Showgirls  –  Paul Verhoeven  –  1996

Fiche générale

  • Pays de production : USA
  • Durée : 131 minutes
  • Producteur : Alan Marshall
    Charles Evans
    Ben Myron (coproducteur)
  • Production : Carolco Pictures
    Chargeurs...
  • Numéro de visa : 88740
  • Distribution : A.M.L.F.
  • Réalisateur : Paul Verhoeven
  • Interprètes : Elizabeth Berkley (Nomi Malone)
    Kyle MacLachlan (Zack Carey)
    Gina Gershon (Crystal Connors)
    Glenn Plummer (James Smith)
    Robert Davi (Al Torres)
    Alan Rachins (Tony Moss)
    Gina Ravera (Molly Abrams)
    Lin Tucci (Henrietta "Mama" Bazoom)...
  • Scénario : Joe Eszterhas
  • Producteur exécutif : Mario Kassar
  • Directeur de production : Robert Latham Brown
  • Directeur de la photographie : Jost Vacano
  • Compositeur de la musique : David A. Stewart
  • Monteur : Mark Goldblatt
    Mark Helfrich
  • Chef décorateur : Allan Cameron
  • Costumier : Ellen Mirojnick (créateur de costumes)
    Deborah Hopper (superviseur costumes)...

Production

  • Pays de production : USA
  • Producteur : Alan Marshall
    Charles Evans
    Ben Myron (coproducteur)
  • Production : Carolco Pictures
    Chargeurs
    United Artists
    Vegas Productions
  • Distribution : A.M.L.F.
  • Producteur exécutif : Mario Kassar
  • Directeur de production : Robert Latham Brown
  • Assistant de production : Mike Anzalone
    Greg Wilson
  • Producteur associé : Lynn Ehrensperger
  • Coordinateur production : Daren Hicks
  • Assistant Mr. Verhoeven : Stacy Lumbrezer

Fiche artistique

  • Réalisateur : Paul Verhoeven
  • Scénario : Joe Eszterhas
  • Interprètes : Elizabeth Berkley (Nomi Malone)
    Kyle MacLachlan (Zack Carey)
    Gina Gershon (Crystal Connors)
    Glenn Plummer (James Smith)
    Robert Davi (Al Torres)
    Alan Rachins (Tony Moss)
    Gina Ravera (Molly Abrams)
    Lin Tucci (Henrietta "Mama" Bazoom)
    Greg Travis (Phil Newkirk)
    Al Ruscio (Mr. Karlman)
    Patrick Bristow (Marty Jacobsen)
    William Shockley (Andrew Carver)
    Michelle Johnston (Gay Carpenter)
    Dewey Weber (Jeff)
    Rena Riffel (Penny / Hope)
    Melisa Williams (Julie)
    Ungela Brockman (Annie)
    Melinda Songer (Nicky)
    Lance Davis (Bell Captain)
    Jack McGee (Jack Stagehand)
    Jim Ishida (Mr. Okida)
    Bobbie Phillips (Dee)
    Danté McCarthy (Carmi)
    Caroline Key Johnson (Nadia)
    Joan Foley (Jail Matron)
    Terry Beeman (Felix)
    Kevin Alexander Stea (Daryl)
    Lisa Boyle (Sonny)
    Alexander Folk
    Matt Battaglia (garde du corps de Andrew Carver)
    Teo (garde du corps de Andrew Carver)
    Melanie Van Betten
    Alexander Zale (docteur)
    Irene Olga Lopez
    Julie Pop (infirmière)
    Pamela Anderson (chanteuse)
    Jacob Witkin
    Jana Walker (secrétaire)
    Christina Robinette (réceptionniste)
    Jim Wise
    Michael Shure
    Geoff Callan
    Rick Marotta
    Paul Bates
    Michael Cooke
    Jean Barrett
    Gary Devaney
    Gene Ellison-Jones
    Fernando Celis
    Bob Dunn
    Ashley Nation
    Cory Melander
    Sean Breen
    Elizabeth Kennedy
    Katherine Manning
    Warren Reno
    Ken Enomoto
    Y. Hero Abe
    Rodney Ueno
    Kathleen McTeague
    Kristen Knittle
    Sage Peart
    Michael Washington
    Sebastian La Cause
    Debbie Ables
    Lindsley Allen
    Bryan Anthony
    Christopher D. Childers
    Tyce Diorio
    Eric L. Ellis
    Carrie Ann Inaba
    Deena Grassia
    John Jacquet Jr.
    Laurie Kanyok
    Caitlin McLean
    Suzi McDonald
    Lisa Ratzin
    Salvatore Vassallo
    Kim Wolfe
    Jamy Woodbury
    Jason Yribar
    Judette Warren
    Lonetta Pugh
    Maria Diaz
    Madison Clark
    Bethany Chesser
    Kelly St. Romaine
    Danielle Burgio
    Micki Duran
    Michelle Elkin
    Neisha Folkes-LeMelle
    Andrea Moen
    Nancy O'Meara
    Sandra Plazinic
    Laurie Sposit
    Tonya Tovias
    Michelle Zeitlin
    Chris Tedesco
    Larry Washington
    Patrick Seymour
    Robb Vallier

Fiche technique

  • Photographie : Jost Vacano
  • Directeur artistique : William F. O'Brien
  • Compositeur de la musique : David A. Stewart
  • Ingénieur du son : Joseph Geisinger
    Joseph A. Brennan
  • Effets spéciaux : Corey Pritchett
    Burt Dalton (coordinateur effets spéciaux)
  • Monteur : Mark Goldblatt
    Mark Helfrich
  • Chef décorateur : Allan Cameron
  • Costumier : Ellen Mirojnick (créateur de costumes)
    Deborah Hopper (superviseur costumes)
    Robin Borman
    Ann Culotta
  • Son : Dolby SRD
  • Monteur son : Marvin Walowitz
    Elliott Koretz
  • Chorégraphie : Marguerite Pomerhn-Derricks
    Michelle Elkin (assistant chorégraphe)
    Andrea Moen (assistant chorégraphe)
    Nancy O'Meara (assistant chorégraphe)
  • Maquilleur : David Forrest
    Diane Cummings (body makeup)
    Laura De'Atley (body makeup)
  • Casting : Elaine J. Huzzar (distribution des rôles)
    Johanna Ray (distribution des rôles)
  • Photographe de plateau : Murray Close
  • Assistant réalisateur : Ellen H. Schwartz (1er assistant réalisateur)
    Maggie Murphy (2nd assistant réalisateur)
  • Décorateur de plateau : Richard C. Goddard
  • Coiffeur : Marie-Ange Ripka
  • Contremaître général : Karen Higgins
  • Assistant directeur artistique : Gary A. Lee
    John Leimanis
    James E. Tocci
  • Coordinateur département artistique : Laura M. O'Brien
  • Coordinateur de construction : Stacey S. McIntosh
  • Perchman : Raul A. Bruce
  • Coordinateur de cascades : Gary Combs
  • Opérateur caméra : Larry Mconkey
  • Etalonneur : Bob Putynkowski
  • Superviseur musique : Robin Glenn
  • Consultant musique : Peter Afterman

Résumé et notes

  • Durée : 131 minutes

RÉSUMÉ

Nomi, surgie de nulle part, arrive à Vegas pour échapper à son passé et réaliser son rêve : devenir danseuse.

Elle débute dans une boîte de strip tease mais douée d'un réel talent et d'une absence de pudeur elle se trouve rapidement plongée au coeur des grands shows.

Dans cet univers d'ambition et de pouvoir Nomi poursuit son rêve de gloire, gravissant les échelons un à un.

Dans son ascension que rien ni personne ne parvient à freiner, Nomi peut-elle réussir sans y perdre son âme et son identité?

D'après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Interdit aux moins de 12 ans

Extrait du livre PATHE 1990-2010, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

ENTRETIEN DE PAUL VERHOEVEN AVEC NEV PIERCE

Le Prince des showgirls, rencontre avec Paul Verhoeven

Paul Verhoeven se remémore les grands moments de son film culte le plus haut en couleurs et les controverses et les débats qu’il a déclenchés.

L’art se doit d’être dangereux. Il doit agir comme un révélateur ou offrir une perspective nouvelle. Il peut aussi être dérangeant. Ce n’est pas ce que les studios veulent aujourd’hui. Ces dix dernières années, en particulier aux Etats-Unis, il est devenu très difficile de monter des films qui aient un sens – un sens à mes yeux, en tout cas ! J’ai le sentiment que le cinéma a cessé d’être un art – un art annexe, du moins – pour se réduire à une forme de divertissement.

J’aime énormément les gens qui se passionnent pour le cinéma. C’est l’impression que m’a faite Jérôme Seydoux, aussi bien sur « Showgirls » que sur « Black Book ». Nous parlions de films et de peinture et il m’a semblé que c’était un homme pour qui l’art revêtait une importance capitale. On ne peut pas toujours employer le mot « art » pour désigner le cinéma, mais à mes débuts, je me voyais comme un artiste. Je ne m’imaginais pas travailler pour un grand groupe de divertissement. Il a fallu que je m’adapte à l’industrie américaine du cinéma dans les années 1980. Mais la plupart des films que j’ai faits à Hollywood, en particulier « RoboCop » et « Starship Troopers », m’ont permis de faire « mon truc ». Ces dix dernières années, pourtant, je n’ai plus eu le sentiment de faire « mon truc » mais de devoir faire « leur truc ». J’ai connu une période de dépression après « Hollow Man ». J’avais l’impression de m’être perdu en faisant ce film - il était complètement impersonnel. « Black Book » a été une échappatoire. Je me sens davantage chez moi en Europe. Je suis arrivé aux Etats-Unis assez tard : j’avais 48 ans. Mon cœur demeurera toujours plus européen qu’américain.

J’ai du mal à déterminer si « Showgirls » était bon ou mauvais, ou simplement mal compris, sous-estimé ou que sais-je encore… Il était très clair pour Joe Eszterhas, l’auteur, et moi-même que notre vision de Las Vegas était celle d’une certaine Amérique, une Amérique dénuée de toute morale. C’était l’idée. Tous les personnages de « Showgirls » sont malfaisants – un seul est du bon côté, Molly, l’Afro-Américaine qui vient en aide à l’héroïne, Nomi. Et en récompense de sa gentillesse, elle se fait violer. Les gens ont dit : « On a aimé Showgirls, mais c’était dommage, ce viol… il était beaucoup trop réaliste. » Mais ce viol est important parce qu’il établit clairement le genre d’abus qui sont monnaie courante à Las Vegas et, d’une certaine manière, on peut le voir comme une métaphore des Etats-Unis.

La partie la plus intéressante du travail sur « Showgirls » fut sa préparation. Joe et moi sommes allés à Las Vegas six ou sept fois, interroger tout le monde. Chaque détail du film est basé sur ces entretiens. Nous avons rencontré des showgirls, des strip-teaseuses, des directeurs d’établissement, des chorégraphes et des patrons de casino. Nous avons interrogé entre soixante et soixante-dix personnes ; c’était passionnant parce qu’on obtenait ainsi des informations de première main sur la façon de penser de ces gens et le parcours qui les avait menés jusque-là. Ce sont les souvenirs qui me sont le plus cher, parce qu’ils satisfaisaient ma curiosité. Je pense que la curiosité est un don – surtout chez un artiste. Alors, ce qui m’a le plus marqué sur ce film, c’est cette période de préparation. Nous allions d’un hôtel à l’autre, d’un casino à l’autre, puis d’une boîte de nuit à un club porno, assistant à des lapdances et écoutant les témoignages de ces femmes. Un autre souvenir me revient : un jour que nous tournions dans un casino, un membre de l’équipe, pour patienter entre deux prises, a parié de l’argent sur je ne sais quoi et a gagné une voiture !

Le tournage en lui-même fut un beau travail d’équipe. C’était formidable d’être entouré de tant de danseurs et danseuses de talent. Et mon directeur de la photographie, Jost Vacano, s’est permis toutes les audaces avec ces couleurs chatoyantes. J’ai donc un bon souvenir du tournage de ce film… J’ai simplement été pris à contre-pied par les retours lors de sa sortie. Cela m’était déjà arrivé, bien sûr. En Hollande, mon cinquième film, « Spetters » – qui parlait de jeunes inconditionnels de motocross – avait rencontré le même accueil agressif de la part des critiques et de tous ceux dont l’avis comptait un tant soit peu dans le pays. Pendant plus d’un an, on n’entendait partout que des commentaires haineux à propos de « Spetters ». Aujourd’hui, trente ans plus tard, le film est perçu comme un très intéressant portrait de la jeunesse d’alors. Mais si vous les aviez entendus à l’époque ! C’est exactement le même phénomène qui s’est produit avec « Showgirls ». Pourtant, je n’étais pas préparé à la violence de ces réactions – elles m’ont atteint de plein fouet – les critiques ont fait des commentaires du genre « Ce film est totalement sordide », « La nudité fait vendre, Showgirls sent la sueur », « Un peep-show de luxe, insupportable », « Le cynique Showgirls se ramasse un gadin »… Je croyais avoir réalisé un film intéressant mais les studios américains de la MGM avaient gommé toute dimension politique lors de la promo : ils avaient axé toute leur campagne de pub sur le sexe, la provocation et le côté choquant. Ils avaient acheté des pages dans les sections sport des magazines, ciblant les jeunes mâles débordant d’appétit sexuel. Bien entendu, ces derniers ont été déçus parce que le film, au contraire de « Basic Instinct », n’était pas érotique. Je l’ai même toujours trouvé anti-érotique parce qu’il ne traite que d’une chose : l’exploitation abusive du corps de la femme. Le sexe dans « Showgirls » n’est vu que sous un aspect commercial. La plupart des personnages se servent du sexe pour vendre, exploiter, manipuler, pour l’utiliser à leur avantage comme objet de séduction.

Il est intéressant que ce soit le seul de mes films que je prends plaisir à revoir. C’est peut-être parce que l’histoire, l’intrigue, n’est pas très importante – elle n’est peut-être pas non plus très bonne, pourrait-on dire. Si l’on fait abstraction de ça, je trouve que c’est un film d’une facture très élégante : les mouvements de caméra, les couleurs, l’omniprésence d’un langage visuel hyperbolique utilisé d’un bout à l’autre comme élément de style. Tout y est exagéré, comme Las Vegas elle-même est une exagération totale, non ? Je sais que c’est un mot étrange pour décrire ce film mais je le trouve très élégant. Je crois qu’il y a plus de gens qui l’apprécient aujourd’hui qu’au moment de sa sortie – lors d’une récente tournée promotionnelle pour mon livre « Jésus de Nazareth », plusieurs jeunes filles sont venues me parler non de Jésus mais de « Showgirls » ! J’en déduis que les choses changent. Mais, en général, le film est cité dans la presse américaine comme l’exemple parfait, disons, du mauvais goût. Mais j’adore revoir Showgirls. »


  • Sortie : 10 janvier 1996
Date de la publication électronique : 28 décembre 2011
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondtaion Jérôme Seydoux-Pathé ; Pathé 1990-2010 ; Les Fiches du cinéma, Tous les films 1996, p.364