Un coeur en hiver  –  Claude Sautet  –  1992

Fiche générale

Affiche
  • Durée : 105 minutes
  • Production :Film par Film
    Cinéa...
  • Distribution : A.F.M.D.
  • Réalisateur :Claude Sautet
  • Interprètes : Daniel Auteuil (Stéphane)
    Emmanuelle Béart (Camille)
    André Dussolier (Maxime)
    Maurice Garrel (Lachaume)
    Elisabeth Bourgine (Hélène)
  • Scénario :Claude Sautet
    Jacques Fieschi
    Jérôme Tonnerre (avec la collaboration de)
  • Producteur délégué :Jean-Louis Livi
    Philippe Carcassonne
  • Directeur de production :Gérard Gaultier
  • Directeur de la photographie : Yves Angelo
  • Chef opérateur : Laurent Fleutot (assistant opérateur)
    Paco (assistant opérateur)...
  • Compositeur de la musique : Maurice Ravel
  • Monteur : Jacqueline Thiedot
    Christine Grenet (assistant montage)...
  • Chef décorateur : Christian Marti
  • Costumier : Corinne Jorry
    Marie-Claude Brunet (assistante costumes)...

Production

  • Production :Film par Film
    Cinéa
    Orly Film
    Sedif
    paravision
    D.A. Films
    FR3 Production
  • Distribution : A.F.M.D.
  • Producteur délégué :Jean-Louis Livi
    Philippe Carcassonne
  • Directeur de production :Gérard Gaultier
  • Assistant de production :Béatrice Chauvin (secrétaire de production)
  • avec :les Soficas Sofinergie
    Investimage
    Créations
  • Avec la participation de :Canal+
    Centre National de la Cinématographie

 

Fiche artistique

  • Réalisateur :Claude Sautet
  • Scénario :Claude Sautet
    Jacques Fieschi
    Jérôme Tonnerre (avec la collaboration de)
  • Scripte :Geneviève Cortier
  • Interprètes :Daniel Auteuil (Stéphane)
    Emmanuelle Béart (Camille)
    André Dussolier (Maxime)
    Maurice Garrel (Lachaume)
    Elisabeth Bourgine (Hélène)

Fiche technique

  • Photographie :Yves Angelo
  • Chef opérateur :Laurent Fleutot (assistant opérateur)
    Paco (assistant opérateur)
    Alain Bolle (assistant opérateur)
  • Compositeur de la musique :Maurice Ravel
  • Directeur musical :Philippe Sarde
  • Ingénieur du son :Pierre Lenoir
    Denis Carquin (assistant son)
  • Monteur :Jacqueline Thiedot
    Christine Grenet (assistant montage)
    Anne-Marie Hardouin (assistant montage)
    Dorian Rigal-Ansous (assistant montage)
  • Chef décorateur :Christian Marti
  • Costumier :Corinne Jorry
    Marie-Claude Brunet (assistante costumes)
    Tess (assistante costumes)
  • Monteur son :Marie-Thérèse Boiche
  • Maquilleur :Thi-Loan Nguyen
  • Casting :Lissa Pillu
    Christiane Lebrima
    Pascale Beraud
  • Photographe de plateau :Benoît Barbier
  • Régisseur :Marc Vade
    Francis Barrois
    Marc Rovere
    Olivier Guespin
  • Chef machiniste :Charlie Freess
    Jean-Yves Freess
    Jacques Stricanne
  • Assistant réalisateur :Yvon Rouve (1er assistant réalisateur)
    Frédéric Jardin (assistant réalisateur)
    Nathalie Engelstein (assistant réalisateur)
    Nils Hoffet (assistant réalisateur)
  • Administrateur :Jean Brun
  • Bruiteur :Jérôme Levy
  • Mixage :Jean-Paul Loublier
  • Coiffure :Daniel Mourges
  • Equipe décoration :Frédéric Belvaux
    Thomas Chevalier
    Alain Gosse
    Olivier Coutagne
    Thierry Golitin
    Bertrand FremauxPhilippe Silvain
    Yvon Moreno
    Claude Vincent
    Robinson
    Sophie Pons
    Raymonde Moreddu
  • Electriciens :Michel Lefrançois
    Denis Moncel
    Marc Moncel
    Richard Vidal
    Jean-Jacques Gageat
  • Collaboration à l'écriture :Yves Ulmann
  • Conseillers musicaux :Christophe Poiget
    Carole Saint-Michel
  • Conseillers lutherie :Etienne Vatelot
    Philippe Mahu

 

Résumé et notes

  • Durée : 105 minutes

RÉSUMÉ

Stéphane te Maxime sont amis depuis si longtemps… depuis ces jours de leur jeunesse où ils préparaient ensemble le conservatoire de musique.

Mais peut-être que le métier qu’ils partagent – la lutherie – et l’habitude des jours les a séparés sans qu’ils le sachent, comme s’ils n’attendaient plus rien l’un de l’autre, aucune surprise, aucune douleur.

Camille Kesler, la jeune violoniste douée et puritaine, va entrer dans leur vie pour en bouleverser la routine. Maxime et Camille s’aiment. Mais Stéphane n’y croit pas. En quoi croit-il encore, dans la vie fermée sur elle-même qu’il s’est patiemment construite ? A la musique, oui, « parce que c’est du rêve ». Mais pas aux sentiments amoureux, cet état qui le dépayse. Sans que même il l’ait concerté, comme malgré lui, contre Maxime, il va se livrer à un jeu qui capte peu à peu l’attention de la jeune fille. Dès lors, c’est Stéphane lui-même qui est en danger… Et l’aventure va jeter sur ce cœur en hiver une lumière violente et nouvelle…

Pourra-t-il toujours dire alors : « Je ne vous aime pas » ?

D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Musique extraite des Sonates et Trio de Maurice Ravel

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

ENTRETIEN AVEC CLAUDE SAUTET, REALISATEUR

Quelle est l’origine de l’histoire?

Quand on a fait « Quelques jours avec moi », Philippe Carcassonne m’avait donné à lire « Un héros de notre temps » de Lermontov, un recueil de nouvelles parmi lesquelles « La Princesse Mary ». C’était un outil très intéressant pour le rôle de Martial et je l’ai fait lire à l’époque à Daniel Auteuil.

Un jour, en déjeunant avec Jacques Fieschi, alors qu’on évoquait des sujets possibles pour un film futur, j’ai résumé, en la trahissant probablement, cette « Princesse Mary » située en 1820 dans le Caucase. Il y avait un personnage moderne, moderne dans le sens « négatif » : destructeur, imperméable aux sentiments.

Il fallait lui trouver un environnement. Le milieu musicien s’est imposé assez vite, fait assez curieux, car, dans mes films, j’avais toujours essayé d’éviter la musique en tant que support. Mais là il m’est apparu que c’était le « travail » dans l’univers musical qui m’intéressait comme force d’expression des personnages. A partir de là, on a écrit assez vite dix-sept pages. Après quoi, Fieschi a lu la nouvelle de Lermontov et a constaté qu’elle n’avait pratiquement plus aucun rapport avec le scénario du film. Une seule idée était restée : se faire aimer d’une femme pour le plaisir pervers de lui dire : « je ne vous aime pas ».

C’est un infirme du côté du cœur?

C’est un personnage qui se protège du monde extérieur, son métier même le protège. Il s’installe dans une espèce de confort qui consiste à nier les sentiments. Il ne s’en rend même pas compte. Quand on l’attaque sur ce sujet, il a toujours des arguments pour se défendre. Par exemple quand on lui dit : « vous vous protégez », il répond : « non, je m’expose ».

Le spectateur non plus ne se rend pas très bien compte pourquoi, il réagit comment il réagit… Indifférence ? Cruauté ? Crainte de s’engager ?

C’est la question. Dès le départ, il nie son amitié avec Maxime – qui est pourtant fondamentale. Il cherche à maintenir ses distances. On sent bien ses rapports passionnels avec Maxime, sa frustration et sa contrariété quand il le voit découvrir l’amour. Ce n’est pas de la jalousie : il est dérangé. Il n’avait pas prévu ça. Le rôle de Maxime présentait de nombreux pièges, dont le cliché de l’homme trompé. Sa confiance en Stéphane a quelque chose de simple et de lumineux. Il n’imagine pas une manœuvre de jalousie, une méchanceté ou la moindre négativité de sa part. Ce qu’il ne lui pardonne pas, c’est d’avoir humilié Camille. Au fond, leur amitié tacite est une donnée que Stéphane s’entête à nier, pour essayer de s’en sortir. (…)

On sait depuis longtemps que vous êtes mélomane, or, c’est la première fois que vous intégrez à ce point dans un film l’univers de la musique.

Cela m’a effrayé au début, justement parce que j’aime passionnément la musique ; je ne voulais pas que la musique soit un décor de film. Le cinéma, c’est déjà de la musique : rythme, durée des plans, structure dramatique… Faire de la musique dans une structure cinématographique, elle-même musicale, c’est difficile. La musique n’est pas le sujet d’"Un cœur en hiver". Le milieu aurait pu être tout autre. Il n’y a que huit minutes de musique dans le film.

Il y a quand même des considérations très pointues sur le métier de luthier…

Un luthier, c’est un ébéniste qui a de l’oreille. Il ne juge pas de la musique, il juge du son ; il est comme les musiciens d’orchestre qui jouent tous les morceaux qu’on leur demande. De même qu’un opérateur, très bon technicien, peut devenir artiste ou rester technicien. Cela dit, le luthier, toute technique assimilée, a un rôle psychologique considérable auprès des musiciens. L’autre problème qui me tracassait était le choix des musiques. Je me suis aperçu que les sonates et trio de Ravel étaient peu connus. De plus, ils sont très difficiles à jouer. Au lieu qu’elle interprète, dès le départ, des airs chantant, Camille joue du Ravel dans ce qu’il a de plus « vache ». Ce choix incarne le sérieux de son travail d’artiste : elle ne « joue pas un air » comme on chante une chanson.

Emmanuelle Béart savait jouer du violon ?

Non. Elle a appris. La première chose que je lui ai demandée c’est qu’elle puisse faire ce que le personnage fait dans le film : jouer du violon. Je sentais que si elle franchissait cet obstacle énorme, ses rapports au personnage seraient résolus. On a trouvé un professeur merveilleux, Christophe Poiget. Il m’a dit au départ : il faut que je voie si elle peut tenir la position du violon et de l’archet. Elle savait. D’instinct. Après, il a fallu qu’elle apprenne à jouer synchrone. Elle m’a stupéfait. Les musiciens aussi étaient soufflés. Elle a été danseuse et elle a les sens du rythme.

Ce qui est curieux, c’est que Stéphane, le plus « personnel », pour ne pas dire égoïste, des personnages accomplit un geste exceptionnel de courage et d’altruisme, pourrait-on dire.

Oui, il fait la chose que personne n’a envie de faire. Ca m’a tracassé au moment de l’écriture. Comme il ne se livre pas, je voulais montrer une part de lui surprenant, je voulais que l’on comprenne qu’il était capable de faire un geste rare, et de le faire d’une façon qui n’est pas apitoyante. Il est vrai aussi que ce geste crée en lui un apaisement. Il a paradoxalement accompli un acte considéré comme négatif selon la morale sociale, mais il ne réfléchit pas à cela. Ce qui est typique de son état d’esprit à ce moment précis, c’est qu’au lieu de fermer les volets, il les ouvre. (…)


  • Sortie : 02/09/1992
Date de la publication électronique :29 February 2012
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé ; Fiches du cinéma, Tous les films, p.333