Le Prénom  –  Matthieu Delaporte / Alexandre De La Patellière  –  2012

Fiche générale

Affiche
  • Genre : Comédie
  • Durée : 109 minutes
  • Producteur :Dimitri Rassam
    Jérôme Seydoux
  • Production :Chapter 2
    Pathé...
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Matthieu Delaporte
    Alexandre De La Patellière
  • Interprètes : Patrick Bruel (Vincent)
    Valérie Benguigui (Elisabeth)
    Charles Berling (Pierre)
    Guillaume de Tonquédec (Claude)
    Judith El Zein (Anna)
    Françoise Fabian (Françoise)...
  • Scénario :Matthieu Delaporte
    Alexandre De La Patellière
  • Adaptation :d'après leur pièce mise en scène par Bernard Murat - production Théâtre Edouard VII
  • Directeur de production :Benoît Pilot
  • Directeur de la photographie : David Ungaro
  • Compositeur de la musique : Jérôme Rebotier
  • Monteur : Célia Lafitedupont
  • Chef décorateur : Marie Cheminal
  • Costumier : Anne Schotte

Production

  • Producteur :Dimitri Rassam
    Jérôme Seydoux
  • Production :Chapter 2
    Pathé
    TF1 Films Production
    M6 Films
    Fargo Films
    Nexus Factory
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Directeur de production :Benoît Pilot
  • Coproducteurs :Romain Le Grand
    Florian Genetet-Morel
    Matthieu Delaporte
    Alexandre De La Patellière
    Serge De Poucques
    Sylvain Goldberg
    Adrian Politowski
    Gilles Waterkeyn
  • Producteurs associés :Bernard Murat
    Andrée Zana Murat
  • Producteurs associés Chapter 2 :Aton Soumache
    Alexis Vonarb
  • Coproduction avec la participation de :Canal+
    Ciné+
    TF1
    M6
  • En coproduction avec :Ufilm
  • En association avec :Ufund

 

Fiche artistique

  • Réalisateur :Matthieu Delaporte
    Alexandre De La Patellière
  • Scénario :Matthieu Delaporte
    Alexandre De La Patellière
  • Adaptation :d'après leur pièce mise en scène par Bernard Murat - production Théâtre Edouard VII
  • Scripte :Chantal Pernecker
  • Interprètes :Patrick Bruel (Vincent)
    Valérie Benguigui (Elisabeth)
    Charles Berling (Pierre)
    Guillaume de Tonquédec (Claude)
    Judith El Zein (Anna)
    Françoise Fabian (Françoise)
    Yaniss Lespert (Livreur pizza)
    Miren Pradier (Infirmière bracelet)
    Alexis Leprise (Apollin)
    Juliette Levant (Myrtille)

Fiche technique

  • Directeur de la photo :David Ungaro
  • Compositeur de la musique :Jérôme Rebotier
  • Ingénieur du son :Miguel Rejas
  • Monteur :Célia Lafitedupont
  • Chef décorateur :Marie Cheminal
  • Costumier :Anne Schotte
  • Monteur son :Jean Gargonne
  • Maquilleur :Jean-Christophe Roger
  • Photographe de plateau :Jean-Claude Lother
  • Régisseur :Valérie Labbé
  • Assistant réalisateur :Joseph Rapp (1er assistant réalisateur)
  • Supervision post-production :Pierre Reyssat (directeur de post-production)
    Abraham Goldblat (directeur de post-production)
  • Chef coiffeur :José Luis Casas
  • Making-of :Alexandre Lecoeur
  • Mixeur :Marc Doisne

 

Résumé et notes

  • Genre : Comédie
  • Durée : 109 minutes

RÉSUMÉ

Vincent (Patrick Bruel), la quarantaine triomphante, va être père pour la première fois. Invité à dîner chez Élisabeth (Valérie Benguigui) et Pierre (Charles Berling), sa soeur et son beau-frère, il y retrouve Claude (Guillaume de Tonquédec), un ami d’enfance. En attendant l’arrivée d’Anna (Judith El Zein), sa jeune épouse éternellement en retard, on le presse de questions sur sa future paternité dans la bonne humeur générale... Mais quand on demande à Vincent s’il a déjà choisi un prénom pour l’enfant à naître, sa réponse plonge la famille dans le chaos.

D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

ENTRETIEN AVEC MATTHIEU DELAPORTE & ALEXANDRE DE LA PATTELIERE, REALISATEURS

Vous êtes les auteurs du « Prénom », qui, avant de devenir un film, a été un immense succès au théâtre…

Alexandre De La Pattelière: C’est vrai que ça a été incroyable d’un bout à l’autre. La rencontre et le travail avec Bernard Murat, les premières lectures, les répétitions dans cette mythique salle Édouard VII…

Matthieu Delaporte: Passée l’angoisse terrible de la première, quand on se demande de quel pont on va aller se jeter si personne ne rit, on a vécu une année extraordinaire ! Les représentations complètes tous les soirs, la vie quotidienne en coulisses… Et puis de savoir que la pièce serait jouée dans le monde entier !

Alexandre De La Pattelière: Dès la première semaine, on a été contacté par des théâtres allemands et israéliens, les premiers à réagir. C’est là qu’on a compris qu’il se passait vraiment quelque chose.

A quel moment avez-vous décidé d’adapter la pièce pour le cinéma et ensuite de réaliser le film vous-même ?

Matthieu Delaporte: On vient du cinéma, mais on avait envie de changer d’air. On est parti dans l’écriture de cette pièce sans savoir du tout ce qu’elle allait devenir. On voulait écrire sur des gens comme nous, parler un peu différemment des liens familiaux et le faire sans les contraintes du cinéma, sans avoir de compte à rendre… En même temps, l’envie de l’adapter au cinéma est venue dès que la pièce a été terminée.

Alexandre De La Pattelière: L’écriture de la pièce est née d’une envie d’indépendance, et c’est ce même désir qui nous a convaincus d’en réaliser l’adaptation. Ce même désir et, pour être honnête, Dimitri Rassam, notre producteur !

Avec un atout essentiel : votre texte de base, à partir d’une intrigue de comédie évoquant l’amitié ou la famille, est un reflet assez fidèle de la France d’aujourd’hui. Quelle était votre idée de départ ?

Alexandre De La Pattelière: En bons «bobos» que nous sommes, nous avons donné à nos enfants – 3 garçons pour Matthieu et 2 filles pour moi – des prénoms assez originaux. À l’occasion de vacances communes en famille, on a pu remarquer combien cela provoquait des réactions épidermiques, même dans un univers plutôt policé comme le nôtre ! Les autres se permettent alors de rentrer dans votre sphère privée pour donner leur avis sur la question ! Deux choses nous amusaient : que le choix du prénom soit à ce point un sujet sensible, parce qu’il raconte beaucoup de choses sur soi et sur ce que l’on projette de soi, et qu’on s’étonne, nous, que ce choix de prénoms bizarres fasse réagir !

Matthieu Delaporte: On voulait écrire sur la famille et cette affaire de prénom ouvre une véritable fenêtre sur la société. Qu’il soit classique ou original, de toute façon c’est un choix vis-à-vis des autres ! Il engage lourdement ceux qui le donnent comme celui qui le reçoit. Il y a là-dedans une dimension familiale, religieuse, sociale qui, de fait, condamne votre enfant à vie, même si c’est fait au départ avec amour. Ça nous permettait également de rire de nous-mêmes et je dois reconnaître que l’on a pris un malin plaisir à se moquer de nos propres choix. Nous avons donc pratiqué une sorte d’humour sado-maso ! (…)

Un des tours de force du film, sans que rien ne soit « surligné », est de réserver à tous les personnages son moment d’anthologie.

Alexandre De La Pattelière: Dans une famille, on croit généralement savoir qui sont les chefs et les dominés, mais quand ces derniers sortent aussi leurs couteaux et leurs gourdins, ils font parfois plus mal que les premiers ! Nous avions donc la volonté de nous intéresser à tous les éléments de ce groupe, sans en oublier aucun, car c’est aussi le sujet du film.

Matthieu Delaporte: C’est d’ailleurs pour cela que nous ne voulons pas communiquer en amont sur le fameux prénom qui est au coeur de la pièce et du film. Son annonce est une sorte de bombe assourdissante, qui détourne l’attention et nous permet de glisser discrètement des petites mines sur chacun des personnages, qui n’explosent que bien plus tard ! Nous avons toujours pensé ce film comme un film choral. D’ailleurs, du point de vue de la mise en scène, du découpage et du montage, les dialogues ont été autant privilégiés que les moments d’écoute car tous deux ont une importance essentielle sur ce qui est dit ou révélé. D’autant qu’au cours de cette soirée, les alliances entre les personnages ne vont cesser de varier.

Les personnages justement : quelles étaient vos envies au moment de choisir les acteurs pour les incarner ?

Matthieu Delaporte: La volonté de départ était de créer une famille. Un groupe homogène et cohérent. Il nous fallait des comédiens du même âge pour que l’on croie qu’ils aient pu grandir ensemble, puisqu’ils sont amis d’enfance. Il fallait aussi casser le rythme de la pièce et Charles Berling nous a servi de «bélier» ! Son arrivée a permis de redistribuer les cartes et a permis à chacun de se repenser, de changer de musique.

Alexandre De La Pattelière: Le cinéma devait nous servir à apporter un degré de réalisme à cette famille par rapport à la pièce. Il fallait nous appuyer sur deux hommes qui sont donc très différents, à la ville comme à la scène, mais qui, en même temps, se ressemblent ! Et c’est vrai que Charles Berling comme Patrick Bruel sont deux boulimiques, deux incroyables amoureux de la vie. Nous étions certains que leur association ferait des étincelles et cela nous a donné à tous une nouvelle énergie. Charles, dans son brillant parcours d’acteur, a souvent été utilisé pour sa face sombre et cérébrale. Mais il y a chez lui une folie, une animalité, une énergie extrême que nous voulions à tout prix voir à l’écran. Il a donné à Pierre, qui est un personnage excessif, une sorte de Saint-Just du samedi soir, une dimension formidable, à la fois drôle et émouvante. Son entente personnelle et professionnelle avec Patrick a dépassé toutes nos espérances.

Et Valérie Benguigui ?

Alexandre De La Pattelière: Vous voulez dire Valérie «Rolls Royce» Benguigui ? Dès le départ, elle a donné une force incroyable à ce personnage, en puisant dans sa propre force et dans son humanité. En plus, elle n’a peur de rien donc on a pu l’emmener très loin, totalement au service du rôle de Babou.

Matthieu Delaporte: Babou est le personnage central de ce groupe. C’est elle qui a invité tout le monde. C’est elle qui s’évertue à ce que tout se passe bien car c’est elle qui apparaît comme le garant de la cohésion familiale. Valérie a une puissance comparable à un volcan qui donne quelques secousses avant d’entrer en éruption ! Et en même temps, elle parvient aussi à exister dans des scènes où elle n’a que peu de dialogues ou juste un regard. Elle a un immense pouvoir de comédie tout en donnant beaucoup de chair et de réalisme à son personnage.

Guillaume de Tonquédec et Judith El Zein ?

Alexandre De La Pattelière: Claude, le personnage de Guillaume, est assez énigmatique, il a du mal à exister par rapport aux deux coqs de ce dîner ! Nous savions, depuis le théâtre, que Guillaume avait d’autres choses à lui apporter au cinéma, car lui aussi possède un fantastique sens du comique et une vraie folie.

Matthieu Delaporte: Le personnage de Patrick dit de Claude, critiquant son apparente passivité : «On dirait un greffier», ce qui est parfaitement injuste car les autres, occupés à leur joute verbale, ne font jamais attention à sa présence. Or, il est bien là ! Guillaume joue d’une apparence lisse sur laquelle on peut projeter plein de choses et en même temps, dès qu’il accélère, il vous emmène où il veut ! C’est la même chose pour Judith et son personnage, Anna. Les apparences sont trompeuses. Au départ, on peut ne voir qu’une belle et élégante blonde, un trophée, mais très vite, le vernis craque et c’est l’aspect volcanique d’Anna qui prend le dessus. Anna est la nouvelle du groupe, elle cherche à s’intégrer, mais elle n’est pas prête à tous les compromis. Quand Pierre la provoque, elle n’hésite pas à entrer dans l’arène et à rendre les coups. Elle ne cherche pas le conflit, mais ne recule jamais. Judith a su apporter au personnage son humour et son caractère avec beaucoup de talent.

Alexandre De La Pattelière: Le plaisir de travailler au quotidien avec des acteurs c’est aussi de les redécouvrir, d’utiliser autrement leur potentiel. Faire exploser les emplois habituels en montrant d’autres visages insoupçonnés.

Terminons avec Patrick Bruel, un cas à part du fait de sa notoriété et de ses multiples activités ?

Alexandre De La Pattelière: Au-delà de sa notoriété et de ses multiples succès, de l’image d’éternel gagnant qu’il renvoie, Patrick est un artiste très sensible qui offre une vraie disponibilité dans le travail. C’est un homme qui veut progresser, grandir et qui n’a jamais peur «d’y aller». On lui avait promis l’enfer car nous savions, pour l’avoir vu jouer le rôle tant de fois sur scène, qu’il pouvait vraiment livrer une performance exceptionnelle. Alors Patrick est venu avec ses failles, son envie, son goût du combat et de l’aventure collective, n’hésitant jamais à se remettre en question. Jusqu’à la dernière heure de tournage, un vendredi à 1h du matin, il était là, heureux comme un fou de refaire une prise pour la quinzième fois. Travailler avec lui a été un immense plaisir.

Matthieu Delaporte: Il y a une certaine injustice vis-à-vis de Patrick. C’est vrai qu’il fait beaucoup de choses différentes, mais on ne fait pas ce genre de carrière sans raison. Il a un indéfectible enthousiasme et il est très perfectionniste. Il aime proposer, mais il est toujours prêt à refaire et refaire encore. Il est dans le plaisir de la recherche ! C’est vraiment très agréable et stimulant. Maintenant, c’est vrai que quand vous ne le connaissez pas il peut avoir un petit côté énervant : il chante ? Il vend des millions de disques ! Il monte sur scène ? C’est complet ! Il joue au poker ? Il est champion du monde ! Il aurait fait de la magie, ça aurait été Majax !!! Il me fait penser au «chanteur» de la chanson de Balavoine sauf que lui pourrait chanter : «Je me présente je m’appelle Patrick, j’ai super bien réussi ma vie. Je suis aimé. Je suis beau et gagne de l’argent et en plus je suis intelligent… !» Il y a un moment où tout ce succès, ça agace, ça provoque de la jalousie chez nous, les hommes normaux ! Alors plutôt que de lutter contre cette tendance, on a trouvé intéressant de jouer avec elle. Et comme Patrick est très intelligent et très lucide sur son image, ça l’a amusé de pousser le truc à fond. Il n’a jamais essayé d’être plus intelligent ou plus fort que son personnage.

Un mot d’un autre personnage essentiel du « Prénom » : ce décor incroyable, cet appartement que l’on croirait bâti depuis deux siècles…

Alexandre De La Pattelière: C’était un sujet totalement obsessionnel dès l’origine du projet ! Matthieu et moi sommes parisiens et avons grandi dans ce type d’univers, nous avions donc des idées très arrêtées sur cet appartement. Nous voulions absolument travailler avec Marie Cheminal, une immense chef décoratrice dont nous avions adoré le boulot avec Cédric Klapisch sur «Paris» notamment… Ses disponibilités laissaient peu de marge, mais on aurait pu camper devant chez elle pour l’avoir !

Matthieu Delaporte: Elle a fini par ne plus avoir le choix car, à chaque fois qu’elle émettait une condition, nous lui disions : «D’accord» ! Le résultat est saisissant, à tel point qu’à la post-synchronisation du film, l’équipe technique croyait que nous avions tourné dans un véritable appartement ! C’est le plus beau des compliments pour nous car toute notre mise en scène a découlé de ce décor. Pour tout vous dire, lors de la conception des lieux, Marie nous a demandé de travailler seule et de ne rien nous montrer avant que tout soit fini. On a dit OK en lui demandant elle aussi d’accepter l’hypothèse que nous pourrions tout casser ! Le jour J, dans les studios de Bry-sur-Marne, son équipe nous a bandé les yeux et nous a fait découvrir l’endroit. Une fois la chair de poule passée, nous savions que la moitié du chemin était parcourue.

Alexandre De La Pattelière: Ce qui est extraordinaire, c’est que chaque jour sur le plateau, nous découvrions de nouveaux détails et en fait, une bonne partie de l’équipe déco avait apporté des choses personnelles : Marie Cheminal a apporté ses coussins, d’autres des jouets de leurs enfants, des dessins… Tout le monde est tombé amoureux de l’appartement qui a finalement été investi, qui est devenu un vrai lieu de vie.

Matthieu Delaporte: En fait, même si la rue dans laquelle il se situe n’existe pas, elle correspond exactement à un lieu qui existe dans le 9ème. L’immeuble du film est typique de ceux du 9ème et la vue du salon dans le film est celle que l’on aurait s’il existait vraiment !

Alexandre De La Pattelière: Nous sommes même allés enregistrer du son dans le 9ème arrondissement pour que l’ambiance des bruits extérieurs soit aussi raccord !

Et la musique ?

Matthieu Delaporte: On a fait appel à Jérôme Rebotier et Richard Wagner. Deux garçons bourrés de talent.

Et votre duo maintenant ? De quoi avez-vous envie : d’un retour au théâtre, de cinéma, d’autres choses ?

Matthieu Delaporte: Notre envie première est de retourner au théâtre parce que la comédie sur scène est un laboratoire extraordinaire, à partir duquel un texte peut évoluer. Nous l’avons vécu lors des représentations du «Prénom» : pendant un mois au début, nous avons chaque jour apporté des petites modifications, optimisé les choses et ça a aidé la construction du film. Nous avons donc commencé à écrire une nouvelle pièce. Mais comme nous aimons essayer d’alterner comédie et drame, on a écrit ensemble un polar, un film noir que je devrais réaliser bientôt.


  • Sortie : 25 avril 2012
Date de la publication électronique :12 April 2012
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé