Tandem  –  Patrice Leconte  –  1987

Fiche générale

  • Durée : 91 minutes
  • Producteur :Philippe Carcassone
    René Cleitman
  • Production :Cinéa
    Hachette Première et Compagnie...
  • Distribution : A.M.L.F.
  • Réalisateur :Patrice Leconte
  • Interprètes : Gérard Jugnot (Rivetot)
    Jean Rochefort (Mortez)
    Sylvie Granotier (la libraire)
    Julie Jézéquel (la serveuse hôtel de la gare)
    Jean-Claude Dreyfus (le conseiller)
    Marie Pillet (la patronne hôtel de la gare)
    Marie Pillet (la patronne hôtel du Commerce)
    Albert Delpy (conducteur "Chien rouge")...
  • Scénario :Patrice Leconte
    Patrick Dewolf
  • Directeur de production :Frédéric Sauvagnac
    Jean Brun (administrateur de production)
  • Directeur de la photographie : Denis Lenoir
  • Chef opérateur : Denis Lenoir
    Pascal Ridao (1er assistant opérateur)...
  • Compositeur de la musique : François Bernheim
  • Monteur : Joelle Hache
    Fabienne Alvarez (assistant monteur)...
  • Chef décorateur : Eric Zambeaux (assistant décoration)
  • Costumier : Sylvie Duluc (habilleuse)

Production

  • Producteur :Philippe Carcassone
    René Cleitman
  • Production :Cinéa
    Hachette Première et Compagnie
    Films A2
  • Distribution : A.M.L.F.
  • Directeur de production :Frédéric Sauvagnac
    Jean Brun (administrateur de production)
  • Assistant de production :Muriel Vallée (secrétaire de production)

Fiche artistique

  • Réalisateur :Patrice Leconte
  • Scénario :Patrice Leconte
    Patrick Dewolf
  • Scripte :Sophie Delmas
  • Interprètes :Gérard Jugnot (Rivetot)
    Jean Rochefort (Mortez)
    Sylvie Granotier (la libraire)
    Julie Jézéquel (la serveuse hôtel de la gare)
    Jean-Claude Dreyfus (le conseiller)
    Marie Pillet (la patronne hôtel de la gare)
    Marie Pillet (la patronne hôtel du Commerce)
    Albert Delpy (conducteur "Chien rouge")
    Gabriel Gobin (barman hôtel de la gare)
    Jacques Rousselot (monsieur Vaillant)
    Pierre-François Dumeniaud (patron hôtel du Commerce)
    Ged Marlon (le pique-niqueur)
    Françoise Baut (madame Meurisse)
    Eric Bérenger (le journaliste)
    Philippe Dormy (le journaliste hôtel du Commerce)
    Marylin Even (serveuse hôtel des Grands Hommes)
    Catherine Ferrière (réceptionniste hôtel des Trois Frères)
    Richard Fiardo (réparateur ascenseur)
    Nathalie Frémont (jeune fille podium)
    Gilles Guillot (patron Balto)
    Sylvie Herbert (patronne hôtel de la Gare)
    François Jousseaume (homme des toillettes)
    Barnard Mazzinghi (vigile du supermarché)
    Mélanie Merkl (jeune fille podium)
    Claire Morot-Sir (la femme du pique-niqueur)
    Anne-Marie Pisani (patronne hôtel des Grands Hommes)
    Julien Rohefort (réceptionniste hôtel du Chat Noir)
    Laurent Schuh (pompiste)

Fiche technique

  • Photographie :Denis Lenoir
  • Chef opérateur :Denis Lenoir
    Pascal Ridao (1er assistant opérateur)
    Solange Martin (2e assistant opérateur)
  • Directeur artistique :Ivan Maussion
  • Compositeur de la musique :François Bernheim
  • Ingénieur du son :Alain Curvelier
    Philippe Combe (assistant son)
  • Monteur :Joelle Hache
    Fabienne Alvarez (assistant monteur)
    Olivier Bériot (assistant monteur)
    Catherine Blocus (assistant monteur)
  • Chef décorateur :Eric Zambeaux (assistant décoration)
  • Costumier :Sylvie Duluc (habilleuse)
  • Monteur son :Jean Goudier
    Maguelone Pouget (assistant montage son)
  • Maquilleur :Catherine Demesmaeker
  • Casting :Gérard Moulevrier (extra casting)
  • Photographe de plateau :Valérie Blier
  • Régisseur :Christine de Jekel
    Didier Carrel (régisseur adjoint)
  • Chef machiniste :Denis Scozzesi
  • Assistant réalisateur :Etienne Dhaene (1er assistant réalisateur)
    Véronique Labrid (2e assistant réalisateur)
    Jean-Marc Besson (stagiaire réalisation)
  • Chef électricien :Dominique Dehoua
  • Machiniste / électricien :Georges Manuelis
  • Mixage :Dominique Hennequin
  • Postiches :Jean-Max Guérin pour Denis Poulin
  • Bruiteur :Jean-Pierre Lelong
    Mario Melchiorri (assistant)
  • Doublage :Chrismax
    Guy Maillet (assistant)
  • Cascades :Roland Neunreuther

 

Résumé et notes

  • Durée : 91 minutes

RÉSUMÉ

Le moment où c’est vraiment évident que Mortez est une star, c’est quand Rivetot lui repasse ses chemises. C’est forcément une vedette. A moins que Rivetot ne soit une femme. Pas possible. Il s’appelle Bernard. Homo ? Non. La vérité est claire : Mortez est une star, une de ces créatures particulières que l’on peut servir sans se sentir humilié. Rivetot le sait bien : repasser les chemises de Morza, c’est comme repasser la veste en toile du Général-de-Gaulle ou le short de Marilyn Monroe ; c’est la chance de sa vie.

Cela fait des années qu’ils font la route dans cet éternel break Ford (c’est Rivetot qui conduit), des années qu’ils prennent une chambre à deux lits pour les économies (c’est Rivetot qui négocie), des années que Mortez tient bon à coup de seringues dans le cul (c’est Rivetot qui pique), des années que Rivetot porte les valises, installe les micros, les câbles, sélectionne les candidats, chauffe la foule.

Si l’on demandait à Rivetot quel est son métier, il répondrait Sancho Pança ou Sganarelle. Sauf qu’il n’a jamais lu ni Don Quichotte ni Don Juan.

Rivetot ne manque pourtant pas de contacts avec le monde de la culture. Mieux : il baigne dedans. Tous les jours, il écoute le jeu radiophonique de Mortez, « la langue de chat ». Il le regarde même. Rivetot branche le micro, supporterait tout : les nuits en bagnole, les hôtels miteux, les crises de casino de Mortez, les problèmes conjuguaux (l’absence…), les chambres blafardes, les vins d’honneur au champagne tiède. Mortez en encaisse autant sans jamais craquer, toujours porté par cet invraisemblable enthousiasme qui depuis plus de 25 ans le pousse en avant.

Et quand Rivetot apprend que « la langue au chat » va être supprimée, il n’en dit pas un mot à Mortez. Muet. Alors, question à 5 points : « Qu’est-ce qui va arriver à Mortez sans son émission ? ». Rivetot a un énorme trou…

Mortez et Rivetot, c’est la solidarité du génie et de la modestie.

Mortez et Rivetot, c’est le triomphe de l’extravagance et de l’humilité… C’est Roméo et Juliette. C’est Roux et Combaluzier. Rivoire et Carret.

Mortez et Rivetot, c’est l’amitié. Mortez et Rivetot, c’est Tandem.

D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

ENTRETIEN AVEC PATRICE LECONTE, REALISATEUR

Comment résumer Tandem?

J’en suis incapable. La meilleure synthèse, c’est sans doute cette phrase trouvée après une projection : « Quand on est deux, on n’est plus tout seul. » C’est l’histoire de deux hommes, qui ne sont absolument pas des homosexuels, mais qui mènent pourtant une vraie vie de couple. Ils passent leur temps ensemble. Ils n’ont rien qu’eux deux. Une première version du scénario montrait la famille de Rivetot. Il n’en est plus question dans la version définitive. Tandem prend le risque de rester complètement sur ces deux personnages : une vedette de radio un peu ringarde et son chauffeur-assistant-preneur de son-infirmier. C’est Dom Juan et Sganarelle, ou Don Quichotte et Sancho Pança. La route est un prétexte pour mieux les isoler. En faisant les repérages, on cherchait des lieux, des paysages impossibles à identifier. On ne sait pas si on est à Arles ou à Brest. J’adore les ambiances d’autoroutes. C’est un monde en soi, totalement immobile et sur lequel la géographie n’a plus d’influence. Tandem a en fait été tourné en grande banlieue parisienne pour les intérieurs, et dans le Sud de la France (Arles, Orange) pour les extérieurs parce que nous cherchions du beau temps…

Vous ne vous seriez jamais permis dans un autre film le premier plan de Tandem : un long panoramique conclu par un plan fixe !

Je voulais mettre l’œil des gens à zéro, le laver de toute image rattachée à mes films, leur dire « Venez donc dans ce coin-là, vous allez voir ». Par contraste, cette lenteur met en valeur la scène du coup de frein qu’elle introduit. Rivetot fait pratiquement un tête à queue en voulant éviter un gros chien rouge. Mortez sort de voiture le nez ensanglanté, persuadé que Rivetot a eu une hallucination. Une autre voiture arrive qui pile à son tour. Le chauffeur sort hébété : lui aussi a vu le gros chien rouge.


Il existe vraiment, ce chien ?

Rochefort m’a posé exactement la même question le soir à l’hôtel. Je ne sais pas s’il existe. En tous cas, il a une vraie fonction. Il pose la règle du jeu. Il dit : « On a le droit ». Cette première scène fait jurisprudence. Sans cette clef, le film n’aurait jamais pu se permettre des répliques comme celle que lance le vieux militaire-barman à Mortez : « J’te fais une petite pipe Michel ? ».

Les seuls moments où Mortez et Rivetot ne vivent pas en vase clos, c’est quand ils passent quelques heures avec une femme, chacun de son côté.

C’est vrai. Tous les publics se ressemblent ; les hôtels sont les mêmes ; les cocktails de notables identiques. Il n’arrive quelque chose à Mortez et Rivetot que quand ils sont séparés. Et ça les trouble beaucoup. Mortez tombe sur une femme qui lui dit « Vous valez mieux que ça ». Rivetot fait l’amour avec une jeune fille qui lui dit n’aimer que les hommes de passage. Ca les déstabilise de voir des femmes qui ne rentrent pas dans leur jeu.

La rencontre avec la libraire est le seul moment où Mortez se dévoile.

Oui. A part ça, Mortez est tout le temps en représentation, même vis-à-vis de Rivetot…


On peut aussi raconter Tandem en décrivant le jeu de Jean Rochefort, un incroyable cabotinage qui s’estompe petit à petit.

C’est vraiment le personnage. Gérard Jugnot était complètement soufflé par la manière de jouer de Jean. Rochefort lui répondait : « T’inquiète pas coco, c’est bossé ». Il avait travaillé énormément. Il m’apportait des idées tous les matins. Ca l’amusait beaucoup de panacher une manière de jouer complètement anachronique et une autre manière complètement moderne. C’est Dean Martin et Rita Mitsouko dans la même chanson. Jugnot au contraire m’a avoué avoir fait tout le film au radar, sans trop se poser de questions sur son personnage. Eh bien justement, en prenant cette attitude, il avait répondu à toutes les questions. Rivetot n’existe qu’en fonction de Mortez. Il agit selon Mortez, pense comme lui et s’il se rebelle c’est pour montrer qu’il l’aime. Rivetot n’est pas autonome. Il n’a pas plus besoin de s’interroger sur son destin que Jugnot de réfléchir à sa manière de jouer. Rivetot vit selon Mortez. Jugnot a joué selon Rochefort sans l’imiter le moins du monde…

Vous réalisez des films publicitaires depuis plusieurs années. Ca ne se voit pas du tout dans Tandem.

Non. La lumière est aux antipodes de la photo publicitaire. On a filmé avec une petite pellicule très rapide qui donne beaucoup de grain aux plans. D’autant plus que le film est en scope, en format très large. On a tourné sans la moindre lumière additionnelle. On se contentait de changer l’ampoule de la table de chevet, quand vraiment l’ambiance était trop sombre. Le chef opérateur, Denis Lenoir, a failli craquer seulement une fois, dans la scène du dancing. La veille, il a eu peur et il a demandé un groupe électrogène. Il a annulé quelques heures plus tard. Nous voulions une image brute, même glauque parfois. Seul luxe, le format scope. Chaque film est un pari. Celui de Tandem était de s’imposer ces contraintes de lumière, ou plutôt d’absence de lumière. L’autre contrainte était de faire le cadre moi-même. J’avais l’œil collé à la caméra sur toutes les prises. C’est en faisant des films publicitaires que j’ai compris l’importance de faire le cadrage moi-même. Non qu’il n’y ait pas de bons cadreurs. Simplement, on contrôle complètement son film en le cadrant. On ne voit que ce qu’il y aura vraiment à l’écran. On entend exactement ce qu’il y aura sur la bande-son. On ne voit plus l’équipe ; on n’est pas distrait par le machiniste qui pousse le travelling. On ne laisse rien passer. En pub, on apprend l’importance de tout. C’est ça qu’il faut emporter sur un long métrage, et évidemment pas les ciels bleus et les mannequins bronzés….

S’il fallait vous juger sur un film, ce serait Tandem ?

Oui et non. C’est vrai que je n’ai jamais poussé un scénario aussi loin que celui de Tandem. Mais j’aime aussi « Viens chez moi, j’habite chez une copine », parce que c’est mon film comique le plus fin, je crois. Et j’aime « Les Spécialistes », parce qu’il m’a donné une liberté que j’ignorais. Je veux être le réalisateur de plein de films différents.


  • Sortie : 17/06/1987
Date de la publication électronique :29 February 2012
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé ; Fiches du cinéma, Tous les films 1987, p.349