Twixt  –  Francis Ford Coppola  –  2012

Fiche générale

  • Durée : 89 minutes
  • Producteur :Francis Ford Coppola
  • Production :American Zoetrope
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Francis Ford Coppola
  • Interprètes : Val Kilmer (Hall Baltimore)
    Bruce Dern (Bobby Lagrange)
    Elle Fanning (V)
    Ben Chaplin (Edgar Poe)
    Joanne Whalley (Denise)
    David Paymer (Sam)
    Anthony Fusco (Le Pasteur Allan Floyd)
    Alden Ehrenreich (Flamingo)...
  • Scénario :Francis Ford Coppola
  • Producteur délégué :Anahid Nazarian
    Fred Roos
  • Directeur de production :Adriana Rotaru
  • Directeur de la photographie : Mihai Malaimare Jr
  • Chef opérateur : Richard Beggs (chef opérateur son)
  • Compositeur de la musique : Osvaldo Golijov
    Dan Deacon
  • Monteur : Robert Schafer
    Glen Scantlebury ...
  • Costumier : Marjorie Bowers

Production

  • Producteur :Francis Ford Coppola
  • Production :American Zoetrope
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Producteur délégué :Anahid Nazarian
    Fred Roos
  • Directeur de production :Adriana Rotaru
  • Producteurs associés :Masa Tsuyuki
    Josh Griffith

 

Fiche artistique

  • Réalisateur :Francis Ford Coppola
  • Scénario :Francis Ford Coppola
  • Interprètes :Val Kilmer (Hall Baltimore)
    Bruce Dern (Bobby Lagrange)
    Elle Fanning (V)
    Ben Chaplin (Edgar Poe)
    Joanne Whalley (Denise)
    David Paymer (Sam)
    Anthony Fusco (Le Pasteur Allan Floyd)
    Alden Ehrenreich (Flamingo)
    Bruce A. Miroglio (Le Shérif adjoint Arbus)
    Don Novello (Melvin)
    Lisa Biales (Ruth)
    Tom Waits (Le Narrateur)

Fiche technique

  • Photographie :Mihai Malaimare Jr
  • Chef opérateur :Richard Beggs (chef opérateur son)
  • Directeur artistique :Jimmy DiMarcellis
  • Compositeur de la musique :Osvaldo Golijov
    Dan Deacon
  • Monteur :Robert Schafer
    Glen Scantlebury
    Kevin N. Bailey
  • Costumier :Marjorie Bowers

Résumé et notes

  • Durée : 89 minutes

RÉSUMÉ

Un écrivain sur le déclin arrive dans une petite bourgade des États-Unis pour y promouvoir son dernier roman de sorcellerie. Il se fait entraîner par le shérif dans une mystérieuse histoire de meurtre dont la victime est une jeune fille du coin.

Le soir même, il rencontre, en rêve, l’énigmatique fantôme d’une adolescente prénommée V. Il soupçonne un rapport entre V et le meurtre commis en ville, mais il décèle également dans cette histoire un passionnant sujet de roman qui s’offre à lui.

Pour démêler cette énigme, il va devoir aller fouiller les méandres de son subconscient et découvrir que la clé du mystère est intimement liée à son histoire personnelle.

D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

NOTES DE PRODUCTION

Introduction

À ce stade de sa vie, faire du cinéma pour Francis Ford Coppola importe autant en termes d’aventure que de produit fini, de cheminement que d’aboutissement. En reprenant la réalisation de films en 2005, après un hiatus de 8 ans, il s’imposa trois règles : il devait lui-même écrire le scénario ; le film devait nécessairement avoir un écho personnel – un aspect de lui-même ou de sa vie qu’il n’aurait pas compris - et devait être autofinancé afin d’en limiter le budget et de maximiser sa liberté artistique.

C’est ainsi que le 22 octobre 2009, il se retrouva à Istanbul, en proie à un rêve.

Il s’agissait d’un voyage de prospection pour évaluer le potentiel de la ville comme lieu de tournage. Ayant filmé « L’Homme sans âge » (2007) en Roumanie et « Tetro » (2009) en Argentine, il était en quête de lieux qui l’intéresseraient et où il serait à même de tirer le maximum de son petit budget. Il était également à la recherche d’un sujet qui lui fut miraculeusement fourni par Morphée.

«J’ai rêvé que je me trouvais à l’entrée d’un hôtel délabré et que je rencontrais une adolescente malicieuse avec les dents tordues et couvertes de bagues. En plaisantant, elle m’a dit qu’elle était un vampire. J’étais légèrement méfiant. Nous avons pénétré dans la bâtisse où des gens parlaient d’une tombe dans laquelle des enfants avaient été enterrés. Puis la jeune fille a disparu. L’endroit donnait froid dans le dos alors je suis sorti. L’adolescente est réapparue, se moquant de moi et me taquinant. J’ai entendu des rires d’enfants et soudain fillettes et garçons sont sortis de l’hôtel, suivis par un vieil homme. J’ai jeté un œil à l’intérieur et j’ai vu qu’ils émergeaient d’une tombe. L’ambiance de mon rêve était inquiétante et éthérée. Alors même que je rêvais, je me suis rendu compte que j’étais dans une histoire de vampires.»

Conscient du potentiel de son rêve comme sujet de film, Coppola se replongea dans ce monde fantastique, conversant avec Edgar Poe et suivant l’adolescente dans la forêt. Il continua à flirter avec elle mais il se rendit rapidement compte que «ses dents devenaient de plus en plus longues». Après l’apparition de son petit ami jaloux, il commença à vivement s’inquiéter, mais par bonheur, le cinéaste fut réveillé par l’appel à la prière d’une mosquée voisine.

Ayant récemment lu les œuvres complètes d’Edgar Poe, Coppola ne fut pas trop surpris de voir surgir l’écrivain dans son rêve. «Je me suis demandé s’il y avait un point commun entre ma vie et celle de Poe. Manifestement nous étions tous deux hantés par un fantôme. J’ai rapidement compris que pour Poe il s’agissait de sa femme Virginia, disparue jeune, et je m’interrogeais : qui était donc le mien ?»

La réponse à cette question se trouve dans « Twixt ». Utilisant le processus créatif de l’écrivain comme cadre narratif, le film mélange les histoires d’épouvante et de vampires, y ajoutant une bonne dose d’humour jovial. Ses personnages sont des archétypes de la littérature et du cinéma gothiques. Val Kilmer incarne le protagoniste solitaire (un écrivain en tournée de promotion) ; Bruce Dern est le méchant aux allures de clown ; Elle Fanning est V, la jeune fille (pas si) innocente et Ben Chaplin, Edgar Poe, guidant notre écrivain dans l’univers troublant de ses rêves.

Antécédents & influences

Mais « Twixt » n’est pas la première incursion de Coppola dans le genre gothique. Au début de sa carrière, alors qu’il travaillait avec le producteur Roger Corman, il réalisa « Dementia 13» (1963), et en 1992, il signait « Dracula », une réinterprétation à grand succès du célèbre classique de la littérature. «Je ne m’intéresse pas particulièrement aux histoires de vampires, mais j’aime les histoires d’amour gothiques», commente le réalisateur.

Il garde un vague souvenir d’une histoire qu’il écrivit, il y a de nombreuses années, et dans laquelle un écrivain se rendait dans une ville du genre de Salem (Massachusetts) - rendue célèbre par le procès des sorcières de Salem en 1692, largement exploité aujourd’hui au plan touristique - et y rencontrait une vagabonde qui s’avérait être le spectre d’une femme condamnée au bûcher pour sorcellerie.

Comme le montre ce dernier film, le processus créatif d’un écrivain est labyrinthique et tortueux, et composé de parties multiples, certaines anciennes, d’autres récentes, certaines tirées de la vraie vie, d’autres sorties des rêves.

Des éléments du rêve de Coppola à Istanbul furent largement intégrés dans le scénario qui, comme il l’explique, est aussi fortement influencé par la nouvelle de Nathaniel Hawthorne, «Le Jeune Maître Brown» (1835) et par de nombreux écrits d’Edgar Poe («Une Descente dans le Maelstrom», 1841 ; «Le Diable dans le beffroi», 1839 ; «Bérénice», 1835, etc.) «Quand j’ai lu Poe, j’ai senti son âme torturée s’immiscer en moi. Il a transformé la mort de sa femme en d’innombrables récits et poèmes», commente le cinéaste.

Pour Coppola, faire un film revient à poser une question, et quand le film est fini, on détient la réponse. «Le thème sous-jacent de « Twixt » est la perte. Je me suis rendu compte à quel point je me sentais responsable de la mort de mon fils. Il m’avait demandé de l’accompagner à un parc au bord de l’eau où se trouvaient des bateaux, et je ne l’ai pas fait. Je pensais qu’il s’agissait de bateaux pour enfants, pas de hors-bord. Ce que j’ai appris avec cette histoire, c’est combien j’avais au fond de moi le sentiment que j’aurais pu empêcher cet accident, si seulement j’avais été présent...»

Les habitués

Le producteur délégué Fred Roos, qui travaille avec le réalisateur depuis « Le Parrain » (1972), a toujours joué un rôle-clé dans le choix des acteurs. Les deux hommes ont tendance à d’abord considérer des comédiens dont ils connaissent le travail. «Nous avions proposé un rôle à Val Kilmer dans « Outsiders » (1983)», se souvient le producteur. «Mais il a décliné notre offre, pour aller jouer du Shakespeare. Nous nous sommes revus à maintes reprises et cherchions un rôle qui lui conviendrait. Celui de l’écrivain déchu Hall Baltimore lui va comme un gant.»

Fred Roos et Bruce Dern se sont rencontrés en 1971 sur le tournage du film de Jack Nicholson « Vas-y, fonce » dans lequel Dern jouait un entraîneur de basket. Francis était particulièrement intéressé par son parcours et son évolution avec l’âge et pensait qu’il serait parfait pour interpréter Bobby LaGrange, le shérif cocasse au passé obscur. Bruce Dern a récemment été cité à l’Emmy pour son rôle dans la série HBO «Big Love».

Elle Fanning était la co-vedette du film de Sofia Coppola « Somewhere » (2010). «Elle fait partie de la famille», déclare le producteur. «Nous n’avons jamais envisagé une autre comédienne.» On a également pu la voir dans le film à succès de l’été dernier, « Super 8 » de J.J. Abrams.

L’acteur de théâtre et de cinéma britannique Ben Chaplin est un nouveau venu dans la famille Coppola. Son impressionnante ressemblance avec Edgar Poe le désignait d’office pour ce rôle-clé.

L’équipe technique inclut également des collaborateurs de longue date, dont le chef opérateur son Richard Beggs et la chef costumière Marjorie Bowers. Le directeur de la photo Milhai Malaimare, Jr., et la directrice de production Adriana Rotaru, que Coppola a rencontrés en Roumanie, et le célèbre compositeur Osvaldo Golijov ont tous trois contribué à l’élaboration de « L’Homme sans âge » et de « Tetro ». Parmi les nouveaux venus, on notera le directeur artistique Jimmy DiMarcellis, le chef monteur Robert Schafer et le co-compositeur Dan Deacon.

Le tournage

« Twixt » a été tourné en sept semaines, en 2010 et 2011, à une centaine de kilomètres de la propriété de Coppola en Californie du Nord, avec une équipe et un budget limités. «Pour moi, un petit budget est une libération. Dans l’industrie cinématographique actuelle, tant de gens ont leur mot à dire qu’il serait laborieux de se mettre d’accord sur une histoire aussi étrange et personnelle que celle de « Twixt » », déclare le cinéaste.

La productrice déléguée Anahid Nazarian, une collaboratrice de Coppola depuis 1981, nous explique : «Nous avons tourné autour des comtés de Napa et Lake. Les scènes dans la forêt et de nombreux intérieurs ont été tournés sur le domaine Niebaum-Coppola à Rutherford. La bibliothèque personnelle de Francis a servi de décor pour la scène où Hall Baltimore fait des recherches sur le massacre des enfants. Le tombeau dans lequel le pasteur emmure V est une vieille cave à vin du domaine. Francis a un petit plateau de tournage sur lequel nous avons construit quelques décors : la chambre du motel, le bureau du shérif et l’intérieur de la tour aux horloges. Les séquences du old Chickering Hotel et de la taverne ont été filmées dans le cadre historique de la station thermale d’Aetna Springs à Pope Valley. Nous avons été particulièrement chanceux de pouvoir tourner là-bas. Aetna Springs figure au registre national des sites historiques et a accueilli ses premiers curistes à la fin du 19e siècle. La station a un temps attiré les stars d’Hollywood et autres notables, mais elle est depuis tombée en désuétude, ce qui était parfait pour nous.»

La ville de Kelseyville est devenue Swann Valley pour les besoins du film. «Ses habitants ont été très conciliants et nous les avons évidemment recrutés comme figurants. Une église locale a été utilisée pour la moitié inférieure de la tour aux horloges, et la moitié supérieure, avec ses sept cadrans, a été ajoutée en postproduction. Pour la cour de l’atelier du shérif, il s’agit d’un commerce existant, The Woodpecker dans la ville de Nice, dont le propriétaire fabrique lui-même tous les nichoirs à oiseaux et à chauves-souris. Nous avons filmé les lieux tels quels, sans rien toucher.»

Style visuel

Coppola a commencé à élaborer un style visuel distinctif avec « L’Homme sans âge », l’affinant avec « Tetro » et « Twixt ». Le «look» de ces films est nettement différent de ses œuvres baroques antérieures, comme « Apocalypse now » (1979) ou « Dracula », et il l’apparente d’avantage à la trilogie du « Parrain » (1972, 1974 & 1990).

«J’ai décidé d’arrêter presque entièrement de faire des mouvements de caméra. Dans « Twixt », elle ne bouge pratiquement pas, sauf pour cinq panoramiques. J’utilise une technique visuelle où la scène s’élabore à partir d’unités de construction filmique en partant du principe que les spectateurs ne s’intéressent pas particulièrement à la mise en scène. Mes trois derniers films font preuve d’une économie absolue de mouvements de caméra», explique Coppola.

«Nous voulions un style particulier pour les séquences de rêve qui ont été tournées en nuit américaine. Après plusieurs essais, nous avons opté pour un clair de lune bleu acier, presque monochrome, ajoutant des touches de rouge vif ou de doré. Ça a permis de créer un effet à la fois beau et inquiétant.»

«Pour les séquences réalistes - celles de la ville, de la bibliothèque et toutes les scènes avec le shérif - nous avons opté pour un travail de caméra très classique, afin de contraster avec les rêves. Il y a une petite similitude avec « Rusty James » (1983) dans l’utilisation d’objectifs à courte focale et de plans en plongée et contre-plongée, le genre de grands angles et de profondeur de champ généralement attribués à Orson Welles et Greg Toland, même si le style visuel de « Twixt » est beaucoup plus sobre.»

«Mon sentiment par rapport à la 3D tient au « Napoléon » (1927) d’Abel Gance et à sa technique de projection sur trois écrans qu’il appelait la «polyvision » et qui a précédé le «cinérama» hollywoodien du début des années 50. Dans « Napoléon », on oublie presque les trois écrans parce que l’intégralité du film est projetée sur l’écran du milieu, sauf pour la scène culminante du film.»

«J’ai beau avoir apprécié « Avatar » (James Cameron, 2009), j’ai trouvé l’utilisation des lunettes un peu fastidieuse. J’ai fini par les enlever et ne les ai remises qu’en anticipation des bonnes scènes en 3D. Je trouve que quand tout le film est en 3D, on s’y habitue vite et ça perd son côté excitant. J’ai donc décidé de tourner « Twixt » de manière classique sauf pour quelques séquences où les spectateurs devront chausser des lunettes 3D.»


  • Sortie : 11/04/2012
Date de la publication électronique :10 April 2012
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé