L'Homme du train   –  Patrice Leconte  –  2002

Fiche générale

Affiche
  • Durée : 90 minutes
  • Producteur :Philippe Carcassonne
    Carl Clifton (coproducteur)
  • Production :Ciné B
    Zoulou Films...
  • Réalisateur :Patrice Leconte
  • Interprètes : Jean Rochefort (Manesquier)
    Johnny Hallyday (Milan)
    Jean-François Stevenin (Luigi)
    Charlie Nelson (Max)
    Pascal Parmentier (Sadko)
    Isabelle Petit-Jacques (Viviane)...
  • Scénario :Claude Klotz
  • Dialogues :Claude Klotz
  • Directeur de production :Brigitte Faure
  • Directeur de la photographie : Jean-Marie Dreujou
  • Compositeur de la musique : Pascal Estève
  • Monteur : Joëlle Hache
  • Chef décorateur : Ivan Maussion

Production

  • Producteur :Philippe Carcassonne
    Carl Clifton (coproducteur)
  • Production :Ciné B
    Zoulou Films
    Rhône-Alpes Cinéma - FCC - Tubedale Films - Pandora FilmProduktion - Cinéma Parisien - Media Suits
  • Directeur de production :Brigitte Faure
  • Avec la participation de :Film Council
    Canal+
    Eurimage
    Sofica Sofinergie 5 - Natexis Banques Populaires Images 2

 

Fiche artistique

  • Réalisateur :Patrice Leconte
  • Scénario :Claude Klotz
  • Dialogues :Claude Klotz
  • Interprètes :Jean Rochefort (Manesquier)
    Johnny Hallyday (Milan)
    Jean-François Stevenin (Luigi)
    Charlie Nelson (Max)
    Pascal Parmentier (Sadko)
    Isabelle Petit-Jacques (Viviane)
    Edith Scob (La soeur de Manesquier)
    Maurice Chevit (Le coiffeur)
    Riton Liebman (Le costaud)
    Olivier Fauron (Le collégien)
    Véronique Kapoian (La boulangère)
    Elsa Duclot (La serveuse)
    Armand Chagot (Le jardinier)
    Michel Laforest (Le pharmacien)
    Alain Guellaff (Le chirurgien)
    Hélène Chambon (L'infirmière radio)
    Sophie Durant (L'infirmière bloc)
    Jean-Louis Vey (Verlin)
    Sébastien Bonnet (Le copain du costaud)
    Jean-Jacques Cornillon (Le directeur de la banque)

Fiche technique

  • Photographie :Jean-Marie Dreujou
  • Compositeur de la musique :Pascal Estève
  • Ingénieur du son :Paul Lainé
    Jean Goudier
    Dominique Hennequin
    Emmanuel Crozet
  • Monteur :Joëlle Hache
  • Chef décorateur :Ivan Maussion
  • Régisseur :Cyrille Bragnier
  • Assistant réalisateur :Olivier Coutard (assistant mise en scène)

Résumé et notes

  • Durée : 90 minutes

RÉSUMÉ

Une ville moyenne.

Une gare.

Fin de journée.

Un autorail qui s’arrête : un homme en descend.

Un type tout seul, et qui n’est jamais venu ici auparavant.

Il s’appelle Milan, grande carcasse désenchantée, un sac de voyage sur l’épaule, aussi usé que son propriétaire.

Une pharmacie sur le point de fermer.

A la recherche d’aspirine effervescente, Milan y rencontre Manesquier, ancien professeur de français plus âgé que lui.

La croix verte du néon s’éteint.

Les deux hommes se retrouvent dans la rue déjà déserte, marchant dans la même direction.

Alors que tout les oppose, en tout cas que tout les distingue, ils vont sympathiser, avec prudence, et pour une raison très simple : confusément, chacun d’eux aurait voulu avoir la vie de l’autre.

Le professeur se rêvait aventurier, l’aventurier s’envisageait pantouflard.

Dans trois jours, Milan doit braquer la banque locale.

C’est pour cela qu’il est là.

Dans trois jours, Manesquier doit subir un triple pontage cardiaque.

C’est pour cela qu’il a la trouille.

Trois jours pour faire connaissance.

Trois jours pour se donner l’impression illusoire qu’une autre vie aurait été possible.

Trois jours avant le grand saut.

Imaginez une seconde que tout tourne mal…

D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Prix et distinctions : Sélection officielle - en compétition - Festival de Venise 2002

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

ENTRETIEN AVEC PATRICE LECONTE, REALISATEUR

Quelle est l’origine du projet ?

En général, quand on pose cette question à un cinéaste, il ne sait plus très bien quelle a été la première impulsion. Pour une fois, c’est très simple. C’est Johnny Hallyday qui a été l’instigateur du projet. On s’est croisé en 1998 aux Césars. Il remettait un César à Godard, et moi je remettais un César au meilleur réalisateur de l’année, en l’occurrence Luc Besson. Dans les coulisses, Johnny m’a mis la main sur l’épaule, m’a dit qu’il aimait beaucoup mes films et qu’il aimerait bien qu’on dîne ensemble après la cérémonie. Je pensais qu’il allait m’oublier et puis quelqu’un est venu à la table où je dÎnais avec mes amis : « Monsieur Hallyday vous attend à sa table. » Pendant cette soirée, il m’a dit : « Un jour, j’aimerais bien être filmé par toi. » C’est mot pour mot sa phrase et ça m’a touché. C’était presque féminin comme désir. Je ne me suis pas aussitôt attelé au projet, mes idées ont besoin de traîner dans un coin de mon crâne avant de s’épanouir. Progressivement, des bribes d’images se sont assemblées. Et puis il y a eu ce deuxième déclic : faire un film avec Johnny Hallyday ET Jean Rochefort.

Et l’histoire proprement dite ?

Avec ce casting un peu baroque, je me suis mis à imaginer la province, un train, un type qui vient de nulle part, une rencontre improbable… Arrivé à cette étape, j’ai fait appel à Claude Klotz. Tout en lui racontant le projet, je le regardais pour voir si son œil s’allumait… Et son œil pétillait. Il m’a dit que ça l’excitait, qu’il ne savait pas ce qu’il pouvait en faire mais que àa l’excitait. Trois semaines plus tard, il m’a rappelé : « Je crois que j’ai trouvé le truc ». Il a commencé à me raconter son histoire. J’ai trouvé ça formidable, il l’a écrite et je l’ai tournée presque à la virgule près, en étant très respectueux de ce qu’il avait écrit. Ce qui n’avait pas forcément été le cas des autres films qu’on avait faits ensemble, où j’avais pris plus de liberté avec son travail. En lisant le scénario de « L’Homme du train », je me suis dit que c’était une histoire simple, bien bordée et que le film serait vraiment un film d’acteurs.

Une rencontre improbable, c’est un thème qu’on retrouve de manière constante dans votre cinéma…

Mais les rencontres improbables constituent environ la moitié des histoires au cinéma…Comme si les cinéastes et les scénaristes étaient des apprentis sorciers, sinon des apprentis chimistes, qui manigancent des rencontres entre des caractères qui n’auraient jamais dû se rencontrer pour voir ce que ça va donner. D’une certaine manière, le point de départ du scénario est la rencontre de Jean Rochefort et Johnny Hallyday avant d’être celle des personnages qu’ils interprètent. Ce sont deux univers qui ne sont pas faits pour s’accorder : s’ils devaient jouer dans le même orchestre, ils mettraient longtemps pour jouer la même mélodie. C’est justement ça qui est intéressant. (…)

Et la fin du film, qui nous fait basculer sinon dans le fantastique, du moins dans l’onirisme ?

Ce n’est pas ce qui avait été écrit initialement. Normalement, Manesquier et Milan mourraient tous les deux, chacun de son côté et au même instant. Mais en relisant cette fin, j’ai eu comme un coup de pompe : une fois de plus, je faisais un film qui se terminait sur la mort. Et finalement, faire disparaître les personnages quand on les a utilisés, c’est ce qu’il y a de plus facile. Comme si on devait s’en débarrasser pour clore l’histoire. Aujourd’hui, je pense que la vie est trop courte pour faire mourir les personnages de films ! Alors j’ai dit à Klotz : « Ecoute, trouvons un truc pour que les personnages ne meurent pas complètement. » Et on a trouvé ensemble l’idée de cette fin un peu étrange mais qui a le mérite d’être positive. Je voulais que les rêveries de Manesquier et Milan s’exaucent d’une manière ou d’une autre. (…)

Comment s’est passée la rencontre avec Johnny Hallyday ?

J’aime énormément cet homme et j’ai vraiment adoré travailler avec lui. Curieusement, j’ai senti immédiatement une complicité. Comme si on avait déjà tourné dix films ensemble ! Cette complicité fonctionnait sur un mot magique : « confiance ». il aimait le projet, l’idée de faire ce film avec moi l’enchantait, il m’a fait confiance aveuglément. Et moi, je devais être à la hauteur de cette confiance-là, je ne devais pas la décevoir. Cela induit une intimité formidable. Sur ce terrain-là, il n’y avait pas d’hiatus entre les rapports que je pouvais avoir avec lui et les rapports que je pouvais avoir avec Jean. Pendant le tournage, Johnny m’a impressionné par sa présence. Dans la scène avec l’élève, il ne joue pas « comique » mais « sincère ». Pareil quand il essaye les pantoufles et dit « Je suis passé à côté de ma vie ». Il est d’une sincérité à toute épreuve, il n’y a pas de second degré chez lui et ce n’est pas un manque. Johnny n’est pas basiquement premier degré : il a simplement compris depuis belle lurette qu’il ne fallait pas commenter son propre jeu, contrairement à certains acteurs qui font parfois les rires enregistrés des sitcoms sur leur propre personnage ! (…)

C’est le septième film que vous tournez avec Jean Rochefort. Comment se sont passées les retrouvailles ?

Avec Jean, on fonctionne comme un vieux couple ! Parfois on se chipote pour des bêtises, comme les gens qui ont déjà fait trop de choses ensemble. Alors il ne s’agit pas de ronronner : il faut que j’arrive à surprendre et que lui me séduise encore.

Et la rencontre Rochefort / Hallyday ?

Elle s’est très bien passée, chacun étant au début sur son « quant-à-soi », Johnny était impressionné par Jean Rochefort, il avait envie d’être à la hauteur face à ce « maître du barreau », ce « ténor ». On a pu tourner les scènes entre eux dans la chronologie et donc filmer l’évolution de leurs rapports, se servir du fait que Johnny se sentait de mieux en mieux avec Jean, et que Jean estimait de plus en plus Johnny, qu’ils devenaient amis et compagnons de travail. (…)

Et le titre du film…

Un jour, Klotz est venu avec une liste de titre parmi lesquels il y avait « L’Homme du train » : je ne me souviens absolument pas des autres. « L’Homme du train » m’a semblé idéal. J’aie bien les titres qui sont comme des étiquettes sous les tableaux : « La Fille sur le pont », « Le Mari de la coiffeuse »… On appelle un chat un chat. Il y a beaucoup de titres de romans de Simenon de cet acabit. Sauf qu’ils tournent généralement autour de sept ou huit syllabes. Le scénario de Klotz n’est pas un Simenon, mais il n’est pas non plus aux antipodes de son imaginaire. Ce qui me plaisait, c’est que ce titre pointe du doigt un passage de relais : l’homme du train qui arrive au début de l’histoire ne sera plus le même à la fin de l’histoire.


  • Sortie : 02 octobre 2002
Date de la publication électronique :29 March 2012
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé