Les Beaux gosses  –  Riad Sattouf  –  2009

Fiche générale

Affiche
  • Pays de production :France
  • Genre : Comédie
  • Durée : 90 minutes
  • Producteur :Anne-Dominique Toussaint
  • Production :Les Fils des Tournelles
    Pathé...
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Riad Sattouf
  • Interprètes : Vincent Lacoste (Hervé)
    Anthony Sonigo (Camel)
    Alice Tremolieres (Aurore)
    Julie Scheibling (Laura)
    Camille Andreys (Meryl)
    Robin Nizan-Duverger (Benjamin)...
  • Scénario :Riad Sattouf
    Marc Syrigas
  • Directeur de production :Jean-Jacques Albert
  • Directeur de la photographie : Dominique Colin (image)
  • Compositeur de la musique : Flairs
    Riad Sattouf
  • Monteur : Virginie Bruant
  • Chef décorateur : Marie Cheminal
  • Costumier : Mimi Lempicka

Production

  • Pays de production :France
  • Producteur :Anne-Dominique Toussaint
  • Production :Les Fils des Tournelles
    Pathé
    Studio 37
    Canal+ (avec la participation de)
    TPS Star (avec la participation de)
    Cinémage 3 (en association avec)
    Cofimage 20 (en association avec)
    Banque Postale Image 2 (en association avec)
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Directeur de production :Jean-Jacques Albert

Fiche artistique

  • Réalisateur :Riad Sattouf
  • Scénario :Riad Sattouf
    Marc Syrigas
  • Interprètes :Vincent Lacoste (Hervé)
    Anthony Sonigo (Camel)
    Alice Tremolieres (Aurore)
    Julie Scheibling (Laura)
    Camille Andreys (Meryl)
    Robin Nizan-Duverger (Benjamin)
    Baptiste Huet (Loïc)
    Simon Barberey (Mohamed)
    Irwan Bordji (Anas)
    Yanis Ait-Ali (Mahmoude)
    Loreleï Chenet (Mégane)
    Sihem Namani (Sadia)
    Salomé Durchon (Nolwenn)
    Noémie Billy (Océane)
    Emma Gregory (Emma)
    Thania Perez (Jenifer)
    Lise Bordenave (Sabrina)
    Louis Bankowsky (Goulven)
    Nicolas Bouissy (Koulmen)
    Pablo Eskenazi (Pablo)
    Victorien Rolland (Wulfran)
    Maya De Rio Campo (Leslie)
    Florence Dottel (Françoise)
    Noémie Lvovsky (La mère d'Hervé)
    Irène Jacob (La mère d'Aurore)
    Christophe Vandevelde (Le père d'Hervé)
    Yannig Samot (Le beau-père d'Hervé)
    Hassan Guerrar (Le père de Camel)
    Emmanuelle Devos (Directrice)
    Roch Amédet Banzouzi (CPE, M. Jeanquatte)
    Frédéric Neidhart (Professeur SVT)
    Nicolas Maury (Professeur de Français)
    Nicolas Wanczycki (Professeur de Maths)
    Mirabelle Kirkland (Professeur d'Anglais)
    Solenn Jarniou (Professeur de Sport)
    Emmanuel Malepart (Professeur de Musique)
    Jean-Pierre Haignere (Professeur de Techno)
    Valeria Golino (Actrice film vidéo)
    Riad Sattouf (Acteur film vidéo)
    Marjane Satrapi (La vendeuse du magasin de musique)

Fiche technique

  • Photographie :Dominique Colin (image)
  • Compositeur de la musique :Flairs
    Riad Sattouf
  • Ingénieur du son :Laurent Benaim
  • Monteur :Virginie Bruant
  • Chef décorateur :Marie Cheminal
  • Costumier :Mimi Lempicka
  • Monteur son :Hervé Guyader
  • Casting :Stéphane Batut
    Marc Milani
    Gaëlle Usandivaras
  • Assistant réalisateur :Elsa Amiel (1ere assistante réalisation)
  • Mixage :Emmanuel Croset
  • Bande originale :chez Naïve
  • Ventes internationales :Other angles pictures

Résumé et notes

  • Genre : Comédie
  • Durée : 90 minutes

RÉSUMÉ

Hervé, 14 ans, est un ado débordé par ses pulsions, ingrat physiquement et moyennement malin, qui vit seul avec sa mère.

Au collège, il s’en sort à peu près, entouré par ses bons copains.

Sortir avec une fille, voilà qui mobilise toute sa pensée.

Hélas, dans ce domaine, il accumule râteau sur râteau, sans toutefois se démonter.

Un jour, sans très bien comprendre comment, il se retrouve dans la situation de plaire à Aurore, l’une des plus jolies filles de sa classe...

Il est entouré par une galerie de personnages croustillants et pas piqués des hannetons : Camel, le fan de métal habité par des fantasmes similaires, Benjamin et Meryl, ados complexes et complexés, Loïc, Anas et Mohamed, jeunes mâles dominants, Mahmoude la tête de turc, Mégane et Sadia, les filles molles qui semblent vivre au ralenti, Aurore et Laura, les jolies filles en apprentissage de leur pouvoir sur les garçons et de nombreux autres. Hervé tente de grandir dans ce petit monde en perpétuelle mutation, ce monde de l’adolescence où les émotions apprennent à être dominées.D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Prix et distinctions : Quinzaine des réalisateurs - Société des Réalisateurs de Films - Cannes 2009

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

ENTRETIEN AVEC RIAD SATTOUF, REALISATEUR ET SCENARISTE

Quel est le sujet du film « Les Beaux gosses » ?

C’est l’histoire d’Hervé et de ses amis, collégiens à Rennes, en Bretagne. Exclus, un peu moches, un peu benêts, obsédés par l’idée de sortir avec des filles. C’est un film sur le monde secret des garçons, tel que j’ai pu le vivre avec mes copains. Il y a toute une catégorie de garçons qui a beaucoup de mal à exprimer sa crise d’adolescence, qui est désarçonnée par la fin de l’enfance. Ils se retrouvent avec des corps qui changent, et pas forcément de la façon qu’ils avaient imaginée... Il y a un malaise intense par rapport au monde extérieur.



Y a-t-il une différence entre ce que raconte ce film et votre bande dessinée «Retour au collège» ?

Oui, il s’agit d’une histoire originale. «Retour au collège» était le récit d’une expérience que je m’étais imposée, c’est-à-dire retourner dans une classe au milieu des élèves.



Votre marque de fabrique, c’est la frustration sexuelle, les jeunes malhabiles débordés par leurs pulsions qui n’arrivent à rien, les pubères et leurs déboires. C’est autobiographique ?

Ce n’est pas un film directement autobiographique. J’étais un adolescent timide, sans histoire. Si j’avais raconté mon adolescence, je pense que cela aurait été ennuyeux. Ma mère ne ressemble en rien à celle du film par exemple... Mais les rapports que j’avais avec mes copains de l’époque étaient proches de ce que je montre. Nous avions des voix très efféminées, des noms ridicules (enfin surtout pour moi) et des physiques chétifs. Il nous était inconcevable de fumer des joints, de faire des tags dans la rue ou de fuguer, on avait peur d’aller en prison. Cette colère, qui est normale et doit s’exprimer, se retournait contre nous. C’est ce qui me fascine dans l’adolescence, comment les pulsions de vie et de mort s’expriment, encore indomptées. Je ne voulais pas faire un film sur les codes des adolescents d’aujourd’hui, leur façon de parler, leur arsenal technologique... Je voulais faire un film sur la violence de leurs émotions.



Justement, on se pose des questions sur l’époque de votre film. Il n’y a ni portable, ni iPod et en même temps il fonctionne avec les codes d’aujourd’hui.

Je voulais trouver une moyenne entre mon expérience, et celle de mes comédiens. Je ne voulais pas faire un film naturaliste, je souhaitais quelque chose d’étrange, construire un univers pour parler pompeusement. Je trouve ça très ennuyeux de parler de portable, d’informatique, de MSN... En plus, tous les enfants n’ont pas accès à cette technologie... Mes héros sont même exclus du progrès, d’une certaine façon ! Mes comédiens, qui étaient quand même mes premiers conseillers, me disaient : «Mais tes héros là, c’est des méga boloss, jamais on leur parle aux mecs comme ça...»



Pour le casting, comment avez-vous procédé pour trouver les personnages que vous aviez en tête ?

J’ai mis trois mois à trouver Hervé et les autres rôles. Le choix s’est fait à Paris dans les lycées et les collèges avec Stéphane Batut et son équipe, qui avaient trouvé pas mal d’ados pour de nombreux films. Je leur ai dit ce que je cherchais, et ils m’ont rapporté 500 gamins à regarder sur des cassettes !



Et à la sortie du lycée vous disiez «bonjour jeune homme t’as une tête de puceau, des boutons, tu veux faire un essai pour mon film ?»

Je ne voulais pas d’ados comme dans les pubs, beaux et sauvages, la nymphe, le giton, le rebelle, l’arabe de service... Je voulais des vilains petits canards. Avec des tronches, des façons de parler, des démarches. On leur faisait faire des scénettes... Ceux qui arrivaient à rester naturels, à exprimer des émotions sans jouer «comme au cinéma», je les gardais de côté. Vincent Lacoste qui incarne Hervé avait ce côté super timide, renfermé, avec un visage de bébé et en même temps une grosse voix pour se cacher derrière. Il m’a imité son prof, avec une nuance très finaude. Pour celui qui joue Camel, Anthony Sonigo, ça a été tout de suite évident, je l’ai vu c’était lui. Alice Tremolières, qui joue Aurore, ne ressemble pas du tout à ce qu’elle est dans le film. C’est une jeune fille un peu bohême, timide, un peu boulotte, avec plein d’idéaux... Mais c’est aussi une grande musicienne, qui joue de nombreux instruments. Je me suis tout de suite dit qu’à 14 ans, j’aurais été amoureux d’une fille comme ça !



Comment avez-vous dirigé ces jeunes gens puisque vous êtes un ex-psychopathe immensément timide ?

Et bien on a répété ! C’était assez instinctif. Pendant le casting, j’ai demandé aux garçons de craquer une allumette et de la rapprocher du visage de la partenaire. J’ai choisi Vincent Lacoste pour Hervé, parce que derrière ses allures balourdes, il a quasiment failli brûler la fille, et acceptait presque de se laisser brûler. Ça voulait dire qu’il n’avait peur de rien. Après, je me suis dit que je devais les prendre par leur côté animal. On a fait le singe. Comme une secte, pendant des heures, on n’avait pas le droit de parler, on était des singes. Ensuite, je leur faisais répéter des scènes entières en singe. Ils arrivaient à exprimer des émotions terriblement fines en singe, souvent mieux qu’avec la parole, ils utilisaient leur corps... Ça leur permettait de se libérer. Pendant le tournage, lorsqu’ils n’arrivaient pas à sortir certaines émotions, on se mettait dans un coin et on faisait les singes, on essayait de trouver le truc. Je crois que ça débloque plein de choses, on n’y pense pas assez !



Certainement ! Et pour un premier film tout s’est formidablement passé ?

Et bien oui. Sauf, trois jours avant le tournage, Vincent Lacoste, le comédien principal s’est blessé au genou. Attelle et tout le reste... Il était allé à un concert de rock, malgré l’interdiction de la production (et de sa mère !). Le film a failli s’arrêter. Je l’ai pris boiteux quand même, il était trop parfait. Son boitement a même rajouté à son personnage, cette démarche bizarre.



Aviez-vous des références, des films sur l’adolescence qui vous ont servis de modèles ?

Pas vraiment... Évidemment, j’adore « Les quatre cents coups », « L’Argent de poche », j’étais obsédé par l’idée de faire quelque chose de naturel dans le jeu des gamins... Mais, comme en bande dessinée, j’ai du mal à avoir des référents. J’ai vu le film « Petites » de Noémie Lvovsky, après l’avoir choisie comme comédienne ! Ce côté brut, sauvage, intense... C’est un de mes films préférés sur l’adolescence ! Je voulais montrer à quel point le physique hors norme de mes ados était beau. Je voulais donner le sentiment d’être très près d’eux, filmer au plus serré, que l’on sente leurs peaux grasses, leurs défauts, leurs odeurs animales.



Vous qui aviez été élu le garçon le plus laid de votre classe, vous vous êtes vengé sur les coupes de cheveux, les appareils dentaires et les comédons ?

Le bouton qu’a Vincent sur la lèvre évolue tout au long du film. Il passe de blanc à cicatrisé... La maquilleuse suivait ça de près ! La coupe de cheveux de Camel, entre Candeloro et le fan de métal, c’est celle que je rêvais d’avoir en troisième. J’étais fan de hard rock, mais j’avais les cheveux trop frisés... plutôt que de me venger, je me suis fait plaisir !!!



Il y a des scènes hilarantes. Le spiritisme et les scènes de gymnastique sont exceptionnels.

À Rennes, j’avais des copains qui faisaient du spiritisme. Chaque fois qu’ils parlaient à des esprits, c’étaient toujours à des célébrités historiques, maléfiques... Napoléon, Hitler, Jack l’éventreur... Ou encore à Satan, Lucifer... Ils devaient se sentir tellement minables dans leurs vies. Le sport, je crois que ça parle à tout le monde. C’est un moment de compétition, où l’on doit prouver quelque chose physiquement. On peut vivre d’immenses moments d’humiliation, en sport. Je ne voulais pas tomber dans le manichéisme, le film d’ado avec d’un côté les gros cons bons en sport qui réussissent tout et de l’autre les braves gentils psychopathes... C’est pour cela que mon héros est très cruel parfois. Tout le monde essaie juste de s’en sortir.



Mettre un C.P.E noir, un Camel qui aime le rock c’est jouer avec les clichés. Votre film aborde la question de l’intégration et de la mixité en déjouant les pièges. Ce n’est ni dit ni pas dit. Vous êtes né à Paris, avez vécu en Lybie, en Syrie... avant de revenir à Rennes à 11 ans. Votre France est comme ça ?

Lorsque j’étais au collège, il y avait un noir et j’étais le seul avec un nom arabe. Ce n’était pas un collège de bourges, c’était comme cela... Pour mon film, je ne me suis pas dit, bon alors «il faut trois noirs, cinq arabes sans oublier un ou deux chinois...». Je m’en fichais, je n’ai pas choisi les comédiens sur ces critères, ni écrit le scénario dans ce sens. Le C.P.E est noir simplement parce ça existe, des C.P.E noirs et Camel s’appelle Anthony Sonigo et je trouve qu’il fait très bien le petit arabe fan de métal. En revanche ce que je trouve rigolo, c’est de mélanger toutes ces références. Hervé carbure au rap, sa mère lui reproche d’écouter cette «musique d’arabe», son pote qui lui est d’origine arabe, écoute du métal... En fait je crois que je m’en fiche et que j’adore en rigoler, car c’est tellement sérieux aujourd’hui ces questions. Les gens dans leur tête se foutent souvent de leur origine. C’est la société qui les pousse à la revendiquer. Il y a plein de jeunes qui sont sans histoires. Pas nuls, pas bons, pas violents, pas cancres, rien. Juste sans histoire.



Pouvons-nous parler de chaussettes et de masturbation ?

Ah la masturbation, j’adore, c’est un super sujet. Je n’ai aucun problème avec ça, je peux en parler des heures. Pour moi c’est l’expression de la pulsion de vie. Quand à cette histoire de chaussette, c’est connu, cela permet très simplement de se débarrasser du sperme sans que personne ne s’en aperçoive. Vous la mettez au sale et vos parents ne se rendent compte de rien. Enfin un grand mystère domestique élucidé ! Le tournage de ces scènes n’a posé aucun problème à Anthony et Vincent. Ils me disaient «c’est quand la scène où on met vraiment la bite dans la chaussette ?» Je répondais, «mais ça va pas la tête, t’as 14 ans, c’est interdit. On va la faire en cinéma.» Et eux «oh pas cool c’était ma scène préférée». Pendant le tournage, il y avait vingt-cinq personnes autour d’eux : rien à fiche.



L’élève retardé de la classe c’est le quota bonne conscience d’aujourd’hui ?

Vous parlez de Mahmoude, dans le film... Il vit son enfer, on ne sait pas ce qu’il va devenir, mais lui aussi essaie de s’en sortir. Il y en avait un dans ma classe comme lui. J’avais déjà utilisé un personnage semblable dans mon livre «Manuel du puceau»... Les autres étaient impitoyables avec lui. Ce type était un martyr. Ses parents refusaient de le mettre dans une institution spécialisée. Les élèves faisaient de la corrida avec lui dans la cour. C’était terrible à voir.



Le film démarre sur un baiser mémorable.

Je trouve ça hyper violent quand des ados s’embrassent et je voulais ouvrir le film par une scène choc, méga réelle, pour mettre le spectateur tout de suite dans le bain. Et c’est un clin d’oeil à Larry Clark dans « Kids »...



Était-ce difficile pour vos comédiens, de jouer ces scènes de baiser ?

Absolument pas. Rouler des pelles pour eux, c’est comme de se faire la bise ! Ils faisaient leurs scènes et ils pensaient à autre chose. À leur âge, ça m’aurait fait avoir une crise cardiaque.



Le choix des adultes s’est fait après celui des ados ?

Au départ, je voulais des comédiens peu vus. J’avais une peur phobique de la vedette. Je voulais que les comédiens soient à moi. J’aimais beaucoup Noémie Lvovsky, que j’avais adorée dans « Actrices ». Elle a une étrangeté et une sensibilité incroyable. C’est une immense comédienne, elle a apporté des choses à son rôle que je n’aurais jamais pu imaginer. Yannig Samot, en beau père d’Hervé, me rend heureux dès que je le vois, cette virilité, ce coté naïf et détendu dans la perversion, je me dis, on l’a jamais vu ailleurs avant, il est a moi !... Fred Neidhardt, en prof de SVT dépressif, il est d’une beauté, il dégage des choses incroyables dans ses petits gestes, les poils de sa barbe... Et puis au bout d’un moment, je me suis dit «quand même, tu referas peut-être plus jamais de films...» Alors j’ai fait une mini liste des comédiennes que j’adorais, Emmanuelle Devos, Irène Jacob et Valeria Golino, bien sûr, ma muse absolue. Elles ont toutes accepté. J’ai eu du bol ! En fait j’aime tellement mes comédiens, c’est niais je sais ! (...)


(...)On connaît de vous les incomparables B.D «La Vie secrète des jeunes» dans Charlie hebdo, «Le Manuel du puceau», «Retour au collège» et «Pascal Brutal» dans Fluide Glacial qui n’ont absolument aucun rapport avec le cinéma, d’où est venue l’idée et l’envie surtout, de faire un long métrage ?

En fait je n’en ai pas eu envie. Enfin, j’adore le cinéma, j’y vais, je vois presque tout ce qui sort, mais j’imaginais que c’était un truc épuisant à faire : écrire un projet, et surtout, trouver des producteurs, convaincre ces producteurs, qui par principe sont trouillards, ou m’imposeraient je ne sais quel nouveau bellâtre de la télévision soi disant rigolo à la mode... Recommencer cent fois un scénario en supprimant tout ce qui peut heurter je ne sais quelle association catholique... Et en fait je n’ai pour ainsi dire, rien eu à faire de tout cela.



C’est-à-dire ?

C’est Anne-Dominique Toussaint, la productrice, qui m’a contacté après avoir lu ma BD «Retour au collège». Elle envisageait de faire un film sur les adolescents et m’a demandé si je voulais écrire le scénario. Je ne la connaissais pas, on n’avait pas d’amis en commun, c’est juste qu’elle aimait mes BD et que je l’ai tout de suite trouvée humaine et très posée. Elle avait fait des films que j’aimais beaucoup, « Respiro », les films d’Emmanuel Carrère... Ça fait un peu cire-pompes de dire cela surtout maintenant qu’elle a produit mon film, je me rends bien compte, mais c’était tellement unique. Elle me poussait à en rajouter, plutôt qu’à en enlever.



Et ensuite ?

Et puis je ne sais pas comment j’ai fait, mais j’ai fini par dire que ce serait bien que celui qui écrive le scénario original soit celui qui choisisse les acteurs, l’équipe et aussi les décors, et elle a dit oui. Elle a dit oui tout de suite. En même temps, cela s’est fait par étapes, qu’on pouvait arrêter à chaque stade. J’ai écrit un synopsis, puis un autre plus gros, cela fonctionnait, donc on continuait. J’ai écrit une première version du scénario. Je me suis un peu embourbé, ensuite j’ai fait appel à Marc Syrigas, un copain et super scénariste, et on a tout repris. Jusqu’au premier jour de tournage, j’avais un peu du mal à croire, que tout cela était bien réel.



Qu’est-ce qui vous fait rire ?

J’ai beaucoup de mal à répondre à cela. Le sérieux des reportages à la télévision me fait rire. Les gens très sérieux, les hommes politiques, les échangistes. En fait j’aime rire des trucs tristes pour les rendre moins tristes !



Et qu’est-ce que vous avez préféré pendant ce tournage ?

Faire pleurer vraiment mes comédiens !


  • Sortie : 10/06/2009
Date de la publication électronique :07 November 2011
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé