Le Bal du Gouverneur  –  Marie-France Pisier  –  1990

Fiche générale

  • Durée : 98 minutes
  • Producteur :Philippe Carcassonne
    Philippe Lauro-Baranes (producteur associé)
  • Production :Cinéa
    FR3 Films Production
  • Distribution : U.G.C.
  • Réalisateur :Marie-France Pisier
  • Interprètes : Kristin Scott Thomas (Marie Forestier)
    Didier Flamand (Charles Forestier)
    Jacques Sereys (le Gouverneur)
    Vanessa Wagner (Théa Forestier)
    Edwige Navarro (Isabelle Demur)
    Laurent Grevill (le docteur Royan)
    Renaud Ménager (Benoît Forestier)
    Julien Kouchner (Jean-Baptiste)...
  • Scénario :Marie-France Pisier d'après son roman
  • Adaptation :d'après le roman de Marie-France Pisier aux Editions Grasset
  • Directeur de production :Michèle Plaa
  • Directeur de la photographie : Denis Lenoir
    Manuel Bachet (directeur de la photographie 2ème équipe)
  • Chef opérateur : Solange Martin (1er assistant opérateur)
  • Compositeur de la musique : Khalil Chahine
  • Monteur : Claudine Merlin
    Sylvie Quester (assistante monteuse)...
  • Chef décorateur : Michel Barthélémy
    Philippe Lacomblez (1er assistant décorateur)...
  • Costumier : Christian Gasc
    Laurence Guindollet (chef costumière)...

Production

  • Producteur :Philippe Carcassonne
    Philippe Lauro-Baranes (producteur associé)
  • Production :Cinéa
    FR3 Films Production
  • Distribution : U.G.C.
  • Directeur de production :Michèle Plaa
  • Assistant de production :Lydia Setton (administration de production)
    Martine Etchegaray (secrétaire de production)
    Karima Bououchma (secrétaire)
    Marine Guez (assistante de production)
  • Avec le concours financier de :Sofinergie
    Sofinergie 2
    Investimage
    Investimage 2
    Sofimage
  • Avec la participation de :Centre National de la Cinématographie
    Territoire de Nouvelle-Calédonie
  • Ce film a été réalisé grâce au concours de :Uta
    Utacargo

 

Fiche artistique

  • Réalisateur :Marie-France Pisier
  • Scénario :Marie-France Pisier d'après son roman
  • Adaptation :d'après le roman de Marie-France Pisier aux Editions Grasset
  • Scripte :Geneviève Dufour
  • Interprètes :Kristin Scott Thomas (Marie Forestier)
    Didier Flamand (Charles Forestier)
    Jacques Sereys (le Gouverneur)
    Vanessa Wagner (Théa Forestier)
    Edwige Navarro (Isabelle Demur)
    Laurent Grevill (le docteur Royan)
    Renaud Ménager (Benoît Forestier)
    Julien Kouchner (Jean-Baptiste)
    Hélène de Saint-Père (le professeur)
    Gaëlle Durand (Marianne)
    Maité Nahyr (Mlle Reiche)
    Pascal Tjibaou (Enfant noir)
    Marguerite Butin (Rosalie)
    Mickael Maperi (Bambo)

Fiche technique

  • Directeur de la photo :Denis Lenoir
    Manuel Bachet (directeur de la photographie 2ème équipe)
  • Chef opérateur :Solange Martin (1er assistant opérateur)
  • Compositeur de la musique :Khalil Chahine
  • Ingénieur du son :Pierre Lenoir
    Michel Barlier (ingénieur du son bruitage)
  • Effets spéciaux :Eric Foubert
    Jean-Pierre Toffolon
    Pascal Sentanac
    Jean-Claude Oeuvrard
  • Monteur :Claudine Merlin
    Sylvie Quester (assistante monteuse)
    Hélène le Morvan (assistante monteuse)
    Stanislas Moreau (stagiaire monteur)
  • Chef décorateur :Michel Barthélémy
    Philippe Lacomblez (1er assistant décorateur)
    Arnaud de Moleron (1er assistant décorateur)
  • Costumier :Christian Gasc
    Laurence Guindollet (chef costumière)
    Claire Fraisse (chef costumière)
  • Monteur son :Stéphanie Granel
  • Maquilleur :Ronaldo de Abreu
    Jean-Luc Russier
    Odile Fourquin
  • Casting :Claude Martin
  • Photographe de plateau :Jean-Marie Leroy
  • Régisseur :Nicolas Daguet (régie générale)
    Gilles Sacuto (régisseur)
    Gabriel Julien Laferière (régisseur)
    Olivier Rhode (régisseur)
  • Chef machiniste :Denis Scozzesi
  • Assistant réalisateur :Marie Beauchaud (1er assistant réalisateur)
  • Supervision post-production :Gilbert Crozet
  • Mixage :Dominique Dalmasso
  • Conseiller technique :Etienne Dhaene
  • Administration générale :Brigitte Faure
  • Cadreur :Jean-Jacques Mrejen
  • Ensemblière :Solange Zeitoun
  • Régisseur d'extérieurs :Nicolas Richez
  • Chef constructeur :Francis Sega
  • Chef coiffeur :Daniel Mourges
  • Bruiteurs :Jérôme Levy
    Alain Levy
  • Chefs électricien :Louis Bihi
    Leopold Gomez
  • Chef peintre décors :Xavier Buffin
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    Résumé et notes

    • Durée : 98 minutes

    RÉSUMÉ

    Les canaques vivent à côté des blancs, pas avec eux. Qui s’en accommode trop facilement ?

    Une cavalière blonde au galop sur le sable de la Baie des Citrons, dans le silence du matin… Qui la guette ?

    Les promenades à vélo parmi les flamboyants provoquent d’intéressantes sensations… Qui les recherche ?

    Au lycée La Pérouse, le chahut des lycéennes simule une cavalcade… Qui visent-elles ?

    Les gestes de violence sont parfois des mots d’amour… Qui le pressent ?

    L’amitié passionnelle est un refuge contre l’ordre sexuel à venir… Qui s’y précipite ?

    Plus de « colonie » mais un « territoire d’outre-mer », plus de gouverneur mais un « haut-commissaire », l’île va changer de statut. Le « Bal du Gouverneur » sera le dernier, le plus fastueux… Qui s’en moque ?

    Le sémaphore guide la paquebot « Résurgent » à travers la dangereuse passe de corail qui protège le port… Qui tente de le couler ?

    Le cagou est un oiseau qui aboie et ne vole pas… Qui l’observe d’un œil complice ?

    Un sage de douze ans l’aime à la vie à la mort, loin de tout inceste… Qui est sa sœur ?

    Théa Forestier, quatorze ans, fille de sous-gouverneur, élève de seconde classique au lycée La Pérouse, à Nouméa en 1957.

    A l’heure où la IVème République agonise, dans les derniers feux d’une colonie d’outre-mer, elle devient brutalement une jeune adulte.

    D’après le synopsis publicitaire du film

    En savoir plus

    Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

    ENTRETIEN AVEC MARIE-FRANCE PISIER, REALISATRICE

    Quelle est la part autobiographique de votre film ? Théa, c’est vous ?

    J’ai inventé cette histoire. Théa est un personnage de fiction. Cela dit, je suis née en Indochine, j’ai vécu en Nouvelle-Calédonie et je suis la fille d’un haut-fonctionnaire de la France d’Outre-Mer. Par ailleurs, l’histoire familiale, un divorce orageux, a voulu que je quitte ce pays en état de choc. Je me suis retrouvée agrippée au bastingage d’un bateau qui s’éloignait du port de Nouméa, sans comprendre ce qui m’arrivait. J’avais onze ans. Théa ne quitte pas l’île à la fin de mon histoire, même si son enfance la quitte. C’est elle qui vot le Résurgent s’éloigner.

    Bizarrement, ce que je trouve de plus symétrique en y réfléchissant, c’est le décalage entre le choc qu’elle ressent et le traumatisme différé qui la frappe. Il m’a fallu des années, moi, pour comprendre que j’avais des comptes à régler, à rendre aussi avec ces quelques années de ma vie. D’où mon acharnement à tourner ce film de fiction ancré autour de quelques émotions, bien réelles celles-là. Mais c’est le cas de tous les films d’auteur et plus particulièrement sans doute, des premiers films. (…)

    Quelle est la genèse du film ?

    Il y a une dizaine d’années environ, j’ai écrit un premier scénario qui s’appelait « Territoire d’Outre-mer ou le bal du gouverneur ». Je me souviens de mon explosion de joie quand j’ai appris en Angleterre où je tournai « Les sœurs Brontë » que j’avais obtenu l’avance sur recettes. Truffaut qui aimait beaucoup le scénario (je l’ai retrouvé entièrement annoté de sa main méticuleuse et amicale), en avait parlé à Claude Berri. Bref, les choses se présentaient bien…

    Dix ans ! Il m’a fallu dix ans en fait pour arriver à le monter, chacun se trouvant confronté aux aléas de ce métier. Quoiqu’il en soit, l’idée du film évoluait dans ma tête, mais restait obsédante.

    « Fais-en un livre, m’avait dit François, ce sera déjà ça et on ne sait jamais… Un scénario ce n’est rien. Rien qu’une promesse de bonheur. »

    J’adore cette expression. Je ne sais pas pourquoi elle me fait tellement penser à lui.

    Bref, la suite est plus connue. J’ai continué à faire l’actrice, continué à ruminer des angles d’attaque pour monter ce film, écrit le livre qui a eu, il faut bien le dire, un franc succès et à partir de là, le dialogue s’est renoué entre le cinéma et ce projet. Mais les complications n’étaient pas terminées car, où tourner ? Tout me paraissait impossible, tout me paraissait mieux que de ne pas tourner du tout. Quel aveuglement ! Philippe Carcassonne qui a fait une longue partie du chemin avec moi, quelques pays en tout cas avec l’obstination désabusée qui le caractérise, a fini de guerre lasse par m’envoyer vérifier, en Nouvelle-Calédonie, que le tournage y était impossible : aux antipodes de la France, un pays en guerre civile larvée ! J’en suis revenue cassée en deux d’émotion avec l’absolue certitude que c’était là et nulle part ailleurs. A partir de ce moment (et grâce aux accords de Matignon sans lesquels sans doute ce pays serait à feu et à sang), Philippe Carcassonne a réussi à monter l’affaire, à la rendre crédible aux yeux d’un certain nombre de financiers. Mais ça, c’est la partie du film qui m’échappe. Chacun son métier.

    Ce qu’il y a de sûr, c’est que moi, mon problème, c’était de convaincre un certain nombre de gens sur place, hostiles au projet (à Nouméa, en 84, le livre avait été perçu comme très anti-colonialiste) non pas de nous aider mais, au moins, de ne pas nous mettre de bâtons dans les roues. Mais, les « dockers en grève », le mot « bagnard », un « accident du travail aux usines du Nickel », tout leur semblait agressif, alors que chacun sait qu’un pays qui accepte de relire son histoire, c’est un pays qui évolue dans le bon sens.

    L’assassinat de Jean-Marie Tjibaou, six semaines avant le tournage, je m’en souviendrai toujours. Quel dégoût ! Ressentir tant de chagrin de la mort de cet homme si accueillant, si généreux et tant de peur en même temps, que sa disparition empêche le film de se faire…

    Sur place, en tout cas, une fois l’affaire lancée, tout le monde ou presque, nous a aidés, le tournage étant ressenti comme un événement positif, un signe d’apaisement.

    
    

    Le film oscille entre un ton onirique et réaliste à la fois, loin des chromos postaliers qui manqueront peut-être à certains.

    C’est un pays magnifique, les oppositions de couleurs sont très franches, presque violentes. Je n’ai pas cherché à le gommer au contraire. La ligne d’une plage de sable blanc me paraissait aussi importante que la fumée rouge des usines du Nickel…

    Les décors, les costumes, le traitement de la lumière, vont dans le même sens : fuir les demi-teintes, les pastels, les lignes de fonte, contrer l’ambiguïté des personnages. Et puis, par ailleurs, Nouméa est une petite ville assez provinciale, la Nouvelle-Calédonie, c’est un peu l’envers du mythe colonial. Dans le « cursus » des hauts-fonctionnaires, dans les années cinquante, c’était non pas un cul de sac, mais disons, un chemin de traverse. Le luxe, le faste venaient de la nature, de ses donc, de ses contrastes. Le pouvoir était plus paternaliste qu’agressif. Par exemple, les serviteurs canaques ne portaient pas de livrée blanche… (sauf au Bal où le Gouverneur « imite » le colonialisme, l’idée qu’on en a, mais ça c’est une autre histoire, où la jubilation du romanesque prend le pas sur le reste).

    Pour en revenir à ce que vous disiez, c’est vrai que le côté onirique vient parfois du regard halluciné de l’enfant qui rêve sa vie, de façon très intense, pas languide du tout. (…)

    Le choix des enfants a-t-il été difficile ?

    Pas difficile mais très long. Le choix de Théa déterminait celui des autres et j’ai longtemps hésité entre une enfant carrément plus jeune et une jeune fille plus âgée qui « jouait » très bien l’enfance. La merveille avec Vanessa Wagner, c’est son ambivalence : enfantine et garçonnière, elle peut paraître, à d’autres moments, renversante de féminité. J’aime sa voix, sa démarche un peu gauche et têtue et l’extrême professionnalisme qu’elle a montré tout au long du film, acceptant d’être dirigée mot à mot ou plongeant seule dans des émotions qui la guidaient mieux que je ne pouvais le faire.

    Le drame avec les enfants de cet âge, c’est qu’ils changent très vite et que, de six mois en six mois, la préparation ayant été repoussée, beaucoup d’entre eux, présélectionnés, ne faisaient plus l’affaire. Il fallait tout reprendre à zéro. J’ai trouvé Vanessa, trois semaines avant le tournage ! Les autres se sont comme imposés rapidement autour d’elle.

    Quant aux adultes ?

    Jacques Sereys a la classe et l’auto-dérision du personnage.

    J’ai choisi Laurent Grevill en deux minutes. Il est sexy et chaleureux et il promène sur le monde un des plus beaux regards qui soit. Il a deux timbres de voix très bizarres vraiment intéressants.

    Ma plus longue interrogation a été le rôle du père qu’interprète Didier Flamand. Je pense que Didier lui a enlevé tout ce qu’il avait de caricatural et d’un peu trop effrayant. Il est devenu grâce à lui, plus complexe et plus attachant.

    Quant à Kristin, elle m’a éblouie comme j’avais besoin de l’être. Lumineuse et froide, enfantine et inquiétante à la fois, elle a traversé ce rôle en osant tout, avec un enthousiasme, un entêtement et une audace que je ne suis pas près d’oublier.


    • Sortie : 28 février 1990
    Date de la publication électronique :29 février 2012
    Sources :

    Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé ; Fiches du cinéma, Tous les films 1990, p.53