Lolita  –  Adrian Lyne  –  1998

Fiche générale

  • Durée : 137 minutes
  • Producteur : Mario Kassar
    Joel B. Michaels
  • Production : Pathé
  • Distribution : A.M.L.F.
  • Réalisateur : Adrian Lyne
  • Interprètes : Jeremy Irons (Humbert Humbert)
    Melanie Griffith (Charlotte Haze)
    Frank Langella (Clare Quilty)
    Dominique Swain (Lolita)
    Suzanne Shepherd (Miss Pratt)
    Keith Reddin (Le Révére,d Rigger)
    Erin J. Dean (Mona)
    Joan Glover (miss LeBone)...
  • Scénario : Stephen Schiff
  • Adaptation : d'après le roman de Vladimir Nabokov
  • Producteur délégué : François Ivernel
  • Directeur de production : Donald Heitzer
    Michael Glick
  • Directeur de la photographie : Howard Atherton
  • Compositeur de la musique : Ennio Morricone
  • Monteur : Julie Monroe
    David Brenner...
  • Chef décorateur : Jon Hutman
    Mark Hutman (assistant décorateur)...
  • Costumier : Judianna Makovsky

Production

  • Producteur : Mario Kassar
    Joel B. Michaels
  • Production : Pathé
  • Distribution : A.M.L.F.
  • Producteur délégué : François Ivernel
  • Directeur de production : Donald Heitzer
    Michael Glick

Fiche artistique

  • Réalisateur : Adrian Lyne
  • Scénario : Stephen Schiff
  • Adaptation : d'après le roman de Vladimir Nabokov
  • Scripte : Leslie Park
  • Interprètes : Jeremy Irons (Humbert Humbert)
    Melanie Griffith (Charlotte Haze)
    Frank Langella (Clare Quilty)
    Dominique Swain (Lolita)
    Suzanne Shepherd (Miss Pratt)
    Keith Reddin (Le Révére,d Rigger)
    Erin J. Dean (Mona)
    Joan Glover (miss LeBone)
    Pat P. Perkins (Louise)
    Ed Grady (Le docteur Melnick)
    Michael Goodwin (Mr. Beale)
    Angela Paton (Mrs. Holmes)
    Ben Silvestone (Humbert, jeune)
    Emma Griffiths-Malin (Annabel Leigh)
    Ronald Pickup (Le père d'Humbert)
    Michael Culkin (Mr. Leigh)
    Annabelle Apison (Mrs. Leigh)
    Don Brady (Frank McCoo)
    Trop Hamilton (Le docteur Blue)
    Michael Dolan (Dick)
    Hallee Hirsch (La fillette déguisée en lapin)
    Scot Brian Higgs (policier sur les lieux de l'accident)
    Mert Hatfield (policier sur les lieux de l'accident)
    Chris Jarman (un policier)
    Hudson Lee Long (le vieil employé)
    Jim Grimshaw (un policier)
    Lenore Banks (l'infirmière à l'hôpital)
    Dorothy Deavers (la réceptionniste)
    Sr Donnie Boswell (le chauffeur de taxi)
    Judy Duggan (la chanteuse-pianiste)
    Margaret Hammonds (l'infirmière)
    Paula David (l'employée du motel)
    Tim Gallin (le garçon de salle de l'hôpital)
    Doug Chancey (doublure lumière de Jeremy Irons)
    Shirer Burkett (doublure lumière de Dominique Swain)
    Dawn Mauer (body doublure de Dominique Swain)

Fiche technique

  • Photographie : Howard Atherton
  • Directeur artistique : W. Steven Graham
    Jeffrey Mcdonald (directeur artistique Nouvelle Orléans)
    Ray Kluga (directeur artistique Texas central)
    Chris Shriver (directeur artistique Texas occidental)
  • Compositeur de la musique : Ennio Morricone
  • Directeur musical : Stephan R. Goldman
  • Effets spéciaux : Joseph Mercurio (coordinateur effets spéciaux)
    Gary Pilkinton (régisseur effets spéciaux)
  • Monteur : Julie Monroe
    David Brenner
    F. Paul Benz (montage additionnel)
  • Chef décorateur : Jon Hutman
    Mark Hutman (assistant décorateur)
    Debra Schutt (décorateur de plateau)
    Steve Parenti (décorateur de plateau)
  • Costumier : Judianna Makovsky
  • Monteur son : Michael O'Farrell
    Bill Abbott (monteur musique)
  • Maquilleur : Richard Dean
  • Casting : Ellen Chenoweth
    Tracy Kilpatrick (directrice de casting)
  • Régisseur : Patricia Anne Doherty (régisseur d'extérieurs)
  • Chef machiniste : Don Cerrone
    John B. Pekkanen
    Mike Franz (machiniste décors)
  • Assistant réalisateur : Albert Shapiro (1er assistant réalisateur)
    Joan Cunningham (2ème assistant réalisateur)
  • Supervision post-production : Hilarie Roope
    Alison Smith (régisseur de post-production)
  • Chef cascadeur : Danny Aiello III
  • Cascadeur : Bille Anagnos
    Chris Cenatiempo
    John Cooper
    Franck Ferrara
    Nicholas J. Giangiulio
    Melissa Kloiber
    Kurt Bryant
    Johnny Cenatiempo
    Monty Cox
    Elizabeth Fulcher
    Jery Hewitt
    John Copeman
    Carl Ciarfalio
    Roy Farfel
    Tim Gallin
    Pierre Lagness
  • Cadreur - Opérateur caméra B : Doug O'Neons
  • Directeur photo deuxième équipe : Paul Edwards
  • Chef électricien : Michael Paul Orefice
    Dan Delgado
  • Prises de vues sub-aquatiques : John Perkinson
  • Opérateur additionnel : Michale Gene
    Stephen St. John
    Fleming Olsen
  • Coordinatrice service décoration : Stephanie Wertlake
    Sallie Jones Arata
  • Mixeur : Charles Wilborn
  • Perchiste : Beau Baker
  • Opérateur micro : Brydon Baker
  • Travelliste : Scott Drinon
  • Chef coiffeuse : Lydnell Quiyou
  • Chef habilleur : Eric H. Sandberg
  • Assistant Avid : Quincy Gunderson
  • Monteurs effets spéciaux : Scott A. Jennings
    Nancy Macleod
  • Superviseur synchro : Wayne Griffin
  • Monteur synchro : Laura Graham
    David Giammarco
  • Monteur dialogues : Michael Haight
    Rick Freeman
    Willy Allen
    Allison Fisher
    Vanick Moradian
    George Anderson
  • Superviseur bruitages : Andy Malcolm
  • Bruitages : Donna Powell
  • Mixeur bruitages : Tony Van den Akker
  • Réenregistrement : Kevin O'Connell
    Greg P. Russel
  • Réenregistrement à : Sony Pictures Studios
    Cary Grant Theatre
  • Chef comptable : Nour Dardari
  • Liaisons production : Marichu Walker
  • Chef ensemblier : Polarbear Shaw
  • Mixeur synchro : Charleen Richards
    Greg Steele
  • Casting synchro : Barbara Harris
  • Ensemblier : William F. Alford
  • Chef menuisier : Roger Scruggs
    Chris Crowder
  • Chef peintre-décorateur : Brian Stultz
  • Chef constructeur : E. W. (Bill) Bradford
  • Dresseur : Susan Chipperton
    Megan M. Fogarty
    Jacquelyn Janis
    Donald F. Spinney

Résumé et notes

  • Durée : 137 minutes

RÉSUMÉ

1947 – Humbert est un homme brillant et raffiné, un esprit cosmopolite pétri de culture et de traditions européennes. Professeur de Lettres françaises dans une petite ville de la Nouvelle-Angleterre, les circonstances l’amènent à louer une chambre chez une belle veuve esseulée, Charlotte, qui ne tarde pas à jeter son dévolu sur lui. Provinciale écervelée et bavarde impénitente, celle-ci incarne ce qu’Humbert déteste le plus au monde, mais elle possède un atout inestimable : sa fille Dolorès, alias Lolita, une espiègle et ensorcelante nymphette qui rappelle irrésistiblement au professeur le tragique amour de jeunesse dont il ne s’est jamais remis.

Pour conquérir Lolita, Humbert se voit rapidement contraint d’épouser son encombrante logeuse, dont il apaise chaque soir les ardeurs à coup de somnifères. Quelques temps plus tard, Charlotte découvre, dans le carnet intime de son nouvel époux, les preuves de son infamie.

Aveuglée par la fureur, elle se jette accidentellement sous une voiture…

Une nouvelle vie commence alors pour Humbert, qui s’institue protecteur de l’orpheline. Lolita, fausse vierge provocante et innocente, mystérieuse et infantile, parachève la séduction et entraîne son amant dans un long et grisant périple à travers les Etats-Unis. Le danger multipliant le plaisir, Humbert se croit au paradis. Mais c’est l’enfer qui l’attend au bout de la route…

D'après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

NOTES DE PRODUCTION

Lolita est célèbre, pas moi, déclarait non sans coquetterie Vladimir Nabokov aux journalistes curieux de percer ses secrets d’homme et d’écrivain. A plus de soixante ans, cet éternel exilé, cet ironiste polyglotte, dont la notoriété ne dépassait guère un petit cercle d’initiés, connaissait soudain la gloire et voyait son nom lié à jamais à la plus enivrante, à la plus agaçante, à la plus fascinante des héroïnes romanesques de notre temps. La première « nymphette » venait de voir le jour ; d’autres lui succéderaient, mais aucune n’égalerait jamais son éclat.

Dans l’histoire tragi-comique d’Humbert Humbert, improbable séducteur pris deux fois au filet d’un impossible amour, Nabokov avait mis ses immenses ressources créatrices, son lyrisme, ses talents de poète, sa hauteur de vue, sa tolérance aristocratique, son courage d’écrivain, son regard corrosif et, parfois, curieusement, sa tendresse pour l’Amérique délicieusement kitsch du baby boom, des motels et des premiers succès pop. Et plus encore, qui relève peut-être du secret : son intérêt fasciné pour les comportements obsessionnels, les effets pervers de la mémoire, les multiples formes du déracinement physique ou mental, et l’action trouble de ces « doubles » maléfiques, mi-réels, mi-imaginaires, qui croisent nos vies et souvent les gouvernent.

Lolita, qu’on peut considérer comme l’une des plus belles descriptions de la culture américaine contemporaine, a été également vantée par la critique pour sa richesse allégorique, son traitement raffiné d’un sujet controversé. Ce roman est aussi un superbe portrait de l’Amérique à une époque clé de son histoire : Parmi ses nombreuses beautés, figurent un usage savant de l’argot et de la culture adolescente, une magistrale peinture du paysage américain, notait la romancière Eric Jong à l’occasion du trentième anniversaire du livre.

D’autres critiques ont souligné « la sensualité et la puissance émotionnelle » (Newsweek) ou l’ont qualifié de « plus belle histoire d’amour de notre temps » (Vanity Fair), tandis que la romancière Elizabeth Janeway portait dans The New York Times ce jugement qui n’a rien perdu de sa valeur : « Nabokov n’écrit pas davantage pour l’ardent et naïf défenseur des libertés civiles que pour le libertin. Il s’adresse à ceux qui sauront le lire simplement, sans préjugés, et a signé avec « Lolita » un des livres les plus drôles et les plus pathétiques de notre époque. »

Adrian Lyne conçut le projet « Lolita » dès 1990 :

« J’avais lu le roman quelques années plus tôt et l’ai trouvé encore plus fascinant à la relecture, explique le réalisateur de « Liaison fatale ». « Lolita » est un roman extraordinaire. Les descriptions de Nabokov sont si précises et ses images tellement parlantes, qu’elles imposent pratiquement leur propre mise en scène. C’est la première fois que je me laisse aussi directement inspirer par un roman. Ce livre a produit sur moi des impressions très fortes et extrêmement contrastées. C’est l’histoire de la passion obsessionnelle, de l’amour fou d’un homme mûr pour une jeune adolescente, une histoire qui est à la fois profondément émouvante et irrésistiblement drôle. »''Les réalisateurs américains sont plus à l’aise avec les purs héros, tandis que les européens préfèrent des personnages plus conflictuels et plus vulnérables.Je n’ai jamais hésité sur le choix de l’interprète d’Humbert Humbert, cet homme raffiné, dégénéré, complaisant qui se révèle terriblement fragile dès que son obsession prend le dessus. Humbert, que Nabokov décrivait comme un homme blessé à vie et dont les plaies n’ont jamais cicatrisé, se tourne volontiers en dérision et ne se prend jamais trop au sérieux. Jeremy Irons était capable d’exprimer toutes ces nuances, avec l’humour et l’esprit qui sont sa marque. ''

Jeremy Irons :

J’ai toujours été attiré par ces personnages énigmatiques, dont on ne saurait dire s’ils sont bons ou méchants, blancs ou noirs. C’est dans cet entre-deux, dans cette zone d’ombre, que j’aime à me situer. Melanie Griffith fut également un « cadeau » de choix pour Lyne dans le rôle de Charlotte, la mère naïve et envahissante de Lolita : Melanie a investi son formidable sens de la dérision dans ce personnage qui se voudrait « européen » et qui représente tout ce qu’Humbert cherche à fuir.

Melanie Griffith :

Le rôle de Charlotte était un réel défi. C’est une femme frustrée, en manque d’amour, d’affection ou, tout bonnement, de compagnie. Et parfaitement aveugle à ce qui se trame sous son toit.

Jeremy Irons :

Charlotte incarne ce que Humbert hait le plus au monde. Elle joue le rôle, en essayant de passer pour plus jeune, plus gaie, plus intelligente qu’elle n’est. Le seul attrait qu’elle présente pour Humbert est sa fille, en qui il retrouve le poignant souvenir de son passé.

Lolita est interprétée par Dominique Swain, une lycéenne de Malibu qui fait ici ses débuts à l’écran. Choisie parmi plus de 2 500 candidates, elle avait tourné elle-même un petit essai vidéo, qu’elle adressa à la production. Lyne l’appela quelques jours plus tard, et lui demanda de venir auditionner à New York.

Adrian Lyne :

  
                  

Lorsque j’ai reçu cette cassette, je me suis demandé de quelle version du scénario Dominique avait tiré son texte. J’ai réalisé qu’elle était allée à la source, en utilisant le propre texte de Nabokov. J’ai trouvé sa démarche intéressante, et par la suite, j’ai aimé son excentricité, sa fraîcheur, et toutes sortes de qualités que je serais en peine de définir.

Dominique Swain :

  
                  

Humbert est amoureux du souvenir d’Annabel, son grand amour de jeunesse. Lolita est un substitut. Elle, de son côté, se sert d’Humbert pour satisfaire son désir de liberté, ses envies, ses caprices. Bien que nous n’ayons pas vécu les mêmes expériences, je me reconnais dans sa spontanéité, son impulsivité, qui sont le propre de bien des adolescentes. Adrian s’est beaucoup servi de ces traits de caractère pour me faire travailler le personnage et me faire mieux comprendre son état d’esprit. (…)

S’appuyant sur le scénario du journaliste Stephen Schiff, Adrian Lyne bâtit son film sur trois ambiances visuelles distinctes et contrastées.

Jon Hutman (chef décorateur) :

  
                  

Humbert étant le narrateur du roman, nous avons cherché à créer un « monde selon Humbert », en veillant à ce que chaque décor reflète une étape de son voyage intérieur.

  
                  

Adrian Lyne :

  
                  

Je voulais que le décor américain soit un personnage à part entière de notre film. Que ressent-on à traverser ainsi les Etats-Unis ? Et pourquoi ce double voyage fonctionne-t-il si bien dans le roman ? (…)

  
                  

Stephen Schiff :

  
                  

Aujourd’hui, la culture américaine a un rayonnement mondial. Ce n’était pas le cas en 1947. L’Amérique était encore, à bien des égards, une contrée exotique et primitive. Le spectacle d’un Européen débarquant dans ce monde est à la fois comique et poignant. (…)

''Humbert effectue à travers la culture pop naissante un voyage qui lui fait éprouver les mêmes sensations que Lolita. Car Lolita vit pleinement cette culture et adhère avec enthousiasme à tous ses symboles, qu’il s’agisse des cookies Oreo, des barres chocolatées Magic Fingers ou des premiers climatiseurs. Lolita apprend à Humbert à devenir un américain en faisant siennes toutes ces choses qu’un homme aussi sophistiqué et imaginatif ne peut percevoir que comme du pur kitsch.Lolita incarne le mystère de l’Amérique aux yeux des Européens d’alors – un mystère qui s’est, depuis, totalement dissipé. L’attrait sexuel de Lolita, avec son mélange d’innocence et d’érotisme, est similaire à la séduction particulière, surprenante, dangereuse et innocente, qu’exerce parfois notre pays sur des gens d’une grande sophistication. Cette histoire est aussi celle d’une double destruction : Humbert gâche la vie de Lolita, et Lolita ruine celle d’Humbert.J’ai résisté de toutes mes forces à la tentation d’actualiser le sujet. Lorsque je suis arrivé sur le projet, il y eut un grand débat pour savoir s’il convenait de replacer l’intrigue dans l’Amérique contemporaine. Certains pensaient que cela rendrait le film plus accessible. Mais j’ai pensé que ce serait une erreur fondamentale. Les jeunes adolescentes d’aujourd’hui sont beaucoup trop averties pour céder à un Humbert. Cette histoire serait peu convaincante à notre époque. Pour 1947, Lolita est déjà d’une surprenante précocité sexuelle…« Lolita » est une tragi-comédie dont la frustration et l’obsession sont les ressorts majeurs. Deux sensations dont nous avons tous fait l’expérience à un degré quelconque, et qui prennent chez Humbert des proportions démesurées.Ce qui rend la situation d’Humbert tragique en même temps que dérisoire, c’est le fait que son obsession triomphe régulièrement de son immense intelligence. ''

Le roman, écrit quelques années seulement après l’arrivée de Nabokov aux Etats-Unis, a été salué pour son « lyrisme comique », autant que pour son caractère tragique et poignant. Stephen Schiff est le dernier de nombreux scénaristes qui en tentèrent récemment l’adaptation (après Harold Pinter, James Dearden et David Mamet, notamment), et le premier dont la vision s’accordait pleinement à celle d’Adrian Lyne : Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui ait lu et étudié Lolita avec autant de soin qu’Adrian. Il en a une connaissance proprement encyclopédique, et peut vous citer des passages entiers. Il s’est totalement imprégné de ce livre, comme peu de spécialistes l’ont fait ou le feront jamais.

Les décors

La complexité du film entraîna plus de 100 jours de tournage et des déplacements dans quelques 80 lieux différents à travers 6 Etats et 35 villes d’Amérique. Adrian Lyne travailla deux années, en étroite collaboration avec le chef décorateur Jon Hutman et le régisseur d’extérieurs Patty Doherty, aux repérages des divers décors évoquant l’ambiance et le look des années d’après-guerre.

Jon Hutman (chef décorateur) :

  
                  

J’ai concentré mes efforts sur cinq décors clés : la maison de Charlotte Haze, l’auberge « Les Chasseurs Enchantés », l’appartement de Thayer Street, la maison de Coalmont, où habite Lolita à la fin de l’histoire, et la demeure de Quilty, où a lieu l’ultime confrontation avec Humbert. Ces lieux marquent les étapes majeures qui jalonnent la route de Lolita et Humbert, tout en reflétant leur évolution personnelle. Hutman créa certains décors très pittoresques comme le Tee Pee Motel, le Sea Horse Motel, portant la mention « Gratis pour les enfants en dessous de 14 ans », le Sand Man Inn et le surprenant Wing Tip Cafe qui épouse la silhouette grandeur nature d’un avion cargo Ford.

Patty Doherty (régisseur d’extérieurs) :

  
                  

Cette maison avait tellement de caractère, tellement de personnalité, qu’elle incarnait à elle seule Charlotte. C’est également un lieu déterminant dans les relations entre les personnages, où tous les liens se nouent entre Charlotte, Humbert et Lolita. Et c’est de ce même endroit que tout va basculer dans la vie de Lolita. La Nouvelle Orléans évoquait très bien, pour sa part, le caractère à la fois élégant, académique et décadent d’Humbert. L’équipe y composa le décor de la Beardsley School à partir du Temple Maçonnique, du Gymnase de la Ville et de l’extérieur de l’Université Loyola. Un appartement de la Toulouse Street et la façade de la Faulkner House, sur Pirates Alley, furent utilisés pour le logement de Thayer Street.C’est au nord de la Nouvelle Orléans, à Loranger en Louisiane, que l’équipe découvrit le Zamurray Gardens et sa demeure rustique et chaleureuse. Ce site de 75 hectares accueillit le décor de l’auberge « Les Chasseurs Enchantés ». Pour les images des lieux traversés lors du voyage en voiture, l’équipe tourna dans certaines villes des environs, comme Delacroix, New Sarpy, Edgard et Covington.L’équipe se déplaça ensuite au Texas pour filmer la plupart des scènes du second voyage de Lolita et Humbert : le Tee-Pee Motel à Wharton, les immeubles typiques de l’immédiat après-guerre à Egypt et Glen Flora, les séquences de l’hôtel Champion au Gallagher Ranch, près de Bandera, les scènes de l’hôpital et de Coalmont à El Paso, la ville fictive de Wace à San Elizario et la station essence à Salt Flats, aux pieds des Guadalupe Mountains. La séquence de la salle de cinéma fut tournée à Las Cruces, au Nouveau Mexique. Dans les derniers moments de ce périple, le paysage devient aride, stérile et ingrat, à l’image d’Humbert complètement dévasté par la perte de Lolita, note le producteur Joel B. Michaels.L’équipe se rendit en Caroline du Nord pour filmer à Petaluna et Stewarts Point des images additionnelles du voyage. La scène finale de l’affrontement entre Humbert et Quilty fut tournée dans deux domaines, appartenant respectivement à la famille Folger et à la famille Floll, de Woodside.

Jon Hutman :

  
                  

« Lolita » est l’histoire d’un homme qui a construit sa vie sur un fantasme jusqu’à la quarantaine. La rencontre entre Humbert et Lolita marque le moment où ce fantasme rejoint la réalité. Adrian Lyne a tenu à souligner le passage de l’un à l’autre à travers trois décors et trois ambiances : la Nouvelle Angleterre policée, le Sud profond et le paysage morne et désolé de l’Ouest du Texas. Pour la première atmosphère, celle de Ramsdale, l’équipe découvrit finalement le décor idéal en Caroline du Nord, à Wilmington. C’est dans cette ville qu’elle trouva également la maison de Charlotte Haze.


  • Sortie : 14 janvier 1998
Date de la publication électronique : 02 janvier 2012
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé