Somewhere  –  Sofia Coppola  –  2011

Fiche générale

  • Durée : 98 minutes
  • Producteur :G. Mac Brown
    Roman Coppola
    Sofia Coppola
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Sofia Coppola
  • Interprètes : Stephen Dorff (Johnny Marco)
    Elle Fanning (Cleo)
    Chris Pontius (Sammy)
    Kristina Shannon (Bambi)
    Karissa Shannon (Cindy)
    Lala Sloatman (Layla)
    Amanda Anka (Marge)
    Ellie Kemper (Claire)...
  • Scénario :Sofia Coppola
  • Producteur exécutif :Francis Ford Coppola
    Paul Rassam
    Fred Roos
  • Directeur de la photographie : Harris Savides (ASC)
  • Compositeur de la musique : Phoeni
  • Monteur : Sarah Flack (A.C.E.)
  • Chef décorateur : Anne Roos
  • Costumier : Stacey Battat

Production

  • Producteur :G. Mac Brown
    Roman Coppola
    Sofia Coppola
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Producteur exécutif :Francis Ford Coppola
    Paul Rassam
    Fred Roos

Fiche artistique

  • Réalisateur :Sofia Coppola
  • Scénario :Sofia Coppola
  • Interprètes :Stephen Dorff (Johnny Marco)
    Elle Fanning (Cleo)
    Chris Pontius (Sammy)
    Kristina Shannon (Bambi)
    Karissa Shannon (Cindy)
    Lala Sloatman (Layla)
    Amanda Anka (Marge)
    Ellie Kemper (Claire)
    Michelle Monaghan (Rebecca)

Fiche technique

  • Photographie :Harris Savides (ASC)
  • Compositeur de la musique :Phoeni
  • Ingénieur du son :Richard Beggs
  • Monteur :Sarah Flack (A.C.E.)
  • Chef décorateur :Anne Roos
  • Costumier :Stacey Battat
  • Casting :Courtney Bright
    Nicole Daniels
  • Régisseur :Youree Henley

Résumé et notes

  • Durée : 98 minutes

RÉSUMÉ

Les joies d’une vie de star : à Hollywood, au légendaire hôtel Château Marmont, l’acteur Johnny Marco est seul même quand il est entouré. Il collectionne les filles, dont il oublie aussitôt les prénoms, enchaîne les fêtes, où il boit trop. S’il quitte l’hôtel, c’est pour conduire sa Ferrari ou passer des essais pour son prochain rôle. Et si Johnny, déboussolé par la célébrité, tournait en rond ?

Un matin, son ex-femme lui envoie Cleo, sa fille de 11 ans. Forcés de cohabiter, le père très absent et la jeune fille très précoce apprennent à se connaître. Ils se découvrent complices, filent en Italie où Johnny doit faire la promo de son dernier film. Cleo aurait-elle le pouvoir de remettre son père sur les rails d’une vie plus riche de sens ?

D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

-A PROPOS DE SOMEWHERE

Stephen et Elle

Stephen Dorff, qui joue le rôle de Johnny Marco, le personnage principal, déclare : «Après avoir fait une trentaine de films, j’ai reçu ce rôle comme un cadeau. « Somewhere » est un film à part : poétique, tendre, et dans le plus pur style de Sofia. Je ne m’y attendais pas du tout. Sofia, que je connais depuis des années mais à qui je n’avais pas parlé depuis un moment, m’a appelé et m’a demandé si elle pouvait m’envoyer le scénario de son nouveau film. Je l’ai lu et le lendemain, je l’ai rappelée pour lui proposer de venir la voir à Paris sur-le-champ pour parler du film avec elle. Lors de ma dernière soirée à Paris, Sofia m’a téléphoné pour me dire que j’avais le rôle. J’ai hurlé de joie. À l’instant où j’ai raccroché, la Tour Eiffel s’est illuminée.»

L’acteur avoue : «Je sais ce que c’est que de vivre comme Johnny Marco. Je comprends qui il est. J’ai moi aussi eu mes périodes de glande. Au début du film, Johnny est perdu dans un train-train et un mode de vie décadent. C’est un type sympa mais il boit, et il avale des tas de pilules. Je ne crois pas qu’il soit fier des films qu’il a faits, à l’image du dernier, « Berlin Agenda ». Soudain, sa fille débarque et bien qu’il se sente incapable d’assumer, il passe plus de temps avec elle qu’il n’en a jamais passé depuis qu’elle est née, plus d’un après-midi en tout cas. Sofia et moi avons discuté du parcours de Johnny, j’étais donc en mesure de visualiser d’où il part et où il va dans sa relation avec sa fille, presque adolescente. On a filmé beaucoup de scènes dans la continuité, c’était formidable.»

Stephen avoue : «Je suis toujours un peu anxieux avant de commencer un tournage. Mais je dois reconnaître que sur celui-là, j’avais le sentiment de savoir exactement ce que je devais faire. J’en avais eu conscience dès la lecture du scénario.»

Une fois Stephen Dorff choisi, ce dernier a fait des essais avec Elle Fanning, la première sur la liste des actrices pressenties pour le rôle de sa fille, Cleo, préado futée. «Nous sommes allés directement à l’essentiel de la relation entre Stephen et Elle, sans stress ni tension», précise G. Mac Brown. La jeune actrice s’est vue officiellement offrir le rôle à la fin de cette même journée.

Il était capital pour la réalisatrice que la relation père-fille paraisse authentique à l’écran. Elle a donc fait en sorte que Stephen Dorff et Elle Fanning passent du temps ensemble avant le début du tournage. Elle Fanning raconte : «Stephen et moi avons beaucoup en commun. Il a fréquenté la même école que moi. On se ronge tous les deux les ongles. On est tous les deux originaires de Géorgie et on aime tous les deux nos aliments bien cuits - on aime quand ça croustille ! On a construit une relation père-fille qui perdure en dehors du tournage.»

Bien qu’âgée de 11 ans seulement lors du tournage, Elle Fanning a commencé à tourner dans des films depuis qu’elle sait parler. À la lecture du scénario, elle a trouvé que « Somewhere » était «un film où tout semblait réel, y compris la relation de Cleo avec son papa.» Comme Stephen Dorff, Elle Fanning a des appréhensions avant de mettre les pieds sur un plateau. Mais sur « Somewhere », elle ne s’est jamais sentie angoissée ou bousculée. «Si on avait quelque chose à dire, si une idée nous venait, il suffisait d’en parler à Sofia et elle nous écoutait. Si Stephen et moi avions un moment de complicité hors caméra, on lui demandait si on pouvait l’intégrer à une scène. C’est l’une des personnes les plus adorables que j’aie jamais rencontrées, elle ne nous met jamais la pression, elle obtient ce qu’elle veut sans crier.»

Quand on lui demande comment elle s’est préparée pour les scènes les plus émouvantes du film, Elle Fanning répond simplement : «Je le fais, c’est tout. Je me mets à la place du personnage. Jouer, c’est faire semblant et être naturelle - et rester ouverte à tout ce qui peut arriver.» «Sofia, qui est à la fois carrée et ouverte à la discussion, a su créer une base solide dans laquelle Elle et moi avons pu puiser. Cela fait bien longtemps que je n’avais pas été sur un plateau où il n’y a aucun moniteur vidéo. Sofia nous regardait toujours, nous», rajoute Stephen.

Chris Pontius

Alors qu’il était pressenti pour le rôle de Sammy, le meilleur ami de Johnny Marco, Chris Pontius se souvient avoir reçu un coup de fil lui annonçant que Sofia voulait le voir. «Je ne l’avais pas vue depuis longtemps. Après avoir discuté, elle m’a dit qu’elle songeait à moi pour le rôle d’un type un peu barge mais qui n’a pas mauvais fond. J’ai rencontré le producteur exécutif, Fred Roos, et les gens de la distribution, et j’ai tout de suite vu que Fred avait du métier. Quand je suis rentré à la maison, j’ai cherché ce qu’il avait fait sur Internet. Et je suis content de ne rien avoir su avant mon rendez-vous, sinon j’aurais flippé ! Une semaine plus tard, on m’a annoncé que j’étais engagé sur le film et j’ai halluciné.»

Tout en reconnaissant qu’il est plus connu pour sa participation à l’émission de télévision «Jackass» et aux films qui en ont été tirés, ou pour sa propre émission de téléréalité «Wildboyz», Chris Pontius commente d’un air songeur : «Ce que je fais dans “Jackass” et “Wildboyz”, c’est essentiellement de l’improvisation et de la déconnade, même si on écrit la ligne directrice de ce qu’on va filmer. Dans le scénario de « Somewhere », mon personnage n’avait que quelques lignes de dialogue et j’étais donc censé improviser largement. Je me suis inventé des histoires et remémoré des anecdotes que j’ai gardées en tête pour le tournage.»

«Parfois, j’arrivais sur le plateau avec une idée précise en tête, mais au fil de la scène, elle était balayée par l’intervention de l’un de mes partenaires. J’ai même pris un malin plaisir à choquer Elle. Je lui ai raconté des trucs complètement déments dans certaines scènes. Mais je sais quand on peut être vulgaire et quand il ne vaut mieux pas.»

L’hôtel

«Le Château Marmont n’autorise pas beaucoup de tournages», fait remarquer Brown qui a mené des négociations avec l’hôtel très en amont. «Quand ils acceptent, ils font payer des droits très élevés et le tournage doit se faire de nuit. Mais ça n’a pas été le cas pour « Somewhere ».» Le directeur général du Château Marmont, Philip Pavel, explique : «Nous avons déjà eu de grosses équipes de tournage au Château mais cela ne concernait que deux ou trois courtes scènes. Sofia Coppola a pris contact avec le propriétaire de l’hôtel, André Balazs. Il a eu immédiatement confiance dans la perception qu’elle a de ce qui fait la particularité du Château et il était sûr qu’elle saurait le traduire à l’écran.»

«Ce qui m’a plu, c’est l’attachement de Sofia pour Romulo Laki. Il travaille au Château depuis plus de trente ans et on le surnomme “le serveur chantant”. Il adore donner la sérénade aux clients en jouant de la guitare. Sofia se souvenait qu’il lui avait un jour chanté Teddy Bear dans le hall et a intégré cette anecdote à son scénario. Je suis enchanté que les gens voient cette scène parce que ce côté attendrissant du Château est méconnu. Je crois que c’est ce qui fait l’esprit du lieu. On s’y sent comme à la maison, dans une atmosphère chaleureuse et rassurante.» Il ajoute : «Le Château était à l’origine une résidence composée d’appartements de luxe. Nous disposons donc de grandes suites équipées de cuisines. Chaque chambre a le charme d’un vieil appartement new-yorkais ou angeleno. Il est donc aisé de comprendre ce qui pousse les artistes de passage à Los Angeles à vouloir y résider.»

Roman Coppola trouve lui aussi que le Château est un très bel endroit. «J’ai des souvenirs très chers du Château Marmont. C’est un microcosme, paisible et très européen. C’est un lieu chargé d’histoire et qui a beaucoup de caractère.» Stephen Dorff se souvient avoir vécu au Château Marmont quatre ou cinq mois. «J’y ai fêté mon vingt-et-unième anniversaire. Je me souviens que ça a toujours été un endroit à la mode mais pas à ce point-là. Aujourd’hui, c’est un lieu branché de la nuit.»

Sofia Coppola a pensé que l’acteur aurait plus de facilité à se plonger dans l’univers de son personnage s’il s’installait de nouveau au Château. Stephen Dorff raconte : «C’était excitant de se retrouver au Château et de ne pas rentrer chez moi chaque soir. En vivant là-bas, comme je croisais des gens que je connaissais ou qui me reconnaissaient, j’ai pu imaginer ce que Johnny ressentait. Tous les soirs, je me demandais : “Je sors pour dîner ? Je joue du piano ? Je descends ? Je vais voir un film ?” Souvent je me disais : “Oh, j’ai envie de ne voir personne, je vais me commander quelque chose au room service”.»

La décoratrice Anne Ross qui avait déjà travaillé avec Sofia Coppola révèle : «Sofia et moi commençons toujours à travailler à partir des détails. Elle y accorde beaucoup d’importance. Pendant la préparation du film, elle crée un carnet dans lequel elle rassemble des idées et des images qui l’inspirent. À l’aide de son équipe, elle réalise ainsi le film qu’elle avait dans la tête. Elle a une vision précise de ce qu’elle veut, c’est pour ça que j’aime collaborer avec elle.»

«L’objectif de « Somewhere » était de rendre telle quelle l’aura du Château, sans que le public ait l’impression qu’on y ait modifié quoi que ce soit. Comme si on avait simplement posé notre caméra et filmé. On a pourtant dû apporter quelques modifications pour faciliter le tournage. Mais nous l’avons fait en préservant l’essence du lieu. L’hôtel est après tout un personnage à part entière. Pendant le tournage, nous en avons appris plus sur son histoire.» Les transformations apportées ont été discrètes. «Dans une chambre d’hôtel, on s’attend à avoir une grande télévision», dit Anne Ross. «Mais au cinéma, un grand téléviseur mange le cadre. Nous avons aussi dû changer tous les tableaux dans la chambre de Johnny car nous n’avions pas les droits sur les œuvres d’art existantes. Nous en avons choisi d’autres dans le même esprit.»

La palette de couleurs du Château Marmont étant très neutre, Anne Ross a misé sur des touches de couleur vive pour découper l’espace. Elle rapporte que la production a baptisé une des couleurs “le jaune « Somewhere »” : «un jaune pétant et acidulé que nous avons tenté d’intégrer aux décors ou de choisir pour les accessoires.»

Les costumes

Le travail sur la couleur effectué par Anne Ross a rejoint celui de la costumière Stacey Battat. «Bien que nous n’ayons jamais travaillé ensemble auparavant, Stacey et moi connaissons si bien Sofia que nous avons été tout de suite sur la même longueur d’ondes. Sofia sait ce qu’elle veut. Elle donne calmement son avis sur ce qui lui plaît ou lui déplaît.» «Stacey me montrait les costumes de Cleo et mon équipe travaillait à compléter ses tenues par des accessoires. Quand Cleo apparaît, elle apporte de la couleur, littéralement. Comme nous n’avons pas eu à construire de décors, nous avons dû adapter notre palette à celle du Château Marmont.»

Pour le style vestimentaire de Johnny Marco, Sofia Coppola a demandé à Stacey Battat de s’inspirer des photos de Bruce Weber et du film de Gus Van Sant « My own private Idaho ». «Nous voulions que Johnny porte des chaussures de chantier et celles qu’il arbore dans le film sont des Red Wings originales de 1940. Nous voulions évoquer Marlon Brando, avec ses T-shirts et ses vieux Levi’s. Bien que Johnny Marco soit une star d’aujourd’hui, il porte des vêtements intemporels.»

Pour le personnage de Cleo, Stacey Battat a pris plus de liberté. «Même si le personnage est en partie inspiré d’une jeune fille de cet âge, Sofia et moi avons décidé que Cleo devait illustrer l’idée que nous nous faisions d’une fille de 11 ans. Par certains aspects, elle se comporte comme une adulte. Ce n’est pas qu’elle s’habille comme une adulte mais elle a un style plus affirmé et plus chic qu’une enfant de son âge. Par exemple, elle porte un petit bracelet Hermès.»

Les tenues préférées de Stacey Battat sont celles des jumelles. «C’était un défi difficile à relever : elles devaient être sexy sans être vulgaires. Pour la tenue de tennis, nous avons cherché longtemps avant de trouver ce que nous voulions, en particulier les chaussures de sport à talons hauts. Une de mes séquences préférées est celle de la remise des Telegatti pour laquelle nous avons visionné un DVD de la vraie cérémonie de l’année 2008. Aux Telegatti, Cleo est assise dans le public et le contraste avec les gens qui l’entourent est frappant. Elle a l’air très naturelle, à l’opposé des autres, avec leurs paillettes, leurs robes glamour et leur bronzage ; ces derniers incarnent à mes yeux le côté excessif de la vie de Johnny alors que Cleo est une âme pure.»

Stacey Battat ajoute : «On doit toujours prendre en compte le fait que certaines idées ne fonctionneront pas à l’écran. Mais avec Harris Savides, tout fonctionne ou presque, car c’est un grand directeur de la photographie. Il peut éclairer une scène de telle sorte que le blanc ne soit pas trop éclatant et que les rayures ne vibrent pas.»

Le montage

Producteur chevronné, G. Mac Brown trouve que « Somewhere » recèle d’instants suspendus qu’on n’a plus l’occasion de voir dans le cinéma actuel. «Il y a une scène dans laquelle Johnny allume une Camel et la fume en temps réel, en un plan séquence. Elle intervient à un moment du film où l’on est embarqué avec le personnage et où l’on comprend exactement où il en est dans son cheminement.»

«Je sais que Harris, Sofia et Sarah Flack, la monteuse, sont tous d’accord sur un point : quand on dit “coupez” ou qu’on coupe dans le film, on bride l’émotion plutôt que de laisser le spectateur la vivre. Dans « Somewhere », la façon de filmer et la narration sont faites pour laisser l’émotion s’exprimer et les scènes se dérouler naturellement. Cela libère tout le monde.»


  • Sortie : 05 janvier 2011
Date de la publication électronique :22 December 2011
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé