Fin août, début septembre  –  Olivier Assayas  –  1999

Fiche générale

  • Durée : 112 minutes
  • Production :Ima Films
    Dacia Films...
  • Distribution : PolyGram Film Distribution
  • Réalisateur :Olivier Assayas
  • Interprètes : Mathieu Amalric (Gabriel)
    Virginie Ledoyen (Anne)
    François Cluzet (Adrien)
    Jeanne Balibar (Jenny)
    Alex Descas (Jérémie)
    Arsinée Khanjian (Lucie)
    Mia Hansen-Love (Véra)
    Nathalie Richard (Maryelle)...
  • Scénario :Olivier Assayas
  • Producteur exécutif :Françoise Guglielmi
  • Producteur délégué :Georges Benayoun
    Philippe Carcassonne
  • Directeur de la photographie : Denis Lenoir
  • Compositeur de la musique : Ali Farka Touré
  • Monteur : Luc Barnier
  • Chef décorateur : François-Renaud Labarthe
  • Costumier : Françoise Clavel

Production

  • Production :Ima Films
    Dacia Films
    Cinéa
  • Distribution : PolyGram Film Distribution
  • Producteur délégué :Georges Benayoun
    Philippe Carcassonne
  • Producteur exécutif :Françoise Guglielmi

Fiche artistique

  • Réalisateur :Olivier Assayas
  • Scénario :Olivier Assayas
  • Interprètes :Mathieu Amalric (Gabriel)
    Virginie Ledoyen (Anne)
    François Cluzet (Adrien)
    Jeanne Balibar (Jenny)
    Alex Descas (Jérémie)
    Arsinée Khanjian (Lucie)
    Mia Hansen-Love (Véra)
    Nathalie Richard (Maryelle)
    Eric Elmosnino
    Olivier Cruveiller
    Jean-Baptiste Malartre
    André Marcon
    Elisabeth Mazev
    Olivier Py
    Jean-Baptiste Montagut
    Catherine Mouchet
    Elli Medeiros

Fiche technique

  • Photographie :Denis Lenoir
  • Compositeur de la musique :Ali Farka Touré
  • Ingénieur du son :François Waledisch
  • Monteur :Luc Barnier
  • Chef décorateur :François-Renaud Labarthe
  • Costumier :Françoise Clavel
  • Son :Dolby SRD
  • Casting :Antoinette Boulat
  • Assistant réalisateur :Marie-Jeanne Pascal (1er assistante réalisateur)

Résumé et notes

  • Durée : 112 minutes

RÉSUMÉ

Chronique de la vie de deux amis, Gabriel et Adrien, depuis la fin août jusqu'au début septembre de l'année suivante. Adrien, malade, se trouve confronté au terme précoce de son existence. Quant à Gabriel, il est déchiré par deux amours et devra progressivement se détacher de l'influence d'Adrien. D’après le synopsis publicitaire du film

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Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

  • ENTRETIEN AVEC MATHIEU AMALRIC

Gabriel « fonctionne » par couples : avec Jenny, avec Anne, même avec Adrien – un couple d’amis. Mais les couples fonctionnent assez mal pour Gabriel… Gabriel est comme la pointe d’un compas qui permettrait à Olivier de passer d’un personnage à un autre. Et ce qui intéresse le plus Olivier, c’est ce qu’il y a entre deux personnages. Il tourne beaucoup en caméra portée, des plans longs, pas par esthétisme, mais parce qu’il veut filmer l’espace entre deux corps, le trajet entre deux personnes. En cela, fin août, début septembre est vraiment un film de couples. Ceux que Gabriel forme avec Jenny et avec Anne permettent de situer le film dans le présent, dans une sorte d’entre-deux : il y a le couple d’avant et le couple d’après. Mais avec Adrien, Gabriel forme autre chose qu’un couple. Adrien est pour lui comme un guide, quelqu’un à qui on se réfère dans la vie, avec admiration, ce qui est toujours assez délicat. L’ambiguïté de la relation entre Gabriel et Adrien vient de là. Ce n’est pas une amitié entre deux personnes qui avancent dans le même temps, au même âge et avec la même expérience de la vie. Ils sont dans un décalage constant, comme dans cette terrible scène où les rôles sont tout à coup inversés, où ce serait Gabriel qui offrirait du travail à Adrien. Il réalise immédiatement que ce n’est pas supportable, mais quelque chose est cassé, comme Adrien le dit ensuite à Jenny. Entre le début et la fin du film, on peut se dire que Gabriel est passé à côté du pire : il aurait pu devenir quelqu’un d’un peu amer, d’un peu insupportable à vivre parce qu’il ne peut pas s’engager avec les autres, ou pas vivre sa propre vie. Si Gabriel est la pointe d’un compas, cette pointe ne doit pas bouger, mais dans le film elle dérape du papier, et le compas tombe par terre. Quand on pense à Gabriel au début de l’histoire et à Gabriel à la fin, on voit un cheminement presque plus contrasté que la narration du film, qui ne semble pas raconter une révolution. La narration d’Olivier est à priori très quotidienne, mais elle est aussi très ample. Pendant le tournage, je pensais souvent à Scènes de la vie conjugale de Bergman, un film qui est aussi soi-disant construit sur des choses sans importance, mais des choses dont le temps révèle toute l’importance : on prend les mêmes personnes dans le même appartement à six mois d’intervalle, et cela crée une fiction qui dit énormément de choses. Vous avez pensé que Gabriel pouvait être un personnage parfois antipathique, avant de s’ouvrir au monde à la fin du film et surtout dans la dernière scène ? Ca me fait plaisir si vous le ressentez comme ça, car c’est la seule chose amusante quand on joue un personnage. Le plaisir ne peut se trouver que là, dans l’absence d’efforts, de séduction. Ce que j’aime dans le film d’Olivier, c’est l’idée qu’il n’y a aucune morale. Gabriel se nourrit d’une mort, il se nourrit de la fin d’un amour, il se nourrit de ses difficultés avec, j’espère, le cynisme qu’on a tous. Pas un cynisme pour arriver au pouvoir, mais pour arriver à une construction de soi, qui peut passer par une manière de râcler les autres. Est-ce qu’on aime les autres ? Le film pose cette question. Gabriel semble accepter d’aimer Anne quand elle est partie et il s’humilie en allant voir le type dont il sait qu’il est son amant. On a l’impression qu’il aime Anne parce qu’elle n’est plus là, comme il aime Adrien parce qu’il est mort. Mais il a un rapport sincère avec l’œuvre d’Adrien. J’adore la scène où, face au jeune garçon qui lui dit combien Adrien est un écrivain important, maintenant qu’il est mort, Gabriel répond que, pour lui, le meilleur livre d’Adrien était toujours à venir. C’est vraiment une phrase d’amour : Adrien était en train de faire quelque chose. Et ça, c’est présent chez Olivier, il suffit de le voir marcher dans la rue pour comprendre que c’est quelqu’un qui ne croit qu’à l’évolution, au mouvement, au changement d’avis, au trajet. C’est en cela que le film lui ressemble beaucoup, c’est un film mature, et c’est un hymne à la vie. Je crois que le personnage du film auquel Olivier aimerait le plus ressembler, c’est Véra. Il espère être aussi léger qu’une Véra, avoir la générosité de cette légèreté. La dernière scène du film est très heureuse, mais comme dans tous les bons films, ça se mélange : c’est une scène de bonheur et on a envie de pleurer.


  • Sortie : 10/02/1999
Date de la publication électronique :27 March 2012
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé ; les Fiches du cinéma, Tous les films 1999, p.236