Rien à déclarer  –  Dany Boon  –  2011

Fiche générale

Affiche
  • Pays de production :France
    Belgique
  • Genre : Comédie
  • Durée : 108 minutes
  • Producteur :Jérôme Seydoux
  • Production :Les Productions du Ch'timi
    Pathé...
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Dany Boon
  • Interprètes : Benoît Poelvoorde (Ruben Vandevoorde)
    Christel Pedrinelli (Olivia Vandevoorde)
    Joachim Ledeganck (Leopold Vandevoorde)
    Julie Bernard (Louise Vandevoorde)
    Jean-Paul Dermont (Le Père Vandervoorde)
    François Damiens (Jacques Janus)...
  • Scénario :Dany Boon
  • Dialogues :Dany Boon
  • Producteur délégué :Eric Hubert
  • Directeur de production :Bruno Morin
  • Directeur de la photographie : Pierre Aim (AFC)
  • Compositeur de la musique : Philippe Rombi
  • Monteur : Luc Barnier
  • Chef décorateur : Alain Veissier (ADC)
  • Costumier : Jean-Daniel Vuillermoz

Production

  • Pays de production :France
    Belgique
  • Producteur :Jérôme Seydoux
  • Production :Les Productions du Ch'timi
    Pathé
    TF1 Films Production
    Scope Pictures
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Producteur délégué :Eric Hubert
  • Directeur de production :Bruno Morin
  • Avec la participation de :Canal+
    Cinécinéma
    TF1 Films Production
    Centre National de la cinématographie
  • Avec la participation de :La région Wallone

 

Fiche artistique

  • Réalisateur :Dany Boon
  • Scénario :Dany Boon
  • Dialogues :Dany Boon
  • Scripte :Isabelle Perrin Thevenet
  • Interprètes :Benoît Poelvoorde (Ruben Vandevoorde)
    Christel Pedrinelli (Olivia Vandevoorde)
    Joachim Ledeganck (Leopold Vandevoorde)
    Julie Bernard (Louise Vandevoorde)
    Jean-Paul Dermont (Le Père Vandervoorde)
    François Damiens (Jacques Janus)
    Bouli Lanners (Bruno Vanuxem)
    Eric Godon (Le Chef Willems)
    Olivier Gourmet (Le Prêtre de Chimay)
    Sylviane Alliet (La cliente du "No Man's Land")
    Jean-Luc Couchard (Le frère de Vanuxem)
    Laurent Sobry (Le Commissaire)
    Dany Boon (Mathias Ducatel)
    Karin Viard (rène Janus)
    Philippe Magnan (Le Divisionnaire Mercier)
    Nadège Beausson-Diagne (Nadia Bakari)
    Zinedine Soualem (Lucas Pozzi)
    Guy Lecluyse (Gregory Brioul)
    Laurent Gamelon (Duval)
    Bruno Lochet (Tiburce)
    Laurent Capelluto (La Balle)
    Bruno Moynot (L'agent immobilier)
    Alexandre Carrière (Le serveur restaurant Bruxelles)
    Jérôme Commandeur (Le conducteur français)
    David Coudyser (Le conducteur route campagne)
    Nicolas Guy (Le conducteur camion)
    Christophe Rossignon (Le conducteur anglais)
    Jérôme Seydoux (Le client restaurant)
    Sophie Seydoux (La cliente restaurant)
    Roland Levy (Le client restaurant)
    Corinne Levy (La cliente restaurant)
    Jean-Claude Lagniez (Le conducteur Ferrari)
    Patrick Vo (Le chauffagiste asiatique)
    Eliot (Le chien Grizzly)

Fiche technique

  • Directeur de la photo :Pierre Aim (AFC)
  • Compositeur de la musique :Philippe Rombi
  • Ingénieur du son :Lucien Balibar
    Stéphane Vizet
    Franck Desmoulins
    Roman Dymny
    Thomas Gauder
  • Monteur :Luc Barnier
  • Chef décorateur :Alain Veissier (ADC)
  • Costumier :Jean-Daniel Vuillermoz
  • Maquilleur :Pascale Bouquière
    Corinne Maillard
  • Casting :Gérard Moulevrier (ARDA)
  • Photographe de plateau :David Koskas
  • Régisseur :Philippe Morlier (AFR)
  • Chef machiniste :Thierry Canu
  • Assistant réalisateur :Nicolas Guy (assistant mise en scène)
  • Conseiller artistique :Yaël Boon (collaboration artistique)
  • Storyboard :Maxime Rebière
  • Storyboard cascasdes :Michel Doré
  • Cadreur :Rodolphe Lauga
  • Making of :Arnaud Deschamps
  • Chef coiffeuse :Juliette Martin
  • Chef électricien :Pascal Lombardo
  • Coordinateur de cascades physiques :Pascal Guegan
  • Coordinateur de cascades véhicules :Jean-Claude Lagniez
    Patrick Ronchin
  • Effets spéciaux de plateau :Les Versaillais
  • Superviseur :Jean-Baptiste Bonetto
    Yves Domenjoud
    Olivier Gleyze
  •  

    Résumé et notes

    • Genre : Comédie
    • Durée : 108 minutes

    RÉSUMÉ

    1er janvier 1993 : passage à l’Europe. Deux douaniers, l’un belge, l’autre français, apprennent la disparition prochaine de leur poste frontière situé dans la commune de Courquain France et Koorkin Belgique.

    Francophobe de père en fils et douanier belge trop zélé, Ruben Vandevoorde se voit contraint et forcé d’inaugurer la première brigade volante mixte franco-belge.

    Son collègue français, Mathias Ducatel, considéré par Ruben comme son ennemi de toujours, est secrètement amoureux de sa soeur. Il surprend tout le monde en acceptant de devenir le coéquipier de Vandevoorde et sillonner avec lui les routes de campagnes frontalières à bord d’une 4L d’interception des douanes internationales.

    D’après le synopsis publicitaire du film

    En savoir plus

    Sortie Nord et Belgique le 26 janvier 2011 Sortie Nationale le 2 février 2011

    Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

    ENTRETIEN AVEC DANY BOON, REALISATEUR ET ACTEUR

    Quand l’idée de Rien à déclarer est-elle née ?

    Lors de la tournée de promotion précédant la sortie de « Bienvenue chez les Ch’tis ». Sans doute parce que j’ai multiplié les projections dans le Nord de la France et en Belgique et que j’ai donc franchi à de nombreuses reprises cette fameuse frontière entre les deux pays. Celle-ci n’existe plus bien sûr, mais je l’ai tellement passée étudiant, que ce soit pour aller faire la fête ou le tiercé de mon père… et toujours avec énormément d’angoisse. À l’époque, j’avais les cheveux longs et avec mon carton à dessins et mes badges à l’effigie de Cure, je me faisais arrêter et fouiller par les douaniers à chaque fois. Et là, quand je suis repassé par cette douane que je connaissais si bien, je suis tombé sur un véritable no man’s land, avec des guérites vides, des commerces fermés, des maisons abandonnées… une sorte de ville morte. On se serait cru dans une rue de western. J’ai tout de suite pensé qu’il y avait là un sujet éminemment cinématographique. La base du film est donc née là. Je suis alors allé rencontrer des douaniers pour qu’ils me racontent l’avant, les changements… Certains avaient même filmé au caméscope le dernier jour, celui de la fermeture. Je me suis aussi plongé dans les archives de l’INA de l’époque qui montraient notamment les grèves qui s’étaient déclenchées en forme de protestation…

    
    

    Après le triomphe public de Bienvenue chez les Ch’tis, avez-vous ressenti de la pression à l’écriture ?

    Oui, une très grosse pression. Beaucoup de réalisateurs et producteurs m’avaient d’ailleurs expliqué à quel point il était difficile de se remettre à l’écriture après un succès. Et qu’en général, en plus, ça se terminait par un ratage ! (rires) Bertrand Blier m’avait même dit : «Bon courage pour le suivant ! Parce que moi, juste après LES VALSEUSES, j’ai fait un bide !» (rires) Mais, concrètement, à partir du moment où j’ai eu mon sujet, tout s’est bien passé. En tout cas, j’étais à l’aise avec mon histoire. Mais j’avais malgré tout, toujours dans un coin de ma tête, l’idée que j’allais être très attendu. Et je me suis surtout mis une pression en me disant qu’il ne fallait pas que je déçoive.

    
    

    On retrouve aussi dans Rien à déclarer cet équilibre entre comédie et tendresse qui caractérise vos films comme vos one-man-show…

    « Rien à déclarer » est bien évidemment une comédie mais son message – pour employer un grand mot – est plus profond que sur « Bienvenue chez les Ch’tis ». Il s’agit de montrer le racisme ordinaire qui démarre toujours par des petites blagues en apparence sans importance. Et dans mon esprit, « Rien à déclarer » est aussi une histoire d’amour. C’est elle l’enjeu de ce film : ce douanier français, fou amoureux d’une Belge, va-t-il arriver à passer outre le racisme anti-français de sa famille pour l’épouser ? Le tout sur fond historique de suppression des frontières, hautement symbolique dans l’histoire que je raconte ici.

    
    

    En quoi votre expérience théâtrale vous est-elle utile au cinéma ?

    Grâce à 15 ans de one man show et de rencontres avec le public, je crois avoir acquis ce sens du rythme indispensable à la comédie. J’ai une oreille et je sens quand les dialogues sonnent juste.

    
    

    L’idée de Benoît Poelvoorde pour jouer la douanier francophobe est venue très vite ?

    Oui. Car Benoît a une telle humanité que tout passe avec lui, quelles que soient les horreurs qui puissent sortir de sa bouche. C’est d’ailleurs la première fois que j’écris pour un acteur. En général, je n’aime pas ça car on projette alors ce qu’on connaît ou ce qu’on a déjà vu de lui, donc on se restreint. Je préfère un personnage dont l’acteur va s’emparer en apportant sa personnalité. Mais le cas de Benoît est particulier : il possède une telle richesse et une telle invention que les problèmes que je viens d’évoquer ne se posent pas avec lui. Il a donc été une évidence dans ce rôle mais il est malgré tout encore arrivé à me surprendre ! Il m’a montré des choses que je n’avais jamais vues de lui. À chaque scène, il donne tout, il est entier. Il n’y a aucune demi-mesure avec lui. Il s’en veut dès qu’il bute sur un mot ou inverse un dialogue. Mais cela n’empêche en rien la jubilation qu’il a à jouer. Il est même venu à l’écran de contrôle voir les prises qu’il venait de tourner alors qu’on m’avait dit qu’il ne le faisait jamais. Il a assisté à la projection d’équipe alors que ça fait des années qu’il n’a pas vu les films dans lesquels il joue. J’ai beaucoup d’admiration, d’affection et d’amour pour lui. Sans compter qu’on s’est découvert quantité de points communs pendant ce tournage : on a fait la même école, Saint-Luc, lui à Liège, moi à Tournai.

    Nos parents ont les mêmes parcours : nos pères étaient routiers et nos mères commerçantes. On aime les mêmes musiques : en particulier Dick Annegarn dont on connaît les chansons par cœur. Au départ, avec Bouli Lanners et François Damiens, je pense qu’ils ont eu peur que je débarque sur le plateau avec mes 20 millions d’entrées sous le bras. Ce que je peux comprendre. Sauf que ça n’a pas été le cas. Je suis très heureux d’avoir pu connaître ce succès phénoménal mais je n’allais pas entamer ce tournage en le brandissant comme un étendard !

    
    

    Jouer vous-même dans votre fims était une évidence ? et un plaisir ?

    Au fil du temps, je me suis habitué. Et sur un plateau, aujourd’hui, je contrôle un peu tout naturellement. Je le dois aussi à l’expérience du one man show. Au début de ma carrière, dès qu’un truc imprévu se passait, j’étais déstabilisé. Aujourd’hui, j’ai appris à le gérer, en improvisant par exemple. Mais, malgré tout, j’ai tendance à préférer les moments où je ne joue pas. Je dois avouer une grande jubilation à diriger et observer mes acteurs mettre en vie mes personnages.

    
    

    Quel directeur d’acteur êtes-vous ?

    Je découpe beaucoup en amont pour ne pas user les acteurs avec la technique et, dans cette logique, j’ai story-boardé ou fait story-boarder pas mal de séquences. Une fois sur le plateau, avant chaque scène, je fais toujours une mise en place sous forme de répétitions mécaniques. J’ai à chaque fois une idée précise de ce que je veux, même si, au final, je ne respecte pas exactement ce qui était prévu. Mais ce cadre me permet de vraiment m’amuser avec mes acteurs. Je leur laisse proposer des choses puis je les recadre à la fois en fonction de ce dont j’ai envie et de ma connaissance précise de chacun des personnages. J’écoute tout mais je tranche. Car je sais trop bien que le spectateur peut sortir d’un film, juste parce qu’un petit rôle ne sonne pas juste, qu’il est mal défini ou mal écrit. Je suis obnubilé par ça.

    
    

    On sent que vous avez ici une ambition supplémentaire tant au niveau de l’image que du décor par rapport à « Bienvenue chez les Ch’tis » ? Quelles directions avez-vous donné à votre directeur de la photo et à votre chef décorateur ?

    Des guérites de douanes, au restaurant tenu par le couple Janus, le décor est dans « Rien à déclarer » un personnage à part entière. Tous ces éléments ont été créés pour le film et construits avec un sens permanent du détail. Dans l’appartement de Ruben Vandevoorde par exemple, on trouve trois bougies dont les couleurs composent le drapeau belge ! Ce détail ne se voit peut-être pas à l’écran mais il fait partie de ceux qui me paraissaient indispensables pour créer l’atmosphère que je souhaitais. Et cela on le doit à Alain Veissier avec qui j’avais déjà travaillé sur « Les Ch’tis ». Pour « Rien à déclarer », il a pu disposer d’un budget plus important. Et on a travaillé très en amont et main dans la main avec le directeur de la photo, Pierre Aïm, lui aussi déjà présent sur « Les Ch’tis ». Avec Pierre, je voulais créer un contraste entre les extérieurs hivernaux et les intérieurs plus chaleureux, avec une différence cependant : la douane belge a un côté campagnard et la française un aspect plus fonctionnaire.

    
    

    Etait-il important pour vous de retravailler avec la même équipe technique ?

    Oui mais je ne me force en rien. Par exemple, sur ce plateau nous avons décidé avec Pierre Aïm que contrairement à « Bienvenue chez les Ch’tis », il ne ferait pas le travail de cadrage pour qu’il se concentre totalement sur la lumière qui nécessitait un gros travail, notamment à cause de l’atmosphère hivernale. Et je voulais qu’il puisse aussi faire des pauses, prendre du recul sur le plateau pour ne pas avoir en permanence le nez dessus. En plus, Pierre m’a conseillé un cadreur fantastique, Rodolphe Lauga qui a été essentiel, particulièrement sur les scènes d’action qui parsèment le film.

    
    

    Filmer des scènes d’action, voilà une nouveauté dans votre cinéma. Comment les avez-vous abordées ?

    Justement grâce à Rodolphe et Nicolas Guy, mon premier assistant, j’ai découvert et utilisé l’Ultimate Arm, une invention russe perfectionnée par les Américains, un bras robotisé fixé sur le toit d’un véhicule qui permet des mouvements rapides sur 360 degrés autour de son axe et qui garantit une image parfaite quelles que soient la vitesse, la qualité de terrain et les conditions climatiques. C’est drôle parce que j’ai un peu flippé dans cette voiture-là alors que j’ai adoré faire mes cascades moi-même. Benoît, lui, avait très peur. Il me disait tout le temps : «Mais t’es frappadingue !» (rires) Il ne comprenait pas pourquoi je n’avais pas peur, alors qu’on est tous les deux hypocondriaques. Mais j’ai adoré faire l’andouille et rouler comme un dingue au volant d’une 4L. Et j’étais mort de rire rien qu’en regardant Benoît paniquer à mes côtés. Mais pour ces scènes-là, il n’y a pas de secret : on a surtout pris le temps. Celle de l’autoroute, où on perd, l’un après l’autre, tous les morceaux de la voiture, a ainsi été tournée en une semaine. Le tout étant story-boardé de façon très précise, y compris et surtout les moments où les voitures devaient se heurter pendant cette course-poursuite.

    
    

    Vous retrouvez pour la musique de votre film, Philippe Rombi, déjà auteur de celle de Bienvenue chez les Ch’tis et de La Maison du bonheur. Comment s’est passée cette nouvelle collaboration entre vous ?

    Ma demande était différente cette fois-ci. Sur « Les Cht'si », mes directions parlaient d’instruments que je souhaitais acoustiques, simples pour créer une musique «à la Nino Rota» parsemée ça et là d’envolées lyriques. Pour « Rien à déclarer », il m’a proposé des thèmes autour de trois éléments principaux : les douaniers, l’histoire d’amour et les truands. Il les a enregistrés avec un orchestre de 80 musiciens et le résultat me ravit.

    
    

    Etes-vous plus angoissé aujourd’hui qu’avant la sortie de Bienvenue chez les Ch’tis ?

    J’ai déjà montré « Rien à déclarer » à Lomme, dans le Nord, lors d’une projection où les spectateurs ne savaient pas ce qu’ils allaient voir. J’ai voulu le faire car je savais qu’il y avait une énorme attente après « Bienvenue chez les Ch’tis » donc une forte capacité à être déçu. Or ils m’ont fait une très belle standing ovation, ce qui m’a forcément beaucoup touché et donné de l’espoir pour la suite.

    ENTRETIEN AVEC BENOIT POELVOORDE, ACTEUR

    Comment êtes-vous arrivé sur Rien à déclarer ?

    Isabelle de la Patellière, qui était alors notre agent commun à Dany et moi, est la première à m’avoir parlé de ce projet en me disant que Dany écrivait pour moi. Avant cela, je n’avais croisé Dany qu’une fois, au congrès des exploitants, le jour où il y présentait « Bienvenue chez les Ch’tis » et j’étais allé voir un de ses spectacles. C’est quand je suis revenu le voir sur scène que l’on s’est vraiment rencontré. À l’issue de la représentation, nous avons pris un verre ensemble, il m’a confirmé qu’il était bien en train d’écrire pour moi. Et un peu plus tard, il m’a envoyé son scénario.

    
    

    Quelle a été votre première réaction en le lisant ?

    La première ? Mais pourquoi je n’ai pas eu cette idée des douaniers alors que je suis belge ? C’était devant moi et j’ai été incapable de m’en emparer ! (rires) Mais j’ai tout de suite aimé son scénario parce que j’ai trouvé ça très drôle. Mais moins drôle pourtant que le résultat final et même que le tournage où on s’est vraiment tous marré du début à la fin et où on avait senti cette tonalité là envahir le film. En tout cas, en refermant le scénario, j’étais sûr d’une chose : du plaisir que j’allais avoir à jouer dans ce film !

    
    

    Cet univers des douaniers vous est familier ?

    Non, contrairement à Bouli (Lanners) dont le père était douanier. Je n’ai par exemple aucun souvenir vraiment marquant de mes passages de douane. Mais je me suis régalé à porter l’uniforme. Plus que devenir un douanier d’ailleurs, c’est jouer l’ordre qui m’a plu ! Dès que tu endosses l’uniforme, 80% du personnage est là.

    
    

    Justement, comment décririez-vous ce personnage que vous incarnez ?

    Ruben Vandevoorde n’est pas un mec costaud. Il fait peur parce qu’il peut tirer sur tout le monde sans la moindre hésitation. Or dans une comédie, c’est quand même gonflé de me faire tirer dès la quinzième minute dans le dos d’un mec. Je craignais d’ailleurs de provoquer l’antipathie des spectateurs avec cette scène. Mais, à la vision du film, je me suis rendu compte qu’elle déclenchait surtout la peur que va susciter ce douanier francophobe et raciste. Et elle aidait à comprendre, par ricochet, la hantise que le personnage de Dany a à lui avouer qu’il aime sa sœur !

    
    

    Et quel plaisir y a-t-il à jouer en duo avec Dany ?

    Son côté rieur. Tu as l’impression, quand il te regarde jouer, qu’il redécouvre son texte et le plaisir qu’il a eu à l’écrire. Il te laisse vraiment t’amuser. Mais pour ça, tu n’as pas besoin de changer ses dialogues. J’ai peut-être glissé quelques mots à moi par-ci par-là, mais toujours en plus de ce qui était écrit, pas pour remplacer quelque chose de mal foutu. Or Dany joue aussi juste qu’il écrit. C’est comme une voiture automatique. Si tu n’es pas capable de rouler avec une automatique, c’est que tu es vraiment une brêle !

    
    

    Quelle fut la scène la plus complexe à tourner pour vous ?

    Lorsque j’ai dû me lancer dans cette tirade où je commence par : «Comment ça il n’y a pas eu mort d’homme ?» et je poursuis par un récit de l’histoire de la Belgique. Depuis que je fais ce métier, c’est la seule fois où j’ai appris mon texte la veille du tournage. Sinon, comme je suis surtout instinctif, je préfère me plonger dedans dans la loge, juste avant le maquillage. Et quand je vois le résultat, j’admire vraiment la qualité du montage car tout paraît très juste et précis alors que j’ai vraiment ramé. Parce qu’à vouloir l’apprendre par cœur, j’ai fini par caler dedans.

    
    

    A l’inverse, quelle est la scène que vous avez préféré tourner ?

    Celle où, face à mon chef qui me reproche de ne pas aimer les Français, je réponds : «Moi, mais je suis le plus francophile des Belges». Pour quelqu’un comme moi qui adore Louis de Funès, c’est un bonheur de jouer avec une mauvaise foi sans borne tant dans les mots, que dans la voix et le regard. Car c’est vraiment une scène qui aurait pu se retrouver dans un de ses films. Jouer tous ces moments de mauvaise foi et de lâcheté, c’était vraiment du sur mesure pour moi !


    • Sortie : 26/01/2011
    Date de la publication électronique :07 December 2011
    Sources :

    Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé