Mon pire cauchemar  –  Anne Fontaine  –  2011

Fiche générale

Affiche
  • Pays de production :France
    Belgique
  • Genre : Comédie
  • Durée : 103 minutes
  • Producteur :Francis Boespflug
    Philippe Carcassonne
    Bruno Pesery
    Jérôme Seydoux
    Diana Elbaum (coproducteur)
    Sébastien Delloye (coproducteur)
    Patrick Quinet (coproducteur)
  • Production :Ciné-@
    Maison du Cinéma...
  • Numéro de visa : 126 687
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Anne Fontaine
  • Interprètes : Isabelle Huppert (Agathe)
    Benoît Poelvoorde (Patrick)
    André Dussollier (François)
    Virginie Efira (Julie)
    Corentin Devroey (Tony)
    Donatien Suner (Adrien)...
  • Scénario :Nicolas Mercier
    Anne Fontaine
  • Dialogues :Nicolas Mercier
    Anne Fontaine
  • Directeur de production :Frédéric Blum
  • Directeur de la photographie : Jean-Marc Fabre (images)
  • Compositeur de la musique : Bruno Coulais
  • Monteur : Luc Barnier
    Nelly Ollivault
  • Chef décorateur : Olivier Radot
  • Costumier : Catherine Leterrier
    Karen Muller-Serreau

Production

  • Pays de production :France
    Belgique
  • Producteur :Francis Boespflug
    Philippe Carcassonne
    Bruno Pesery
    Jérôme Seydoux
    Diana Elbaum (coproducteur)
    Sébastien Delloye (coproducteur)
    Patrick Quinet (coproducteur)
  • Production :Ciné-@
    Maison du Cinéma
    F.B. Productions
    Pathé
    M6 Films
    Entre Chien et Loup
    Artémis Productions
    RTBF (Télévision belge)
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Directeur de production :Frédéric Blum
  • Producteur associé :Florian Genetet-Morel
  • Avec la participation de :Canal+
    Cinécinéma
    M6
  • En association avec :Taxshelter.be
    Casa Kafka Pictures
    Dexia
    Belgacom

Fiche artistique

  • Réalisateur :Anne Fontaine
  • Scénario :Nicolas Mercier
    Anne Fontaine
  • Dialogues :Nicolas Mercier
    Anne Fontaine
  • Scripte :Aruna Villiers
  • Interprètes :Isabelle Huppert (Agathe)
    Benoît Poelvoorde (Patrick)
    André Dussollier (François)
    Virginie Efira (Julie)
    Corentin Devroey (Tony)
    Donatien Suner (Adrien)
    Aurélien Recoing de la Comédie-Française (Thierry)
    Eric Berger (Sébastien)
    Philippe Magnan (Le Principal)
    Bruno Podalydès (Marc-Henri)
    Samir Guesmi (L'inspecteur DDASS)
    Françoise Miquelis (La psychologue)
    Jean-Luc Couchard (Milou)
    Emilie Gavois Kahn (Sylvie)
    Serge Onteniente (le scénographe)
    Hiroshi Sugimoto (Sugimoto)
    Yumi Fujimori (La traductrice)
    Valérie Moreau (Evelyne)
    Antoine Blanquefort (L'adjoint au Maire)
    Arielle d'Ydewalle (Danseuse Carwash)
    Emeline Scatliffe (Danseuse Carwash)
    Jessica Lefèvre (Danseuse Carwash)
    Régis Romele (Peintre Fondation)
    Léa Gabriele (Mère d'élève)
    Laurence Colussi (Mère d'élève)
    Marie Boissard (Mère d'élève)
    Gilles Carballo (Père d'élève)
    Rose Cool (Cliente bar)

Fiche technique

  • Photographie :Jean-Marc Fabre (images)
  • Compositeur de la musique :Bruno Coulais
  • Ingénieur du son :Brigitte Taillandier
    Francis Wargnier
    Olivier Goinard
  • Monteur :Luc Barnier
    Nelly Ollivault
  • Chef décorateur :Olivier Radot
  • Costumier :Catherine Leterrier
    Karen Muller-Serreau
  • Maquilleur :Thi-Loan Nguyen
    Corinne Maillard
  • Casting :Pascale Béraud (A.R.D.A.)
  • Photographe de plateau :Jérôme Prébois
    Marcel Hartmann
  • Régisseur :Vincent Lefeuvre (A.F.R.)
  • Assistant réalisateur :Joseph Rapp (1er assistant réalisateur)
  • Coiffure :Frédéric Souquet

Résumé et notes

  • Genre : Comédie
  • Durée : 103 minutes

RÉSUMÉ

Elle habite avec son fils et son mari en face du Jardin du Luxembourg...

Il habite seul avec son fils à l’arrière d’une camionnette.

Elle dirige une prestigieuse fondation d’art contemporain... Il vit de petits boulots et d’allocations.

Elle a fait bac + 7... Il a failli faire 7 ans de prison.

Elle tutoie le Ministre de la Culture... Il tutoie toutes les bouteilles d’alcool qu’il rencontre.

Elle aime le débat d’idées... Il aime le sexe avec des inconnues à forte poitrine.

Ils ne se ressemblent pas du tout... Et se supportent encore moins.

Et pourtant…

D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

ENTRETIEN AVEC ANNE FONTAINE, REALISATRICE

Comment est né « Mon pire cauchemar » ?

Depuis quelques années, j’avais très envie de filmer une histoire autour d’un couple disparate. J’ai un lien de longue date avec Benoît Poelvoorde avec lequel j’ai tourné « Entre ses mains » et « Coco avant Chanel », et je désirais travailler avec Isabelle Huppert. Avec leur personnalité respective et l’image qu’ils renvoient, ils me semblaient les interprètes parfaits pour incarner Patrick et Agathe, deux personnages opposés qui se révèlent progressivement l’un à l’autre.


Le choix des comédiens était donc déterminant.

Plus que cela : je voulais ces deux acteurs et aucun autre ! Avec eux, j’étais certaine qu’une vérité du sentiment s’exprimerait, même si la relation entre leurs deux personnages n’a rien de «normale», selon les critères communément admis. Et il y avait un autre élément déclencheur, qui renvoie à une expérience personnelle…


C’est-à-dire ?

Il y a quelques années, mon fils a ramené à la maison un copain qui semblait véritablement «venu d’ailleurs». Mon fils l’avait intronisé son meilleur ami. Je m’interrogeais : comment se faisait-il que ce gamin paraisse si seul ? Tout semblait mystérieux. Et puis, j’ai découvert son père. Un personnage extravagant, qui évoluait dans une grande précarité sociale, mais ne se vivait pas comme victime. Et j’ai commencé à me demander comment évolueraient les relations entre deux familles complètement différentes, que leurs enfants auraient rapprochées plus ou moins par hasard. Le monde de l’enfance déplace les codes, nous interroge sur notre perception - parfois nos préjugés - des statuts sociaux... Même si j’avoue que, dans ce cas précis, je n’ai pas poussé bien loin le rapport.


Mais vous en avez fait un film…

Ce que je n’ai pas exploré dans la vraie vie, je l’ai imaginé en fiction, avec l’idée des rapports sociaux, des rapports à la culture, à la culpabilité… Bref, un bon sujet pour une comédie. Je n’avais abordé le genre qu’en partie avec « La Fille de Monaco », où le dernier quart d’heure virait au drame psychologique, comme si je résistais à la comédie. Là, je voulais vraiment aller jusqu’au bout du parcours, et maintenir jusqu’à la fin une vision ludique. C’est ce que j’ai essayé de faire avec Nicolas Mercier, mon coscénariste, avec lequel je travaillais pour la première fois.


Cette comédie raconte une histoire d’amour, sur fond de lutte des classes.

Une histoire d’amour improbable dans la vraie vie, mais la comédie autorise l’utopie ! Depuis « Nettoyage à sec », mes sujets renvoient souvent à la lutte des classes, même si mes personnages ne sont jamais complètement déterminés et vissés par leurs origines. « Mon pire cauchemar » oppose sur un mode léger le snobisme, la culture et la maîtrise de soi (qui touche en l’occurrence à une certaine frigidité affective) à l’apparente grossièreté, le sans-gêne, toute une façon directe et brutale d’être au monde. Sans le savoir, ces deux personnages se cachent derrière des protections et avancent au bord du gouffre. Ils ont organisé leur existence, l’un dans le chaos, l’autre dans le sur-contrôle, de manière à ce que rien ne puisse perturber leurs trajectoires. Leur rencontre les dévoile à eux-mêmes, et finit par les transcender. Ce qui est une définition de l’amour. Agathe s’entendra même dire à Patrick : «J’ai besoin de vous».


Les enfants jouent un rôle important dans « Mon pire cauchemar »

Le film jouant constamment avec les notions d’acquis et d’inné, il était difficile de ne pas évoquer le rapport à l’éducation... Je trouvais ironique d’imaginer que le fils de Patrick (un quasi analphabète qui a sans doute quitté l’école à 11 ans !) soit un surdoué et, à l’inverse, que le fils des bobos pétris de savoir classique affiche une indifférence totale vis-à-vis de la culture officielle, et ne se passionne que pour les jeux vidéo.


Comment avez-vous inventé toute cette galerie de bobos autours de Patrick et Agathe ?

C’est un mélange entre mes observations dans la vie et mes rencontres pour écrire le scénario. Je connais bien le milieu de l’édition, d’où le personnage de François, le mari d’Agathe incarné par André Dussollier. Cela m’amusait que l’auteur star de sa maison d’édition soit un écrivain plutôt médiocre. Ce sont des choses qui arrivent… J’ai aussi fréquenté les galeries d’art moderne, et, bien sûr, la très belle Fondation Cartier (dont les responsables nous ont laissé l’usage avec beaucoup de fairplay). Quant à la photo en noir et blanc, qui joue un rôle déterminant dans la relation des deux personnages principaux, je tenais à ce que ce soit une «vraie» œuvre d’art, pas un accessoire de cinéma. C’est donc son auteur, Hiroshi Sugimoto, qui joue son propre rôle dans « Mon pire cauchemar » ! Il avait vraiment photographié Isabelle en train de regarder la pianiste, la photo que l’on voit à de nombreuses reprises dans le film. Cette image très particulière, cette spectatrice solitaire, cet «écran blanc qui n’est pas vraiment blanc», est comme une métaphore de la relation amoureuse entre Agathe et Patrick, de leur éloignement initial, du chemin qu’ils ont à parcourir pour se trouver... J’ai contacté Sugimoto en me disant que, s’il avait de l’humour, il accepterait peut-être d’apparaître... Il a d’ailleurs insisté pour «saccager» la photo de sa propre main, et dessiner lui-même le graffiti final. Mais je ne voulais pas faire une satire sur l’art contemporain et l’univers des bobos parisiens. Je désirais une toile de fond la plus éloignée possible de «l’esthétique», appelons-la ainsi, du personnage joué par Benoît.


Parlons des acteurs. Comment avez-vous travaillé avec Benoît Poelvoorde ?

Je connais sa fantaisie et sa sensibilité. Et j’ai mis pas mal de notre relation personnelle dans le film. Avant d’écrire le script, on a fait des séances de travail. Je lui ai demandé de s’impliquer très en amont pour que la tonalité générale de « Mon pire cauchemar » ressemble à ce qui peut parfois se produire entre nous. Au début du film, je voulais que l’opacité de son personnage vienne paradoxalement de son apparente absence de mystère, son côté «tout d’un bloc», sans zone d’ombre, ni retenue. On devait se sentir comme Agathe : au bord de la fuite, et espérant secrètement que ça s’arrête. Sauf que c’est Benoît qui joue Patrick, et ça change tout ! La même partition entre les mains d’un autre acteur, on ne sentirait pas forcément que le personnage a une profonde blessure, qui va se révéler peu à peu et le rendre touchant. On serait dans une pure mécanique du gag qui ne m’intéresse pas. J’aime la comédie humaine, celle où la vérité de l’acteur éclaire l’ambiguïté du personnage. Sans Benoît, je n’aurais pas écrit le film. Et la même remarque s’applique à Isabelle Huppert. Elle n’a pas eu peur d’apparaître au départ furieusement antipathique.


Vous désiriez travailler depuis longtemps avec elle ?

Elle avait aimé « Entre ses mains » et désirait que l’on collabore. Je savais que si je devais la diriger, ce ne serait pas sur un projet dramatique, car je ne voyais pas grand chose à lui apporter dans ce registre. Elle a tourné peu de comédies, je trouvais donc intéressant de l’entraîner sur ce terrain. Elle est une référence, une immense actrice qui peut parfois donner l’impression d’évoluer dans sa tour d’ivoire. Moi qui l’avais vue plusieurs fois se marrer comme une gamine, ça m’amusait de jouer avec son image. Elle s’est complètement mise à la disposition du personnage. C’est formidable de rencontrer quelqu’un qui aime le jeu à ce point.


Et André Dussollier ? Et Virginie Efira, dont le personnage séduit tous les hommes ?

André n’avait jamais tourné avec Isabelle, ce qui est inouï quand on connait leurs carrières respectives. J’ai donc décidé de les marier. J’ai écrit pour lui, en utilisant là encore l’image qu’il renvoie : ce charme velouté, cette classe naturelle qui dissimule parfois un refus de l’affrontement, et une certaine indécision. Il a ri, et m’a dit «D’accord, mais vas-y vraiment : force le trait !». André a un potentiel comique considérable. Et le contraste avec Benoît me paraissait idéal... Même leur rapport au langage participe d’une opposition : Patrick utilise les mots comme agression, François comme protection...

Pour le personnage de Julie, il fallait une fille naturelle, sexy, pleine de santé. On devait y croire. Virginie est une comédienne à la fois sensuelle et très juste. Avec sa fraîcheur, son côté populaire, et une sorte de tolérance décontractée, on lui accorde naturellement confiance. En quelques scènes, elle a parfaitement conduit Julie de la fiancée idéale à la cinglée redoutable...


Le film est très physique. Patrick perce les murs au sens propre comme figuré. Il saccage d’abord l’appartement d’Agathe…

Benoît rend crédible les choses physiques. Je voulais que l’on rentre dans le film de façon simple, directe, concrète, en faisant l’économie des explications psychologiques. Le mari, avec sa bonne conscience de gauche, accueille bien sûr avec une exquise politesse l’ouvrier qui vient travailler chez lui. Cet appartement glacial qui ressemble à un musée, Patrick lui insuffle de la vie, à sa manière.


Les dialogues sont très crus…

Quelques-uns ont été trouvés par Benoît, mais la majeure partie est de Nicolas Mercier et moi. Parfois, on se demandait si nous n’allions pas trop loin. Quand Patrick lance à Agathe : «Mais comment tu fais au lit avec un cul gelé pareil ?», je me demandais comment Isabelle allait réagir. Quand elle a découvert le scénario, elle a eu un petit choc. Mais, à la relecture, elle a trouvé ça drôle. Je l’avais prévenue : son personnage est un mélange d’elle et de moi. Ça l’a rassurée. Et puis, Agathe gagne en humanité à mesure que le film avance. Isabelle incarne finalement une femme perdue, prisonnière de sa construction narcissique. Agathe, comme Patrick, a sacrifié ses émotions à une image de soi, et, comme lui, n’a pas pu en guérir.


Agathe et Patrick se vouvoient durant tout le film, ou presque…

Pour moi, c’était une évidence ! Le vouvoiement est beaucoup plus sexy, érotique…


Le film avance souvent à un rythme frénétique.

Patrick, tout comme Benoît d’ailleurs, ne tient pas en place. C’est un tourbillon, et la mise en scène devait rendre compte de ce mouvement permanent qui bouscule les défenses immunitaires. Patrick est envahissant : c’est un prédateur, il entraîne tous les autres personnages à se déplacer, même le mari qui, avec Julie, va peut-être découvrir un autre cauchemar ! Dès que Patrick apparaît, le rythme du film s’accélère.


Ce prédateur a un rapport compliqué à lui-même. « Je suis toxique pour tout le monde », dit-il, ou encore « Je ne laisse personne me mépriser sauf moi-même ».

Patrick maquille son désespoir dans l’excès. Il boit, c’est un noceur, mais il connaît par cœur la mélancolie de l’après noce. Cette dimension un peu douloureuse était inévitable. Dans la comédie, plus les situations sont excessives, plus la vérité est nécessaire. Benoît et Isabelle, chacun à leur manière, sont les garants de cet équilibre...


  • Sortie : 09 novembre 2011
Date de la publication électronique :19 décembre 2011
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé