Bowling  –  Marie-Castille Mention-Schaar  –  2012

Fiche générale

Affiche
  • Durée : 90 minutes
  • Producteur :Marie-Castille Mention-Schaar
    Pierrel Kube
    Jérôme Seydoux
    Romain Le Grand (coproducteur)
    Florian Genetet-Morel (producteur associé)
  • Production :Loma Nasha Films
    Pathé...
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Marie-Castille Mention-Schaar
  • Interprètes : Catherine Frot (Catherine)
    Mathilde Seigner (Mathilde)
    Firmine Richard (Firmine)
    Laurence Arné (Louise)
    François Bureloup (Yves)
    Mathias Mlekuz (Erwann)...
  • Scénario :Marie-Castille Mention-Schaar
    Jean-Marie Duprez
  • Adaptation :d'après une proposition de Jean-Marie Duprez
  • Producteur exécutif :Pascal Ralite
  • Directeur de la photographie : Jérôme Plon
  • Chef opérateur : Myriam Vinocour
  • Compositeur de la musique : Erwann Kermorvant
  • Monteur : Hugues Darmois
  • Chef décorateur : Hérald Najar
  • Costumier : Mélanie Gautier

Production

  • Producteur :Marie-Castille Mention-Schaar
    Pierrel Kube
    Jérôme Seydoux
    Romain Le Grand (coproducteur)
    Florian Genetet-Morel (producteur associé)
  • Production :Loma Nasha Films
    Pathé
    TF1 Films Production
    Lorette Productions
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Producteur exécutif :Pascal Ralite
  • En association avec :Cinémage 6
  • Avec la participation de :TF1
    Canal+
    Ciné+
  • Avec le soutien de :La Région Bretagne

 

Fiche artistique

  • Réalisateur :Marie-Castille Mention-Schaar
  • Scénario :Marie-Castille Mention-Schaar
    Jean-Marie Duprez
  • Adaptation :d'après une proposition de Jean-Marie Duprez
  • Scripte :Virginia Bach
  • Interprètes :Catherine Frot (Catherine)
    Mathilde Seigner (Mathilde)
    Firmine Richard (Firmine)
    Laurence Arné (Louise)
    François Bureloup (Yves)
    Mathias Mlekuz (Erwann)
    Geneviève Mnich (Madame Escoffier)
    Frédéric Noaille (Paul)
    Julien Crampon (Gaël)
    Gilles Bataille (Le Directeur de l'Hôpital)
    Eric Naggar (Henri)
    Alex Lutz (L'Examinateur)

Fiche technique

  • Photographie :Jérôme Plon
  • Chef opérateur :Myriam Vinocour
  • Compositeur de la musique :Erwann Kermorvant
  • Ingénieur du son :Dominique Levert (chef opérateur son)
  • Monteur :Hugues Darmois
  • Chef décorateur :Hérald Najar
  • Costumier :Mélanie Gautier
  • Monteur son :Julien Bourdeau
  • Maquilleur :Sylvie Aid
    Chantal Léothier
  • Casting :Emmanuelle Prévost (directrice de casting)
    Christophe Istier (casting figuration)
  • Régisseur :Gaël Deledicq
  • Chef machiniste :Laurent Passera
  • Assistant réalisateur :Zazie Carcedo (1ère assistante réalisatrice)
  • Coiffeur :Diane Duroc (chef coiffeuse)
    Marc illeneuve (coiffeur)
  • Chef électricien :Thierry Debove
  • Mixeur :Didier Lozahic

 

Résumé et notes

  • Durée : 90 minutes

RÉSUMÉ

L’histoire se passe à Carhaix. En plein coeur de la Bretagne. Un petit hôpital, une maternité paisible. Pas beaucoup d’accouchements. Mathilde, sage-femme, Firmine, puéricultrice, et Louise, propriétaire du Bowling de Carhaix y vivent, heureuses et amies. Catherine, DRH, y est envoyée pour restructurer l’hôpital et surtout fermer à terme la maternité qui perd de l’argent. Quatre femmes dont l’âge, la personnalité, les origines sont différentes et qui vont pourtant former un quatuor fort en humanité et en humour pour défendre cette maternité. La vie, l’amour, l’amitié, la Bretagne et… le bowling !

D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

L'ONSSF Syndicat de sages-femmes majoritaire soutient le film Bowling.

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

ENTRETIEN AVEC MARIE-CASTILLE MENTION-SCHAAR, SCENARISTE, REALISATRICE ET PRODUCTRICE

Comment est né ce nouveau projet ?

Ce projet est né d’une conjonction de plusieurs éléments, juste avant la réalisation de mon film précédent, «Ma première fois». Il y a d’abord eu le mot «Bowling» que Jean-Marie Duprez m’a soufflé au cours d’une conversation. Même si ce n’est pas un sport qui fait partie de ma vie, je trouve qu’il évoque un univers qui parle tout de suite aux gens, un univers convivial.

Le second élément est venu des acteurs, qui, dans mes projets, sont toujours une grande source d’inspiration. J’ai imaginé une équipe idéale de femmes avec lesquelles j’aurais envie de travailler. Je n’avais jamais vu Catherine Frot et Mathilde Seigner ensemble, auxquelles j’ai associé Firmine Richard, avec laquelle j’avais déjà travaillé, pour former ce trio inédit. Le personnage de Laurence Arné est arrivé plus tard.

Le tout s’est peu à peu combiné dans une sorte d’alchimie instinctive au contact du troisième ingrédient. Un soir, j’ai regardé un «Zone interdite» dont le sujet était «Ces Français qui résistent». Un reportage se déroulait à Carhaix, au centre de la Bretagne, où de mars à juin 2008, pendant 17 semaines, tous les habitants se sont unis et battus pour empêcher la fermeture de leur maternité. Quels que soient leur milieu, leur âge ou leurs opinions politiques, tous ont fait bloc autour d’une volonté commune. C’est un fait de société exemplaire, qui pour une fois se termine bien. Dans cette version du pot de terre contre le pot de fer, le pot de terre a gagné. Ils ont déplacé une montagne avec autant de discrétion que de détermination. J’ai beaucoup aimé cette histoire.

À partir de ces trois ingrédients, j’ai imaginé cette comédie chaleureuse sur fond de réalisme social positif. J’ai eu envie de voir Catherine, Mathilde, Firmine et Laurence ensemble dans cette histoire.

Sans être documentaire, votre approche sur les événements de Carhaix et l’univers du bowling est très sentie…

Je suis partie à Carhaix où j’ai rencontré des gens de l’hôpital que j’avais vus dans le reportage et d’autres. Je voulais les entendre, croiser leur regard, saisir tout ce que la télé ne montrait pas sur ce qu’ils avaient vécu. Par rapport aux personnages que j’avais commencé à imaginer, toutes les histoires que j’ai entendues m’ont passionnée. Lors de cette visite, j’ai appris qu’il existait un bowling à Carhaix et qu’un entraînement de femmes s’y déroulait le soir même. J’y suis allée et j’ai posé des questions sur le bowling à l’entraîneur, qui convertirait au bowling le plus réfractaire d’entre nous. J’ai vu ces femmes, toutes différentes, qui se retrouvent chaque mardi soir pour s’entraîner très sérieusement mais aussi dans la bonne humeur. Au-delà de ce qui s’était déroulé autour de l’hôpital, j’ai été touchée par l’esprit et l’humanité découverts chez ces gens. C’était une base formidable pour imaginer une histoire.

Tout en respectant l’esprit des faits et de la région, vous racontez d’abord une belle histoire d’amitié entre des femmes très différentes…

J’ai puisé une réalité et une authenticité dans l’histoire des Carhaisiens. J’ai décidé de tourner dans l’hôpital, dans la ville où tout s’était passé et dans le bowling de la ville. Même s’il n’y a rien qui ressemble plus à un bowling qu’un autre bowling, tourner ailleurs aurait été une trahison. Il est vrai que c’était plus compliqué, mais c’était une question d’intégrité vis-à-vis de ces gens, de ce qu’ils ont vécu et de la confiance qu’ils m’ont témoignée. Le contexte de cette comédie s’inscrit dans une réalité. Mon propos n’est pas de dire si la maternité de Carhaix est meilleure ou pire que les autres, mais de dire que sa disparition serait une catastrophe. Sur ce fait, on raconte effectivement la rencontre de personnages portés par de grandes comédiennes dans une histoire qui fait du bien. (…)

Qu’est-ce qui vous intéressait chez chacune de ces actrices ?

Mathilde Seigner est dotée d’une forte personnalité tout en étant très simple, sans fioritures. Elle a des principes, et parmi les sages-femmes que j’ai rencontrées, beaucoup ont du caractère, du sang-froid et vont droit au but. J’avais l’impression que Mathilde était comme ça. Il y avait pour moi une adéquation naturelle. Je la sens très proche de la vie, de la réalité et des sentiments. C’est aussi une personne qui, quelle que soit l’énergie dont elle fait preuve, jusque dans ses emportements, dégage toujours énormément d’humanité. Quel que soit son état, sa chaleur reste perceptible. C’est quelque chose de rare.

Catherine Frot associe quant à elle deux aspects très différents. D’un côté, elle a cette image bourgeoise, un peu coincée, solitaire, et en même temps, elle a un côté extrêmement clown. Elle peut aller jusque dans l’absurde, sans jamais paraître idiote. Il n’y avait qu’elle pour jouer ce personnage arrivant de Paris comme un chien dans un jeu de quilles et qui découvre cet univers de Bretagne et de bowling. Elle apporte beaucoup de naïveté, de gaucherie parfois, tout en étant crédible en directrice des ressources humaines. C’est une femme intelligente dans son métier, mais qui dans la vie concrète peut partir en vrille. Il fallait Catherine pour jouer cela.

Je connaissais un peu Firmine Richard. C’est une femme qui a du caractère, une femme de combat mais qui irradie un appétit de la vie, avec un côté sucré, gourmand… Je la voyais parfaitement dans cet univers de bébés et de douceur. Elle était pour moi la plus bretonne de toutes, comme ces gens qui vont quelque part et s’approprient les codes et l’esprit, presque plus que ceux qui sont natifs. J’ai construit son personnage autour de cela, et Firmine lui apporte beaucoup.

Comment avez-vous défini le personnage de Louise, interprété par Laurence Arné ?

Louise devait être la plus jeune mais son vécu devait aussi lui donner une plus grande sagesse qu’aux trois autres. Parce qu’elle sait que le bonheur est fragile, elle fait tout pour que les gens se sentent bien et se rassemblent. Elle aime que les gens autour d’elle soient unis. Louise est un trait d’union. Elle est tout le temps dans la gaieté, la bonne humeur, l’enthousiasme, même si cela cache des choses. J’ai organisé un casting où j’ai rencontré Laurence Arné, cette grande et jolie blonde, qui est comme ça dans la vie, vraiment soucieuse de rassembler les gens autour d’elle. Elle n’aime pas les conflits ni les disputes.

Comment avez-vous travaillé avec ce quatuor de personnalités ?

La difficulté venait du fait que ces quatre actrices ne se connaissaient pas. Le film repose pourtant sur une entente et une complicité de leurs personnages alors qu’elles sont toutes vraiment différentes, à la fois dans leur parcours et leur nature. Il fallait que l’on croie à leur amitié. On ne peut pas truquer ce lien : le courant passe ou pas. Le metteur en scène n’a aucune prise sur cela. Miraculeusement, elles se sont entendues tout de suite. Dès la première scène tournée – une scène de vestiaire – quelque chose s’est passé. Elles étaient comme quatre petites filles heureuses d’avoir joué. C’était génial. Elles sont devenues quatre amies, vraiment. Et la complicité dont j’avais besoin est là, même si l’on peut tout jouer, surtout avec de bons comédiens. Il y a quelque chose en plus qui se voit, qui se ressent : une âme, chez ces quatre femmes, un regard entre elles. Leur entente illumine le film et porte encore cette histoire à un niveau supérieur, très humain.

Parlez-nous du tournage à Carhaix ?

Les habitants étaient très étonnés que l’on puisse s’intéresser à leur histoire et à leur combat. Quand le maire, M. Troadec – très investi au moment des événements – a compris dans quel esprit nous venions faire le film, il a tout fait pour nous aider. La population était à la fois touchée et réservée, un peu méfiante aussi. Je pense que les gens ont peu à peu pris conscience que ce ne serait pas une caricature. De plus, pour les événements importants comme les manifestations qui devaient être dans le film, j’ai fait appel à des Carhaisiens. Il était important de les avoir, d’avoir leurs souvenirs, même si ce n’est que de la figuration. Il y avait des séquences chargées en émotion, et cela n’aurait pas été pareil avec d’autres figurants. J’avais d’ailleurs demandé à mon directeur de casting de me prévenir dès qu’il avait des gens ayant participé aux manifestations. Il était important pour moi de le savoir et de les mettre en avant si je pouvais, afin de ne pas dénaturer l’émotion de ces moments. Car même si c’est une fiction, il y a un «avant» et un «après» les événements de Carhaix. C’est pour eux quelque chose d’encore très sensible. Au-delà de tous les clivages culturels ou sociaux, ils se sont tous rassemblés et y ont mis tout leur cœur. Ils ont vécu des jours difficiles. Ce n’est pas un documentaire, c’est une fiction, mais je serais heureuse qu’ils aiment le film et qu’ils en soient fiers.

Les comédiennes vous ont-elles surprise ?

Oui parce que parfois, elles se sont surprises elles-mêmes. Par exemple, dans la séquence où Mathilde retrouve sa mère à l’église, je crois qu’elle était émue au-delà du jeu. Même chose avec Catherine Frot, dans la séquence de l’accouchement dans la maison isolée. Elle était bouleversée. J’avais bien sûr envie qu’elles le soient, et c’est encore mieux si elles se font attraper par ce qui se dégage de la séquence. La séquence finale fut également très forte, lorsque les hommes arrivent et qu’elles réalisent qu’elles ont gagné le combat. C’était une scène extrêmement émouvante à tourner.

Quel souvenir vous reste-t-il du travail avec ces comédiennes ?

Je suis restée toujours un peu à distance d’elles, parce que j’avais envie que leur cercle soit composé de quatre personnes, et non cinq. Durant le tournage, je n’ai pas du tout cherché à agrandir le cercle – le fait qu’il existe était déjà magique. C’était un lien fragile entre elles et j’avais envie qu’il reste tel quel. Mon rôle était de les observer et de capturer ce qu’elles dégageaient ensemble. À la fin, elles formaient une vraie bande. J’ai aimé regarder cela. Je me sentais privilégiée de les voir se découvrir.

Qu’espérez-vous apporter au public avec ce film ?

Une belle histoire vraie dans un moment de divertissement. J’espère que «Bowling» sera un film dont on ressort en se sentant bien, avec la pêche. On parle toujours de ce qui ne va pas, mais il existe aussi des gens qui font des choses formidables, individuellement ou collectivement. C’est bon de savoir que c’est possible, qu’ensemble on est plus fort. Il faudrait que leur état d’esprit déteigne car parfois, on a l’impression de ne rien pouvoir faire contre des décisions qui nous dépassent. Les Carhaisiens ont montré qu’il n’y a pas de fatalité. Des histoires comme celle-ci, il faut les raconter. Savoir que des gens comme eux existent donne de l’espoir.


  • Sortie : 18/07/2012
Date de la publication électronique :25 July 2012
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé