127 heures  –  Danny Boyle  –  2011

Fiche générale

Affiche
  • Titre original : 127 hours
  • Genre : Aventures ; Biographique ; Drame ; Thriller
  • Durée : 94 minutes
  • Producteur : Christian Colson
    Danny Boyle
    John Smithson
  • Production : Pathé
    Fox Searchlight Pictures...
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur : Danny Boyle
  • Interprètes : James Franco (Araon Ralston)
    Amber Tamblyn (Megan)
    Kate Mara (Kristi)
    Clémence Poésy (Rana)
    Kate Burton (La mère d'Aron)
    Lizzy Caplan (Sonja)
  • Scénario : Danny Boyle
    Simon Beaufoy
  • Adaptation : d'après le livre "Plus fort qu'un roc" d'Aron Ralston paru aux éditions Michel lafon
  • Producteur exécutif : Bernard Bellew
    John J. Kelly
    François Ivernel
    Cameron McCracken
    Lisa Maria Falcone
    Tessa Ross
  • Directeur de la photographie : Anthony Dod Mantle (B.S.C. , D.F.F.)
    Enrique Chediak
  • Compositeur de la musique : A.R. Rahman
  • Monteur : Jon Harris
  • Chef décorateur : Suttirat Larlarb
  • Costumier : Suttirat Larlarb

Production

  • Titre original : 127 hours
  • Producteur : Christian Colson
    Danny Boyle
    John Smithson
  • Production : Pathé
    Fox Searchlight Pictures
    Film4
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Producteur exécutif : Bernard Bellew
    John J. Kelly
    François Ivernel
    Cameron McCracken
    Lisa Maria Falcone
    Tessa Ross

Fiche artistique

  • Réalisateur : Danny Boyle
  • Scénario : Danny Boyle
    Simon Beaufoy
  • Adaptation : d'après le livre "Plus fort qu'un roc" d'Aron Ralston paru aux éditions Michel lafon
  • Interprètes : James Franco (Araon Ralston)
    Amber Tamblyn (Megan)
    Kate Mara (Kristi)
    Clémence Poésy (Rana)
    Kate Burton (La mère d'Aron)
    Lizzy Caplan (Sonja)

Fiche technique

  • Directeur de la photo : Anthony Dod Mantle (B.S.C. , D.F.F.)
    Enrique Chediak
  • Compositeur de la musique : A.R. Rahman
  • Monteur : Jon Harris
  • Chef décorateur : Suttirat Larlarb
  • Costumier : Suttirat Larlarb
  • Casting : Donna Isaacson (Distribution des rôles)
  • Bande originale disponibles chez : Universal Music

 

Résumé et notes

  • Genre : Aventures ; Biographique ; Drame ; Thriller
  • Durée : 94 minutes

RÉSUMÉ

Parti pour une randonnée en solitaire dans les gorges de l’Utah, Aron Ralston, jeune alpiniste expérimenté, se retrouve bloqué au fond d’un canyon isolé lorsqu’un rocher s’éboule, lui emprisonnant le bras.

Pris au piège, menacé de déshydratation et d’hypothermie, il est en proie à des hallucinations avec pour seule compagnie le souvenir des siens.

Cinq jours plus tard, comprenant que les secours n’arriveront pas, il va devoir prendre la plus grave décision de son existence…

D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

NOTES DE PRODUCTION

Un vendredi soir d’avril 2003, Aron Ralston, 26 ans, part pour le week-end dans les splendides gorges du Canyonlands National Park, dans l’Utah. Six jours plus tard, il réapparaît pour raconter l’une des plus extraordinaires histoires de survie.

  
                  

Une histoire vraie

Tous ceux qui ont entendu le récit de cet homme et de ce qu’il a enduré pendant ces 127 heures, complètement isolé, la main bloquée par un rocher impossible à déplacer, avec très peu de nourriture et quelques gouttes d’eau, et qui ne s’en est sorti que par un acte de bravoure incroyable, se sont posés les mêmes questions. Qu’a-t-il éprouvé durant ces heures extrêmes, jusqu’à cette minute de vérité ? Comment a-t-il trouvé la force et la volonté de tenir dans une situation aussi désespérée ? Et chacun s’interroge : «Aurais-je été capable de faire la même chose pour survivre ?»

Danny Boyle, le producteur Christian Colson et le scénariste Simon Beaufoy, qui avaient précédemment fait équipe sur « Slumdog Millionaire », se sont posés les mêmes questions. Mais Danny Boyle a vu autre chose dans l’histoire d’Aron Ralston : l’opportunité de créer une expérience cinématographique innovante, qui plongerait le spectateur dans chacune des secondes intenses vécues par le personnage. Il désirait lui faire vivre chaque souvenir, rêve, regret, moment d’inspiration ou d’imagination que traverse Aron tandis qu’il passe du désespoir à un regain d’énergie et d’envie de vivre et d’aimer. Cet élan qui l’a conduit à accomplir l’inimaginable.

Dès l’instant où Danny Boyle a lu le récit d’Aron Ralston, paru en France sous le titre «Plus fort qu’un roc» aux éditions Michel Lafon, il a su très exactement quel genre de film il voulait faire. Pour amener le public à vivre cette aventure de l’intérieur, il voulait utiliser une caméra hautement subjective afin de pénétrer dans la tête du personnage principal et dans son corps, et de restituer au premier degré ces circonstances de vie ou de mort : «Je voulais conduire les gens au fond du canyon avec Aron et ne plus les lâcher jusqu’à ce que lui-même s’en sorte. Bien sûr, je voyais dans ce sujet une extraordinaire leçon de survie en pleine nature dans des circonstances extrêmes, mais il y a aussi une autre dimension à cette histoire. Cela ne tient pas seulement à la manière dont il a survécu, aussi incroyable soit-elle. Ce qui m’intéressait, c’était aussi cette force vitale dans laquelle il a puisé. C’est ce que nous nous sommes efforcés de capter. Cette force impalpable qui nous réunit tous.

L’une des idées du film, c’est qu’Aron n’a jamais été réellement seul dans ce canyon mais qu’il était entouré spirituellement par tous ceux qu’il a connus, aimés, ou dont il a rêvés. Et c’est ce sentiment que nous voulions rendre avec ce film.»

Danny Boyle était parfaitement conscient qu’il s’apprêtait à tenter quelque chose qui, à première vue, semblait impossible : «Nous allions faire un film d’action dans lequel le héros est immobile !» Comment avoir continuellement de l’action si le héros n’a une amplitude de mouvements que de quelques dizaines de centimètres et si tout ce qu’il fait se déroule en grande partie dans son esprit ? «J’avais le sentiment que si nous étions capables de créer une expérience vécue à la première personne par le public tant au niveau visuel qu’émotionnel, alors les gens pourraient se perdre dans l’histoire de la même manière qu’Aron s’est perdu dans les canyons.»

Selon l’équipe, un seul acteur était capable de transmettre la conviction et l’émotion nécessaires pour plonger les spectateurs dans l’histoire. Danny Boyle explique : «James Franco possède ce talent et une technique irréprochable, et c’est exactement ce qu’il nous fallait parce que « 127 heures » est presque le film d’un seul acteur. James a su l’emmener plus loin, il a relevé les défis un par un, physiques comme émotionnels.» Ce qui rendait également le projet intéressant aux yeux de Danny Boyle et du scénariste Simon Beaufoy, c’est qu’il était diamétralement opposé à leur film précédent. Après les taudis surpeuplés et tentaculaires de Mumbai, ils se retrouvaient dans une faille étroite, oppressante, au milieu de nulle part, à peine assez large pour qu’un homme s’y glisse. Danny Boyle raconte : «C’était extraordinaire de passer de la multitude grouillante de Mumbai à l’autre extrême : un homme complètement seul et livré à lui-même. Le contraste était fantastique et le défi incroyable. Les deux films ne pouvaient pas être plus différents l’un de l’autre. Et pourtant, d’une certaine manière, ils portent tous deux sur le fait de surmonter des difficultés a priori insurmontables.

Quand il était pris au piège, Aron a pris conscience de l’importance qu’avaient pour lui les gens et les êtres chers qu’il allait laisser derrière lui. Et cela a réveillé en lui un profond désir de survivre, il s’est jeté corps et âme dans la bataille. C’est de cela dont parle le film. C’est bien plus que la simple histoire d’un homme qui a vécu une dure épreuve.»

A la rencontre d’un miraculé

Tout a commencé lorsque Aron Ralston – le vrai – a pris contact avec John Smithson, un producteur de documentaires réputé dans le métier. Aron avait été impressionné par le film « La Mort suspendue », produit par John Smithson, et à l’époque, il était question de faire de « 127 heures » un documentaire. John Smithson raconte : «J’étais fou de joie quand j’ai réussi à persuader Aron de me céder les droits de son histoire pour en faire un film. C’est alors que j’ai proposé le sujet à Pathé et à Film4.»

François Ivernel, vice-président exécutif de Pathé, a proposé le projet à Danny Boyle, qui en a à son tour parlé à son associé à la production, Christian Colson, et lui a fait passer un exemplaire du livre d’Aron Ralston. Cependant, Danny Boyle n’avait pas envie de faire un documentaire, mais plutôt un film dramatique. Christian Colson avoue qu’il n’était pas très enthousiaste à cette idée : «J’ai reposé le livre en me disant que c’était effectivement une histoire incroyable, mais je ne voyais pas comment en tirer un film. C’est ce que j’ai dit à Danny. En retour, il m’a envoyé le traitement qu’il avait écrit, qui ne faisait que six pages, mais qui expliquait noir sur blanc le concept du film et comment il comptait raconter l’histoire. C’était plein d’éléments intercalés et de trouvailles visuelles, j’ai complètement changé d’avis. C’était un énorme défi sur le plan narratif.»

Pour l’équipe du film, la première chose à faire était d’apprendre à bien connaître Aron Ralston. Danny Boyle, Christian Colson et John Smithson ont fait un premier voyage avec lui au Blue John Canyon en juillet 2009 pour faire de la randonnée et escalader les étroits canyons. C’était une étape vitale pour Aron car il désirait qu’ils se familiarisent avec ce paysage brut et accidenté qu’il adorait, avant d’aller plus loin dans le projet. Au départ, Aron Ralston n’était pas certain de l’approche de Danny Boyle. Il explique : «C’était très difficile pour moi émotionnellement parlant parce que même si je savais que nous allions faire un film dramatique, j’avais quelques réticences à m’écarter des faits que j’avais vécus.»

Mais finalement, l’idée de plonger au cœur de la vérité a convaincu Aron et il a partagé avec l’équipe ses souvenirs les plus personnels et ses pensées les plus intimes. «J’ai réalisé que seuls des conteurs particulièrement brillants pourraient en faire un film qui permette au public de vivre cette histoire de l’intérieur.» Il a tout partagé avec eux, jusqu’aux messages vidéo qu’il a enregistrés quand il était piégé et pensait mourir, espérant laisser ainsi quelque chose pour ses amis et sa famille. Aron Ralston raconte : «Travailler avec Danny a été une expérience phénoménale. Il est extrêmement perspicace et d’une grande créativité et a été très sensible à ce que cette histoire a de personnel pour moi. Il avait déjà fait énormément de recherches et de préparation avant notre rencontre et j’ai beaucoup apprécié la façon dont il m’a intégré au projet. Que ce soit dans les différentes réécritures ou lors d’entretiens avec les acteurs, il m’a impliqué plus que je ne l’aurais rêvé.»

Aron Ralston a fourni à l’équipe quantité d’informations qui leur ont permis de recréer méticuleusement les circonstances physiques de sa bataille pour la survie, depuis la manière dont il s’est encordé pour dormir à la façon dont il a récupéré son urine pour boire. Christian Colson explique : «Nous voulions respecter fidèlement la réalité de ce qu’a vécu Aron quand il est resté prisonnier. Nous avons donc repris l’équipement exact qu’il avait dans son sac à dos, la quantité précise d’eau dont il disposait, la qualité de la lame de son couteau, le moindre élément de sa stratégie. Nous sentions que nous ne pouvions pas nous permettre d’être légers avec ces données.»

Mais tandis qu’il apprenait à connaître Aron, Danny Boyle sentait aussi qu’il était essentiel pour lui d’établir un lien personnel avec le sujet. Il explique : «Aron a raconté son histoire bien des fois à sa manière, mais je savais que pour en faire un film, il fallait que je crève cette bulle, que je me glisse à l’intérieur pour raconter ma propre version de son expérience. C’est fantastique de la part d’Aron de nous avoir permis cela : c’est son histoire, mais c’est notre façon de la raconter.» Danny Boyle se sentait particulièrement attiré par un des aspects sous-jacents de l’histoire d’Aron : cette notion d’un homme qui n’avait jamais vraiment fait l’effort d’aller vers les autres, de s’ouvrir à eux, un homme individualiste au point de ne pas avoir conscience de l’importance de ses relations avec les siens. «Aron était une sorte d’idéal masculin – autonome, indépendant, athlétique, débrouillard – mais il était loin d’être un modèle en tant qu’être humain.»

Ce qui a ému le réalisateur, c’est que lorsque Aron s’est retrouvé seul face à la mort, il n’a fait que penser à tous ceux qui faisaient sa vie, passée, présente et future. Il a pris conscience qu’ils comptaient beaucoup pour lui et qu’il avait envie de vivre une journée de plus, peut-être en espérant les revoir. «Aron se voyait comme un solitaire, mais ce qui l’a ramené à la vie, ce sont les gens, la tribu, les siens. C’est ce qui est devenu l’assise du film.» Par la suite, en l’observant sur le plateau, Aron a réalisé que Danny avait vraiment fait sienne son histoire, dans le meilleur sens du terme. «Il était dans l’instant, il vivait chaque moment intensément. Quand je l’ai vu faire, la tête m’a tourné. C’était mon histoire, mais c’était lui qui la vivait.»

Selon Aron Ralston, la façon dont Danny Boyle a réalisé le film était la seule pouvant faire vivre aux spectateurs ce qu’il a éprouvé durant ces six jours. «J’étais seul, mais j’essayais de me relier à ceux que j’aimais à travers mes souvenirs, mon imagination, et même des expériences extracorporelles. Plus je me déshydratais, plus j’étais privé de sommeil et désespéré, et plus j’ai vécu des choses étranges et eu des hallucinations. Tout cela mettait mon esprit à nu, couche après couche, pour ne garder que les connexions émotionnelles.»

Aron Ralston est revenu sur les lieux, au Blue John Canyon, le jour du 7e anniversaire de son aventure. Christian Colson raconte : «Pour Aron, retourner là-bas à la date anniversaire était de toute évidence quelque chose de très particulier et je crois que cela a encore enrichi le film.»

Aron Ralston a pris un moment pour se recueillir sur les lieux, et rendre grâce à ce qui a donné un nouveau sens à sa vie depuis ce moment où tout a basculé. «C’était quelque chose de très personnel, se souvient-il. J’ai failli mourir dans ce trou, mais quand j’en suis sorti, cela a été une renaissance. Une vie était terminée, une nouvelle commençait. C’était incroyable pour moi de venir tourner au Blue John Canyon à cette date, la semaine exacte de ma renaissance. Cela m’a rappelé à quel point une fin peut aussi être un début.» Dans l’un des moments les plus forts du film, tiré de faits réels, Aron a une hallucination : la vision d’un futur indéterminé, d’un garçon qui pouvait être son fils à naître. Son premier fils est né pendant le tournage. Aron Ralston explique : «J’avais toujours éprouvé cette fascination, cette attirance pour la frontière entre la vie et la mort et ce moment en a été l’apogée. Je crois qu’à un certain niveau, mon destin était d’aller trop loin, sur une montagne, dans une rivière, ou au fond d’un canyon. Et à cet instant-là, tout s’est renversé, tout ce que j’avais fait dans ma vie, tous ceux que j’avais connus sont devenus une source de vie pour moi, quelque chose qui me portait pour survivre et ensuite, m’épanouir.»

Seul au fond du gouffre

Pour jouer Aron Ralston, il fallait que le comédien, qui figure dans presque toutes les scènes du film, travaille dans des conditions épuisantes, dans des lieux suffocants, étouffants, dans des circonstances éprouvantes mentalement, et qu’il laisse la caméra saisir ses émotions les plus primitives. Privé de tout, y compris de sa capacité de mouvement, Aron s’est retrouvé face à la vision brute et dépouillée de lui-même et de ce qu’il espérait devenir. Pour toutes ces raisons, Danny Boyle voulait un acteur qui ait sa propre approche de la personnalité d’Aron. Quelqu’un de passionné par la nature, un risque-tout porté également vers l’introspection. James Franco s’est rapidement imposé comme l’un des comédiens les plus originaux de sa génération, dans des films extrêmement variés, aimant relever des défis.

Aron Ralston se souvient : «J’étais très heureux d’apprendre qu’un acteur dramatique aussi intense que James allait jouer le rôle. Pour l’avoir vu dans ses autres films, je savais qu’il habite littéralement ses personnages, y compris ceux qui ont réellement existé. Le rencontrer a été très fort. Nous avons regardé ensemble la vidéo que j’avais enregistrée comme testament, et qui était pour moi ma façon de dire adieu à mes amis et à ma famille. Et j’ai rejoué certaines choses pour lui, comme les positions que j’ai prises quand j’étais forcé de rester debout aussi longtemps. Je lui ai même montré exactement comment je tenais le couteau quand je me suis coupé le bras. C’était bizarre de voir James me regarder, parce que je pouvais voir les rouages tourner dans son cerveau. Ce sont finalement toutes les petites touches subtiles qu’il a apportées qui ont vraiment donné sa magie au film.» Pour James Franco, faire ce film s’est révélé une expérience totalement nouvelle : «Le film est constitué d’une somme de petits moments personnels, de ces moments que nous connaissons tous quand nous sommes seuls. L’histoire, à la base, est celle d’un homme confronté à sa propre mort et qui trouve le moyen de revenir à la vie. C’est une situation humaine qui à mon sens n’a pas été beaucoup explorée au cinéma. C’était une opportunité fabuleuse de raconter une histoire à travers des actions physiques limitées et ce genre de soliloques intimes qu’a Aron lorsqu’il parle à sa caméra vidéo. C’était très différent de ce qui se fait habituellement. C’était aussi un projet particulier parce que je joue le plus souvent seul. J’aime travailler avec des partenaires, mais là, la concentration, l’approche du jeu était complètement différente. Il a fallu que j’apprenne à jouer avec l’espace autour de moi, avec les rochers, le canyon, avec la caméra.»

Même si James Franco a passé du temps avec Aron Ralston pour mieux le connaître et s’ils ont fait une longue randonnée ensemble afin que l’acteur puisse observer Aron dans son élément, ni James Franco ni Danny Boyle ne voulaient d’une imitation d’Aron Ralston. James Franco : «Il était hors de question d’imiter physiquement Aron. Danny souhaitait plutôt ressentir et faire ressentir cette expérience profondément humaine. Il m’a aidé à y parvenir, parfois même en me déstabilisant, en tout cas en me plaçant dans des endroits étroits et inconfortables, en déséquilibre, pendant tout le tournage, qui a été physiquement éprouvant. Mais c’était une situation très intéressante à jouer et Danny est un réalisateur époustouflant. Il déborde d’énergie et de passion et il sait obtenir ce qu’il veut.»

Parler à une caméra vidéo au lieu d’avoir des dialogues classiques avec un partenaire a également demandé à James Franco une période d’adaptation. «C’était presque comme soliloquer à la mode de Shakespeare, quand on parle directement au public. C’est très inhabituel pour moi. J’ai aimé l’approche de Danny sur un film qui se déroule en pleine nature. Au lieu de s’appuyer sur le rythme lent de la nature, il a préféré opter pour une pulsion très citadine, une impression urbaine.»

Pour se plonger davantage dans le personnage, James Franco s’est entraîné à l’escalade dans une salle de sport et a perdu du poids afin d’obtenir le physique mince et musclé de Aron Ralston. Il a lu de nombreux livres sur les grimpeurs et les aventuriers et a réfléchi longuement en se demandant s’il serait réellement capable de faire ce qu’a fait Aron pour survivre. «J’ai réfléchi à ce que les circonstances avaient de drastique. C’était une question de vie ou de mort. Dans la vie quotidienne, je suis sensible à la vue du sang, même dans le bureau du médecin, mais je crois que dans de telles circonstances, je serais capable de surmonter cela. J’aime à penser que je tenterais quelque chose, que je ne pourrais pas rester là sans rien faire. Ce personnage a lutté contre la mort et en un sens, Aron a dû accepter la possibilité de mourir pour prendre le risque de se libérer.»

Bien que le film se concentre sur le personnage principal joué par James Franco, il était important de trouver des seconds rôles tout aussi justes. Christian Colson explique : «J’aime beaucoup la légèreté et la drôlerie des interprétations d’Amber Tamblyn et de Kate Mara dans le rôle des deux filles que rencontre Aron au début de sa randonnée. Même si le moment qu’elles passent avec lui semble s’écouler rapidement, rétrospectivement, il prend une immense importance parce que c’est le dernier contact humain d’Aron, ses derniers souvenirs d’avoir côtoyé d’autres personnes, de leur avoir parlé, de s’être senti complètement et intégralement vivant.»

Deux directeurs de la photo pour une vision

Le caractère inhabituel du tournage de « 127 heures » a obligé Danny Boyle et son équipe à penser en dehors des schémas établis. Pour le réalisateur, tout se ramenait à un seul mot : l’élan. Il était conscient de l’importance de l’élan dans l’instant, d’avoir une force motrice permanente, de la nécessité de conserver le mouvement et l’émotion dans chacune des images, quels que soient les changements extérieurs subis par Aron au fil des jours et des nuits. Au début du film, Danny Boyle installe la vitesse, la montée d’adrénaline en suivant Aron dans ses activités extérieures audacieuses, mouvementées et extrêmes. Il semble presque voler sur son mountain bike dans le désert ; il escalade des parois de roches rouges et dorées avec les deux filles qu’il rencontre durant sa randonnée, et se laisse choir, le coeur battant, dans des eaux d’un bleu turquoise. Et puis brusquement, tout s’arrête. Il n’y a plus de mouvement que dans son esprit. Alors que des événements soudains se déroulent pendant son calvaire, notamment des pluies d’orage qui se transforment en inondation quasi instantanée, le point de vue d’Aron se resserre pour se limiter à ce qu’il peut apercevoir depuis le fond du canyon. Des portions de ciel, les rayons du soleil, un mystérieux oiseau, son propre corps mal en point… et tout ce qui lui passe par la tête.

Pour Danny Boyle, continuer à se montrer dynamique dans la narration après l’immobilisation d’Aron représentait un défi pour sa propre imagination. La solution se trouvait dans le mélange de plusieurs techniques de prises de vues, montage croisé, triptyques, changements de pellicules ; des techniques qu’il indiquait dès l’écriture du scénario. Mais pour obtenir l’approche visuelle la plus riche possible, il a engagé deux directeurs de la photographie qui ont tourné le film ensemble. Il explique : «Nous avons pris la décision de faire appel à deux directeurs photo – Anthony Dod Mantle, qui avait éclairé « Slumdog Millionaire », et Enrique Chediak, qui avait signé la photo de « 28 semaines plus tard » – parce qu’il nous fallait des approches multiples et parce que la caméra, en un sens, masque le fait qu’il y a très peu d’autres personnages dans le film. Anthony et Enrique ont chacun leur personnalité et des styles très différents l’un de l’autre. Enrique possède une sensibilité très sud-américaine, tandis qu’Anthony est plus proche de l’Europe du Nord. Nous leur avons fourni à chacun trois jeux de caméras – des caméras traditionnelles à pellicule, des caméras numériques et des appareils photo – et cela nous a donné une grande variété d’images à partir desquelles travailler. Ils ont tourné tous deux des images magnifiques, d’une grande intensité, et l’on a une impression de changement constant, l’impression qu’Aron accomplit un grand voyage, même s’il ne bouge que de quelques centimètres.»

Travailler avec deux équipes principales a posé des problèmes de logistique sans précédent, mais cela a permis de compresser le planning de tournage et en même temps, d’exploiter une énergie créative bien plus grande. Pouvoir réduire la durée du tournage signifiait aussi garder plus de fraîcheur pour l’interprétation de James. Tout le monde se sentait continuellement galvanisé parce qu’un directeur de la photo différent arrivait et c’était chaque fois une nouvelle façon de capter cette expérience.

Anthony Dod Mantle commente : «Nous voyons les choses et les ressentons chacun à notre façon. Au début, nous ne nous connaissions pas et il a fallu un peu de temps pour nouer des liens. Mais une fois que nous avons commencé à tourner, nous avons travaillé indépendamment, tout en sachant que les images de chacun dépendaient de celles de l’autre.» Enrique Chediak ajoute : «Notre façon de travailler a évolué de façon tout à fait naturelle tout en se rejoignant car nous avons beaucoup de points communs. Nos sensibilités sont finalement assez proches.»

Tous deux étaient emballés à l’idée de tourner de manière à effacer la séparation entre l’écran et le public pendant deux heures. Anthony Dod Mantle explique : «Nous avons travaillé avec tous ces éléments – les ambiances, les couleurs, les mouvements de caméra – et avec notre flair, notre sensibilité artistique pour créer les fantasmes, les rêves, les souvenirs et les pensées d’un homme. Danny voulait que nous immergions complètement le public dans ce canyon et dans l’esprit d’Aron, et que nous utilisions nos caméras pour guider les gens du physique au mental, puis à l’émotionnel. Il a vraiment fallu que l’on suive notre instinct, qu’on fasse en sorte que la caméra devienne une partie du psychisme d’Aron. Il fallait penser au-delà du cadre et de la lumière, parce que sur ce film, la technique dépassait tout cela.» Danny Boyle explique : «C’était une manière intéressante de capter la texture et la monotonie des journées vécues par Aron, sans que le public ait véritablement à vivre la totalité de ces 127 heures.»

Danny Boyle et les directeurs de la photo ont repensé l’approche des paysages, symboliques de l’Ouest américain. Anthony Dod Mantle précise : «Ces paysages ont été filmés des centaines de fois dans les westerns classiques, mais nous voulions les aborder sous un angle nouveau. Ils sont autre chose que des décors géographiques, ils sont devenus un écrin émotionnel.» Il était important pour tous de tourner certaines parties du film sur les lieux exacts où le destin d’Aron a basculé, à Blue John Canyon, une gorge étroite, à pic, creusée par l’eau dans le grès, située au cœur du Canyonlands National Park. Connu surtout aujourd’hui des randonneurs aventureux, des grimpeurs et des amateurs de canyoning, l’emplacement de Blue John est si isolé qu’il a fallu transporter les acteurs, l’équipe technique et le matériel de tournage en hélicoptère. Tout le monde dormait dans un camp monté en pleine nature.

La chef décoratrice et chef costumière Suttirat Larlarb, qui avait déjà travaillé avec Danny Boyle sur « Slumdog Millionaire », a reconstruit en studio la fissure d’un mètre de large où Ralston s’est trouvé piégé. Cela a permis davantage de flexibilité set de sécurité pour tourner durant des périodes plus longues. Pour que le décor artificiel soit exactement semblable, l’équipe a cartographié précisément chacun des contours de la gorge et a reconstruit à l’échelle les murs incurvés du canyon et le roc de plus de 350 kilos qui a retenu Aron prisonnier. Christian Colson conclut : «Après avoir été piégé avec Aron dans l’abîme, après avoir vécu ces moments si réalistes et si bruts, on a ce sentiment fabuleusement exaltant d’avoir échappé à la mort et de rejoindre le monde. « 127 heures » est l’histoire d’une formidable aventure.»


  • Sortie : 23 février 2011
Date de la publication électronique : 23 novembre 2011
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé