Africa united  –  Debs Gardner-Paterson  –  2011

Fiche générale

Affiche
  • Pays de production : UK
  • Genre : Aventures ; comédie dramatique
  • Durée : 87 minutes
  • Producteur : Mark Blaney
    Jackie Sheppard
    Eric Kabera
    Mark Hubbard (coproducteur)
    Lance Samuels (coproducteur)
  • Production : Pathé Productions LTD
    Footprint Films...
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur : Debs Gardner-Paterson
  • Interprètes : Eriya Ndayambaje (Dudu Kayenzi)
    Roger Nsengiyumva (Fabrice Kabera)
    Sanyu Joanita Kintu (Beatreice Kayenzi)
    Yves Dusenge (Foreman George)
    Sherrie Silver (Celeste)
    Emmanuel Jal (Tulu)...
  • Scénario : Rhidion Brook
  • Adaptation : d'après un sujet de Eric Kabera
  • Producteur exécutif : François Ivernel
    Cameron McCracken
    Christine Langan
    Stefan Allesch-Taylor
    Neil Fox (coproductur exécutif)
  • Directeur de production : Sarah Wheale
  • Directeur de la photographie : Sean Bobbitt (BSC)
  • Compositeur de la musique : Bernie Gordner
  • Monteur : Victoria Boydell
  • Chef décorateur : Mike Gunn
  • Costumier : Pierre Vienings

Production

  • Pays de production : UK
  • Producteur : Mark Blaney
    Jackie Sheppard
    Eric Kabera
    Mark Hubbard (coproducteur)
    Lance Samuels (coproducteur)
  • Production : Pathé Productions LTD
    Footprint Films
    Link Media
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Producteur exécutif : François Ivernel
    Cameron McCracken
    Christine Langan
    Stefan Allesch-Taylor
    Neil Fox (coproductur exécutif)
  • Directeur de production : Sarah Wheale
  • Producteur associé : Colleen Woodcock
  • Histoire développée par : Rhidian Brook
    Debs Gardner-Paterson
  • Sujet : Eric Kabera
  • Sujet codéveloppé par : Ayub Kasasa Mago
    Moukhtar Omar Sibomana

"Vision de Dudu"

  • "Vision de Dudu" par : Blinkink
  • Réalisateur : Simon Willows
  • Producteur : James Bretton
  • Producteur exécutif : Bart Yates
  • Coproducteur et réalisateur 2e équipe : Dave Bullivant
  • Chef monteur : Mark Aarons
  • Animation marionnettes, direction artistique et décoration : Jonny Sabbagh
    Will Harper
  • Animation : Joseph Mann
    Gary Corse
    Daniel Watermon
  • Filmé aux : Clapham Road Studios (Londres)

 

Fiche artistique

  • Réalisateur : Debs Gardner-Paterson
  • Scénario : Rhidion Brook
  • Adaptation : d'après un sujet de Eric Kabera
  • Interprètes : Eriya Ndayambaje (Dudu Kayenzi)
    Roger Nsengiyumva (Fabrice Kabera)
    Sanyu Joanita Kintu (Beatreice Kayenzi)
    Yves Dusenge (Foreman George)
    Sherrie Silver (Celeste)
    Emmanuel Jal (Tulu)
    Presley Chweneyagae (Egg)
    Richard Lukunku (Jean Baptiste)
    Rapulana Seiphema (Philippe Boku)
    Sam Patrick Mofokeng (Sergent de police)
    Leleti Khumalo (Soeur Ndebele)
    Moky Mukura (Mère de Fabrice)

Fiche technique

  • Photographie : Sean Bobbitt (BSC)
  • Compositeur de la musique : Bernie Gordner
  • Ingénieur du son : Nico Louw
  • Monteur : Victoria Boydell
  • Chef décorateur : Mike Gunn
  • Costumier : Pierre Vienings
  • Maquilleur : Anni Bartels (création des maquillages et coifures)
  • Casting : Jeremy Zimmermann
    Crista Schamberger (SA)
  • Assistant réalisateur : Andre Weavind (1er assistant réalisateur)
  • Musiciens : Burundi Drummers (YFC)
    Alfred et Bernard (Burundi)
    Dr Pete Gardner
    Nick Rizzi
    All Marshall
    Bernie Gardner
    Tim Last
    Lucky Randku
  • Chansons : Better than nothing
    Kale Kale
    Do your Thing
    That's not my name
    One love Africa united

 

Résumé et notes

  • Genre : Aventures ; comédie dramatique
  • Durée : 87 minutes

RÉSUMÉ

« Africa united » raconte l’histoire extraordinaire de trois enfants rwandais qui tentent de réaliser le rêve de leur vie : assister à la cérémonie d’ouverture de la Coupe du Monde de Football 2010 à Johannesburg.

Mais les problèmes commencent quand Fabrice, Dudu et Beatrice montent dans le mauvais bus et se retrouvent au Congo. Sans papiers, sans argent, ils sont amenés dans un camp d’enfants réfugiés. Avec une incroyable ingéniosité, un peu de culot et une affiche de la Coupe du Monde en guise de carte, nos héros s’échappent du camp et repartent à la poursuite de leur rêve, en embarquant avec eux une «dream team» d’enfants réfugiés qui les aideront à traverser une série d’aventures palpitantes.

Au cours de ce périple de 5000 km à travers sept pays, le film nous fait découvrir une Afrique méconnue. L’espoir, les rires et la joie naîtront de cet incroyable voyage fait ensemble... Rien n’entamera leur détermination et, forts d’un optimisme à toute épreuve, ils braveront tous les dangers pour vivre enfin leur rêve.

D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Tourné en Afrique du Sud, au Rwanda et au Burundi

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

NOTES DE PRODUCTION

« Africa united » est un voyage initiatique, une aventure humaine pleine de joie, de rires, d’espoir et de générosité. À travers le Rwanda, le Congo, le Burundi, la Tanzanie, la Zambie, le Zimbabwe et l’Afrique du Sud, le voyage de ces enfants nous fait découvrir une Afrique méconnue.


              

Le début d’un incroyable voyage

L’idée du film est née en Afrique du Sud. Eric Kabera, fondateur de Hillywood, un festival de cinéma itinérant proposant des films aux habitants du Rwanda, désirait raconter de toutes nouvelles histoires sur son continent. Son collègue Ayuub Kasasa Mago avait travaillé avec la réalisatrice Debs Gardner-Paterson sur son court métrage « We are all Rwandans » et c’est par l’intermédiaire de celui-ci que le projet est arrivé jusqu’aux producteurs anglais Jackie Sheppard et Mark Blaney.

Si l’histoire d’ « Africa united » a commencé avec le football, elle est devenue bien plus que cela. Rhidian Brook, le scénariste, explique : «Le football n’est que l’étincelle, le prétexte. Ce n’est pas un film sur le foot, c’est un road movie.»

Lorsque Rhidian Brook a entamé l’écriture du scénario, il a retiré toute référence au football et à la célébrité pour en faire un film totalement centré sur les enfants.

Debs Gardner-Paterson explique : «Nous avions l’idée directrice et quelques personnages. Nous voulions que le film parle d’un gamin des rues et d’un enfant africain issu de la classe moyenne qui montent accidentellement dans un bus en direction du Congo. Nous nous sommes tout de suite dit que le meilleur moyen de les comprendre, c’était de faire le voyage !»

Debs Gardner-Paterson est anglaise, mais sa famille a vécu au Rwanda et elle a énormément voyagé dans ce pays ainsi que dans d’autres pays d’Afrique. Elle précise : «Je n’étais encore jamais allée en Zambie, en Tanzanie, au Zimbabwe ou en Afrique du Sud et je savais que dès que nous aurions quitté le Rwanda et le Burundi, j’allais avoir des problèmes. Nous avons donc fait le voyage en deux parties.»

En plus de ces repérages à travers sept pays, Rhidian Brook s’est également appuyé sur sa précédente expérience de voyage à travers ce continent pour les besoins de son livre «More Than Eyes Can See : A Nine Month Journey Into The AIDS Pandemic» qui les avait conduits, lui et sa famille, dans certains des endroits de la planète les plus touchés par le virus du Sida.

Il raconte : «Ce fut un voyage extraordinaire, mais j’avais l’impression d’avoir encore des choses à dire. Lorsque ce projet est arrivé, je savais que mon premier voyage viendrait nourrir cette nouvelle histoire. Et une fois que j’ai eu la voix de Dudu dans la tête – une sorte de mélange entre Huckleberry Finn et Walter Mitty – j’ai senti que je pourrais aborder des thèmes sérieux tout en conservant la légèreté et l’humour.»


              

Dudu, Fabrice, Béatrice et les autres

Trouver les jeunes acteurs capables de saisir l’esprit d’ « Africa united » a peut-être été le plus grand défi rencontré par les producteurs. Ils ont parcouru le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda et le Royaume-Uni à la recherche de nouveaux visages capables d’incarner l’infatigable Dudu, la gentille Beatrice, le personnage tourmenté de Foreman George, Celeste, la jeune femme abusée, et Fabrice, le petit prodige du foot.

Jackie Sheppard raconte : «Nous nous sommes rendus dans des écoles et avons rencontré beaucoup d’enfants. La première personne que nous avons trouvée a été Sherrie Silver, qui joue Celeste. Elle est venue à la toute première audition à Londres et s’est immédiatement démarquée. Nous avons trouvé Sanyu Joanita Kintu, qui interprète le personnage de Beatrice, en Ouganda. Nous savions que la tâche allait être plus difficile pour Dudu.

Finalement, Eriya Ndayambaje a également été découvert en Ouganda, où il faisait partie de la troupe de théâtre et de danse Ndere. Bien qu’il n’ait aucune expérience en cinéma, il est simplement entré et s’est approprié le personnage. Il était réellement le leader turbulent de ce drôle de petit groupe».

Pour le mystérieux Foreman George, tourmenté par le passé, les producteurs ont choisi un débutant : Yves Dusenge. Jackie Sheppard se souvient : «Il nous a été envoyé par le directeur de l’école et il croyait avoir fait quelque chose de mal ! Mais c’était évident, il avait quelque chose de spécial».

Il ne restait plus qu’à trouver le jeune acteur pour interpréter le rôle clé de Fabrice, le prodige du football gâté dont Dudu est le «manager». Juste avant Noël 2009, les acteurs potentiels devaient se retrouver pour une série de répétitions quand le garçon pressenti pour le rôle a abandonné. À quelques semaines du début du tournage, l’équipe a dû réagir en urgence. Le salut est venu de… Norwich.

Mark Blaney raconte : «Je me trouvais à Londres quand ils étaient à Kigali. Les choses prenaient vraiment forme pour quatre des personnages, mais pas pour Fabrice. Je suis allé chez mes beaux-parents dans le Norfolk ; ils ont des magazines et des journaux partout et ce jour-là, je suis tombé sur Fabrice qui me fixait sur une page : Roger Nsengiyumva. Il était né au Rwanda au moment du génocide, son père avait été tué, sa mère avait fui le pays et s’était réfugiée au Royaume-Uni et depuis ils vivaient à Norwich. Roger avait même passé les sélections pour intégrer le Norwich City Football Club ! J’ai fait ce que tout le monde aurait fait : j’ai regardé dans l’annuaire. Il n’y a pas beaucoup de gens avec un nom rwandais à Norwich. J’ai appelé la veille de Noël et j’ai dit : «Je sais que cela peut vous paraître très bizarre mais je suis producteur de cinéma et je pense que votre fils pourrait être parfait pour notre film.» Debs est venue à Norwich entre Noël et le Nouvel An et trois semaines plus tard, Roger prenait l’avion direction l’Afrique pour interpréter Fabrice. Je crois qu’il n’est toujours pas redescendu sur terre !»


              

En pleine nature : Le tournage en Afrique du Sud, au Rwanda et au Burundi

«La rencontre du « Magicien d’Oz » et de « Into the wild » : c’est ainsi que Mike Gunn, le chef décorateur, décrit « Africa united », avec ses éléments de road movie, son environnement extrême et son côté merveilleux. Les personnages principaux traversent sept pays au cours de leur voyage et les producteurs pensaient qu’il était important de tourner dans plusieurs pays.

Mark Blaney explique : «L’authenticité est un élément important. Même si beaucoup de spectateurs ne verront sans doute pas la différence, cela doit être authentique.» Une attention rigoureuse a donc été portée au respect de la tenue traditionnelle et de l’identité culturelle de chaque pays. Même s’il aurait été plus facile de ne tourner qu’en Afrique du Sud – un pays doté d’une solide infrastructure cinématographique – la production a également intégré des scènes tournées en décors naturels au Rwanda et au Burundi. Le Rwanda est toujours associé, dans beaucoup d’esprits, au génocide des années 90, tandis que le Burundi est l’un des pays les plus pauvres du monde et sort tout juste d’une guerre civile. L’investissement du gouvernement rwandais a permis d’assurer le tournage dans le pays et a fait d’ « Africa united » une coproduction entre le Royaume- Uni, l’Afrique du Sud et le Rwanda.

Mike Gunn explique : «Nous avons été fidèles à la réalité de l’Afrique. Pierre et moi avons passé beaucoup de temps à étudier les vêtements des gens, ce qu’ils transportent, comment ils voyagent, quel est le moyen de transport le plus répandu, à observer les détails du quotidien des habitants du continent. Nous devions donner du sens au périple des enfants, il fallait un début et une fin qui soient réellement différents afin que l’on puisse suivre l’évolution de leurs émotions et l’aspect géographique de leur voyage. Il est vite devenu évident que nous avions besoin d’une sorte de modèle pour chaque pays.

En collaboration avec Pierre Vienings, Debs Gardner-Paterson et Sean Bobbitt le directeur de la photographie, Mike Gunn a émis des idées pour le profil de chaque pays. «Je pensais qu’avec le Rwanda, on devait débuter avec un esprit de joie et d’entrain, avec des couleurs éclatantes. On passe ensuite au Congo, où l’attitude est plus sérieuse – c’est là que les choses commencent à aller de travers – nous avons donc utilisé des couleurs plus crues, plus fortes.

Le Burundi est plus enjoué, plus ludique, avec l’utilisation de couleurs pastels… Cela nous a permis de créer des contrastes entre les différents lieux – le point culminant étant l’Afrique du Sud qui était pleine de couleurs vives pour la finale de la Coupe du Monde. Nous avons choisi deux couleurs pour chaque pays, de telle sorte que l’une ou l’autre soit présente dans presque tous les plans.»

Sean Bobbitt savait qu’il était crucial de développer une identité visuelle évidente pour chaque pays, afin de donner au public un sens du lieu et du rythme. Il explique : «C’est un vrai défi. Vous devez essayer de déterminer les éléments qui font la particularité de chaque pays et les mettre en relief d’une manière ou d’une autre. Nous autres, Occidentaux, voyons vraiment l’Afrique de manière monolithique – or chaque pays est unique. Le Rwanda est totalement différent de l’Afrique du Sud mais également du Burundi, bien qu’ils soient limitrophes. Mon travail a donc consisté à définir ces éléments uniques et à trouver une manière de les représenter.»

Pour Pierre Vienings, les costumes étaient essentiels pour conserver une progression et de la couleur, quels que soient les paysages. «Nous avons tourné dans des endroits qui étaient vraiment désertiques, où il n’y avait aucune couleur, et où les personnages ne faisaient que marcher. C’est à ce niveau que la couleur devient vraiment importante dans les costumes. Vous devez maintenir du relief, du mouvement, pour continuer à capter l’attention du spectateur.»


              

Pour en finir avec les clichés sur l’Afrique

Le producteur Eric Kabera raconte : «Chaque fois que je vais dans un festival de cinéma, mes collègues producteurs et réalisateurs disent : “Le monsieur du Rwanda est là avec un autre film sur le génocide”. Ce serait bien que les gens se rendent compte qu’il y a autre chose. La vie rwandaise a tant de facettes ! Elles doivent toutes exister.»

Rhidian Brook explique : «Nous ne voulions pas que le film soit une publicité pour l’Afrique. Mais il y avait sans aucun doute de la part d’Eric l’envie de faire un film qui la montrerait sous un jour différent. Il disait : “On ne voit que des safaris ou les fléaux et la mort. Ne peut-on pas montrer quelque chose d’autre ?” Nous ne voulions pas que ce soit banal : nous voulions que ce soit vrai. Et pour moi, « Africa united » ressemble à un film africain : la couleur, la vie, il possède sa propre énergie. Ce sont les choses que vous pouvez apercevoir si vous visitez l’Afrique. Une des choses les plus frappantes quand vous voyagez est la présence constante d’enfants qui vous sourient sur le bas-côté des routes. Nous voulions leur donner une voix à travers cette histoire. Je sais que pour Debs aussi, un des éléments importants était d’entendre les choses de leur point de vue, d’entendre ce que les enfants ont à dire.»Cette attitude est peut-être à mettre sur le compte du vécu personnel de Debs Gardner-Paterson quant à la différence entre la réalité des faits et la perception qu’on en a – des expériences qui l’ont marquée quand elle était jeune. Elle explique : «J’avais 16 ans à l’époque du génocide. Je vivais dans le Yorkshire. En gros, à la télévision, on vous disait : “Des sauvages africains totalement fous se massacrent. L’ONU essaie de régler le problème.” Un peu dans le genre “Les Blancs essaient d’arranger ça.” Et dans la pièce à côté, ma mère était en pleurs au téléphone avec ses amis et sa famille qui se trouvaient dans cette horrible situation. Ces réflexions portaient sur le même sujet, mais traitées de manière totalement différente : l’une était humaine et l’autre pas.»

La réalisatrice souhaite vivement que le film permette de montrer un autre visage du Rwanda. Elle raconte : «Quelqu’un a lu le script et m’a dit : “Vous vous êtes trompée, le gamin africain a un téléphone portable.” Et alors, ce n’est pas de la science-fiction ! Il existe une classe moyenne qui se développe au Rwanda. C’est une des raisons pour lesquelles nous avons inventé cette amitié entre Fabrice, issu de la classe moyenne, et Dudu, un enfant des rues. Ils sont unis par le football parce que, où que vous alliez dans le monde, les gens savent à quoi ressemble la coupe de cheveux de Beckham ou combien de buts ont été marqués par Arsenal.»

La nature fédératrice du football est l’une des choses que l’on remarque en Afrique – que ce soient des gens qui regardent la Ligue des Champions dans un bar ou des équipes locales amateurs dont les noms sont inspirés d’équipes anglaises. Une autre chose frappante – même dans un pays aussi pauvre que le Burundi – c’est la prolifération de marques mondiales, des fabricants de sodas ou de bières, de tee-shirts à l’effigie d’Obama.

Les producteurs ne voulaient toutefois pas que le film soit un carnet de voyage centré sur le foot. « Africa united » est peut-être un divertissement familial drôle et enjoué, mais il traite également de problèmes sérieux. Comme le fait remarquer Pierre Vienings, le chef costumier sud-africain : «C’est une histoire positive, mais quand vous examinez les intrigues secondaires et les différents sujets abordés par le film, vous avez un aperçu beaucoup plus profond de ce qui se passe réellement sur le continent. Ce sont des choses qui font partie de notre quotidien : la prostitution des enfants, le SIDA, les enfants chefs de famille. C’est la réalité de l’Afrique. Cette réalité n’empêche pas un rêve d’exister et c’est aussi ce que dit le film.»

Pour capter l’essence de chacun des pays traversés, l’équipe s’est appuyée sur l’expérience acquise par Debs Gardner-Paterson et Rhidian Brook au cours de leurs voyages. La réalisatrice explique : «L’objectif était de restituer l’esprit des différents lieux et de laisser les personnages s’en imprégner. Grâce à mon cousin qui vit au Burundi, nous avons rencontré des gens qui dirigent un centre de réhabilitation pour les enfants des rues et d’anciennes prostituées. J’ai fait trois séries d’interviews avec ces enfants pour comprendre leur histoire. Il y avait notamment cette jeune fille qui avait travaillé comme prostituée mais qui avait du sang royal – nous nous en sommes inspirés pour créer le personnage de Celeste.»

Les voyages ont également influencé le scénario au niveau de la «vision de Dudu», les séquences animées créées à partir du récit du jeune garçon. La réalisatrice raconte : «L’Afrique a une telle tradition du conte, il fallait que cet aspect soit reflété dans le film. Nous étions ravis de travailler avec l’équipe de Blinkink, dirigée par Simon Willows, pour donner vie à la «vision de Dudu». Leur implication dans l’authenticité du projet était cruciale – comment imaginer visuellement et créer un monde tout droit sorti de l’imagination d’un enfant des rues rwandais analphabète ?

Les animateurs se sont rendus au Rwanda pour effectuer des recherches et ils ont travaillé sur les visuels avec un groupe de familles uniquement constituées d’enfants dans le nord de Byumba. Ils sont revenus avec 11 valises remplies de tissus et d’objets rwandais et ont créé l’univers de Dudu à partir de tout cela. C’est une part du film merveilleusement subtile.»Ce voyage a également permis de travailler sur des scènes avec des enfants de là-bas. «Nous leur avons demandé : “Est-ce que vous feriez-ça ? Qu’est-ce qui vous inquiéterait ? Comment réagiriez-vous dans une telle situation ?” Ils ont adoré le procédé et leurs témoignages ont façonné l’histoire.»

Eric Kabera, qui a fondé le Rwanda Cinema Centre pour encourager le développement d’une industrie cinématographique dans le pays, voit le film comme une opportunité de changer le modèle des «films africains». Il explique : «Mon objectif est de faire des films qui changent le regard que l’on porte sur l’Afrique. Dépeindre les gens de la manière la plus fidèle possible est le meilleur moyen d’y parvenir. Les touristes ne doivent pas uniquement se rendre en Afrique du Sud pour les safaris, ils peuvent aussi visiter le Burundi, le Rwanda ou d’autres pays et voir autre chose, sortir réellement de cette bulle.»


              

De la réalité à la fiction : le voyage d’un enfant soldat

Au début de la préproduction, Debs Gardner-Paterson et Rhidian Brook ont fait la connaissance, par l’intermédiaire du compositeur Bernie Gardner, d’Emmanuel Jal, un ancien enfant-soldat aujourd’hui rappeur militant pacifiste et auteur du livre «War Child».

Debs Gardner-Paterson : «Emmanuel vit actuellement à Londres, nous avons pris contact avec lui et quand nous l’avons rencontré, nous avons été frappés par son histoire, sa présence et sa personnalité, et nous avons voulu qu’il fasse partie du projet.»

L’histoire d’Emmanuel est à la fois tragique et exaltante. Né au Soudan, il a été enrôlé au combat très jeune : à l’âge de 11 ans, il était déjà soldat depuis plus de 5 ans. Après avoir été secouru par une femme travaillant pour une mission humanitaire, Emmanuel a pu reprendre une nouvelle vie, aller à l’école et commencer à faire de la musique. Mais les choses auraient pu être toutes autres pour lui.«Nous aimions l’idée qu’il joue Tulu, le soldat qui poursuit George et refuse de le voir échapper aux griffes de la guerre.»

Yves, qui joue Foreman George, pouvait observer et travailler avec Emmanuel pendant les répétitions. Il a lu son livre ainsi que le récit d’Ishmael Beah, «Le Chemin parcouru : mémoires d’un enfant soldat», pour préparer son rôle. Le fait que ce soit Emmanuel qui joue un de leurs agresseurs donnait un sens beaucoup plus fort pour les enfants. Les jeunes acteurs connaissaient l’histoire d’Emmanuel, et ils avaient également vu Presley dans « Mon nom est Tsotsi », il était donc plus facile pour eux d’imaginer que la menace représentée par les deux hommes était réelle.


              

La musique d’ « Africa united »

Imaginez un compositeur de musique de film au travail. Vous verrez peut-être un artiste grisonnant annotant des partitions assis à son piano. Vous ne vous imaginerez probablement pas un type de 31 ans en pantalon baggy martelant des seaux retournés en pleine rue. Voilà pourtant à quoi ressemble Bernie Gardner, le compositeur d’ « Africa united » et mari de Debs Gardner-Paterson.

«J’ai commencé à développer une petite théorie selon laquelle la musique devrait être écrite sur le tournage, confie-t-il. On peut toujours faire des choses en studio, mais je suis plus intéressé par le fait d’aller sur place.» Quand ils tournent, lui compose – allant de place en place et de personne en personne, impliquant des musiciens locaux dans le processus. Pour cela, il rend visite à des musiciens dont il a entendu parler par le biais d’amis ou dans la presse musicale, ou il s’assoit simplement dans la rue et commence à tambouriner. «Je sais que je peux me pointer à un endroit et ne pas parler la langue, mais pouvoir quand même jouer pendant une demi-heure. Et tout d’un coup, vous vous retrouvez avec 100 personnes dansant autour de vous. Ça intéresse les gens de voir ce que le «Mzungu» (le «Blanc») fait avec des tambours. C’est déjà suffisamment étrange d’être blanc, alors un Blanc qui fait des percussions…»

Bernie Gardner est tombé amoureux du continent tout entier, du Rwanda au Liberia ravagé par la guerre, où il a fait de la musique avec d’anciens enfants soldats. «Ce ne sont pas des gangsters londoniens essayant de faire du rap sur les agressions à l’arme blanche. Ils ont réellement été entraînés dans des crimes horribles, et pourtant ils ont plus d’espoir que vous et moi. J’ai trouvé cela fascinant, alors j’y suis retourné à de nombreuses reprises.»

Le résultat de son travail sur « Africa united » est une bande originale capable d’amener une transition entre la pop britannique des Ting Tings et les chants traditionnels du Rwanda et du Burundi.


  • Sortie : 19 janvier 2011
Date de la publication électronique : 23 novembre 2011
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé