Incognito  –  Eric Lavaine  –  2009

Fiche générale

Affiche
  • Genre : Comédie
  • Durée : 94 minutes
  • Producteur :François Cornuau
    Vincent Roget
    Same Player
    Romain Le Grand (producteur associé)
    Geneviève Lemal
    Alexandre Lippens
    Didier Le Menestrel
    Christian Gueugnier
  • Production :Pathé Production
    Scope Pictures...
  • Numéro de visa : 120 832
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Eric Lavaine
  • Interprètes : Bénabar (Lucas)
    Franck Dubosc (Francis)
    Jocelyn Quivrin (Thomas)
    Anne Marivin (Marion)
    Isabelle Nanty (Alexandra)
    François Damiens (Chauffeur accident)...
  • Scénario :Eric Lavaine
    Hector Cabello Reyes
    Bénabar
  • Directeur de production :Ludovic Douillet
  • Directeur de la photographie : Stéphane Cami (image)
  • Compositeur de la musique : Bénabar
  • Monteur : Vincent Zuffranieri
  • Chef décorateur : Patrick Durand
  • Costumier : Catherine Bouchard

Production

  • Producteur :François Cornuau
    Vincent Roget
    Same Player
    Romain Le Grand (producteur associé)
    Geneviève Lemal
    Alexandre Lippens
    Didier Le Menestrel
    Christian Gueugnier
  • Production :Pathé Production
    Scope Pictures
    Weber Investissements
    Fortis Film Fund
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Directeur de production :Ludovic Douillet
  • Assistant de production :Sophie Fortat (administratrice de production)
  • Réalisé avec le soutien du :Tax Shelter du gouvernement fédéral belge
  • Avec la participation de :Canal+
    TPS Star
    la région Wallone
  • En association avec :La Banque Postale Image 2
    Cinémage 3
  • Ventes internationales :Pathé Distribution

Fiche artistique

  • Réalisateur :Eric Lavaine
  • Scénario :Eric Lavaine
    Hector Cabello Reyes
    Bénabar
  • Scripte :Héloïse Moreau
  • Interprètes :Bénabar (Lucas)
    Franck Dubosc (Francis)
    Jocelyn Quivrin (Thomas)
    Anne Marivin (Marion)
    Isabelle Nanty (Alexandra)
    François Damiens (Chauffeur accident)
    Gérard Loussine (Pasquier)
    Virginie Hocq (Géraldine)
    Yolande Moreau (Mme Champenard)
    Pierre Palmade (Pierre Palmade)
    Stephan Wojtowicz (Patron restaurant Gronvieux)
    Olivier Rigo (La Glue)

Fiche technique

  • Directeur de la photo :Stéphane Cami (image)
  • Compositeur de la musique :Bénabar
  • Ingénieur du son :Pascal Jasmes
  • Monteur :Vincent Zuffranieri
  • Chef décorateur :Patrick Durand
  • Costumier :Catherine Bouchard
  • Monteur son :Ingrid Ralet
    Ingrid Simon
  • Maquilleur :Marie-Anne Hum (chef maquilleuse)
    Leila Delval (chef coiffeur)
  • Casting :Fany Touya Calmon
    Myriam Omari
  • Photographe de plateau :Jean-François Baumard
    Arnauld Joubin
  • Régisseur :Christophe Adda
    Roger Schins
  • Chef machiniste :Nicolas Boucart
  • Assistant réalisateur :Rodolphe Kriegel (1er assistant réalisateur)
  • Conseiller à la réalisation :Arnault Mercadier
  • 1ers assistants de prise de vue :Laure Sauton
    Jérôme Lift
    Ronald Knudsen
  • Steadycamers :Mathieu Caudroy
    Nicolas Dollander (A.F.C.S.)
  • Cadreur :Gilles Cousteix
  • Making of :Ariane Lippens
  • Réalisateur deuxième équipe :François Cornuau
  • Chef électricien :Didier Versolatto
  • Mixage :Luc Thomas
  • Etalonneur :Jacky Lefresne
  • Laboratoire numérique :Mikros Image
    Marie-Ange Rousseau
  • Laboratoire Film :Arane Gulliver
    Luc Pourrinet
  • Résumé et notes

    • Genre : Comédie
    • Durée : 94 minutes

    RÉSUMÉ

    Lucas (Bénabar) est devenu une superstar en s'étant approprié les chansons d'un ami (Jocelyn Quivrin) qu'il croyait disparu. Soudainement, cet ami réapparait. Lucas, pour lui cacher sa fortune et sa célébrité, commet l'erreur de demander à Francis (Franck Dubosc), un comédien raté, de prendre sa place. D'après le synopsis publicitaire du film

    En savoir plus

    Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

    
    

    ENTRETIEN AVEC ERIC LAVAINE, REALISATEUR ET SCENARISTE

    Comment est né INCOGNITO ?

    Je m’en souviens très précisément : je passais des vacances à Naples et un matin, en courant le long de la baie, je tombe sur un type qui joue un morceau méconnu de U2 à la guitare électrique. Je m’arrête pour l’écouter et je lis dans ses yeux : “J’ai composé ça cette nuit, qu’est-ce que tu en penses, mon pote ?”. Je suis rentré à mon hôtel et j’ai écrit le pitch d’« Incognito ». L’histoire simple d’un mec qui s’est approprié les chansons d’un autre. A Paris, j’ai écrit un traitement d’une vingtaine de pages qui racontent l’histoire telle qu’on la voit à l’écran. Puis avec l’aide d’Hector Cabello Reyes et de Bénabar nous avons finalisé le script.

    
    
    

    Qu’est-ce qui vous a le plus intéressé dans ce processus ?

    J’aime quand le spectateur peut se mettre à la place du héros. Je n’écris que des intrigues qui pourraient nous arriver. Par exemple dans nos vies, on dit souvent des petits mensonges… petits mensonges qui peuvent avoir de grandes conséquences. C’est un petit mensonge de Lucas qui va le faire passer de contrôleur de bus à superstar de la chanson. C’est-à-dire qu’au moment où il joue la chanson de son pote disparu à une fille, avant même qu’il puisse lui avouer qu’elle n’est pas de lui, elle l’embrasse. Pour Lucas, c’est juste un cadeau posthume, l’occasion d’avoir une aventure avec cette fille grâce à cette chanson… Évidemment, il devient prisonnier de son mensonge. Ce n’est pas un salaud pour autant. On pourrait tous être emportés par ce genre de choses, comme ces hommes ordinaires qui ont des destins extraordinaires.

    
    

    L’effet comique repose la plupart du temps sur le scénario et les acteurs...

    Et pourtant, le réalisateur a sa part de responsabilité dans le processus comique ; je doute qu’il puisse parvenir à réaliser une bonne comédie s’il n’est pas capable d’improviser des situations drôles sur le tournage. Sur « Incognito », il y a une quantité de choses imaginée sur le moment ; un script n’est pas un roman. On y met des ingrédients prêts à être cuisinés. Parfois, il se trouve que l’on s’est planté d’ingrédients et qu’il faut en rajouter. Ça fait partie d’un processus de création qui m’intéresse particulièrement.

    
    
    

    Justement, Bénabar vous a concocté quelques morceaux savoureux...

    Oui. Son personnage, Lucas, est un très bon interprète, mais il ne sait pas écrire. Comme il le dit dans le film “c’est dur d’écrire une chanson (…) les Nougaro, les Brassens, les Aznavour ils ont choppé tous les bons thèmes : l’amour, l’amitié, le temps qui passe... Il me reste quoi ? L’acné, le karting, les stores électriques ?”. Bénabar a réussi dans « Incognito » à écrire de très mauvaises chansons pour le Lucas des années 95 (“Bleus-blues à l’âme”, “Cheval-Blessé”) et de très bonnes pour le Luka des années 2009 (“Qui le saura”, “De si jolis mensonges”).

    
    

    Pourquoi avoir choisi Bénabar pour incarner Lucas ?

    Parce qu’il est totalement légitime en chanteur et parce que c’est un comédien né. On s’est connu lorsque j’étais directeur artistique, responsable des auteurs sur la série “H” pour laquelle il écrivait des épisodes. C’est devenu un ami et c’est naturellement que je lui ai parlé d’« Incognito » car je connaissais ses velléités de comédien. En plus, il n’y avait que lui pour écrire les chansons dont j’avais besoin pour le film. En gros, on s’est fait confiance.

    
    

    Bénabar comédien, ça a dû engendrer certaines difficultés…

    Effectivement. Parce que Bénabar acteur, ça ne convainquait personne. Je lui ai fait faire des essais qui étaient prometteurs, mais il a surtout bossé. Je me suis basé sur ce que je connaissais de lui, de sa personnalité… Je l’ai associé à l’écriture du script, sachant qu’en s’appuyant sur ces détails, on aboutirait à quelque chose de vrai. Et sa fibre de comédien a fait le reste. C’est un créatif qui adore la vanne ! Et grâce à lui, on a pu débloquer certaines situations. Avec Bénabar, on aime se faire rire. Bénabar est soit génial, soit fou, car accepter un premier rôle de chanteur comme première apparition au cinéma c’est une mise en abîme totale.

    
    

    Cette confiance lui a-t-elle rendu la tâche plus facile ?

    Ça a peut-être pu être dur pour lui, car il a l’habitude d’être son propre chef sur la musique, ses spectacles et le voilà d’un coup dans un univers où on lui dit sans cesse quoi faire… Il est venu avec beaucoup d’humilité ; surtout lorsque j’ai voulu le “dé-Bénabariser” pour créer le personnage de Lucas : plus pop, plus fit… Il fallait qu’il change de look, il a perdu 6 kg, il s’est mis au sport intensivement (et il continue, d’ailleurs), je lui ai fait teindre les cheveux en noir sans que cela fasse Bénabar déguisé. Et je trouve que l’on a vraiment réussi cet équilibre. Catherine Bouchard, la costumière, a fait un travail remarquable car, lorsque l’on voit Lucas, on n’est jamais dans la parodie, on ne se dit pas qu’il est déguisé. Bénabar interprète vraiment un chanteur.

    
    

    Pourquoi Franck Dubosc dans le rôle de Francis ?

    Avec Francis, on a un personnage extraordinaire ; bien que le personnage principal du film soit Lucas, c’est Francis qui génère le plus de rires. Francis est à l’image de ces idiots nobles qui peuplaient les comédies italiennes : il est drôle malgré lui et est d’une honnêteté et d’une candeur désarmante. Franck Dubosc a un sens du timing incroyable. La comédie, c’est d’abord un rythme et si un acteur n’a pas cette petite musique intérieure, le film passe à l’as. Les techniciens du plateau, qui voient beaucoup plus de films que nous, étaient littéralement scotchés par la performance de Franck. (…)

    
    

    Pourquoi avoir choisi Jocelyn Quivrin pour le rôle de Thomas ?

    « Incognito » est aussi une histoire d’amitié et je voulais qu’on puisse croire et s’attacher au trio : Lucas, Francis et Thomas. J’avais adoré Jocelyn dans « 99 Francs » et j’ai été très heureux qu’il accepte de rejoindre Bénabar et Franck. Le rôle de Thomas est difficile car pendant toute une partie du film, il n’est au courant de rien, il ne sait pas que son ancien pote est devenu une vedette. Jocelyn a su parfaitement gérer la “montée de suspicion” de Thomas. Il me fallait aussi un acteur qui soit un rieur dans l’âme. Une fois Thomas au courant du vrai statut de Lucas, plutôt que de l’inonder de reproches, il choisit de le taquiner. Et puis connaissant bien Bénabar et Franck dans la vie, je savais que Jocelyn s’amuserait avec eux.

    
    

    Qu’est-ce qui vous a guidé dans le choix des autres rôles ?

    La chance d’« Incognito » c’est que même les “rôles secondaires”, ont été interprétés par de grands comédiens : Anne Marivin, Isabelle Nanty, Yolande Moreau, Pierre Palmade, Gérard Loussine, François Damiens…

    
    

    ENTRETIEN AVEC BENABAR, ACTEUR

    C’est votre première expérience d’acteur ; en aviez-vous envie depuis longtemps ?

    C’était plutôt quelque chose qui m’excitait secrètement, comme plein d’autres choses dont on a envie mais que l’on ne va pas forcément réaliser : grimper l’Annapurna, conduire une Ferrari ou faire du saut à l’élastique… C’est ce genre de trucs-là pour lesquels on se dit que c’est probablement super sans que ce soit le feu sacré. Ce qui n’empêche pas une vraie attirance pour ce boulot-là. (…)

    
    

    Un fantasme beaucoup moins fort que la musique ?

    Oui. Oui, mais la musique n’était pas un fantasme ; je n’ai jamais eu le feu sacré dans aucun domaine, à vrai dire.

    
    

    Comment avez-vous réagi au fait qu’Eric Lavaine fasse appel à un chanteur pour en incarner un ?

    C’est un rôle de composition sans en être un... Oui. Ce qui m’a facilité le boulot tout en le compliquant un peu. À l’époque où Eric m’a proposé le rôle, on commençait à me proposer des personnages ; pas cinquante, mais quelques-uns. Et je m’étais juré de ne faire ni des premiers rôles, ni des rôles de chanteur !

    
    

    Vous êtes-vous reconnu en Lucas ?

    Non, mais je me suis reconnu dans la problématique du chanteur : le sentiment d’imposture qui plane dès qu’on a la chance d’avoir du succès ; même si c’est momentané. Si on regarde un peu ce qui nous entoure, quand cela marche bien en tant que chanteur, on est mieux payé qu’un chirurgien, ce qui est quelque chose d’un peu troublant. J’ai toujours eu un peu ce sentiment… Mais que l’on dépasse très vite, je vous rassure. Ce n’est pas un sentiment de culpabilité mais un peu d’imposture que l’on vit plus ou moins bien. Et c’est un peu l’histoire du film : l’imposture du chanteur qui est devenu connu avec les chansons d’un autre. Jusqu’à maintenant, j’ai toujours écrit mes propres chansons, mais il y a plein de copains, moins privilégiés que moi dans ce business, qui mériteraient tout autant. Et je suis très sensible à ça. (…)

    
    

    Qu’est-ce qui vous a inspiré pour vous immiscer dans la peau de quelqu’un que vous connaissez si bien ?

    Je ne le connais pas tant que ça, en fin de compte. Le personnage est loin de moi, musicalement. On s’était d’ailleurs entendu avec Eric pour l’éloigner. Ça peut sembler tenir du détail pour quelqu’un de l’extérieur, mais, pour moi, c’était important. Lucas est vraiment quelqu’un de différent. Après, il y a ce petit sentiment d’usurpation (ce que je comprends tout à fait), mais, au final, je l’ai construit comme un personnage à part entière, pas nécessairement comme un chanteur. Je l’ai façonné de façon totalement empirique. J’ai travaillé avec Eric qui m’a bien aidé, et également avec Patricia Sterlin, une prof de théâtre.

    
    

    Comment avez-vous travaillé avec elle ?

    S’occupant surtout d’acteurs confirmés, elle a tenu à ce que l’on travaille très en amont. Nous nous sommes beaucoup concentrés sur le contrôle, afin d’éviter, au possible, les trucs de débutants. Elle m’a appris à tenir mon personnage, ne pas le juger ; ce qui est très compliqué. Et puis nous avons également fait pas mal de répétitions de textes, afin que je sois moins intimidé.

    
    

    Dans quel registre vous sentiez-vous le plus à l’aise ?

    Grâce à ce travail effectué en amont, je n’ai pas établi de différences entre les scènes de comédie ou de drame. Je ne me sentais pas plus à l’aise dans l’un de ces deux registres. Ce que j’ai surtout appris c’est gérer le temps de tournage. Tourner une scène peut s’avérer parfois long, et j’ai appris à ne pas tout donner lors des deux premières prises, par exemple. Mais, pour parler franchement, ce film a été comme faire des tonneaux en voiture ! On en a beaucoup parlé avant, Eric et moi. Nous avons énormément travaillé. Et puis le film est parti très vite ; donc, je n’ai pas eu beaucoup de recul pour émettre un avis sur ce qui se passait. J’espère que je suis convaincant bien sûr, mais, ce qui m’a surtout intéressé, c’est de participer à un projet commun. Un peu comme en musique. C’est comme un spectacle, en fait. C’est une entreprise vraiment excitante dans laquelle on essaye d’apporter sa petite touche et de participer au travail du réalisateur, des techniciens, des producteurs, des autres acteurs… C’est quelque chose d’excitant de savoir que l’on est une bande au sein de laquelle tout le monde compte sur tout le monde. C’est similaire à ce que je connais sur la route, en tournée. C’est un sentiment satisfaisant, bien que je n’aie pas eu le temps d’intellectualiser ce qui m’arrivait.

    
    

    Comment vous êtes-vous débrouillé vis-à-vis des autres acteurs ?

    Venant d’un autre domaine, et étant très convaincu des dons d’acteurs de Franck, j’y croyais vraiment ; il y avait un beau rôle à jouer. On n’était pas du tout sur le même terrain lui et moi ; et c’était donc encore plus jouissif. J’ai toujours été un fan de Franck. Et parallèlement à cela, Jocelyn Quivrin est un type extraordinaire dont j’admire le jeu depuis un bon moment. D’ailleurs, Jocelyn, dont j’ai pu profiter de l’expérience, a été très bienveillant avec moi ; il m’a apporté de judicieux conseils, ce qui m’a aussi aidé à me sentir à l’aise. Par chance, il y a eu une espèce de rapport qui s’est installé entre nous trois et qui, je l’espère, sera convaincant aux yeux du public. Il n’y a pas eu de problèmes d’ego. Chacun était un peu dans son domaine et personne ne mangeait dans la gamelle de l’autre.

    
    

    Vous avez une facilité à prendre du recul sur vous-même. Vous en êtes-vous servi pour Lucas ?

    C’est vrai. Je m’en rends tellement compte qu’il faut que je compense un petit peu en retour. Après, c’était le désir d’Eric de construire Lucas tel qu’on le voit à l’écran. Il ne fallait pas que ce soit un imbécile ; c’est quand même quelqu’un qui a piqué les chansons de son copain, mais il ne fallait pas qu’il soit méchant ou con. Il fallait que l’on voie sa faiblesse. On s’est attaché à ça et je n’ai pas eu trop de mal à nourrir ce côté-là, car je le comprends. Avoir du recul sur la célébrité, c’est ce que j’essaye de faire chaque jour. (…)

    
    

    Vous avez écrit des titres pour la bande son du film ?

    Oui, notamment “Qui le saura”, le titre principal. Ça nous a demandé pas mal de boulot dans sa fabrication. Un procédé très dur, mais passionnant. Très dur car il fallait faire quelque chose qui soit différent de moi sans pour autant aller vers une parodie de variété ou de pop rock facile. Je ne voulais pas brader le personnage. Il fallait qu’il soit sincère et respectable, même s’il a piqué les chansons de son copain. Il ne fallait donc pas tomber dans quelque chose de grinçant dans les musiques. Ça a été un peu long à faire, mais vraiment fascinant. Et le fait d’avoir envisagé cette démarche avec le plus de sincérité possible joue en la faveur du morceau et du film.

    
    

    Que vous a apporté votre rôle dans « Incognito » ?

    Sérieusement, cette expérience m’a sincèrement bouleversé. Ce film ne m’a pas seulement apporté des choses sur le tournage, mais bien après également. Par exemple, Eric a voulu que je me mette au sport, j’avais quelques kilos à perdre… Eh bien, je continue. C’est un film qui a changé le regard que j’avais sur moi au niveau physique. Je sais que je n’étais pas tout à fait pareil à la fin du tournage ; et ce changement me suit, sans pour autant tomber dans le cliché. Ça a été une expérience vraiment nouvelle.

    
    

    Que vous seriez prêt à retenter ?

    Ça dépend comment sera reçu le film. J’aimerais tourner à nouveau pour comprendre, en fait. Car, au cinéma, il n’y a pas l’immédiateté de la scène ; ça m’intrigue.

    
    

    Comment vous trouvez-vous dans votre première expérience d’acteur ?

    Je pourrais vous répondre qu’il y a toujours deux, trois petits trucs dont je ne suis pas satisfait et que je pourrais améliorer… Mais, dans l’ensemble, je trouve qu’il y a un truc qui fonctionne.

    
    

    ENTRETIEN AVEC FRANCK DUBOSC, ACTEUR

    
    

    Tous, de Bénabar, Jocelyn Quivrin à Eric Lavaine, ne jurent que par Francis, le personnage que vous interprétez dans « Incognito »...

    C’est par Francis que la comédie arrive. L’histoire arrive via Lucas et Thomas (qu’incarnent Bénabar et Jocelyn Quivrin) et Francis, le clown, fait la jonction des deux. Mais Francis ne serait pas drôle sans ces deux autres personnages. À chaque fois, c’est le rebond sur ses interlocuteurs qui rend Francis drôle. C’est le principe même de la comédie. C’est cela qui m’a plu : ne pas avoir à faire un numéro. On peut facilement me demander de faire un numéro et d’oublier, qu’en face, j’ai des partenaires. Je pense que d’avoir beaucoup joué avec d’autres acteurs dans mes précédents films m’a aidé à, aujourd’hui, admettre qu’il est plus facile d’être drôle avec les autres que tout seul. Le cinéma n’est pas un One Man Show. Et tous ces films me le confirment. Jouer avec les autres me permet de découvrir bien d’autres facettes… En fait, on s’ouvre. Le one man show, c’est très intéressant mais tellement égoïste. Alors qu’au cinéma, on se rend compte de l’importance capitale du partenaire, quelqu’un qui renvoie la balle dans ma raquette. (…)

    
    

    Qui est Francis ?

    Francis Laporte est un mec sympathique. C’était la condition sine qua non : le rendre sympathique puis crédible le fait qu’un type comme Lucas l’héberge pendant plus de dix ans chez lui malgré son succès. Un parasite est indispensable à l’artiste ; et Francis est un bon parasite.

    
    

    Vous en avez un, vous-même, de parasite ?

    En général, quand on en a un, on ne s’en rend pas compte. Lucas ne s’en rend pas compte, car Francis lui est trop indispensable. Mais, vu de l’intérieur, un parasite est un ami. Francis est l’ami de Lucas ; et c’est pour cette raison que Lucas accepte tout de lui. Il peut avoir envie de gifler Francis, mais il ne passe jamais à l’acte. Par chance, Francis est émouvant ; et il l’est grâce aux autres, à leur regard. Francis croit à son succès d’acteur de théâtre. Et voilà que Lucas demande à cet acteur au chômage de jouer une vedette ! Et au lieu d’incarner une vedette de cinéma, Francis préfère interpréter une vedette de théâtre. Je trouve que c’est une bonne idée de scénario ; cela révèle une belle mentalité qui le rend sympathique aux yeux du spectateur car il ne monte pas dans les hautes sphères. On lui demanderait de camper un joueur de tennis, il ne choisirait pas un joueur international, juste un prof de tennis. Il a une simplicité qu’il exprime, comme ça, par petites touches. Lorsqu’il dit : “C’est bien d’être riche” ; c’est une réplique que j’avais proposée à Eric qu’il a tout de suite prise. On sait que l’on peut faire rire avec cette petite phrase, mais cela prouve aussi que Francis est quelqu’un qui pense. Et Francis n’est pas un personnage juste drôle.

    
    

    Francis est très touchant lorsque, dans l’entrebâillement d’une porte, il observe Lucas dans son intimité ; il n’y a jamais rien de scabreux. Il est juste heureux pour son ami.

    En fait, Francis est touchant souvent lorsqu’il ne parle pas. Qu’il regarde Lucas faire l’amour ou lorsqu’il est sur la scène de l’Olympia devant le public de son pote. Et là, moi, je n’ai rien à faire. Car ce sont les spectateurs qui, au bout d’une heure et demie en compagnie de Francis, font le reste. C’est le public et les partenaires qui font tout le travail. On a vu Francis qui rêve d’être acteur tout le film et le voilà, d’un coup, sur la scène de l’Olympia. Je n’ai plus rien à dire, le public est avec moi.

    
    

    Et avec Bénabar, dont c’est le premier premier rôle au cinéma.

    Bénabar fait de la scène. La pression, il connaît. Il sait jusqu’où il peut aller et le travail qu’il doit accomplir pour parvenir à tel résultat. Il a beaucoup travaillé sur le film. Déjà, la base : apprendre son texte. Ça paraît une évidence comme ça, mais il s’est comporté comme un sportif qui, avant de commencer, met la meilleure tenue possible pour être au top. Après, il sait qu’il va devoir s’entraîner, écouter, regarder… Et c’est ce qu’il a fait. La scène lui a appris que tout passe par le travail. Très vite, il a pris le pli. Bien sûr, il y a toujours cette phase d’observation, notamment face à Francis, qui est un clown. Il a fallu se glisser dans cet univers, car c’est son personnage qui me renvoie la balle. (…)

    
    

    Mais il n’y a pas que le travail ; il faut avoir la fibre de comédien en soi...

    Il l’a sur scène, lorsqu’il chante, saute, s’adresse à son public, il est lui-même, mais, en même temps, il joue un rôle. Le soir, quand il rentre chez lui, c’est un homme normal. C’est ça, quelqu’un qui fait de la scène. Il est forcément un peu un autre. Même si ce n’est pas le même métier, il y a des similitudes. De la même manière, lorsque j’ai abordé la comédie au cinéma, j’avais l’avantage d’avoir déjà eu l’expérience de la scène dans ce registre. Quoi qu’on dise, dans les deux domaines, on doit faire semblant. Et Bénabar sait faire semblant.

    
    

    Pour les spectateurs, Bénabar est une découverte et vous êtes une redécouverte...

    C’est peut-être parce que c’est la première fois qu’on me regarde. Peut-être parce que, pour en arriver à « Incognito », j’ai enchaîné quelques gros rôles juste avant. Donc, j’apprends. Je suis arrivé dans la cour sans rien savoir ; il faut laisser un peu de temps. Certains passent par beaucoup de films pour exister auprès du public, mais moi, « Camping » (que l’on considère comme mon premier film) m’a jeté dedans ! Quand je regarde le travail que je fournis, il est équivalent que ce soit dans « Disco » ou prochainement « Cinéman ». J’avais juste la lourde tâche qui consiste à avoir le premier rôle. Sur « Incognito »,, je suis plus libéré car je n’ai pas cette notion à l’esprit ; c’est Bénabar qui prend tout le poids. C’est peut-être ça qui joue. (…)

    
    

    Francis à l’air beaucoup plus nuancé que vos précédents personnages...

    Non, je ne pense pas. Ils n’ont rien à voir. Francis est nourri de tous ces personnages que j’ai interprétés. Et puis, il y a eu comme un tilt qui s’est fait avec Eric. On s’est compris ; il a trouvé en moi son Francis alors qu’il ne l’avait pas écrit pour moi. J’étais très décontracté lors du tournage ; et je suis persuadé que cela joue beaucoup. Et je me suis senti aimé. En tout cas, je n’ai ressenti aucune pression.

    
    

    Eric Lavaine accorde une importance particulière à l’amitié et à sa représentation via “le film de potes”. En a-t-il réalisé un, selon vous ?

    Oui. Il n’y a pas un projecteur sur moi. C’est un film avec trois personnages principaux, il se trouve que je suis au milieu. Et chacun est très l’aise dans le registre qui est le sien. Quand Francis évoque sa carrière d’acteur de théâtre au Mans, ce qui m’aide, c’est d’avoir Jocelyn qui m’écoute en face de moi. Sans lui, je ne peux pas jouer ça. Sans lui, je fais du One Man Show, je surjoue. Tandis que là, je suis obligé d’être honnête pour que lui y croie. « Incognito » est un film qui bénéficie d’un beau cocktail : il y a un acteur, un humoriste et un chanteur qui font tous les trois l’acteur. On mélange et on obtient un cocktail savoureux. Le soir de la première journée de tournage, je suis rentré dans ma chambre d’hôtel avec la sensation d’avoir été bien. Et je peux vous dire que c’est assez rare pour être souligné. (…)

    
    

    Auriez-vous regretté d’avoir loupé Francis ?

    Je ne suis pas d’un naturel à regretter, mais j’avoue qu’après avoir travaillé avec cette équipe et vu le film, j’aurais certainement regretté ces deux mois de bonheur. Je suis fier d’être dans « Incognito ».

    
    

    Irez-vous désormais plutôt vers ce genre de personnage plus nuancés ?

    Je pense qu’il faut les deux. Le prochain Patrick Chirac sera forcément aidé par Francis ; comme Patrick Chirac aura aidé Francis. C’est un jeu cyclique. Même quand on écrit, on s’imprègne de ses expériences. Et puis tout va plus vite : lorsque j’arrive à l’image, les gens ont compris les codes, on a plus besoin de poser de repères ; on peut gommer beaucoup de choses. Je suis plus difficile dans le choix des films que dans le choix des rôles. Je ne veux rien m’interdire. Pour moi, ce sont désormais les histoires qui priment, qu’elles soient drôles ou pas. Et c’est à moi de m’inscrire dans ces histoires. Ce ne sont pas les personnages que je recherche, mais l’émotion.

    
    

    ENTRETIEN AVEC JOCELYN QUIVRIN, ACTEUR

    
    

    L’osmose entre Bénabar, Franck Dubosc et vous transperce l’écran...

    C’est vrai. Ce n’est pas pour enfoncer des portes ouvertes mais, sur « Incognito » je l’ai bien senti. Eric d’un côté, Franck Dubosc, Bénabar, moi… On a autant de parcours différents, et pourtant la sauce a pris. Je pense que nous adorons tous notre métier, les rencontres qu’il offre ; et puis il y avait un projet qui nous faisait vraiment marrer. C’est cet aspect du film que j’aime bien : le film de potes, une réminiscence des années 80. C’est ce genre de comédies qui ne se prend pas la tête et qui, en même temps, bénéficie d’une vraie histoire et de bonnes vannes.

    
    

    Le fou rire n’est jamais loin...

    Les quelques jours que nous avions en commun tous les trois ont été mémorables. Surtout avec Franck qui est un vrai clown. Nous avons trois rôles très différents : Bénabar, c’est l’angoissé qui se met dans une situation bordélique dont il n’arrive pas à se sortir ; mon personnage, Thomas, c’est un peu le clown blanc qui subit les situations et puis Francis qui est dans le n’importe quoi tout le temps, qui dit des absurdités à longueur de temps… Et lorsque l’on tournait, Franck étant une machine à faire rire et à improviser à partir du même texte quinze fois de suite, on se marrait beaucoup... (…)

    
    

    Est-ce votre humeur générale lors d’un tournage ?

    Ça dépend des rôles ; il y en a où l’on peut se permettre d’être dans la déconne, et d’autres non. Sur « Jacquou le croquant », j’incarnais un personnage qui avait 30 ans de plus que moi, avec des cernes… Il fallait que j’en impose et j’étais donc plus dans la tension, plus renfermé, moins déconneur. C’est pourtant ma façon d’éviter le trac. Ça m’évite de trop gamberger. Avec Franck, Bénabar et Eric Lavaine (qui n’est pas le dernier dans le registre), on était sur la même longueur d’ondes. La façon de travailler dépend du rôle, du rapport avec le metteur en scène, des autres acteurs… La chance que j’ai avec le personnage de Thomas, c’est de “subir”. J’ai donc essayé de ne pas trop m’angoisser, mon personnage étant assez tranquille (il revient d’Inde) et droit dans ses bottes ; il n’est pas simple, mais a réussi à centrer sa vie, donc il ne se prend pas la tête. Et dans l’idée de clown blanc subissant tout, j’étais donc dans l’attente de ce qu’allaient “envoyer” Bénabar et Franck. Toutes mes réactions dépendent d’eux. Gabin ou Ventura disaient : “Acteur, c’est simple : tu me parles, je te réponds”. Pour Thomas, il y a de ça. Il n’y a pas vraiment de composition, mais, par contre, il y avait vraiment une écoute de ce qu’il se passe autour de lui.

    
    

    Thomas est-il en retrait ? Est-il spectateur ?

    Oui, en quelque sorte. Jusqu’à ce qu’il découvre le pot-aux-roses de l’intrigue. Il devient alors plus acteur de la situation mais gentiment, sans rancune parce que l’absurdité de cette affaire le fait marrer. Ce qui est joli dans la relation d’amitié entre Lucas et Thomas, c’est que ce dernier est au-delà de la rancune ; il ne cherche rien de Lucas qui lui cache avoir volé ses chansons. Et puis il n’est pas tout blanc dans cette histoire non plus.

    
    

    La relation d’amitié est très importante pour Eric Lavaine qui confie s’être basé sur ses propres relations amicales pour trouver la matière comique. Notamment concernant la scène dite de la “pyramide humaine”...

    Oui, une idée qui nous a bien rapprochés ! Nous avons une quinzaine d’années d’écart, mais Eric est un grand gamin. Comme moi. On se demandait quelle connerie on allait pouvoir trouver avec Lucas et Thomas en pleine beuverie dans un restaurant de chasseurs. Et Eric de lancer : “Il faudrait qu’ils fassent un tas humain !”. Alors que toute l’équipe restait dubitative, j’ai répondu “Oh ouais, un tas humain ! quelle bonne idée !”. Je pense qu’Eric et moi sommes des “mecs à potes” ; et on s’est bien reconnus là-dessus. Et c’est également là-dessus que j’ai percuté sur le scénario ; cela m’a fait penser à plein de choses que j’avais vécu avec mes amis. (…)

    
    

    Vous souvenez-vous de votre première fois devant la caméra ?

    Oui. Mais j’étais enfant et, à cet âge-là, on se trouve toujours nul. On fait des rôles d’enfant alors que l’on ne rêve que de rôles à la Clint Eastwood ! Je n’aimais pas du tout me voir et puis après, ça passe un peu. De manière générale, voir un film un an après l’avoir fait, fatalement, il y a des choses que l’on souhaite changer parce que l’on n’est jamais content. Ce qui est le propre de ce métier de toujours vouloir évoluer, dire les choses différemment. Maintenant, je me dis que j’ai donné le maximum avec la vision du personnage en rapport à la personne que j’étais à ce moment-là de ma vie. Mais il y a toujours des choses que l’on aurait souhaité “plus ceci” ou “moins cela”…

    
    

    Que vous a apporté « Incognito »?

    En tant qu’acteur, je me suis senti très à l’aise. Et puis l’idée que, travailler sur certains personnages avec un grand relâchement peut être une source d’inspiration et de justesse dans les émotions. Certains rôles nécessitent une tension, une contraction très intérieure et d’autres exigent, au contraire, qu’on lâche tout. Où au moins que l’on éprouve du plaisir sans forcément passer par un truc “Actor’s studio”, du genre à aller ramasser les poubelles pour incarner un éboueur ; j’ai découvert que l’on pouvait aussi approcher certains rôles avec plus de décontraction quand ils s’y prêtaient. Et travailler avec de bons acteurs que j’aime, c’est ce que je recherche vraiment désormais. J’ai envie d’aller vers des gens et des univers que je ne connais pas ; je ne connaissais pas Franck, ni les chansons de Bénabar. Des tournages aussi agréables que celui d’« Incognito » donnent, avant tout, envie de se retrouver, de repartir pour un tour. S’il y avait une suite à « Incognito », tout le monde signerait tout de suite.

    
    

    Vous êtes-vous facilement adapté au tempo imposé par la comédie ?

    Je l’avais déjà expérimenté sur « 99 francs » bien que l’écriture était totalement différente. De plus, nous évoluions beaucoup devant des fonds verts alors qu’« Incognito » repose sur des scènes dialoguées. Il y a une anecdote de Capra dont je me sers lorsque je travaille sur une comédie : Capra faisait venir ses acteurs sur le plateau pour répéter une scène ; si celle-ci durait une minute, il la faisait réduire d’un tiers. C’est un exercice assez difficile à réaliser pour un acteur et l’on comprend l’importance du rythme dans la comédie. Ce qui fait que, dans les comédies de Capra, le film a toujours une demi-seconde d’avance sur le spectateur d’où le maintien constant de l’inattendu, de la surprise.

    
    

    D’après Eric Lavaine, c’est également au metteur en scène d’insuffler cet élan.

    Parce qu’Eric est friand de ça. Il écrit une histoire qui le fait marrer et s’entoure de gens qu’il aime et qu’il pense être les acteurs idéaux pour incarner ses personnages. D’ailleurs, il dit d’eux : “S’ils sont capables d’avoir une meilleure idée que la mienne, je la prends”. On est super à l’aise avec lui. Il est ouvert à tout, et c’est très agréable. Bien sûr, la base, son scénario, est très millimétré, mais cela n’empêche pas l’échange d’idées. Les choses ne sont pas figées. Eric fonctionne à l’enthousiasme.

    
    

    Comment êtes-vous arrivé sur le film ?

    Eric m’avait proposé un rôle dans « Poltergay » que j’avais dû refuser pour des raisons d’emploi du temps. Et comme c’est quelqu’un de fidèle, il est revenu me voir pour « Incognito » pour le rôle de Thomas. Bénabar et Franck avaient déjà accepté. J’ai alors lu le scénario et accepté. C’était évident pour moi. C’est le cinéma que j’aime. C’est du ciné populaire dans le sens noble du terme. Si j’avais eu 15 ou 16 ans, c’est le film pour lequel j’aurais dépensé 10 euros. Et je me serai marré des conneries de Francis jouant cul nul à la Wii.

    
    

    Y a-t-il eu un round d’observation entre vous ?

    Je suis arrivé en dernier sur le film. Mais à partir du moment où je signe pour quelque chose, je m’engage à fond pour que tout se passe le mieux possible. Il n’y a pas eu de round d’observation, mais comme Bénabar est quelqu’un de timide et pudique, nous avons cherché à nous mettre à l’aise rapidement. C’était plutôt une tentative de créer une relation pour que l’on croie à cette amitié à l’écran.

    
    

    L’ambiance “potes” nourrit-elle un film de potes ?

    Oui, je pense. Même Vincent Roget et François Cornuau, les producteurs de Same Player, aimaient bien ça et nous rejoignaient. C’est une production de potes. Quand on les voyait à la cantine, on avait l’impression d’une bande de potes du lycée ayant monté une boîte ensemble pour faire du cinoche. Et cette ambiance a déteint sur le film.


    • Sortie : 29/04/2009
    Date de la publication électronique :07 November 2011
    Sources :

    Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé