef opérateur :Emmanuel Soyer (chef opérateur du son)
  • Compositeur de la musique :Sébastien Souchois
  • Monteur :Dimitri Grimblat (réalisateur moking of)
    Sophie Reine (chef moteuse image)
  • Chef décorateur :Françoise Dupertuis
    Xavier Marty (chef constructeur)
  • Costumier :Jacquelien Bouchard (créatrice costumes)
    Sylvie Bellot-Trehout (costumière)
  • Monteur son :Moreau-Pagès
    Muriel
  • Maquilleur :Pascal Thiollier (chef maquilleur)
    Géraldine Kechichian (renfort)
    Jane Milon (chef coiffeuse)
  • Casting :Laure Cochener (casting comédiens France et enfants)
  • Photographe de plateau :Nathalie Eno
  • Régisseur :Martin Laguens
  • Chef machiniste :Jérémie Leloup
    Michel Lebray (chef électricien)
  • Assistant réalisateur :Sophie Davin (1er assistant réalisateur)
    Frédéric Betaillole (2e assistant réalisateur)
    Alissa Kliszowski (3e assistant réalisateur)
  • Art director UK :Paul Burns
  • 3rd AD UK :Henry Forsyth
  • Casting comédiens UK :Michael Laguens
  • Steadicam operator UK :Roger Tooley
  • Crow casting UK :Ilenka Jelowicki
  • Stand by costume UK :Sian Evans
  • Hairdresser UK :Morgane Bernhard
  • Health and safety UK :Officer Mick Hurrell
  • Location manager UK :Michael Harm
  • Unit nurse UK :Nicky Gregory
  • Props master UK :James Wood
  • Special effects supervisor UK :Richard Conway
  • Résumé et notes

    • Genre : Comédie ; romance
    • Durée : 99 minutes

    RÉSUMÉ

    Mathias et Antoine, pères divorcés ayant la garde de leur enfant, décident de faire toit commun dans le quartier français de Londres. La vie s’organise, désordonnée, joyeuse, avec les enfants, mais aussi Sophie, la jolie fleuriste secrètement amoureuse d’Antoine, Yvonne, la patronne fantasque du “bistrot français” qui couve son petit monde d’un regard maternel, Mac Enzie, le chef d’agence d’Antoine, obstinément amoureux d’Yvonne en dépit de leur grande différence d’âge. Entre Antoine, qui a appris à verrouiller ses émotions pour ne plus avoir à souffrir de personne, et Mathias, qui se laisse très vite submerger par les siennes, le quotidien n’est pas une sinécure.

    Et quand Mathias rencontre Audrey, une ravissante journaliste de passage à Londres, ce bel arrangement de pères célibataires vole en éclats. Ce ne sont plus deux amis qui cohabitent, c’est un couple qui se déchire. Qui triche. Qui se réconcilie. Mais Audrey n’est pas une femme à qui l’on ment. En essayant maladroitement de protéger sa vie de couple avec Antoine, Mathias ne comprend pas que ne pas faire de choix, c’est prendre le risque de tout perdre. L’amitié de l’un, et l’amour de l’autre. D’après le synopsis publicitaire du film

    En savoir plus

    Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

    ENTRETIEN AVEC LORRAINE LEVY, REALISATRICE

    Ce deuxième long-métrage est votre deuxième adaptation de roman. Que trouvez-vous dans les œuvres des autres qui vous inspire ?

    
    

    Je suis scénariste au départ. J’ai écrit 27 scénarios - beaucoup pour la télévision. Quatre seulement sont des adaptations. Je crois que c’est une question de rencontre. (…) Pour « Mes amis mes amours », il se trouve que de tous les livres de Marc Levy, celui-là est mon préféré. J’ai eu un coup de coeur instantané quand il m’en a fait lire les épreuves. Il y avait dans ce roman choral une tendresse, une humanité, une grâce… Ça me faisait penser aux Chroniques de San Francisco d’Armistead Maupin. Quand, longtemps après, Dominique Farrugia et Marc m’ont proposé d’en faire l’adaptation, j’ai trouvé ça joyeux.

    
    

    Vous n’aviez pas une certaine appréhension à l’idée de travailler sur le roman de votre frère ?

    
    

    Si. J’avais peur de le décevoir, qu’il se sente trahi artistiquement. D’autant que je savais très bien qu’il fallait se démarquer du livre. « Mes amis mes amours » est un livre choral et je ne voulais pas d’un film choral. Donc il fallait trouver un point de vue cinématographique pour l’adaptation. Or avoir un point de vue, c’est déjà trahir le livre. Marc m’a laissée très libre. C’était comme un deal tacite entre nous. Au départ, il y avait un scénario inachevé, écrit par Marc et Philippe Guez (son ami et producteur associé du film). J’ai choisi de repartir du livre parce que c’était plus simple pour moi. À partir du moment où Marc a aimé ma première version du scénario, il n’a pas mis son nez dans les versions qui ont logiquement suivi. Il a été confiant. Il est venu sur le tournage à Londres, en voisin. Il a gardé une distance très respectueuse, peut-être justement parce que c’est mon frère et qu’il ne voulait pas empiéter sur mon territoire. Il a été très délicat. Quand je lui ai montré les rushes, il a été heureux. Je crois qu’il est content du résultat.

    
    

    Que vouliez−vous garder et changer du livre?

    
    

    Je voulais absolument garder ce que j’aime dans les livres de mon frère : l’humanité des personnages. Par contre je voulais les emmener vers quelque chose qui m’intéresse plus que lui : la faille. (…)

    
    

    La lecture de votre adaptation a confirmé Vincent Lindon dans son envie de faire « Mes amis mes amours »

    
    

    Oui. Vincent avait envie de faire le film. Mais Vincent n’est pas quelqu’un qui s’arrête au fait d’avoir dit oui. Il se remet toujours en question. Il remet toujours l’autre en question. De sorte que c’est une matière mouvante et très émouvante. Le travail est permanent et sans arrêt à recommencer. Vincent, c’est un cheval sauvage. Il me fait beaucoup penser à Montgomery Clift. C’est quelqu’un qui se met constamment en danger. Il est extrêmement courageux, tout le temps en mouvement. C’est aussi quelqu’un qui demande à l’autre une énergie féroce. C’est un acteur magnifique.

    
    

    Avec Pascal Elbé, ça s’est passé comment ?

    
    

    J’ai l’impression d’avoir travaillé en force avec Vincent, et en douceur avec Pascal. Pascal est très à l’écoute, très courtois, très ouvert, et en même temps profondément mystérieux, parce qu’on sent chez lui un monde intérieur qu’il ne vous livrera jamais. Du coup, quand on est réalisateur, on a envie d’ouvrir des portes, d’aller voir ce qui se cache derrière… Je trouve que Pascal a donné à Antoine cette part de mystère tout en jouant le jeu de la comédie avec infiniment de subtilité. Vincent et lui forment un couple d’amis très charismatique. D’ailleurs ils sont copains dans la vie.

    
    

    Continuons à parler de nos comédiens : Virginie Ledoyen ?

    
    

    Virginie a un jeu ample et très élégant. Sa partition était vraiment difficile. Parce que je lui ai demandé tout et son contraire. Je lui ai demandé d’incarner le paradoxe féminin ! Je voulais qu’elle soit à la fois cette image idéalisée, glamour, hollywoodienne… - on a beaucoup travaillé sur Audrey Hepburn - et en même temps, qu’elle soit une femme de proximité, d’aujourd’hui. Je trouve que Virginie a relevé ce défi avec panache.

    
    

    Et Florence Foresti?

    
    

    Florence Foresti incarne Sophie, la fleuriste, qui est un personnage du livre auquel je suis très attachée. Sophie est un vecteur de comédie, mais qui amène aussi une fêlure immédiatement perceptible. Florence aussi s’est mise en danger, car si elle maîtrise la comédie comme personne, elle était en terrain moins connu avec la facette fragile et sombre de son personnage… et Florence est formidable dans le rôle. On ne peut pas ne pas être épaté !

    
    

    Enfin pourquoi Mar Sodupe?

    
    

    Je voulais une actrice capable d’une présence sensuelle très forte. Un vibrato. Je trouvais intéressant que Mathias soit déchiré entre une histoire passée et une histoire à venir. Je n’arrivais pas à trouver ma Valentine. Et Mar m’a été présentée par le directeur de casting. Elle est arrivée, avec son sourire énigmatique et ses longs cheveux châtains, elle a joué un bout de scène et j’ai immédiatement su que c’était elle. Je lui ai dit : « C’est formidable, mais acceptez-vous de ressembler au personnage que j’ai dans la tête, donc de vous couper les cheveux et de les blondir ? » Et Mar a sacrifié ses cheveux… (…)

    
    

    Comment s’est déroulé le tournage?

    
    

    Je n’arrêtais pas de réécrire sur le plateau. Le film, à un moment donné, a été plus fort que nous, il a trouvé son tempo. Un exemple : aux trois quarts du tournage, je me suis rendu compte que le début du film était trop “plan-plan”, qu’il ne collait plus avec le reste. Du coup j’ai écrit un nouveau début, je me suis arrangée avec le plan de travail pour pouvoir l’inclure, en coupant deux scènes dont je pouvais me passer. Les comédiens se sont formidablement prêtés au jeu. Dominique Farrugia était d’abord un peu inquiet de cette liberté que j’avais prise et qu’il n’avait pas pu évaluer. Il a été complètement rassuré dès le premier montage. (…)

    
    

    Filmer à Londres en extérieur, c’est compliqué?

    
    

    Très. On m’avait prévenue et on ne m’avait pas menti. À Paris, une fois que l’on a les autorisations administratives, tout se met en place. Tandis qu’à Londres c’est « La Reine a dit : j’autorise sous réserve que ça ne dérange pas les riverains. » Donc quand vous voulez tourner dans une rue habitée par 345 personnes, elles doivent toutes être d’accord ! S’il y en a une qui ne l’est pas, on remballe. Heureusement j’avais une équipe anglaise et des régisseurs remarquables, qui ont fait un travail extraordinaire pour que toute cette logistique pèse le moins possible sur l’artistique. J’ai voulu filmer Londres comme j’aurais filmé New York. J’ai eu envie de montrer autre chose que le Londres des cartes postales. Ce n’est pas une ville que je connais aussi bien que Paris, mais dans mes déambulations, j’ai recherché des ambiances qui soient très graphiques. Parce que je voulais que le film soit très graphique. La composition de l’image, du cadre, le travail artistique en général a été le fruit d’une vraie cohérence, d’un vrai travail commun entre la photographie, les décors, les costumes, le maquillage… Tout cela a été fait dans l’optique rigoureuse de donner au film une vraie couleur graphique, identifiable. (…)

    
    

    Vous avez beaucoup réécrit sur le tournage. Ca a été le cas aussi au montage ?

    
    

    Le travail a été de faire émerger le film dans sa dynamique, de bien doser la tendresse et la comédie, d’être le plus juste possible avec le rythme. Mais aucune scène n’est passée à la trappe. D’habitude on met de côté les scènes coupées pour le DVD et là, bizarrement, il n’y en a pas. Ça sert peut-être à ça, de penser le scénario au fur et à mesure qu’on tourne. Cela dit, j’ai beaucoup coupé à l’intérieur des scènes, on a inversé des séquences, le film s’est réorganisé au montage, grâce au talent de Sophie Reine, la monteuse.

    
    

    La musique est très présente dans « Mes amis mes amours » et participe à l’atmosphère de comédie romantique.

    
    

    Déjà dans mon premier film, la musique était très importante. Et dans tous mes films, elle le sera. Sur « Mes amis mes amours », il y a eu l’envie d’avoir des standards pour la mémoire collective qu’ils véhiculent, et de la musique originale, pour personnaliser le film. Je me suis à nouveau tournée vers Sébastien Souchois, parce que c’est un musicien de Jazz et c’est le langage musical qui m’est le plus immédiat. En même temps Sébastien compose ce qu’on a envie qu’il compose, sa palette est très large. On a travaillé très étroitement, très intensément. Je voulais qu’il y ait trois thèmes : celui de l’amitié, qui se décline tout au long du film ; celui de l’histoire amoureuse, que l’on a découpé en trois parties ; et puis celui de Sophie, petite ritournelle de boîte à musique. Quant aux standards, il y a des titres que j’ai trouvés très vite et d’autres pour lesquels j’ai mis beaucoup plus longtemps. J’avais très très envie de Chet Baker, « You’re mine », de Brian Ferry, de Diana Krall. Je peux vous dire que, quand on a posé les deux morceaux de Brian Ferry sur les scènes d’amour… on a senti qu’il se passait quelque chose. (…)

    
    

    ENTRETIEN AVEC PASCAL ELBE, ACTEUR

    
    

    Parlez-nous d’Antoine, votre personnage. Qu’est-ce qui vous a séduit chez lui ?

    
    

    Ce qui m’a plu dans ce personnage c’est qu’au début, il est résigné. C’est quelqu’un qui pense que l’amour c’est fini pour lui. Il a vécu un échec sur lequel il est resté. Du coup il se consacre à l’éducation de son fils, et ça l’empêche de se poser les vraies questions, de réfléchir à sa destinée. Je crois que c’est quelqu’un qui a peur de la vie… Mais pour tout vous dire, quand je lis un scénario, je lis d’abord l’histoire dans son ensemble. Et j’ai trouvé que celle de « Mes amis mes amours » était très ambitieuse, sans complaisance… Elle n’est jamais sentimentaliste. Dans cet ordre-là, Antoine, qui est un type qui souffre et qui fait tout ce qu’il peut pour tenir debout, y compris se carapacer et se fermer aux autres pour ne plus souffrir, ça me parle. D’autant qu’il est bien décrit, bien dépeint et qu’il s’inscrit dans une histoire qui a l’ambition de nous raconter ce que nous sommes, qui parle de ces citadins des grandes villes qui essayent de cohabiter et qui font ce qu’ils peuvent. J’ai trouvé que le scénario écrit par Lorraine parlait simplement de nous. (…)

    
    

    Lorraine Lévy dit de vous que vous êtes très mystérieux et que vous avez amené une part de votre mystère à Antoine. Qu’en pensez-vous ?

    
    

    (rires) Je ne sais pas si je suis mystérieux… Ce n’est pas à moi de le dire. J’aime que ça se passe bien sur un plateau et j’aime partager cette générosité. Quand on fait ce métier, on apprend aussi à se préserver. Et c’est vrai que j’ai tendance à partir très vite dans les étoiles… J’entre dans une bulle qui me sert de gilet pare-balles. Pour ce personnage-là, c’était très utile, ça tombait sous le sens, car on voit bien qu’Antoine essaye lui-même de se composer un personnage pour ne pas trop souffrir, alors que sa faille est immense. J’avais envie qu’Antoine joue à être convaincant, efficace, pour emmener son ami Mathias à Londres, mais que derrière ça on sente que c’est quelqu’un qui a envie de rompre avec la solitude.

    
    

    C’est facile à jouer l’amitié ?

    
    

    Non. Evidemment il faut du respect et de la complicité avec votre partenaire, et ça ne se fabrique pas. Il faut qu’il y ait dans l’œil de votre partenaire quelque chose qui vous donne envie de l’aimer. C’est très difficile, on peut toujours tricher, mais à un moment ça se voit. Avec Vincent, on se connaissait très peu. Au fur et à mesure du tournage, on s’est trouvé des intérêts et des sentiments communs. Dans le film, on sent qu’il y a beaucoup de bienveillance des deux côtés.

    
    

    Que feriez-vous par amitié ?

    
    

    Par amitié, j’aurais le courage de dire à mon ami qu’il n’emprunte pas nécessairement la bonne voie pour sa vie.

    
    

    Et au contraire que ne feriez-vous pas ?

    
    

    Lui donner le conseil de ce qu’il faudrait faire ! (rires)

    
    

    ENTRETIEN AVEC VIRGINIE LEDOYEN, ACTRICE

    
    

    Qu’est-ce qui vous a attirée dans le personnage d’Audrey ?

    
    

    Plein de choses. À commencer par l’idée de jouer une femme très féminine qui prend sa vie, son plaisir, ses sentiments en main. Et puis quand on rencontre Lorraine, on découvre son univers et on a très envie d’en faire partie. Pour moi elle est très Old School, au bon sens du terme. Elle a une douceur, une sensibilité artistique, musicale, picturale… C’est une femme très brillante et justement, pour une comédie romantique comme celle-ci, j'ai trouvé que c’était la personne parfaite pour éviter l’écueil de la mièvrerie.

    
    

    Lorraine Lévy dit vous avoir demandé quelque chose de très difficile, à savoir jouer le paradoxe féminin.

    
    

    C’est vrai. Pour pouvoir le faire il fallait être un mélange de glamour et de légèreté, mais aussi être très incarné au point de ne pas être juste une sorte d’ectoplasme. Il ne fallait pas perdre de vue ce qui était en train de se jouer entre Audrey et Mathias. Sans passer par la gravité. Plus les scènes étaient, entre guillemets, lourdes de sens, plus on allait vers l’opposé, par des rires, des choses plus légères.

    
    

    « Mes amis mes amours » vous offre enfin l’opportunité de travailler avec Vincent Lindon.

    
    

    Oui, ça faisait longtemps que j’avais très envie de travailler avec lui. C’est probablement pour moi le meilleur acteur de sa génération. Et je ne dis pas ça parce que j’ai travaillé avec lui - et que je trouve par ailleurs que c’est quelqu’un d’intelligent, de sympathique… Dans le film, Vincent amène quelque chose d’étonnant : on est dans une comédie romantique avec des codes à laquelle le pragmatisme de Vincent apporte une humanité, un réalisme. Vincent a un vrai truc de héros romantique, mais pas attendu, pas convenu.

    
    

    « Est-ce que vous vous sentez à l’aise dans ce registre de comédie romantique ?

    
    

    J’adore ça ! J’adore les histoires d’amour. J’adore les raconter, du moins être un vecteur de ça. C’est un registre compliqué, on est sur la corde raide, mais il y a matière à faire de bons films.

    
    

    Florence Foresti, une rencontre ?

    
    

    Ah oui ! Quel phénomène ! Elle est chouette. C’est vraiment une personnalité. Elle a une vitalité… Pour autant, elle n’est pas débordante. Elle est très fine.

    
    

    Et Bernadette Lafont ?

    
    

    J’étais contente de la croiser parce qu’elle fait partie de ces actrices qui m’ont fait rêver, chez Jean Eustache mais aussi dans plein d’autres films. Je trouve qu’elle amène sa voix, sa façon d’être… Son visage raconte tellement qu’elle n’a pas besoin d’en faire des tonnes. Mais ça n’annule pas le personnage qu’elle est en train de jouer.

    
    

    ENTRETIEN AVEC FLORENCE FORESTI, ACTRICE

    
    

    En quoi le personnage de Sophie, cette fleuriste amoureuse, vous a plu ?

    
    

    C’est d’abord le scénario qui m’a plu et puis l’histoire d’amitié de « Mes amis mes amours » - je ne connaissais pas le livre et je l’ai découverte à la lecture du script. Pour le personnage, ça a été un défi. Je ne savais pas si j’allais pouvoir tenir un personnage aussi discret, d’autant que j’aime plutôt les personnages forts en gueule, comme on dit. Est-ce que je pouvais apporter quelque chose à cette Sophie sans la dénaturer et être à la hauteur des attentes de Lorraine Lévy ? Pour moi ça a été une prise de risque - qui en même temps n’a pas été énorme non plus - mais c’était intéressant d’explorer quelque chose que je ne connaissais pas encore : la timidité, la réserve, une certaine forme de tendresse que je n’ai pas l’habitude d’afficher. (…)

    
    

    Et comment appréhendez-vous le cinéma ?

    
    

    De la même manière que la scène ou la télévision, avec la même notion de plaisir. Simplement maintenant j’ai un peu plus de réflexion à fournir quand je lis un scénario parce que j’ai plus de propositions, donc j’ai un plus grand tri à faire. Je ne me dirige plus que vers les scénarios qui m’apportent quelque chose du point de vue personnel ou professionnel, et surtout vers ceux qui me charment. Et comme je n’ai jamais rêvé d’être actrice, je ne veux pas me précipiter et faire tout et n’importe quoi. Je me laisse uniquement guider par des intuitions, avec tout ce que ça comporte comme risque. Parfois elles sont bonnes, parfois elles sont mauvaises. (…)

    
    

    Le tournage de « Mes amis mes amours » vous a-t-il donné envie de faire plus de cinéma ?

    
    

    Ce n’est pas parce que ce film-là s’est bien passé que ça va m’encourager à faire plus de cinéma. Pour moi le cinéma ne remplacera jamais la scène. Ça passe pour un cliché, mais c’est tellement vrai ! Au cinéma, il y a quand même des éléments qui me manquent, notamment le retour du public. Mais c’est une douce expérience malgré tout et c’est assez gratifiant comme métier, mais ça ne remplacera pas ce que je peux faire d’autre. Notamment en termes de création. Car au cinéma c’est là où j’en fais le moins, je suis juste interprète.


    • Sortie : 02 juillet 2008
    Date de la publication électronique :13 octobre 2011
    Sources :

    Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé