Sur la piste du Marsupilami  –  Alain Chabat  –  2012

Fiche générale

Affiche
  • Genre : Comédie ; aventure
  • Durée : 105 minutes
  • Producteur :Alain Chabat
    Christine Rouxel
    Romain Le Grand (producteur associé)
  • Production :Chez Wam
    Pathé...
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Alain Chabat
  • Interprètes : par ordre d'apparition : Le Marsupilami
    Los Tigres de Jamapa (Musiciens chiquito)
    Jade Nuckcheddy (Cassandra)
    Jamel Debbouze (Pablito Camaron)
    Alain Chabat (Dan Geraldo)
    Jacques Weber (Papa Dan)...
  • Scénario :Alain Chabat
    Jeremy Doner
  • Adaptation :d'après l'oeuvre originale de André Franquin
  • Dialogues :Alain Chabat
    Jeremy Doner
  • Directeur de production :Bruno Vatin
  • Directeur de la photographie : Laurent Dailland
  • Compositeur de la musique : Bruno Coulais
  • Monteur : Maryline Monthieux
  • Chef décorateur : Olivier Raoux
    Alex Mckenzie-Main (1er assistant décorateur)
  • Costumier : Olivier Beriot
    Laurence Chalou (chef costumière)...

Production

  • Producteur :Alain Chabat
    Christine Rouxel
    Romain Le Grand (producteur associé)
  • Production :Chez Wam
    Pathé
    TF1 Films Production
    Scope Pictures
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Directeur de production :Bruno Vatin
  • Assistant de production :Cathy Dutheil (coordinatrice de production)
  • Avec la participation de :TF1
    Canal+
    Ciné+
    Région Wallonne
  • Production Belgique :Geneviève Lemal
    Scope Pictures

 

Fiche artistique

  • Réalisateur :Alain Chabat
  • Scénario :Alain Chabat
    Jeremy Doner
  • Adaptation :d'après l'oeuvre originale de André Franquin
  • Dialogues :Alain Chabat
    Jeremy Doner
  • Scripte :Anne Wermelinger
  • Interprètes :par ordre d'apparition : Le Marsupilami
    Los Tigres de Jamapa (Musiciens chiquito)
    Jade Nuckcheddy (Cassandra)
    Jamel Debbouze (Pablito Camaron)
    Alain Chabat (Dan Geraldo)
    Jacques Weber (Papa Dan)
    Aïssa Maïga (Clarisse)
    Justine Fraioli (Femme publicité Loreins)
    Gerardo Taracena (Matheo chef gangster)
    Carlos Macias Marquez (Gangster 2)
    Ermis Cruz (Gangster 3)
    Patrick Timsit (Caporal)
    Christelle Cornil (Equipe Dan)
    Jean-Louis Barcelona (Equipe Dan)
    Pierre Collet (Equipe Dan)
    Fred Testot (Hermoso vieux et Hermoso jeune)
    Géraldine Nakache (Pétunia)
    Lambert Wilson (Général Pochero)
    The Great Khali (Bolo)
    Liya Kebede (Reine Paya)
    Eros (Didjé le chihuahua)
    La Marsupilamette
    Louise Chabat (scripte)
    Chantal Lauby (Voix off documentaire castors)

Fiche technique

  • Photographie :Laurent Dailland
  • Directeur artistique :Pierre Buffin (directeur artistique VFX Buf)
  • Compositeur de la musique :Bruno Coulais
  • Ingénieur du son :Pierre Excoffier
    Jean Goudier
    Samy Bardet
    François Fayard
    Thierry Lebon
  • Effets spéciaux :Buf (effets spéciaux numériques)
    Olivier Cauwer (superviseur VFX Buf)
    Bastien Laurent (superviseur de l'animation Buf)
    Caroline Audebert (producteur VFX Buf)
  • Monteur :Maryline Monthieux
  • Chef décorateur :Olivier Raoux
    Alex Mckenzie-Main (1er assistant décorateur)
  • Costumier :Olivier Beriot
    Laurence Chalou (chef costumière)
    Laurence Nicolas (costumière)
  • Chorégraphie :Hakim Ghorab
    Julia Spiesser (assistante chorégraphe)
  • Maquilleur :Kaatje Van Damme
    Françoise Quilichini (chef maquilleuse)
  • Casting :Pascale Beraud (directrice de casting)
  • Photographe de plateau :Nicolas Guiraud
  • Chef machiniste :Gil Fontbonne
  • Dresseur animalier :Patrick Pittavino (coordinateur animalier)
  • Assistant réalisateur :Fabien Vergez (1er assistant réalisateur)
    Lucie Wagner (2ème assistante réalisateur)
  • Supervision post-production :Cyril Contejean (directeur de post-production)
  • Cadreur :Jean-Paul Agostini
  • Dessinateur d'animation :Pierre-Alain Bloch dit Piano
  • Dessins pré-palombiens & payas :Tanino Liberatore
  • Design & supervision artistique / recherche des marsupilamis :Nathanaël Bronn
  • Effets spéciaux mécaniques :Les Versaillais
  • 1er assistant son :Olivier Varenne
  • Ensemblière :Cécile Vatelot
  • Régisseur d'extérieurs :Arthur Deleu
  • Chefs peintres :Jean-Noël Delalande
    Lola Haertling
  • Chef sculpteur :Juan-Carlos Soler
  • Chef coiffeur :Laurent Bozzi
  • Administration général :Vincent Stevenel
  • Chef électricien :Pascal Pajaud
  • Coordinateur de cascades :Philippe Guegan
  • Assistant coordinateur de cascades :Frédéric Vallet
  • Assistants monteurs :Thibaut Damade
    Justine Haouy
    Laurent Senechal
    Jean-Baptiste Dambroise
  • Directrice de la communication :Michèle Darmon
  • Making of :Franck Peltier
    Fair Play production
  • Storyboard :Thomas Astruc
    Michel Doré
  • Dresseurs animaliers

    • Dresseurs perroquets :Valérie Thuriet
      Simon Thuriet
    • Dresseurs coatis :Muriel Bec
      Mélanie Poux
      Vanessa Boutin
    • Dresseurs chihuahua :Lionel Ubeda
      Alexandre Le Loup

    Effets spéciaux

    • SFX :Les Versaillais
    • Responsable technique SFX :Jean-Baptiste Bonetto
    • Responsable production SFX :Yves Demanjoud
    • Responsable études SFX :Olivier Gleyze
    • Effets visuels :Be Digital
    • Laboratoire :Digimage

    Résumé et notes

    • Genre : Comédie ; aventure
    • Durée : 105 minutes

    RÉSUMÉ

    Quand Dan Geraldo (Alain Chabat), reporter en quête de scoop, arrive en Palombie, il ne sait pas encore qu’il va faire la plus incroyable des découvertes… Avec Pablito (Jamel Debbouze), guide local plein de ressources, ils vont vivre une aventure trépidante, affronter un botaniste diabolique, des piranhas affamés, un dictateur au secret bien gardé, une tribu Paya au cœur d’une prophétie millénaire et enfin révéler une nouvelle extraordinaire : le Marsupilami, animal mythique et facétieux, existe vraiment !!! D’après le synopsis publicitaire du film

    En savoir plus

    Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

    NOTES DE PRODUCTION

    Des prémices à l’écran « Sur la piste du Marsupilami » est le quatrième long métrage réalisé par Alain Chabat. S’il donne vie au personnage de BD créé par André Franquin en 1952, le scénario et les personnages sont quant à eux originaux. Cette nouvelle aventure, le réalisateur la porte en lui depuis 2005. Il lui a insufflé son ton débridé, ses fantaisies visuelles, son sens du gag et son amour immodéré pour la bande dessinée et l’aventure. Enfant, il s’amusait déjà à faire des dessins agrémentés de bulles comme les pros de la BD avec l’idée de développer un énorme projet peuplé de super-héros. Quelques poussières d’années plus tard, Alain Chabat a réalisé son rêve de gosse : faire vivre le Marsupilami à l’écran et nous guider sur ses traces dans la forêt de Palombie. Car oui, c’est un animal extraordinaire «qui n’existe» ! (…) La genèse du projet Le monde de la bande dessinée fait partie de l’ADN d’Alain Chabat ! Ses parcours personnels puis professionnel en sont indissociables. Il a notamment coécrit le scénario du tome 3 de la BD «RanXerox» de Stefano Tam Burini, dessinée par son ami Tanino Liberatore, publiée en 1981. Il a également cosigné le scénario du film «Le Petit Nicolas», sorti en 2009, d’après l’œuvre de René Gosciny. Enfant, il s’est souvent demandé quand et comment seraient adaptés au cinéma ses héros préférés. Comme il rêvait de les voir sur grand écran, il est passé lui-même à l’acte en tant que réalisateur dès qu’il en a eu l’opportunité. Alain CHABAT: Juste après Didier, Claude Berri m’a demandé quel projet de film j’avais en tête. Je lui avais expliqué que j’adorerais porter à l’écran les albums de BD «Z comme Zorglub» et «L’Ombre du Z». Il m’a répondu : «C’est quoi ça ?». Je lui ai donc parlé de Spirou, de Fantasio, du Marsupilami. Claude m’a rétorqué : «C’est quoi ce Persilami ?». Qu’il n’ait jamais lu une des BD de Franquin ne m’a pas perturbé. Au contraire, son regard était important. Il s’est plongé dans les albums et m’a avoué : «Pourquoi pas !». J’avais commencé à travailler sur l’adaptation quand Claude m’a dit : «Si tu tiens à adapter une bande dessinée, j’ai les droits d’«Astérix et Obélix». Alors, si ça t’amuse, vas-y !». Avec le recul c’est amusant de constater qu’il m’a proposé à la place un film «bien plus simple» à réaliser : «Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre» ! Aujourd’hui, c’est joyeux et émouvant d’avoir pu faire ce Marsu dans la même famille, avec Jérôme Seydoux et Pathé. Je m’y sens à la maison, entouré d’amis bienveillants. Jamel Debbouze, qui incarnait Numérobis dans «Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre», se souvient qu’à l’époque Alain Chabat avait déjà envie de se consacrer à un autre projet pharaonique lié au monde de la bande dessinée. Jamel DEBBOUZE: Sur le tournage «Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre», Alain parlait déjà de mettre en chantier un autre film autour de la BD sans qu’on sache de quoi il s’agissait. J’ai appris plus tard que ça concernait le Marsupilami. Rien n’était encore tout à fait clair et précis dans sa tête mais la dynamique était là ! (…) Alain CHABAT n’a eu aucune difficulté à associer Jamel Debbouze à l’aventure du Marsupilami. Et pour cause : sa méthode a été pour le moins originale. Jamel DEBBOUZE: Alain m’a carrément présenté le Marsupilami en chair et en poil pour me convaincre ! Cet animal que je n’avais encore jamais vu de ma vie était chez lui. J’étais très surpris par la longueur de sa queue, par sa dextérité, son agilité, sa drôlerie mais aussi par sa douceur et sa sympathie. J’ai craqué et j’ai tout de suite adhéré à ce Marsupilami funky qu’Alain voulait mettre en scène. À part Tim Burton, je connais peu de réalisateurs qui ont un univers comme le sien. Il a peaufiné son histoire jusqu’au dernier moment. Ça faisait pratiquement dix ans qu’il y pensait. Mais c’est d’abord parce que j’adore être dans la tête d’Alain Chabat que j’ai accepté cette aventure ! Alain CHABAT: Je voulais former un tandem avec Jamel, en dynamique de «buddy movie». On avait envie de rejouer ensemble depuis longtemps. Je me sens très à l’aise avec lui et lui aussi. Il y a une recherche d’exigence, d’efficacité et de rigolade dans une humeur très douce. C’est simple. Ça fonctionne bien. On est revenu à l’idée de départ, évincée parce qu’elle paraissait trop évidente : faire vivre des aventures extraordinaires à deux types qui n’ont rien à faire ensemble. Dès lors je me suis amusé à construire ce scénario. L’écriture du scénario Alain Chabat a coécrit le scénario à quatre mains avec Jeremy Doner, un auteur américain qu’il connaît depuis longtemps. On lui doit notamment les scenarii de «L’Arnacoeur» de Pascal Chaumeil et d’épisodes de séries TV comme «Damages» ou «The Killing». Tous deux ont tricoté une comédie d’aventure riche en péripéties, qui a rappelé à Alain Chabat l’atmosphère de ses BD d’antan. Alain CHABAT: Quand j’ai commencé à travailler avec Jeremy Doner, je lui ai parlé du Marsupilami, de sa bouille ultra sympathique et marrante, de ses capacités physiques incroyables, de mon envie d’une histoire avec un vrai méchant et aussi d’un duo formé par Jamel et moi. Je ne voulais pas d’une aventure référencée années 50 comme dans les albums dessinés par Franquin. Elle devait se dérouler aujourd’hui. On a travaillé plusieurs semaines sur ces bases, sur les thèmes du film, les personnages, les enjeux et l’histoire est venue. Puis, je me suis remis seul sur le scénario jusqu’à la préparation du film tout en le réécrivant en permanence. Les changements concernaient moins les gags que l’histoire. Les rebondissements m’obsédaient, les personnages aussi. Ils devaient tous garder leur ligne directrice, être tous reliés au Marsupilami qui est vraiment au centre de la toile tout en faisant des allées et venues. Je voulais que chaque séquence soit toujours encore mieux. Alain Chabat a continué à modifier son scénario en permanence pendant tout le tournage du film ! Au Mexique, alors que toute l’équipe était en pause déjeuner, il était attablé dans la forêt, seul face à son ordinateur portable, concentré sur l’écriture de nouveaux dialogues. Inconsciemment, il a reproduit la méthode de travail d’auteurs de BD comme Franquin. Alain CHABAT: Le dernier jour de tournage j’étais encore à réécrire les dialogues à jouer dix minutes après ! Cette méthode m’a parfois beaucoup amusé et excité mais à la fin ça virait au cauchemar, surtout pour les acteurs qui ont été très patients. J’ai toujours réécrit les dialogues sur mes films précédents mais jamais à ce point. Mais à l’arrivée le résultat était cohérent avec mon envie de départ. Je me suis rendu compte que j’expérimentais ce qui arrivait à Franquin. Il se lançait dans une histoire et tout à coup, arrivé à la page seize, il changeait le scénario alors que les quinze premières étaient déjà publiées. Il continuait en préservant son squelette, en se rattrapant aux branches. Je trouve ça terrifiant de ne pas savoir ce qui va se passer deux planches plus tard. Pour moi le brouillard n’était pas aussi complet même s’il m’est arrivé de me faire bien peur ! (…) Restituer « l’esprit Franquin » Transposer un personnage comme le Marsupilami du papier à l’écran suppose de bien connaître l’univers de son auteur afin de ne pas le dénaturer. Alain Chabat tenait absolument à respecter celui de Franquin tant il le vénère. Il était donc absolument raccord avec Jean-François Moyersoen pour qui les fondements du film devaient reposer sur le respect absolu du personnage et de l’esprit de Franquin. Jean-François MOYERSOEN: Il était essentiel que le Marsupilami soit traité comme Franquin l’aurait voulu. C’est un animal extraordinaire qu’on ne peut ni dompter ni importer. Il doit rester sauvage, libre et évoluer essentiellement dans son milieu d’origine : la forêt de Palombie. Le personnage véhicule aussi des valeurs essentielles par rapport à la famille et l’écologie. Il cherche à défendre le monde animal et la biodiversité. Tous ces éléments, Alain Chabat les a naturellement intégrés car il a senti de lui-même ce qui convenait le mieux à l’animal et au respect de l’œuvre de Franquin. Alain CHABAT: L’hommage, le respect et les clins d’œil à Franquin étaient importants. Il fallait que j’arrive à traduire en images les émotions que j’avais ressenties enfant – et même bien plus tard – lors de la lecture des albums tout en respectant son univers. Je pense que l’esprit de Chiquito est là. Je crois vraiment avoir retrouvé ses couleurs clinquantes, ses murs, ses toits en tuile, son indolence, sa douceur de vivre. Pour ma tribu palombienne, j’avais envie d’inventer un autre nom que les Chahutas, créé par Franquin. Je me suis arrêté sur les Payas peu de temps avant le début du tournage. Ça sonnait bien, c’était simple et évident alors que j’étais passé par des noms biscornus auparavant, très compliqués à prononcer, pas crédibles. Alain Chabat a sans cesse veillé à ne pas dépasser certaines limites et à restituer les ambiances, les couleurs, les us et coutumes ainsi que les dits et les non-dits véhiculés dans les planches dessinées par Franquin. Alain CHABAT: Comme il y a un côté très innocent, joyeux et presque naïf dans les albums de Franquin je tenais à respecter certains codes : pas de morts, pas de sang, pas de gros mots, pas de sexe. Mais je voulais quand même que ce soit sexy et moderne. Il fallait retrouver toutes les astuces des auteurs de BD de l’époque qui dessinaient les injures avec des points d’interrogation et d’exclamation ou des têtes de morts. Idem pour la scène de séduction assez hot entre Pétunia et Hermoso : tout passe par le langage des fleurs. Rien de plus naturel entre un botaniste et son assistante que de parler d’insecte pollinisateur et de la bonne humidité d’une plante. On l’a joué en parlant d’abeilles et d’oiseaux comme si on était dans «9 semaines ½» ! Un autre choix crucial s’est posé concernant la scène de bataille entre Hermoso et le Marsupilami. Quel type d’armes utiliser et comment être au plus près de «l’esprit Franquin» dans ce domaine Alain CHABAT: Pour préparer la scène de combat «Hermoso Vs le Marsupilami», j’avais écrit une scène où ça tirait dans tous les sens à coups de fusil à pompe. Yves Domenjoud des Versaillais, responsable des effets spéciaux mécaniques, me demande où placer les impacts de balles dans le décor. Il me présente des armes et ça me déprime. Je ne vois plus Hermoso les utiliser. Franquin faisait fondre les armes avec du métomol dans ses BD et il n’y a qu’un coup feu dans le film et il est tiré en l’air. Il me fallait trouver une autre solution. Comme Hermoso est botaniste, il allait se battre à coups de végétaux. Jamel a poussé le concept en lui donnant un nom : le tir à carottes réelles ! Dernière difficulté : réaliser un film qui s’adresse autant aux fans du Marsupilami qu’aux non spécialistes. Forcément, un tel équilibre est difficile à trouver. Alain CHABAT: J’avais envie que les non connaisseurs du Marsupilami et que les non convaincus par un film sur ses exploits soient charmés par le personnage. Mais j’avais aussi envie de satisfaire les fans purs et durs de Franquin. Je veux pouvoir discuter avec eux de mes choix et de mes libertés. (…) Les lieux de tournage La Palombie d’Alain Chabat a été filmée en décors naturels au Mexique. André Franquin se serait lui aussi inspiré d’un voyage dans ce pays, dans la région de Vera Cruz très précisément, là où a été tourné le film en novembre et décembre 2010, pour imaginer son héros. Jean-François MOYERSOEN: Le choix de Catemaco pour restituer l’ambiance colorée de la forêt palombienne est excellent. C’est un petit clin d’œil intéressant aux premiers voyages à l’étranger de Franquin. Il était parti aux Etats-Unis et au Mexique avec des amis dessinateurs vers la fin des années 40. Ce séjour date d’avant la naissance du Marsupilami. Outre cette coïncidence très heureuse, Alain Chabat n’a pas jeté son dévolu sur cette partie du Mexique par hasard. Alain CHABAT: Je voulais retrouver les décors des albums. Il fallait de la jungle évidemment, des petites maisons avec des toits en tuiles. Après de nombreux repérages, finalement, on a trouvé ce qu’on recherchait dans la région de Vera Cruz au Mexique. Les peintures un peu délavées des murs donnent une ambiance modeste et joyeuse aux habitations. On a choisi de travailler avec des équipes locales : le Mexique est un pays de cinéma qui a l’habitude d’accueillir des productions américaines. L’osmose entre équipe française et mexicaine a été parfaite. Une fois choisi le Mexique, l’enthousiasme d’Alain Chabat a été décuplé. Avec son chef décorateur, Olivier Raoux, ils ont commencé à mieux visualiser toutes les possibilités de décors pour les scènes à tourner. Alain CHABAT: Quand j’ai découvert les jungles mexicaines et les villes situées autour, j’avais envie de filmer partout tellement c’était magnifique ! Je suis rentré de repérages avec une quantité gigantesque de photos, notes et dessins. De son côté, Olivier Raoux avait une ville de Chiquito très précise en tête. On discutait de la perspective et des axes pour trouver le lieu parfait filmable à 360 degrés. On devait sentir la présence de la jungle, du Marsupilami, du volcan El Sombrero et aussi que la ville avait gagné du terrain sur la forêt où étaient installés les Payas. La Jungle est définitivement un personnage dans le film. Alexandre MACKENZIE: Le souci majeur d’Alain était de débusquer la forêt adéquate en termes de lumière et de luxuriance. Il fallait que l’équipe et tout le matériel puissent y accéder sans difficultés. La forêt de Catemaco avait déjà été aménagée car Mel Gibson y avait tourné « Apocalypto » . En revanche, dès qu’on est tombé sur le village de Jalcomulco, on a su qu’on avait trouvé celui de Chiquito dépeint par Franquin dans ses BD. Tout l’environnement nécessaire était là : la rivière, du volume et des montagnes autour. (…) La fabrication des décors La réalisation des décors a été confiée à Olivier Raoux, disparu deux mois après la fin du tournage, en mars 2010. Il a notamment travaillé sur « La Môme », «les Rivières pourpres2 » et les deux premiers volets de la saga «La Vérité si je mens !». «Sur la piste du Marsupilami» était sa toute première collaboration avec Alain Chabat. En tant que fidèle premier assistant décorateur d’Olivier Raoux, Alexandre Mackenzie a été associé à l’aventure au même moment. Alexandre MACKENZIE: La prison a été le premier décor conçu. Ensuite, il y a eu des repérages pour trouver la grotte et la serre. Ce n’est qu’à partir de ce moment-là qu’Olivier a commencé à déployer toute son imagination créatrice. Pour la Palombie son souci était de créer un univers propre et complet avec des codes spécifiques au pays. Tous les détails comptaient, même les voitures et les publicités apposées sur les véhicules. Il nous fallait être vigilants sur tout afin d’être cohérents et de pouvoir retrouver l’esprit qui avait animé Franquin. On ne devait pas être au Mexique mais en Palombie ! Olivier Raoux avait une méthode bien à lui pour concevoir les décors. Pour se plonger dans un projet il devait se raconter des histoires, imaginer toutes les possibilités de mouvements des personnages et des caméras. Le moindre détail avait de l’importance. Dans la serre d’Hermoso par exemple il a créé une petite pièce qui ne se voit pas à l’image avec un lit où il imaginait que le personnage allait dormir lorsqu’il était fatigué. Il y avait une machine à café, une table de chevet avec son courrier dessus. Il avait même pensé à mettre des timbres palombiens sur les enveloppes ! Pour Alain Chabat, l’apport d’Olivier Raoux est indissociable de la magie du film. Alain CHABAT: Avant de construire le nid du Marsupilami avec Olivier Raoux et son équipe, on a étudié très attentivement le tressage et la manière dont il est accroché dans l’arbre. Son design est totalement conforme aux plans de Franquin dans l’album «Le nid des Marsupilamis». Il a le même look. Tout est raccord : le tressage des palmes, leur couleur tout comme celle des plumes, les matières utilisées, la distance entre les branches, la teinte marron des lianes et la forme des œufs. C’est la réplique la plus fidèle possible. Olivier Raoux était lui aussi un fin connaisseur de l’œuvre de Franquin. Il était tout le temps très attentif au moindre détail apporté par l’auteur dans ses dessins. Ces détails ont à leur tour nourri la véracité des décors du film. Alain CHABAT: Lors de la création des décors, tous les corps de métiers avaient en permanence les albums de Franquin en référence. Olivier Raoux a su trouver les tuiles de Chiquito qui correspondaient exactement à celles dessinées par Franquin en termes de forme et de couleur. Il ne lâchait rien. Il se mettait toujours au service de l’histoire et des personnages. La serre d’Hermoso par exemple était entièrement conçue pour un homme de son âge. Il a inventé un système avec des petites poulies pour descendre les plantes, des miroirs réglables pour voir si elles sont bien arrosées à l’arrière. Autant de petits détails qui facilitent la vie quand on est un vieux botaniste. (…) Au Mexique, le décor qui a demandé le plus de travail est celui du Palais de Pochero. Alexandre MACKENZIE: Le bâtiment qui correspond au Palais existait, mais il a fallu le modifier. Situé dans les jardins de Lencero, c’est un endroit où cohabitent plusieurs styles architecturaux hérités de siècles différents. On a dû créer une unité et on a entièrement refait la façade d’un autre bâtiment pour en faire le Palais actuel, plus récent, plus pimpant. On a aussi construit des grilles très ouvragées pour la garnison avec de l’acier cintré à la main. Ça a été un travail colossal. Le souci est venu du jardin où devaient se trouver toutes les orchidées d’Hermoso. Un cyclone a pratiquement détruit un arbre millénaire magnifique qui nous avait conduits à choisir ce décor. Toutes les branches s’étaient effondrées. On était à deux mois du tournage. On a dû réaménager tout le site, camoufler l’arbre, le rééquilibrer pour qu’il ait l’air de tenir. La sécurité des comédiens était primordiale. Autre décor qui a nécessité des aménagements très conséquents pour pouvoir y tourner : la forêt de Catemaco où vivent le Marsupilami et les Payas. Alexandre MACKENZIE: Il a fallu tout penser et tout réaménager en termes de végétation dans la forêt. Près de 15 000 plantes ont été apportées pour que l’emplacement ressemble à nos attentes ! La partie qui précède l’arrivée de Dan et Pablito dans la grotte Paya, assez éloignée du nid, correspond à une jungle plutôt neutre, très verte, avec moins de floraisons. Plus on se rapproche du nid plus ça devait être fleuri, la dernière phase étant l’apothéose avec sa découverte. Il était suspendu à huit mètres de haut, accroché à un arbre vraiment magnifique. Mais à cet emplacement la jungle d’origine n’était pas du tout magique ! Il a fallu créer un bassin, rajouter des plantes, des lianes factices et des fleurs partout. Maintenir la végétation en parfait état chaque jour pendant les trois semaines de tournage a été un très gros travail pour la trentaine de personnes affectées à la décoration. L’équipe de tournage, elle, saccageait tout avec les grues et les équipements caméras ! Olivier RAOUX a apporté une attention toute particulière au nid du Marsupilami à deux moments forts de sa conception : lors du design via les dessins préparatoires puis lors de son habillage avec des éléments naturels. Sa structure quant à elle a été fabriquée sur place par Les Versaillais, les responsables français des effets spéciaux mécaniques qui avaient en charge la chute du nid. Au total quatre nids ont été conçus pour les besoins de la mise en scène en raison de cette cascade et d’imprévus de jeu ou d’intempéries. Alexandre MACKENZIE: Olivier a choisi des palmes dont la durée de vie était limitée dans le temps. Or, il fallait que le nid soit toujours frais et vert à l’image. On a donc construit des petits abris équipés de climatiseurs au milieu de la forêt. Dès qu’il faisait nuit, on le descendait pour l’entreposer au froid et le protéger de l’humidité naturelle. Le garnissage de plumes était retiré. Tous les matins, des petites mains re-tressaient les palmes pour remettre le nid en forme. Pendant ce temps d’autres personnes préparaient le suivant au cas où celui du jeu aurait été abîmé. Au total, quatre nids ont été construits. Ils avaient une forme ovoïde et mesuraient un mètre cinquante de haut sur deux mètres de long et de large. (…) La création des costumes Olivier Beriot est le chef costumier du film. Son éclectisme, son sens de l’imaginaire et son goût du défi l’ont poussé à travailler sur des productions aussi diverses que «Le Roi danse», «L’Empire des loups» ou «Jeanne d’Arc» et la saga «Arthur» de Luc Besson. Alain Chabat avait déjà collaboré une première fois avec son atelier de création pour « RRrrrr !!! ». Huit semaines ont été nécessaires pour assurer la confection des 350 costumes du film. Olivier BERIOT: Après avoir été choisie par Alain Chabat pour travailler sur le projet du Marsupilami toute mon équipe a relu les albums de BD. On s’est concentré sur le vestiaire et on a isolé tous les personnages. Je devais préserver la fraîcheur et le trait des BD tout en privilégiant des lignes crédibles pour le cinéma. Le dessin de Franquin ne suffisait pas mais il m’a donné des indications sur la direction à suivre. Le look des années 50-60 présent dans les albums m’a beaucoup servi pour la scène de l’aéroport par exemple. De manière générale j’ai toujours cherché à adapter les couleurs et les formes des cases à des personnages bien réels. Alain CHABAT: À l’instar des BD, on a décidé que chaque personnage aurait un seul costume du début jusqu’à la fin du film. Et puis c’est crédible : quand on est projeté dans une aventure trépidante comme celle-ci, on n’a pas vraiment le temps de se changer ! Alain Chabat a fourni des indications de coloris et de style pour les costumes de tous les personnages. À partir de ces éléments, Olivier Beriot lui a fait plusieurs propositions, tant pour les vêtements que pour les accessoires. Alain CHABAT: Pour Pablito on a osé la couleur car à Chiquito les habitants n’hésitent pas à mettre du voyant. Lors des premiers essayages Jamel avait choisi des tenues dans des teintes beiges. Il n’était pas encore allé au Mexique, moi si ! Je l’ai poussé à choisir des couleurs clinquantes : des chaussures jaunes, des chemises oranges. Il a suivi mes conseils, s’imaginant dans un monde de musiciens de salsa cubains. Il ne fallait pas oublier qu’on allait passer une grosse partie du film dans la jungle et qu’il fallait qu’on le voit dans tout ce vert ! (…) Olivier Beriot et Alain Chabat se sont beaucoup amusés à chercher des lignes à la fois bigarrées et coordonnées. Leur idée était d’aller vers des styles très dessinés et très graphiques, y compris pour les Payas. Imaginer leur look a d’ailleurs été la première demande du réalisateur au chef costumier. Alain Chabat voulait que les tenues de la tribu sonnent vraies sans verser dans le farfelu ou le folklorique, tout en restant sexy. Au total, près de 70 costumes payas ont été fabriqués à la main dans l’atelier parisien d’Olivier Beriot. Leur confection a été le plus gros chantier du film pour l’équipe. Les coiffes comme es vêtements devaient être réglables, lavables et tenir correctement lors de la scène de la «Houba Dance». Olivier BERIOT: L’idée était de créer une identité propre aux Payas en m’inspirant d’éléments issus de tribus bien réelles. J’ai travaillé à partir de photos, de films et de pièces de musées. Certains détails spécifiques à l’Indonésie ou à l’Amérique du Sud m’ont beaucoup intéressé comme les juxtapositions de perles et de plumes ainsi que les coiffes Indiennes. Les perles qui composent chaque costume sont de vraies graines trouvées dans la forêt. Il fallait être crédible jusqu’au moindre détail. (…) Tout comme les décors, le maquillage ou la coiffure, les costumes ont été un très bon moyen pour les acteurs de se plonger dans leur personnage, notamment pour la scène de danse de la «Houba Dance» magnifiquement chorégraphiée par Hakim Ghorab. Liya KEBEDE: L’atelier costumes a vraiment fait un travail de dentellières. On a eu des tenues en plumes. Elles ont été ramassées là où le Marsupilami prend les siennes pour son nid ! Quand tous les Payas sont regroupés dans la grotte le spectacle est magnifique. L’atmosphère était joyeuse et colorée malgré l’aspect sombre de l’endroit. Ces plumes m’ont franchement aidée à devenir cette reine Paya qui a 249 ans ! Comme tout le monde en portait il y avait un réel sentiment d’appartenance à une tribu, d’avoir notre propre culture et un passé très riche. Le travail de la lumière Alain Chabat est un réalisateur fidèle. Il a de nouveaux faits appel au directeur de la photographie de ses trois premiers films. Sa complicité avec Laurent Dailand date du tournage de «La Cité de la peur» d’Alain Berberian avec Les Nuls. Comme Jamel Debbouze, Laurent Dailand a appris qu’Alain Chabat nourrissait un projet sur le Marsupilami pendant le montage d’ «Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre». Dès lors, il s’est replongé dans les albums de Franquin. Laurent DAILLAND: L’univers de Franquin est très cinématographique : les images sont très bien cadrées, très colorées. Mais tourner dans la jungle est délicat ! On y a filmé beaucoup de plans et on a obtenu une vraie belle image très colorée, très saturée, très nuancée. Pourtant, les conditions étaient difficiles : on a eu un soleil faramineux, des tornades, des contrastes forts et une saturation réelle de lumière. J’avais quatre projecteurs sur des nacelles : ça ne devait pas apparaître dans le champ des caméras et comme on tournait dans la jungle les déplacements et les mouvements sont forcément restreints. Une des scènes les plus épiques à tourner a été celle où le Marsupilami voit Jamel dans le ravin. On a dû tourner le plan large en toute dernière limite de luminosité. On s’en est sorti avec beaucoup de fumée et de très fortes lumières rajoutées, notamment un ballon à hélium qui illuminait tout le décor alors qu’il faisait nuit. C’était copieux mais au final le rendu est peut-être mieux que si on avait tourné dans de bonnes conditions avec du soleil ! Le film a été tourné en 15 semaines, en décors naturels et en studio, sur trois continents : l’Amérique du Sud, l’Europe et l’Asie (les vues aériennes de jungle ont été prises à Bornéo en Malaisie). Pour une même scène, le travail de la lumière devait donc respecter les raccords d’ensoleillement et d’obscurité en fonction du pays où avaient déjà été tournés les extérieurs ou les intérieurs. Laurent DAILLAND: Il fallait jongler et prévoir la lumière en essayant de tomber juste d’un pays à l’autre ! Les repérages au Mexique m’avaient permis de prendre en compte la violence de la lumière tout comme la météo extrêmement changeante. Mais trois mois après, au moment de tourner, il était possible qu’il pleuve continuellement alors que je voulais du soleil ! Les séquences de la serre ont toutes été filmées à Conflans-Sainte-Honorine près de Paris un mois et demi avant le départ pour le Mexique. J’ai donc fait installer un projecteur de cent kilowatts qui l’éclairait entièrement de manière unidirectionnelle afin d’obtenir une lumière naturelle violente qui rappelle certains dessins de Franquin. Avec ce «soft sun» on n’a rajouté que quelques petits projecteurs. Mais il était impossible d’utiliser ce procédé dans la forêt tant pour des questions de coût que de matériel. Cela aurait nécessité un énorme groupe électrogène qui ne serait pas passé entre deux arbres ! (…) Les acteurs face au Marsupilami Le Marsupilami est au centre du film. Au final, sur l’ensemble du casting, seuls Alain Chabat, Jamel Debbouze, Fred Testot et Patrick Timsit ont eu un contact physique et des dialogues avec lui en plateau. Les autres acteurs ont joué avec lui par écran interposé, scénario oblige. C’était notamment le cas pour Aïssa Maïga et Jacques Weber dont les séquences ont été tournées en Belgique. Jacques WEBER: Le Marsupilami a en commun avec le Yéti d’être une légende. C’est un animal absolument invraisemblable, une espèce de martien qui serait sur terre mais sans appartenir à la science fiction. Et c’est amusant de constater que sa queue immensément longue est nantie de tous les pouvoirs. J’invite d’ailleurs toute la psychanalyse contemporaine à méditer sur le sujet ! (…) Jamel DEBBOUZE: C’est un animal qu’on croyait qu’il n’existait pas mais qui n’existe ! C’était extraordinaire de le côtoyer, de jouer avec lui, de le toucher, de le sentir tant il est mythique. C’est comme de passer la soirée avec King Kong : c’est une opportunité rare ! Le Marsupilami est d’une espièglerie redoutable. Il est irrésistible. D’ailleurs on a inventé ce mot à cause de lui. C’est un concentré de douceur doté d’une puissance phénoménale. Tu as envie de l’avoir chez toi mais il appartient à une espèce sauvage qu’on ne peut pas apprivoiser. C’est l’une des plus belles rencontres que j’ai faite. Fred TESTOT: Hors tournage, le Marsupilami a eu des petites exigences ! Un bain au lait d’ânesse avec des pétales de roses et un bol de pistaches devaient toujours être prêts dans sa loge. Le coiffeur devait lui faire une coupe au Pétrolane avant de se coucher. Sur le plateau, il était très poli, très professionnel, toujours en avance. C’est aussi un gros fêtard, plutôt champagne et saumon fumé, pas du tout bière. Il est du genre classe ! Géraldine NAKACHE: Il est super cool la plupart du temps mais parfois un peu cyclothymique. Quand on passe devant sa loge il faut être très discret et faire le minimum de bruit parce qu’il peut avoir des sautes d’humeur assez impressionnantes. Le Marsupilami est un acteur à part entière : il faut aussi respecter ça chez lui ! Lambert WILSON: C’est un personnage qui s’amuse et qui s’échappe tout le temps. Il représente le rêve, le paradis perdu, la liberté. Il est extrêmement sympathique et attachant. Il peut être violent par moments mais ses furies n’en restent pas moins joyeuses d’une certaine façon ! Patrick TIMSIT: Le Marsupilami est la créature qu’on a tous envie de croiser parce qu’on a tous imaginé qu’il y en a une que personne n’a jamais rencontrée. Comme partenaire, il est idéal : il ne se plaint jamais, il est là à l’heure, il sait quand placer ses «Houba», il est dans ses marques et dans la lumière. En tant qu’animal, il est surprenant : imaginatif, très vif, très folklorique et assez bagarreur ! (…) Alain CHABAT: Tourner avec un vrai Marsupilami n’est pas toujours évident. Il a des horaires bien à lui et, on le sait, il est indomptable. Pour respecter un plan de travail, ce n’est pas toujours idéal. Pour pallier à ses absences, j’ai préféré être prudent et j’ai demandé à Pierre Buffin et toute l’équipe de BUF, spécialistes des effets spéciaux numériques, de bosser sur un Marsu virtuel – copie conforme du vrai Marsu avec lequel on tournait. Du coup, quand le Petit Animal décidait d’aller pêcher le piranha au lieu de venir sur le plateau, les magiciens de BUF étaient là pour le recréer en post-production. Je dois ici les remercier chaudement. Les animaux Les animaux ont toujours occupé une place de choix dans les films réalisés par Alain Chabat. Après un chien dans « Didier », des dromadaires, des chevaux, des crocodiles, des sangliers et un âne notamment dans «Astérix et Obélix : Missions Cléopâtre», puis des Poulesmouths et des créatures préhistoriques dans «RRrrrr !!!», cette fois ce sont toutes sortes d’animaux exotiques qui viennent rejoindre le Marsupilami. Patrick Pittavino était le responsable animalier comme pour chaque film d’Alain Chabat. Il a fait appel à des dresseurs spécialisés pour les scènes avec des lamas, des perroquets ou un coati. Mais il s’est occupé lui-même du chihuahua de la reine Paya. Prénommé Eros, ce chien a joué principalement avec Jamel Debbouze. Patrick PITTAVINO: Le chihuahua est un tout petit chien pour lequel un humain et tout ce qui est au-dessus de lui prend des proportions démesurées. Un environnement trop bruyant le fragilise. Pour bien le stabiliser et l’amener à effectuer les exercices souhaités par Alain Chabat on l’a entraîné pendant trois mois. On l’a aussi emmené plusieurs fois avant le tournage dans la grotte où ont été tournées les scènes de manière à l’habituer aux très basses températures du lieu. L’énigme, c’était sa réaction face aux torches, aux lances, aux tenues et aux coiffes en plumes des Payas car il n’avait jamais vu ça ! La présence d’animaux a permis à «Alain Chabat scénariste» de coucher sur le papier des gags qui amusent énormément «Alain Chabat réalisateur» dans le seul but que le public s’esclaffe à son tour. Alain CHABAT: Lorsqu’on a écrit la scène de Jamel et du Chihuahua avec Jeremy, mon co-scénariste, on a ri comme des crétins ! Elle a beaucoup amusé tous ceux qui l’ont vue, les enfants en premier. Je voulais vraiment exploiter au maximum l’idée que les animaux adorent Pablito ! Le personnage a tout le temps des bêtes autour de lui : un perroquet, une tortue, un lama, un coati… La réplique récurrente «les animaux m’adorent» était bien illustrée mais on s’est juste amusé à pousser un peu plus loin le concept. Et cette scène épique entre Pablito et le chihuahua est née ! Jamel DEBBOUZE: La scène qui me faisait le plus flipper de tout ce que j’avais à tourner c’était celle avec le lama. Il y avait une vraie tension. Je l’entendais préparer son crachat et c’était insoutenable. C’est acide comme matière, ça pique, ça brûle le visage et ça «chmute» d’une force. Une odeur pareille ça devrait être interdit ! Mais c’est un de mes meilleurs moments au cinéma. Ce film a été un parc d’attractions pour moi. J’ai éprouvé un vrai plaisir à vivre des situations dont je n’ai pas l’habitude en tournage, notamment avec le chihuahua. Mais je ne parlerai pas de cet épisode ! (…) La musique originale Bruno Coulais a composé la bande originale du film. Il avait déjà travaillé avec Alain Chabat en signant les musiques du film «Bébés» sorti en 2010 et produit par le réalisateur. C’est d’ailleurs à l’occasion d’une des projections du film à New-York où Alain Chabat l’avait convié qu’il a proposé à Bruno Coulais de travailler sur la musique de son nouveau long métrage. Le compositeur s’est une nouvelle fois senti très en confiance et en phase avec les attentes du metteur en scène. Et il s’est laissé porter par son enthousiasme habituel ! Bruno COULAIS: C’est très agréable de travailler avec Alain Chabat. Il est exigeant mais il vous laisse croire que vous êtes la personne idéale pour faire le job ! Du coup, ça désangoisse. C’est un réalisateur qui pousse à aller toujours plus loin. Avec lui, rien n’est jamais acquis. Je lui ai fait écouter des maquettes dès le début du montage. Ça nous a permis de faire des projections avec des sons minimalistes qui imitaient les instruments et l’orchestre afin de voir ce qui fonctionnait le mieux sur les images en termes d’orchestration et de thèmes. D’ailleurs, Alain a gardé une musique que je lui avais proposée avant qu’il ne débute le tournage. Alain Chabat avait des envies pour la musique de son film. Bruno Coulais a su les concrétiser et les magnifier. Alain CHABAT: L’idée de départ était simple : la musique devait être prise au sérieux. Il n’y avait donc aucune raison de glisser un côté humoristique dedans. On est dans un film d’aventure. Bruno Coulais partageait cette opinion. Il fallait doser, se placer entre le dramatique et la comédie tout en créant une ambiance un peu magique aussi. Il y a une touche de merveilleux, d’aventure et même de cosmique dans le film. (…) Alain Chabat a fait une demande très particulière à Bruno Coulais avant le tournage. Il voulait une musique typiquement paya pour une scène de danse qui interviendrait lorsque Dan et Pablito seraient rentrés en contact avec la tribu paya. Alain CHABAT: Pour la musique de la «Houba Dance» on s’est demandé en quelle matière pouvaient être faits les instruments des Payas. Je ne voulais pas de tams-tams en peaux de yaki ou d’une harpe sculptée dans de l’os. Bruno Coulais a proposé de n’utiliser que des voix. L’idée m’a plu. Il a composé le texte très rythmé et chanté de la «Houba Dance» à partir de mots Payas que je lui ai fournis. À base de mots mayas et d’un mélange de mon cru je me suis inventé mon propre petit lexique paya pour les besoins du film ! Bruno COULAIS: Le texte est invraisemblable et n’a aucun sens. Il provient de mots tout droit sortis du scénario d’Alain Chabat. J’ai pris des bouts de sonorités, des «houba», des «hop», des «zulub» et j’ai assemblé le tout pour composer la mélodie. C’est un morceau quasiment vocal : j’ai superposé des voix enregistrées par les frères Costa. C’est dit de manière un peu hystérique, sauvage, à toute allure et dans tous les sens. Les chanteurs ont eu du mal à l’interpréter car il fallait presque être en apnée ! Alain et Jamel eux aussi ont dit ce texte en tournage. Ils ont réussi, donc ce n’était pas impossible ! (…)


    • Sortie : 04/04/2012
    Date de la publication électronique :10 April 2012
    Sources :

    Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé