Madame Henderson présente  –  Stephen Frears  –  2006

Fiche générale

Affiche
  • Titre original : Mrs. Henderson presents
  • Pays de production :Royaume-Uni
  • Genre : Comédie dramatique ; musical
  • Durée : 102 minutes
  • Producteur :Norma Heyman
  • Production :BBC Films
    Heyman-Hoskins Productions...
  • Numéro de visa : 114230
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Stephen Frears
  • Interprètes : Judi Dench (Laura Henderson)
    Bob Hoskins (Vivian Van Damm)
    Will Young (Bertie)
    Christopher Guest (Lord Cromer)
    Kelly Reilly (Maureen)
    Thelma Barlow (Lady Conway)...
  • Scénario :Martin Sherman
  • Adaptation :d'après une idée de David Rose
    Kathy Rose et d'après le livre de Sheila van Damm.
  • Producteur exécutif :Boba Hoskins
    David Aukin
    David M. Thompson
    Tracey Scoffield
    François Ivernel
    Cameron Mccracken
  • Directeur de la photographie : Andrew Dunn
  • Compositeur de la musique : George Fenton
  • Monteur : Lucia Zucchetti
  • Chef décorateur : Hugo Luczyc-Wyhowski
  • Costumier : Sandy Powell

Production

  • Titre original : Mrs. Henderson presents
  • Pays de production :Royaume-Uni
  • Producteur :Norma Heyman
  • Production :BBC Films
    Heyman-Hoskins Productions
    Mrs. Henderson Productions
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Producteur exécutif :Boba Hoskins
    David Aukin
    David M. Thompson
    Tracey Scoffield
    François Ivernel
    Cameron Mccracken
  • Producteur associé :David Rose
    Kathy Rose

Fiche artistique

  • Réalisateur :Stephen Frears
  • Scénario :Martin Sherman
  • Adaptation :d'après une idée de David Rose
    Kathy Rose et d'après le livre de Sheila van Damm.
  • Interprètes :Judi Dench (Laura Henderson)
    Bob Hoskins (Vivian Van Damm)
    Will Young (Bertie)
    Christopher Guest (Lord Cromer)
    Kelly Reilly (Maureen)
    Thelma Barlow (Lady Conway)
    Camille O'Sullivan (Jane)
    Rosalind Halstead (Frances)
    Natalia Tena (Peggy)
    Sarah Solemani (Vera)
    Anna Brewster (Doris)
    Dinah O'Brien (soeur Deering)
    Rebecca O'Brien (soeur Deering)
    Maria Rohsean O'Brien (soeur Deering)
    Doraly Rosen (Maggie)
    Richard Syms (Ambrose)
    Matthew Hart (Roy Lawson)
    Sir Thomas Allen (Eric Woodburn)
    Ralph Nossek (Leslie Pearkes)
    Tony De la Fou (Victor Thornton)
    Dorian Ford (Christian)
    Lloyd Hutchinson (Harry)
    Toby Jones (Gordon)
    Christopher Logan (Ken)
    Michael Culkin
    Samuel Barnett
    Richard Dormer
    Shona McWilliams
    Waris Hussein
    Antony Carrick

Fiche technique

  • Photographie :Andrew Dunn
  • Directeur artistique :Paul Ghirardani
  • Compositeur de la musique :George Fenton
  • Ingénieur du son :Peter Lindsay
  • Effets spéciaux :Graham Longhurst
    Mark Nelmes (effets visuels)
  • Monteur :Lucia Zucchetti
  • Chef décorateur :Hugo Luczyc-Wyhowski
  • Costumier :Sandy Powell
  • Maquilleur :Jenny Shircore
  • Casting :Leo Davis
  • Assistant réalisateur :Stuart Renfrew (1er assistant réalisateur)

Résumé et notes

  • Genre : Comédie dramatique ; musical
  • Durée : 102 minutes

RÉSUMÉ

Londres, 1937. Laura Henderson vient tout juste d'enterrer son cher époux et… elle s'ennuie à mourir. Que faire de sa vie quand, à soixante-neuf ans, on est riche, en bonne santé et qu'on ne cultive aucun goût excessif pour la nostalgie ? Collectionner les diamants ? Se consacrer aux bonnes œuvres ? Non, merci ! À la surprise générale, Madame Henderson décide d'acheter un théâtre au cœur de Soho : le Windmill. Totalement ignorante des histoires de gestion d'une salle de spectacles, elle fait appel au talentueux Vivian Van Damm directeur artistique et administrateur chevronné. Les deux fortes personnalités ne tardent pas à heurter, et Van Damm, choqué par les excentricités et les mauvaises manières de Madame Henderson, va jusqu'à lui interdire l'accès du Windmill ! Cette étrange et fiévreuse relation ne tardera cependant à porter ses fruits ; mieux, elle bouleversera les très frileuses habitudes du théâtre britannique ! D'après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

NOTES DE PRODUCTION

La Petite histoire du Windmill Theatre Entré dans la légende sous la direction de Madame Henderson, le Windmill Theatre se situait à Soho, dans Great Windmill Street. L'édifice abrita d'abord l'une des premières salles de cinéma de la ville, le "Palais de Luxe". Inaugurée en 1910, celle-ci ne résista pas longtemps à la concurrence des grands cinémas du West End et dut bientôt fermer. En 1931, la richissime Laura Henderson racheta ce bâtiment désaffecté et engagea l'architecte Howard Jones pour en remodeler l'intérieur et en faire une salle intime, équipée d'un seul et unique balcon. Le Windmill ouvrit le 22 juin 1931, avec une pièce de Michael Berrington : "Inquest". Le public ayant boudé ce spectacle, la propriétaire des lieux décida de rendre au Windmill sa vocation première de salle de cinéma. Peu de temps après, son nouvel administrateur, Vivian Van Damm, eut l'idée de monter un spectacle musical permanent, avec chanteurs, danseurs, danseuses et attractions diverses. Cette "Revudeville", lancée le 3 février 1932, réunissait pas moins de 18 numéros originaux. Le succès se fit attendre une fois encore, les premières années d'exploitation se soldant par un déficit colossal de 20 000 £. La formule, très novatrice, finit cependant par prendre – à tel point que deux salles concurrentes voisines, le Piccadilly et le Pavillon, l'adoptèrent à leur tour. Madame Henderson et Van Damm répliquèrent en faisant du Windmill la réplique londonienne du… Moulin Rouge. Pour éviter les foudres de la très tatillonne censure londonienne, les danseuses nues poseraient totalement immobiles dans de somptueux tableaux vivants aux titres charmeurs : "les Sirènes", "Pocahontas et les Indiens", "Annie du Far West", "Éternelle Angleterre", etc. Le Windmill fut le seul théâtre de Londres à rester ouvert durant la Seconde Guerre Mondiale (à l'exception d'une douzaine de jours de fermeture obligatoire, du 4 au 16 septembre 1939), d'où son slogan légendaire : "We Never Closed". Au plus fort du Blitz, du 7 septembre 1940 au 11 mai 1941, le spectacle continuait… au sous-sol. Le public, très mélangé, ne se limitait pas aux permissionnaires en goguette et aux voyeurs en imperméable. On y trouvait aussi des familles entières et des célébrités aussi éminentes que les princesses Helena Victoria et Marie-Louise, petites-filles de la reine Victoria. À sa mort (en 1944, à l'âge de 82 ans), Madame Henderson légua la salle à Van Damm. Celui-ci continua à la diriger et y fit débuter plusieurs grands comiques anglais, tels Peter Sellers, Harry Secombe et Tony Hancock. Kenneth More, qui s'y était produit dès les années 30, devint l'une des stars les plus populaires du cinéma anglais des années 50. Van Damm assura ainsi la direction de la salle jusqu'à son décès, en décembre 1960. Sa fille Sheila en hérita, mais Soho était devenu, entre-temps, un quartier "chaud", infesté de boîtes de strip-tease et salons de massage. Le Windmill pouvait difficilement survivre dans ce contexte et ferma le 31 octobre 1964. Quelque temps plus tard, le bâtiment fut reconverti en casino-cinéma. Il fut racheté en février 1974 par le propriétaire de night-clubs Paul Raymond et rebaptisé "La Vie en Rose". Aujourd'hui, c'est un club de "lap-dancing"… Un défi aux conventions : L’équipe Heyman-Hoskins Le Windmill et son directeur Van Damm ont inspiré plusieurs films - dont « Tonight and every night » (1945) de Victor Saville, avec Rita Hayworth - mais aucun film n’avait encore évoqué l’excentrique Madame Henderson, qui fut à l’origine de cette institution, ni retracé son combat contre la censure et la morale victorienne. "Ce qui m’attirait, au-delà d’une histoire palpitante, c’était le désir de montrer l’Angleterre en temps de guerre et d’évoquer une ère d’innocence qui prendrait fin avec le Windmill." Norma Heyman, productrice Le projet débuta lorsque le futur interprète de Van Damm fut contacté par les producteurs David et Kathy Rose : "Ils avaient redécouvert l’histoire de Madame Henderson et réuni une énorme documentation, mais n’avaient jamais réussi à monter l’affaire", rapporte Bob Hoskins, également producteur exécutif de « Madame Henderson présente ». "J’en ai parlé à Norma Heyman, et après mûre réflexion, nous avons réalisé que le projet avait un fort potentiel." Norma Heyman "Bob m’a apporté cette idée avec la montagne de documents que David et Kathy Rose avaient amassée en treize ans, dans le vain espoir d’en tirer une série télévisée. Le destin de cette vieille dame, qui avait défié toutes les conventions de son temps, me fascina. Imaginez un peu l’Angleterre hyper conservatrice des années 30, et cette lady fortunée qui rachète un théâtre sur un coup de coeur, puis entre en guerre contre son milieu d’origine et contre la censure en montrant, pour la première fois, des filles nues sur une scène londonienne. Laura Henderson eut même l’audace de contribuer à la création de foyers pour mères célibataires!" Une seule actrice pouvait, aux yeux de Bob Hoskins et Norma Heyman, faire honneur à ce personnage hors norme : Judi Dench. "Nous avions besoin de la magie de Judi - la vraie Judi, qui se cache habituellement derrière ses rôles. Judi la malicieuse, la sexy, la farceuse, l’ensorceleuse..." Norma Heyman “Madame Henderson est charmante, effrontée et vacharde. Seule Judi pouvait nous offrir tout cela.” Bob Hoskins Après avoir demandé à David Aukin - ancien directeur de Channel 4 Film et ami personnel de Norma Heyman - de partager avec Hoskins les fonctions de producteur exécutif, les deux associés s’assurèrent le concours de Stephen Frears. Norma Heyman avait déjà collaboré avec lui sur « Les Liaisons dangereuses » en 1988, puis sur « Mary Reilly » en 1996. "Les rapports de classes jouaient déjà un rôle significatif dans ces deux films, et ils sont à nouveau au coeur de la relation entre l’aristocratique Laura et le plébéien Van Damm. Madame Henderson est une horrible snob à la mode des années 30, avec des amis influents et haut placés. Il lui suffit de décrocher son téléphone pour avoir en ligne le Censeur, Lord Cromer, Grand Chambellan de la Reine. C’est grâce à ce réseau qu’elle provoquera une petite révolution dans l’histoire du spectacle et des mœurs." Norma Heyman " « Madame Henderson présente » est une histoire terriblement anglaise. Avoir de bonnes relations compte toujours autant chez nous, et notre pudibonderie est légendaire..." David Aukins Monsieur Frears présente "Madame Henderson se situe résolument à droite sur l’échiquier politique. C’en est même indécent. Mais la défense de l’indéfendable a toujours fait partie de mes principes sacrés." Stephen Frears "Nous avons choisi Stephen pour ses méthodes de travail et son approche du matériau, pour le contrôle ferme et discret qu’il exerce ; pour son amour des acteurs, pour la façon dont il met chacun à l’aise et en obtient ce qu’il veut. Le premier jour de tournage, il a installé Judi dans une barque et lui a demandé de descendre et remonter la Tamise à la rame... trente prises d’affilée! Elle ne s’est jamais plainte, et m’a dit qu’elle était prête à le refaire. Combien de réalisateurs obtiendraient-ils cela?" Norma Heyman "Bob et Norma m’entretenaient sans cesse de cette Madame Henderson et je ne voyais pas où ils voulaient en venir. Faire un film sur le Windmill et m’entourer de filles nues paraissait bien sûr très plaisant, mais quelle histoire allions-nous raconter au juste? Le script, éblouissant, m’a donné la réponse. Lorsqu’on vous offre un matériau de cette qualité, vous êtes piégé. Vous ne pouvez pas dire non." Stephen Frears Frears se réjouissait de travailler à nouveau avec Judi Dench qu’il avait dirigée dans deux séries dramatiques télévisées des années 1980 :"Going Gently", et "Saigon, l’année du Chat": "Judi était le choix idéal pour jouer Madame Henderson, parce qu’elle est délicieusement espiègle. Aucune femme au monde n’est plus malicieuse. Elle était faite pour ce rôle." "Stephen a été pour moi LE facteur décisif. J’aime travailler avec lui. Il ne lâche jamais une scène avant d’en être pleinement satisfait, il vous houspille sans cesse, mais avec la plus grande gentillesse, il fait semblant d’être dépassé, de ne pas savoir où il va, alors qu’il le sait pertinemment. J’adore sa façon de faire et j’ai confiance en lui." "Elle a toujours eu un faible pour les jeunes gens. Pas étonnant qu’on l’ait virée du théâtre!" Judi Dench L’actrice ne savait rien de Madame Henderson, ce qui lui rendit le rôle encore plus alléchant. "J’ai découvert une femme insupportable, qui croquait la vie à pleines dents. Elle aurait très bien pu se retirer après la mort de son mari, mais elle décida d’acheter un théâtre, alors qu’elle n’y connaissait rien. Van Damm et elle se chamaillaient sans cesse. C’était sûrement une enquiquineuse de haut vol - lui seul pouvait la supporter. Elle était terriblement obstinée et se mêlait de tout. Un jour, elle alla jusqu’à se vêtir en homme pour s’introduire discrètement dans la salle et s’assurer que tout le monde était bien traité - pas seulement les "girls", mais aussi le public ! Je l’adore pour toutes ces raisons. On aurait besoin de quelqu’un comme elle aujourd’hui. Quant à savoir si Van Damm et elle eurent une liaison, mon sentiment est que Laura fut amoureuse de lui, mais je n’en jurerais pas!" Judi Dench "Stephen me disait souvent : "Non, non, tu le joues beaucoup trop gentil ! Je n’ai jamais été aussi gentil !" Bob Hoskins "Au départ, je ne pensais même pas tenir le rôle de Van Damm. La production me donnait déjà bien du travail et mon principal souci était de porter à l’écran cette formidable histoire. Mais Norma me glissait insidieusement des remarques du genre "Il faudra te fabriquer une bonne perruque", comme si la question était déjà réglée. Et dès que Judi fut engagée, le problème ne se posa même plus. Je n’avais aucune idée préconçue quant à la manière de jouer Van Damm. Arrivé sur le plateau, je n’y voyais pas plus clair. C’est alors que Stephen m’a dit : "C’est simple comme bonjour. Contente-toi de me jouer!" Tout s’illumina d’un coup : je ferais de Van Damm un vieux schnock râleur et emmerdant ! Aucun réalisateur ne m’avait jamais donné une indication aussi précieuse." "Van Damm se comportait en gentleman avec les filles du Windmill, qui l’adoraient. Je parie qu’il a couché avec certaines, mais il ne leur a jamais fait de crasse. Il se donnait peut-être une allure canaille, mais c’était un homme fondamentalement innocent et naïf. Sinon, il n’aurait jamais pu s’accommoder de Laura." Bob Hoskins "J’ai pensé au couple Spencer Tracy / Katharine Hepburn - la femme à poigne face à l’homme à poigne." Martin Sherman, scénariste. Auteur du succès théâtral "Bent", Martin Sherman collabora pour la première fois avec Norma Heyman en 1992 sur le téléfilm "Clothes in the Wardrobe". Enthousiasmé par le sujet autant qu’à l’idée de travailler avec Stephen Frears et d’écrire pour Judi Dench, il commença par chercher l’axe du script. Deux éléments retinrent d’emblée son intérêt : le comportement de Madame Henderson et les origines cachées de Van Damm. "Son autobiographie ne contient pas la moindre allusion au fait qu’il était juif, ce qui semble pourtant évident. Je pense qu’il lui fallait conférer à sa personne et à son entreprise une aura de respectabilité bourgeoise, qu’interdisaient les préjugés antisémites de la société anglaise. Ce déni m’a fourni une première clé pour pénétrer sa personnalité et entamer l’histoire." Martin Sherman "Beaucoup de directeurs de théâtres étaient juifs à l’époque; ils fréquentaient tous la même synagogue et nombre d’entre eux changèrent de nom. Van Damm a dû penser que son patronyme ne faisait pas assez chic." Bob Hoskins Sherman découvrit très vite que « Madame Henderson présente » serait sa version personnelle des comédies loufoques des années 30/40, interprétées par Katharine Hepburn, Rosalind Russell ou Carole Lombard : "Madame Henderson était le genre d’excentrique dont les classes supérieures toléraient le comportement, quand elles ne l’encourageaient pas. Si rien ne nous assure qu’elle fut amoureuse de Van Damm et s’efforça de le séduire, nous savons qu’elle perdit un fils." Soho dans les années 30 "Il y régnait un étonnant mélange de respectabilité et de sordide."Bob Hoskins Dans les années 30, Soho était encore un quartier "familial", dont la respectabilité s'accommodait fort bien d'une petite touche "coquine". "Le Windmill n'était pas un cabaret louche", souligne Martin Sherman. "Son ambiance n'avait rien à voir avec celle des "burlesques" et des cabarets de strip-tease américains. Les "girls "étaient toutes de braves filles." Bob Hoskins a des souvenirs d'enfance de Soho et du Windmill, qu'il connut peu de temps après la mort de Madame Henderson : "Mes parents m'y amenèrent à l'âge de cinq ans. Des familles entières s'y retrouvaient, enfants compris, comme à un pique-nique. Les tableaux vivants sont parmi les plus beaux spectacles que j'aie jamais vus de ma vie. Tout cela était d'une grande innocence. Soho était à l'époque une sorte de village, gravitant autour du Windmill." Il aurait été impossible de réaliser le film en décors naturels dans le Soho d'aujourd'hui. La production put cependant tourner quelques plans dans Archer Street, mais l'essentiel de « Madame Henderson présente » a été tourné aux studios de Shepperton, dans une réplique grandeur nature du fameux théâtre. Un film musical "Ce n'est pas « Chantons sous la pluie »…" Stephen Frears « Madame Henderson présente » n'est pas une comédie musicale à proprement parler, mais une comédie dramatique intégrant des chansons et numéros musicaux. Sherman a sélectionné 14 titres étroitement liés à l'action, illustrant l'ambiance et l'état d'esprit de cette époque. "Ainsi les paroles de "Babies of the Blitz" révèlent à merveille les attitudes des Londoniens face aux bombardements, avec ce mélange si particulier d'humour, de ténacité et de candeur. Je ne connais rien de plus explicite." "Les chansons et la musique vous imposent leur loi. Lorsque vous avez commencé une phrase, il faut la terminer. Et, comme me disait Alan Parker avant le tournage : "Un film musical ne tolère pas l'improvisation". Conscient de cela, je me suis plongé dans un livre sur Arthur Freed et le tournage de ses grandes productions MGM : « On the town », « Chantons sous la pluie », etc. "J'ai découvert que Freed réunissait toujours l'ensemble de ses collaborateurs dans le même bureau et les amenait dès les premières étapes du projet à travailler en symbiose." Stephen Frears souligne aussi l'apport capital du compositeur George Fenton. Associé de près à Martin Sherman, celui-ci a mis en musique les chansons du Windmill à partir des textes d'époque sélectionnés par le scénariste. La guerre "L'histoire de ce théâtre est devenue, sans que nous forcions le ton, un puissant film anti-guerre." Bob Hoskins D’un des grands challenges de Frears fut de recréer de façon originale les effets dévastateurs du Blitz et d'en faire prendre la mesure au spectateur contemporain. "La première nuit, quelque 800 escadrons ont bombardé Londres. Stephen a capté de façon remarquable les périls et l'ambiance oppressante de ces années de guerre." Norma Heyman "Je pense que nous avons été aussi fidèles que précis dans notre description, sans tomber dans la dramatisation et le sentimentalisme. Enfant, je vivais à York où tout le monde connaissait le Windmill, l'esprit de résistance qu'il incarnait, l'aide qu'il apportait aux habitants du quartier. " Judi Dench Les auditions "Lorsque je regarde Will, j'ai l'impression qu'il était destiné à jouer dans les comédies musicales des années 40." Stephen Frears. "Ce film d'époque, interprété par deux stars d'âge mûr, s'adresse à toutes les générations. D'où l'opportunité d'y présenter aussi de jeunes talents." David Aukin. C'est dans cet esprit que les producteurs confièrent le rôle du chanteur vedette Bertie au populaire Will Young, révélé par l'émission "Pop Idol". "Will est bourré de talent. Il ne lui a fallu qu'une prise pour enregistrer une chanson aussi complexe que "All The Things You Are". Bob Hoskins "Will était fait pour le rôle de Bertie. Il a l'étoffe d'un jeune premier des années 30. Stephen ne l'a pourtant pas engagé sur le champ. Il l'a convoqué à plusieurs reprises et nous avons vu chaque jour Will répéter, danser, jouer, et ce, bien avant d'avoir décroché le rôle." Norma Heyman Kelly Reilly interprète Maureen, la meneuse des "girls", qu'entourent Rosalind Halstead, Natalia Tenia, Sarah Solemani et Anna Brewster. Le rôle de Jane, la chanteuse vedette du Windmill est tenu par Camille O'Sullivan, que Frears découvrit in extremis dans son récital de chansons de cabaret de style berlinois. Le physique des "girls" est conforme aux canons des années 30 : formes rondes, visage poupin, taille entre 1,57 et 1,65 m. Le casting des danseuses fut assuré par la consultante artistique et théâtrale Eleanor "Fiz" Fazan et la chorégraphe associée, Debbie Astell. Les deux femmes coordonnèrent une douzaine de numéros dansés, ainsi que les tableaux vivants, dans un esprit de reconstitution fidèle. 600 candidates se présentèrent aux auditions libres. "Chaque école, du Berg College à Italia Conti, nous aida à réunir ces jeunes danseuses. L'épreuve consistait à interpréter un numéro de claquettes et une scène de comédie musicale dont Debbie venait de faire la démonstration. Seules celles qui avaient obtenu les meilleures notes dans les deux exercices étaient retenues. Nous voulions des filles jeunes, avec une personnalité très affirmée et un physique correspondant aux goûts de l'époque – le genre qui plaisait à Van Damm." Eleanor Fazan Les danseuses nues furent instamment priées d'arrêter la bronzette, la gym et tout régime. "Les filles du Windmill n'avaient absolument pas le look actuel. Elles n'étaient pas musclées et avaient des jambes courtes et potelées. Les hommes étaient minces, longilignes et guère plus musclés. Nous avons eu un mal à fou à trouver des danseurs qui n'étaient pas bodybuildés." Norma Heyman Les numéros dansés de « Madame Henderson présente » sont un reflet exact des années 30, jusque dans les plus petits détails. Fazan et Astell s'efforcèrent aussi de faire naître un esprit d'équipe au sein de la troupe : "Les filles du Windmill formaient une vraie famille", note Astell. "Elles vivaient et mangeaient ensemble et je pense que nous avons su recréer cela sur le tournage." La nudité "Lorsque j'étais ado, dans les années 50, un seul magazine montrait des filles nues. Il avait pour titre Santé et Beauté…" Stephen Frears "Les scènes déshabillées nous posèrent bien sûr certains problèmes. Nombre de nos interprètes n'avaient pas la moindre expérience du cinéma. Les filles qui se présentaient au casting et se déshabillaient devant Stephen devaient pouvoir lui faire confiance et être assurées de la qualité du projet. Nous avons veillé à ce qu'aucune photo ne filtre du tournage." La productrice souligne l'extrême nouveauté de ces tableaux vivants du Windmill, dans l'Angleterre des années de guerre : "Il a fallu attendre les sixties pour que le pays sorte de l'ère victorienne. "L'Amant de Lady Chatterley" fut banni durant des décennies et, en 1939, la directrice de théâtre, Joan Littlewood, fut arrêtée parce qu'un de ses acteurs avait traversé la scène en portant une planche "d'une manière suggestive" C'est dire!" Norma Heyman "Ça a dû être incroyablement choquant à l'époque", renchérit Judi Dench. Mais c'était également d'une haute qualité artistique et je suis sûre que les jeunes gens revenant du front ont trouvé cela fantastique." Flash-back : Les témoignages des Windmill girls Laura Henderson fut une philanthrope activement engagée dans diverses causes et institutions sociales et artistiques. À travers cette évocation de sa vie, le film livre aussi une tranche de l'histoire de la société britannique. "Nous faisons brièvement allusion au soutien financier qu'elle apporta à Marie Stopes, féministe et militante pour le contrôle des naissances. Après sa disparition, Van Damm subventionna la création du corps de ballet d'Anton Dolan et Alicia Markova (soeur de la Windmill "girl" Doris Barry). Madame Henderson est donc indirectement à l'origine de notre English National Ballet." L'ensemble de l'équipe technique et artistique bénéficia de précieuses informations de première main, fournies par d'anciennes danseuses du Windmill, dont Doris Barry (92 ans), Linda Carroll et Charmian Innes. "Madame Henderson était une femme très maternelle à notre égard", leur exposa Doris Barry durant cette rencontre. "Le spectacle, d'excellente qualité, vit les débuts de plusieurs stars en herbe. Le nu y fit son apparition quelques temps après mon arrivée, en 1940. Van Damm nous réunit pour en faire l'annonce. Il nous expliqua que ce serait artistique, digne des tableaux de la National Gallery que tout un chacun peut admirer, et que cela n'aurait rien de suggestif. De fait, ces nus étaient d'une grande beauté. Je me souviens d'avoir chanté devant l'un de ces tableaux vivants. On s'accoutumait très vite à cette nudité et après un certain temps, on n'y prêtait plus la moindre attention." Les anciennes du Windmill apprirent à Judi Dench quantité de choses sur la personnalité et le comportement de leur directrice : "Elle les traitait extrêmement bien, allant jusqu'à leur payer leur robe de mariage, et ce, en pleine période de restrictions." Norma Heyman "Une ancienne danseuse m'a dit : "Le nu perdit instantanément de sa nouveauté, il devint tout de suite pour nous une seconde nature. Personne n'y faisait plus attention". Les filles ne se sentaient pas exploitées. Dès lors, cela ne leur posait aucun problème particulier." Stephen Frears "Van Damm décourageait les cancans au sein de la troupe, et il ne semble pas qu'il y ait jamais eu d'écart de conduite. Le Windmill était un endroit sûr pour des filles de toutes origines. C'était l'un des meilleurs jobs de Londres." Norma Heyman


  • Sortie : 11/01/2006
Date de la publication électronique :10 January 2012
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé ; Les Fiches du cinméa, Tous les films 2006