Entre ses mains  –  Anne Fontaine  –  2005

Fiche générale

Affiche
  • Genre : Drame
  • Durée : 90 minutes
  • Producteur :Bruno Pesery
    Philippe Carcassonne
    Dominique Janne (coproducteur)
  • Production :Soudaine Compagnie
    Ciné B...
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Anne Fontaine
  • Interprètes : Benoît Poelvoorde (Laurent)
    Isabelle Carré (Claire)
    Jonathan Zaccaï (Fabrice)
    Valérie Donzelli (Valérie)
    Agathe Louvieaux (Pauline)
    Bernard Bloch (Le directeur)...
  • Scénario :Anne Fontaine
    Julien Boivent
  • Adaptation :inspiré du roman de Dominique Barbéris "Les Kangourous" aux Editions Gallimard
  • Dialogues :Anne Fontaine
    Julien Boivent
  • Directeur de production :Julie Salvador
  • Directeur de la photographie : Denis Lenoir
  • Compositeur de la musique : Pascal Dusapin
  • Monteur : Philippe Ravoet
    Luc Barnier
  • Chef décorateur : Sylvain Chauvelot
  • Costumier : Jackie Budin

Production

  • Producteur :Bruno Pesery
    Philippe Carcassonne
    Dominique Janne (coproducteur)
  • Production :Soudaine Compagnie
    Ciné B
    K2/K-Star
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Directeur de production :Julie Salvador
  • en association avec :Sofica EuropaCorp
    Banque Populaire Image 5
    le CRRAV Nord-Pas de Calais
    la Région Nord-Pas de Calais
    la Région Wallonne
  • Avec la participation de :Canal+
    TPS

 

Fiche artistique

  • Réalisateur :Anne Fontaine
  • Scénario :Anne Fontaine
    Julien Boivent
  • Adaptation :inspiré du roman de Dominique Barbéris "Les Kangourous" aux Editions Gallimard
  • Dialogues :Anne Fontaine
    Julien Boivent
  • Interprètes :Benoît Poelvoorde (Laurent)
    Isabelle Carré (Claire)
    Jonathan Zaccaï (Fabrice)
    Valérie Donzelli (Valérie)
    Agathe Louvieaux (Pauline)
    Bernard Bloch (Le directeur)
    Véronique Nordey (Mère Laurent)
    Michel Dubois (Père Claire)
    Martine Chevallier (Mère Claire)
    Jean-Chrétien Sibertin Blanc (le collègue de bureau)
    Dominique Dubois (Mère Fabrice)
    Patrick Brasseur (Père Fabrice)

Fiche technique

  • Directeur de la photo :Denis Lenoir
  • Compositeur de la musique :Pascal Dusapin
  • Ingénieur du son :Jean-Claude Laureux
    Jean-Pierre Laforce
  • Monteur :Philippe Ravoet
    Luc Barnier
  • Chef décorateur :Sylvain Chauvelot
  • Costumier :Jackie Budin
  • Son :Dolby SRD

Résumé et notes

  • Genre : Drame
  • Durée : 90 minutes

RÉSUMÉ

Lille, à Noël….

Claire Gautier, 30 ans, travaille au service des sinistres d’une compagnie d’assurance. Elle mène une vie sans histoires, avec son mari Fabrice et sa petite fille Pauline…

Claire fait la connaissance de Laurent Kessler, un vétérinaire venu la consulter pour une affaire de dégât des eaux. C’est le début d’une histoire d’amour et d’effroi.

Laurent est un séducteur, ou plutôt un « chasseur de femmes » obsessionnel. Avec Claire, les choses se passent différemment. Sans doute parce que la jeune femme a pressenti les zones d’ombre qu’il cherche à masquer.

Des femmes ont été assassinées par un homme qui sème la terreur dans la ville. Claire ne peut s’empêcher de faire le rapprochement entre Laurent et le tueur.

Etrangement, Claire s’attache de plus en plus à lui, à mesure que ses soupçons se précisent. Pourra-t-elle échapper à cette spirale de frayeur et de fascination ?

D’après le synopsis publicitaire du film

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Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

ENTRETIEN AVEC ANNE FONTAINE, REALISATRICE

Vous avez librement adapté le roman de Dominique Barberis, « Les Kangourous ». Qu’est-ce qui vous intéressait dans cette histoire ?

J’ai découvert le manuscrit dans le cartable de mon fils ! Prune Berge, responsable chez Gallimard du département cinéma, avait confié ce texte à mon intention à une petite fille qui fréquentait la même école que lui. L’insolite de ma rencontre avec ce document a attiré ma curiosité. J’ai été immédiatement intéressée par l’héroïne, une femme à la fois effrayée et fascinée par le même homme. Dans le livre, l’homme est abstrait, il n’existe pas vraiment. J’ai rencontré l’auteur pour lui demander si elle acceptait que je la « trahisse ». Dominique Barberis m’a fait confiance. Ce qui m’intéressait, c’était de traiter, à partir d’une banale rencontre amoureuse, le glissement insensible du quotidien jusqu’à la folie et au tragique. Je tenais à ce que leur première rencontre se déroule dans le climat le plus naturel, le moins romanesque, afin de n’éveiller aucun soupçon chez le spectateur.

Votre film est un thriller intime

Un thriller intime, oui, parce que je souhaitais créer une tension dramatique et tenir un climat de suspens uniquement sur des sensations, des émotions, avec une épée de Damoclès menaçant en permanence l’amour qui s’installe entre les deux personnages. Mais les codes du thriller ne m’intéressaient pas pour cette histoire. Je voulais que le spectateur entre directement en intimité avec Claire et Laurent, en traitant le presque rien, le non spectaculaire…

Laurent est difficile à cerner.

Il a un charisme, mais aussi une souffrance inhabituelle dont on n’arrive pas à isoler la source. Qui est ce type ? Quelle est sa vérité, sa réalité ? C’est ce que se demande Claire qui, elle, sous son apparence lisse, souffre d’un déficit d’existence.

Il y a dans ce sujet un vrai défi de confronter le romantisme à l’horreur.

Le romantisme est induit par l’idée d’absolu. Pour chacun des deux personnages, l’autre est unique, un être d’élection, différent de tous ceux qu’ils ont pu rencontrer. Le paradoxe vient du fait que chacun voit en l’autre son salut et sa perte : Claire sait ce dont Laurent est capable, mais elle croit pouvoir le sauver ; Laurent sait ce que Claire imagine, mais il est prêt à se sacrifier pour lui donner raison. Je ne vois pas de contradiction entre le romantisme et l’horreur : la quête d’absolu débouche très souvent sur le monstrueux. (…)

La personnalité de Claire le rassure.

Sa discrétion, et même une sorte de fadeur apparente, le rassure. Claire n’a pas une sexualité affichée, agressive. Il peut lui parler autrement qu’aux filles avec qui il boit des verres le soir quand il « chasse » dans les boîtes. Il lui dit d’ailleurs de manière innocente, « vous avez une façon de parler aux gens, de les aider qui les rassure. ». Avec elle, il abandonne ses méfiances, ses masques. On sent qu’il est tenté de tout lui avouer. (…)

Le film donne accès à la part du mal que l’on a en nous.

Ce qui m’intéressait, c’est de placer le spectateur face à ce qui ne peut pas se juger, ni même se comprendre. J’ai toujours été troublée par le fait que des personnes extrêmement charismatiques puissent être également dangereuses. Cette coexistence contradictoire, cette ambivalence est un des mystères de notre condition. Certains psychopathes parviennent à ignorer leur souffrance, d’autres non. Pour ces derniers, la douleur qu’ils éprouvent à accomplir des actes qu’ils ne peuvent pas s’empêcher par ailleurs d’accomplir les placent dans une impossibilité de vivre. C’est clairement à cette catégorie que Laurent appartient. (…)

C’est la première fois que vous traitez du couple dans un film.

Oui, c’est ce que je me suis dit, je peux affronter le couple aujourd’hui, traiter de ce qui se passe entre un homme et une femme sans qu’un troisième personnage vienne de manière oblique détruire ou déstabiliser le jeu. Evidemment, c’est un drôle de couple ! La nature si particulière de ce couple m’a obligée à me concentrer presque exclusivement sur leur histoire. J’ai pensé qu’une installation naturaliste, la réalité de leur vie familiale ou sociale, risqueraient de diluer la singularité de leur itinéraire. (…)

Vous avez réuni un couple d’acteurs idéal pour cette histoire, et vous les entraînez dans des émotions qu’ils n’avaient jamais abordées auparavant.

J’ai immédiatement pensé à Isabelle Carré, pour son talent bien sûr, et aussi parce qu’elle peut représenter cette « fille d’à côté » que tout le monde connaît, dont on ne se méfie absolument pas. Isabelle a une fraîcheur, une clarté, elle m’a semblé parfaite pour le rôle car elle ne diffuse aucune sexualité agressive, aucune ambiguïté. Son exactitude dans le jeu est sidérante. Sa ténacité force l’admiration. Elle s’investit à fond dans la préparation de son personnage, et ensuite elle fait en sorte que ce travail ne se voit pas. Pour moi, Isabelle est comme une petite sœur, je ressens un lien familial très fort.

Vous avez choisi de tourner à Lille pendant les fêtes de Noël.

Une ville de province où tout le monde observe tout le monde est une caisse de résonance plus forte à la présence menaçante d’un tueur. Avec l’idée que ce grand dérapage serait plus violent en période des fêtes de famille à Noël.

Quels étaient vos partis pris de mise en scène ?

Je souhaitais une mise en scène plus brute, moins apprêtée ou théâtralisée que dans mes précédents films, avec un engagement plus physique. J’ai demandé à mon chef opérateur, Denis Lenoir, de travailler avec une caméra à l’épaule discrète, pour créer à la longue cette sensation de vacillement et de dérapage.

Vous avez eu la belle idée de confier à Pascal Dusapin sa première musique de film.

Pascal Dusapin est l’un des plus grands compositeurs français de musique contemporaine. J’ai beaucoup aimé la façon dont il m’a parlé du film. A l’exemple d’un acteur, la musique devait s’intégrer comme un élément à part entière au moment où les mots ne peuvent plus rien exprimer. Je suis ravie de cette collaboration qui sort des chemins traditionnels.


  • Sortie : 21/09/2005
Date de la publication électronique :29 March 2012
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé