99 Francs  –  Jan Kounen  –  2007

Fiche générale

Affiche
  • Genre : Comédie ; Drame
  • Durée : 100 minutes
  • Producteur : Ilan Goldman
  • Production : Film 99 Francs
    Pathé...
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur : Jan Kounen
  • Interprètes : Jean Dujardin (Octave)
    Jocelyn Quivrin (Charlie)
    Patrick Mille (Jeff)
    Vahina Giocante (Sophie)
    Elisa Tovati (Tamara)
    Nicolas Marié (Duler)...
  • Scénario : Nicolas Charlet
    Bruno Lavaine
  • Adaptation : d'après le roman de Frédéric Beigbeder publié aux Editions Grasset
  • Producteur exécutif : Marc Vade
    Catherine Morisse-Monceau (producteur exécutif associé)
  • Directeur de production : Bruno Vatin
  • Directeur de la photographie : David Ungaro
  • Chef opérateur : Laurent Lafran (chef opérateur du son)
  • Compositeur de la musique : Jean-Jacques Hertz
    François Roy
  • Monteur : Anny Danche
  • Chef décorateur : Michel Barthelemy
  • Costumier : Chattoune (création de costumes)
    Fab (création de costumes)...

Production

  • Producteur : Ilan Goldman
  • Production : Film 99 Francs
    Pathé
    Arte France Cinéma
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Producteur exécutif : Marc Vade
    Catherine Morisse-Monceau (producteur exécutif associé)
  • Directeur de production : Bruno Vatin
  • Avec la participation de : Canal+
    Cinécinéma
  • En association avec : Poste Image
    Cofimage 18
    Uni Etoile 4

 

Fiche artistique

  • Réalisateur : Jan Kounen
  • Scénario : Nicolas Charlet
    Bruno Lavaine
  • Adaptation : d'après le roman de Frédéric Beigbeder publié aux Editions Grasset
  • Scripte : Virginie Le Pionnier
  • Interprètes : Jean Dujardin (Octave)
    Jocelyn Quivrin (Charlie)
    Patrick Mille (Jeff)
    Vahina Giocante (Sophie)
    Elisa Tovati (Tamara)
    Nicolas Marié (Duler)
    Dominique Bettenfeld (Jean-Christian Gagnant)
    Antoine Basler (Marc Maronnier)
    Fosco Perinti (Giovanni)

Fiche technique

  • Directeur de la photo : David Ungaro
  • Chef opérateur : Laurent Lafran (chef opérateur du son)
  • Compositeur de la musique : Jean-Jacques Hertz
    François Roy
  • Ingénieur du son : Laurent Lafran
  • Monteur : Anny Danche
  • Chef décorateur : Michel Barthelemy
  • Costumier : Chattoune (création de costumes)
    Fab (création de costumes)
    Sylvie Ong (chef costumière - préparation)
    Claire Lacaze (chef costumière - tournage)
  • Monteur son : Alain Feat
    Nicole Dambroise (chef monteur parole)
  • Maquilleur : Hue Lan Van Duc
  • Casting : Pierre-Jacques Benichou
    Brigitte Fourcade (casting figuration)
  • Photographe de plateau : Bernard Benant
  • Régisseur : Alain Mougenot
  • Chef machiniste : Mathieu Ungaro
  • Assistant réalisateur : Mathias Honore (1er assistant réalisateur)
  • Supervision post-production : Abraham Goldblat (directeur de post-production)
  • Design graphique : Thierry Garcia
  • Chef coiffeur - perruquier : José Luis Casas
  • Mixeurs : Jean-Paul Hurier
    Marc Doisne
  • Chef peintre : Fabienne-Lola Haertling
  • Chef électricien : Nicolas Sand
  • Chef constructeur : Eric Bourges
  • Chef menuisier : Christophe Moreau

 

Résumé et notes

  • Genre : Comédie ; Drame
  • Durée : 100 minutes

RÉSUMÉ

Octave est le maître du monde : Octave exerce la profession de rédacteur publicitaire. Il décide aujourd’hui ce que vous allez vouloir demain. Pour lui, « l’homme est un produit comme les autres ». Octave travaille pour la plus grosse agence de pub du monde : Ross & Witchcraft surnommée « La Ross ». Il est couvert d’argent, de filles et de cocaïne. Pourtant, il doute.

Deux événements vont bouleverser le cours de la vie d’Octave. Son histoire d’amour avec Sophie, la plus belle employée de l’agence, et une réunion chez Madone pour vendre un film de pub à ce géant du produit laitier. Le doué Octave déjante alors et décide de se rebeller contre le système qui l’a créé, en sabotant sa plus grande campagne.

De Paris, où négocient les patrons d’agences, à Miami, où l’on tourne un spot sous Prozac, de Saint-Germain-des-Prés à une île perdue d’Amérique Centrale, Octave parviendra-t-il à échapper à sa prison dorée ?

D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

ENTRETIEN AVEC JAN KOUNEN, REALISATEUR

Comment êtes-vous arrivé sur ce film ?

Je me souviens d’avoir entendu parler du projet quand j’étais en train d’escalader mon everest qu’était « Blueberry ». Et je m’étais dit : “Ça doit être fun de faire « 99 Francs ».” Je voyais abstraitement l’objet : un film enlevé et corrosif sur le monde de la pub. Un jour, Alain Goldman m’a appelé et m’a proposé « 99 Francs ».

J’ai demandé à lire le scénario, écrit par Nicolas et Bruno, et j’ai vraiment bien ri. Ce qui est assez rare en lisant un scénario. Mais c’était quand même un pavé de 170 pages, qui à mon sens nécessitait encore beaucoup de travail. En revanche, il contenait des moments d’éclats, de brio et d’originalité. Du coup, j’ai lu le livre. Et là, j’ai compris l’énorme travail fait par les scénaristes : si j’avais commencé par le roman, je l’aurais trouvé inadaptable, j’aurais décliné la proposition. En même temps, le livre avait un côté plus militant, plus violent que le scénario – qui était plus parodique.

C’est la lecture du bouquin qui m’a donné le désir de faire le film. Un film sur notre monde, sur la société de consommation. La partie artistique du film m’intéressait, car elle m’offrait l’opportunité d’expérimenter, d’être pleinement créatif par rapport à la matière. On me proposait en tant que cinéaste de faire quelque chose que je n’aurais pas fait de moi-même : aller dans un univers mental – alors que j’étais dans un univers contemplatif – et de changer de mode de fonctionnement.

Comment avez-vous procédé pour vous approprier le projet ?

J’ai proposé à Alain Goldman de retravailler à partir du livre et du scénario. J’ai vu Frédéric Beigbeder, Nicolas et Bruno… J’ai parlé à chacun et je suis parti dans mon coin avec une envie d’écrire ludique. Toute la créativité était déjà dans le scénario. L’idée c’était surtout de partir de ces 170 pages pour en faire 100. Un peu comme un script-doctor. Pour une fois c’est moi qui bridais et qui structurais (rires).

Pour autant vous avez réussi à faire de « 99 Francs » un film très personnel, un film d’auteur...

C’était la chose qui m’était demandée et bien sûr c’est ce qui m’intéressait. Je devais faire un film à la fois fidèle au livre – en retrouver l’essence, les personnages et l’esprit – et qui soit à la fois personnel. En ça, « 99 Francs » est un film que je revendique autant que ceux dont j’ai écrit chaque ligne et rêvé chaque image. C’est intéressant pour moi, cinéaste, de me découvrir une liberté nouvelle dans la commande. Contrairement aux Etats-Unis ou au monde de la pub, le réalisateur en France n’est pas considéré comme un technicien, mais un auteur, donc le rapport est autre. Alain Goldman est venu me chercher pour faire “le film”, non pas pour tourner un scénario. Je ne l’ai jamais considéré comme un client, ou pensé que je faisais un film pour lui. Nous avons fait un film ensemble. Nous avons créé ensemble un “produit” culturel. (…)

Venons-en à Jean Dujardin. C’était pour vous l’Octave idéal ?

Quand j’ai commencé à travailler sur le film, Alain Goldman m’a dit que j’étais libre par rapport au casting. Et dès que j’ai lu le scénario, j’ai pensé à Jean Dujardin. Pourquoi ? Je l’avais vu dans « Brice de Nice » et je trouvais qu’il avait une capacité extraordinaire à faire aimer un imbécile arrogant. Or il se trouve que dans « 99 Francs », j’avais besoin de faire aimer un intelligent, sensible, arrogant, et ce après l’avoir d’abord rendu détestable ! Comme le dit Octave : “J’espère que vous me détesterez pour mieux détester l’époque qui m’a créé.”

Sans un acteur pour faire aimer Octave, les spectateurs ne peuvent pas aimer le film et pénétrer dans son univers glacé et méchant. Il fallait à la fois qu’ils puissent rigoler pendant « 99 Francs », puis en sortir la tête haute pour regarder une publicité stupide et dire : “Toi connard, tu ne m’auras pas aujourd’hui.” Donc Jean était une évidence pour moi, car il déclenche l’empathie, le rire, et son univers est extrême. Car c’est une chose d’écrire “je t’ai cassé”, mais c’en est une autre de le faire fonctionner à l’écran. Il était donc premier, et de loin, sur ma liste. D’avoir Jean, d’avoir son éclat dans la comédie, me permettait d’être plus noir en arrière plan. Et puis il y a l’aspect “plus produit” Dujardin. Jean ça l’amuse, et qu’on l’utilise pour démonter le système l’amuse encore plus. (…)

Ca a été facile de trouver des partenaires à Jean Dujardin pour jouer Charlie, le binôme d’Octave, ou Jeff, le commercial de l’agence de pub ?

Non. Jocelyn Quivrin (Charlie) et Patrick Mille (Jeff) que je n’avais pas rencontrés sont très très bons et très justes dans le film. Avec eux, le délire prend une autre dimension. Ils étaient le bon choix pour le film. (…)

Le film est une critique du monde de la publicité qui pourtant cite des marques et donc leur fait de la pub. Comment avez-vous géré ce paradoxe ?

J’ai veillé à ce qu’on n’ait pas d’accord financier avec des marques. Comme pourtous les films, la costumière a dû se faire prêter des vêtements ou des chaussures, mais il n’y a pas de placement de produit dans « 99 Francs ». Or dans le cinéma aujourd’hui, le placement de produit c’est énorme. Quand on voit un « James Bond », on voit le futur de la pub. Tous les publicitaires le disent : “Quand on a une campagne d’un million de dollars à faire, plutôt que de produire un film à 500.000 et d’acheter quatre spots, on va investir cet argent dans un long métrage pour que le héros monte dans notre voiture.” Les américains ont compris il y a longtemps que le cinéma pouvait servir à vendre des produits mais aussi à vendre un idéal de société.

Dans « 99 Francs », il y a des références à « 2001, L’Odyssée de l’espace » de Stanley Kubrick ou à « Il était une fois dans l’Ouest » de Sergio Leone…

Il y en a d’autres. Pourquoi ces références ? Parce qu’un publicitaire ne marche que par références. Donc quand on est dans la tête d’Octave, tout n’est que référence. Quand il se souvient du repas en amoureux au restaurant chinois, il entend la musique d’ « In the mood for love ».

« 99 Francs » évoque aussi « Fight Club » de David Fincher…

Pour moi c’est un film de chevet d’Octave. Et il fallait faire un clin d’œil à « Fight Club », d’où la scène des étiquettes. On pouvait lire dans le texte d’une étiquette : “Oui je sais cette idée est dans « Fight Club » mais je suis publicitaire et je recycle !” Mais je crois qu’on peut dire que « 99 Francs » est le « Fight Club » du yaourt.


  • Sortie : 26 septembre 2007
Date de la publication électronique : 29 mars 2012
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé