Savages  –  Oliver Stone  –  2012

Fiche générale

  • Durée : 130 minutes
  • Producteur :Moritz Borman
    Eric Kopeloff
    Evan Bates (producteur associé)
  • Production :Relativity Media
    Moritz Borman
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Oliver Stone
  • Interprètes : Blake Lively (0)
    Taylor Kitsch (Chon)
    Aaron Taylor-Johnson (Ben)
    Jana Banker (la fille jouant au volleyball)
    Candra Docherty (la fille de la serre)
    Patrick Fourmy (le distributeur de marijuana)
    Gary Stretch (le biker)
    Benicio del Toro (Lado)...
  • Scénario :Shane Salerno
    Don Winslow
    Oliver Stone
  • Adaptation :d'après le roman de Don Winslow
  • Producteur exécutif :Fernando Sulichin
    Shane Salerno
    Todd Arnow
  • Directeur de la photographie : Dan Mindel
    Matthew J. Lloyd (directeur de la photographie 2ème équipe)
  • Compositeur de la musique : Adam Peters
  • Monteur : Joe Hutshing
    Stuart Levy ...
  • Chef décorateur : Tomas Voth
  • Costumier : Cindy Evans (chef costumière)
    Daniel Grant North (superviseur costumes)

Production

  • Producteur :Moritz Borman
    Eric Kopeloff
    Evan Bates (producteur associé)
  • Production :Relativity Media
    Moritz Borman
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Producteur exécutif :Fernando Sulichin
    Shane Salerno
    Todd Arnow
  • Assistant de production :Todd Arnow
    Eric Kopeloff (administrateurs de production)

Fiche artistique

  • Réalisateur :Oliver Stone
  • Scénario :Shane Salerno
    Don Winslow
    Oliver Stone
  • Adaptation :d'après le roman de Don Winslow
  • Scripte :Rebecca Robertson-Szwaja (superviseuse script)
  • Interprètes :Blake Lively (0)
    Taylor Kitsch (Chon)
    Aaron Taylor-Johnson (Ben)
    Jana Banker (la fille jouant au volleyball)
    Candra Docherty (la fille de la serre)
    Patrick Fourmy (le distributeur de marijuana)
    Gary Stretch (le biker)
    Benicio del Toro (Lado)
    Diego Catano (Esteban)
    Shea Whigham (Chad)
    Karishma Ahluwalia (la copine de Chad)
    Joaquin Cosio (El Azul)
    John Travolta (Dennis)
    Jonathan Carr (Valet)
    Demian Bicher (Alex)
    Antonio Jaramillo (Jaime)
    Salma Hayek (Elena)
    Jake Mclaughlin (Doc)
    Alexander Wraith (Sam)
    Anthony Cutolo (Billy)
    Emile Hirsch (Spin)
    Kurt Collins (Waiter)
    Amber Dixon (Sophia / la fille du cartel)
    Leonard Roberts (Hayes / le garde du corps de 0)
    Joel David Moore (Craig)
    Ali Wong (Claire)
    Sala Baker (le policier à moto)
    Sandra Echeverria (Magda)
    Tara Stone (la femme au centre commercial)
    Matthew Saldivar (le technicien du cartel)
    Sean Stone (Eric / cultivateur de marijuana)
    Wilfredo Lopez (l'homme du cartel au centre commercial)
    Marco Morales (l'homme du cartel)
    Lucinda Serrano (Myrna)
    Charlie Haugk (l'agent de la DEA)
    Sam Medina (le passager)
    Ben Bray (le membre du cartel)
    Gonzalo Mendez (Hernando)
    Maya Merker (la domestique d'Elena)
    Donnabella Mortel (le reporter TV)
    Trevor Donovan (Matt / le petit copain de Magda)
    Leana Chavez (Gloria / la copine mexicaine)
    Gillian Zinser (la fille à la plage)
    Florine Deplazes (la fille à la plage)
    Kaj Mollenhauer (Sarah / Fille de Dennis 1)
    Lexi Jourden (Hannah / Fille de Dennis 2)
    Charles Ingram (le sniper du cartel)
    Akima Castaneda (le chef indien)
    Dennis Garcia (le policier)
    Eddie Follis (un agent de la DEA)
    Holly Follis (un agent de la DEA)
    Mia Maestro (Dolores)
    Schae Harrison (la femme de Dennis)

Fiche technique

  • Directeur de la photo :Dan Mindel
    Matthew J. Lloyd (directeur de la photographie 2ème équipe)
  • Directeur artistique :Lisa Vasconcellos
  • Compositeur de la musique :Adam Peters
  • Ingénieur du son :Tod Maitland (ingénieur du son plateau)
  • Effets spéciaux :Mark Byers (superviseur effets spéciaux)
  • Monteur :Joe Hutshing
    Stuart Levy
    Alex Marquez
  • Chef décorateur :Tomas Voth
  • Costumier :Cindy Evans (chef costumière)
    Daniel Grant North (superviseur costumes)
  • Monteur son :Wylie Stateman
    Renee Tondelli (superviseurs montage son)
  • Maquilleur :Bill Corso
  • Casting :Sarah Halley Finn
  • Régisseur :Richard Schuler
    Stephen Mapel
    Robert Foulkes
  • Chef machiniste :Charley Gilleran
  • Assistant réalisateur :Donald Murphy (1er assistant réalisateur)
    Peter Dress (2ème assistant réalisateur)
  • Supervision post-production :Sheryl Benko
  • Producteur exécutif de la musique :Budd Carr
  • Superviseurs effets visuels :Paul Graff
    Christina Graff
  • Ensemblière :Nancy Nye
  • Mixeurs et réenregistrement :Mike Prestwood Smith
    Michael Keller
  • Cadreur caméra A :Philippe Carr-Forster
  • Cadreur caméra B :Chris Haarhoff
  • Chef électricien :Christopher Prampin
  • Chef coiffeuse :Mary L. Mastro
  • Coordinatrice construction :Karen Higgins
  • 1er assistant monteur :David Bilow
  • Storyboard :Dan Sweetman
  • Consultant DEA :Eddie Follis
  • Consultant sécurité informatique :Rafael R. Echemendia
  • Consultant botanique :Patrick Fourmy
  • Animaux fournis par :Boone's animals for Hollywood
  • Chef d'orchestre :Nick Glennie-Smith
  • Orchestrations :Bruce Fowler
  • Enregistrement et mixage musique :Alan Meyerson
  • Musique enregistrée chez :Eastwood Scoring Stage
  • Chants :Korinna Knoll
  • Effets visuels par :Crazy Horse Effects
  • Superviseur effets numériques :Luke Mcdonald
  • Coordinateur :Judy Webster
  • Maquillages spéciaux :KNB EFX Group
    Gregory Nicotero
    Howard Berger
  • Superviseur :Carey Jones
  • Equipe Splinter

    • Consultant équipe Splinter :Tao Ruspoli
    • 1ers assistants réalisateurs :Andrew Ward
      Taylor Phillips
    • 1er assistant caméra :David Edsall
    • Costumier :David Perrone
    • Electricien :John Tanzer
    • Machiniste :Greg Karamov
    • Coiffeuse :Mary Lampert
    • Maquilleuse :Randi Mavestrand
    • Coordination aérienne :John Burton
    • Directeurs de la photo prises de vues aériennes :David Nowell
      Mike Kelem

    Equipe Indonésie

    • Prestations de production :Commercials while-u-wait
    • Producteur délégué :Rene Kock
    • Electricien :Jeff Ferrero
    • Machiniste :Kelly Flood
    • Ingénieur du son :Andrew Paul Kunin
    • Département décors :Nadia Kock

     

    Résumé et notes

    • Durée : 130 minutes

    RÉSUMÉ

    Laguna Beach, Californie : Ben, botaniste bohème, Chon, ancien Navy Seal, et la belle O partagent tout. Ben et Chon sont à la tête d’un business florissant. Les graines ramenées par Chon de ses missions et le génie de Ben ont donné naissance au meilleur cannabis qui soit. Même s’il est officiellement produit pour des raisons thérapeutiques, ils en dealent partout avec la complicité de Dennis, un agent des stups. Leur affaire marche tellement bien qu’elle attire l’attention du cartel mexicain de Baja, dirigé d’une main de fer par Elena. Face à leur proposition d’«association », Chon est partisan de résister par la force, mais Ben préfère tout abandonner. Pour les contraindre à coopérer, le cartel kidnappe O. Elena a eu raison d’utiliser les liens très forts du trio, mais elle a aussi sous-estimé leur capacité à réagir… C’est le début d’une guerre entre l’organisation du crime dont le bras armé, Lado, ne fait aucun cadeau et le trio. Qu’il s’agisse de pouvoir, d’innocence, ou de la vie de ceux qu’ils aiment, tout le monde a quelque chose à perdre. D’après le synopsis publicitaire du film

    En savoir plus

    Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

    NOTES DE PRODUCTION

    Un projet atypique, de la page à l’écran SAVAGES, l’audacieux best-seller de Don Winslow, est paru en 2010. Alliant provocation, originalité et lyrisme, il a immédiatement captivé les lecteurs comme les critiques. Le romancier confie : «L’idée de ce roman m’est venue de manière inhabituelle. Un jour, assis à mon bureau et de mauvaise humeur, j’ai tapé les deux mots qui allaient inspirer le premier chapitre du livre. J’ai ensuite écrit quatorze pages d’une traite et les ai envoyées à Shane (le coscénariste et producteur exécutif Shane Salerno). Mon message disait : «Soit elles sont très bonnes, soit je suis complètement dingue.» Quelques minutes plus tard, je recevais un e-mail : «Laisse tomber tout ce que tu es en train de faire et finis ce livre tant que tu le tiens.» Le roman de Don Winslow – paru en France aux éditions du Masque – prouve que les règles sont faites pour être transgressées. Il a écrit plusieurs chapitres de SAVAGES sous la forme d’un scénario. Il explique : «J’essayais de dépasser les limites du genre criminel tel qu’il a été défini ces dernières années. Je me suis lâché et à certains moments, j’ai même pensé que ce serait plus intéressant à vivre sous la forme d’un film que sous celle d’un livre.» Shane Salerno, avec lequel l’auteur collabore depuis plus de treize ans, explique : «Je ne regrette pas d’avoir encouragé Don Winslow à focaliser son énergie pour revisiter un univers qu’il connaissait très bien. Il avait déjà écrit ce que bon nombre de gens considèrent comme une source d’information majeure sur le sujet avec "La Griffe du chien", qui raconte l’histoire de la lutte contre la drogue sur plus de trente ans, depuis la création de la DEA, l'agence anti-drogue américaine, jusqu’à 2005. Il a passé six mois à faire des recherches au Mexique, au Texas et en Californie. C’est un domaine dans lequel il s’est fait une réputation et c’est un univers qu’il connaît parfaitement. Avec SAVAGES, il avait prédit que le trafic allait passer des cartels mexicains à la Californie. Il est toujours intéressant de voir la réalité se mettre à ressembler à nos pires craintes…» Le livre a non seulement été bien accueilli à sa sortie – Stephen King a qualifié ce drame sexy et bourré d’action de «"BUTCH CASSIDY ET LE KID" avec des armes automatiques» – mais il a également très vite intéressé le cinéma. Shane Salerno commente : «La voie traditionnelle pour les livres, comme ce fut le cas des précédents romans de Don, est de les vendre à un studio. Nous avons pris la décision d’opérer différemment cette fois-ci et avons cédé une option directement à Oliver Stone. Nous avions le sentiment que cette histoire à part nécessitait un traitement spécial. Nous espérions qu’Oliver comprendrait l’esprit du livre et que nous écririons le scénario ensemble. Entre le moment où le script a été vendu et le début du tournage, il s’est écoulé environ trois mois : du jamais vu !» SAVAGES mêle, entre autres, politique et trafic de marijuana, des sujets qui intéressent le scénariste et réalisateur depuis longtemps. Celui-ci commente : «J’ai trouvé le livre très réussi. Il parle de pouvoir, de trahison, d’argent, et nous questionne sur les valeurs contemporaines.» Shane Salerno, Don Winslow et Oliver Stone ont alors adapté le roman. SAVAGES aborde de nombreux thèmes de prédilection du réalisateur : les luttes de pouvoir à tous les échelons, les limites de la loyauté, l’examen du meilleur et du pire dans la nature humaine, l’exploration des relations familiales complexes et celle de l’héroïsme fascinant dont certains font preuve dans l’adversité. Le producteur Moritz Borman, collaborateur régulier d’Oliver Stone, déclare : «Il est naturel de vouloir faire des parallèles entre SAVAGES et les précédents films d’Oliver Stone, mais il n’est pas du genre à se répéter. Ici, le style et le message sont différents. L’histoire elle-même est différente mais on y retrouve l’intensité de ses précédents longs métrages. Oliver a toujours eu quelque chose à dire et c’est ce qui fait que ses films marquent les esprits et résistent à l’épreuve du temps.» Le producteur Eric Kopeloff remarque : «Oliver Stone s’intéresse autant aux personnages qu’au contexte géopolitique. Ce qui l’enthousiasme dans le fait de réaliser un film, c’est de trouver une histoire qui embarque le public en même temps que les personnages. Oliver est quelqu’un qui essaye sans arrêt, il ne cesse jamais de tenter des choses différentes pour faire évoluer le cinéma.» Prêt à tout : Le casting Depuis Tom Cruise dans NÉ UN 4 JUILLET jusqu’à Woody Harrelson dans TUEURS NÉS, en passant par Michael Douglas dans WALL STREET et Val Kilmer dans LES DOORS, Oliver Stone obtient de ses acteurs des prestations exceptionnelles. Le style d’Oliver Stone, fin observateur qui met son approche particulière – voire provocatrice – au service de l’interprétation et de l’histoire, est qualifié par les acteurs et l’équipe du film de «difficile mais juste». Pour le réalisateur, il était essentiel de sélectionner des acteurs qui puissent adopter le caractère kaléidoscopique des personnages de ce thriller. En effet, SAVAGES est interprété par une distribution très nombreuse dont les histoires combinées conduisent à un climat explosif. De plus, la lutte entre le cartel de Baja et le trio formé par Ben, Chon et O révèle des motivations émotionnelles complexes et des fragilités chez chacun des personnages. O n’est pas simplement une jolie écervelée et Chon pas uniquement un tueur implacable. Ironiquement, lorsqu’il est poussé à bout, Ben le pacifiste est capable de faire preuve d’une extrême violence. Elena, malgré tout son pouvoir et son contrôle, se révèle maternelle et solitaire. Le brutal et méthodique Lado vit dans la crainte de sa patronne, tandis que Dennis, malgré tous ses coups tordus, est en fait très loyal envers sa famille. Assez tôt dans le processus du casting, Taylor Kitsch a attiré l’attention d’Oliver Stone. Lorsque le réalisateur l’a contacté pour le rôle de Chon, Taylor Kitsch a réagi exactement comme l’aurait fait son personnage. Il se souvient : «J’avais lu le livre avant que l’on annonce qu’Oliver était intéressé par son adaptation : lorsque je l’ai appris, je me suis dit que je serais prêt à tuer pour jouer ce mec.» Tueur expérimenté et ex-membre des Seals, les forces spéciales de la Navy, Chon met toutes ses compétences au service de la défense acharnée de ceux qu’il aime le plus au monde, O et Ben. Taylor Kitsch explique : «Pour Chon, la drogue est la réponse rationnelle à la folie. Chon est un type désabusé. Il a vu tellement d’horreurs en Afghanistan que sa première réaction est toujours d’avoir recours à la violence. Mais il est différent lorsqu’il est avec Ben et O. Il peut baisser sa garde avec eux, voire même rire et blaguer, ce qui est rare pour lui. Son vrai but dans la vie est de protéger Ben et O, et il est prêt à tuer pour ça.» L’acteur observe : «Oliver est de la vieille école. Seul le travail compte pour lui. J’adore le temps qu’il prend pour discuter d’une scène et l’affiner. C’est rassurant. Oliver remarque toutes vos nuances de jeu. Il vous demandera de les justifier, ce qui vous pousse encore davantage à vous préparer. Lorsque vous vous trompez, et cela arrive à tout le monde, il ne se gêne pas pour vous le faire savoir. Mais il n’oublie pas non plus de vous dire lorsque la prise est géniale. Avec lui, on est toujours sur le qui-vive et l’interprétation n’en est que meilleure.» Blake Lively interprète la magnifique et chaleureuse O – un esprit libre qui, lorsqu’elle est kidnappée, prouve qu’elle possède autant de cran et de détermination que le cartel de Baja. Oliver Stone : «Blake est une actrice impressionnante. Elle n’avait que 23 ans lors du tournage. Elle a beaucoup apporté à son personnage. Blake apparaît souvent dans le film sous une lumière peu flatteuse mais elle n’a jamais reculé.» Blake Lively est aussi la voix de SAVAGES, car c’est O qui raconte l’histoire. Oliver Stone : «L’idée que O raconte le film vient du livre, dans lequel elle narre l’histoire au lecteur. Dans la mesure où le livre compte plus de cent scènes et de nombreux personnages – bien plus que l’on ne peut se le permettre dans un film – nous avons réduit le nombre d’informations tout en ayant quand même recours à la voix off pour rendre le tout compréhensible.» Blake Lively : «J’ai apprécié que O soit celle qui relie tous les personnages. Le tournage a été intense, tumultueux et éprouvant. C’était extraordinaire parce que j’ai pu exister dans l’univers de chaque personnage : O a une relation privilégiée avec chacun des garçons à Laguna, puis elle est torturée et emprisonnée dans une cage et enfin envoyée à Tijuana. C’est un grand défi de vivre autant de choses dans un film – je suis passée du bonheur complet à la douleur absolue.» L’actrice, née en Californie du Sud, commente : «J’ai été fascinée par l’histoire de cette famille hors de toute convention et par la manière dont ces trois personnes s’aiment avec tant de force. Selon moi, l’une des raisons principales pour lesquelles Ben, Chon et O sont ensemble, c’est qu’ils forment une famille. Aucun d’entre eux n’a eu de véritable foyer. Ils n’ont pas eu de modèle, personne n’a été présent dans les épreuves de leur vie. Ensemble, ils arrivent à se guérir de cela.» Aaron Taylor-Johnson incarne Ben, l’autre amant d’O et le complice de Chon. Ben est un pacifiste plongé contre sa volonté dans un conflit violent avec le cartel. L’acteur a été l’un des premiers choisis par Oliver Stone… même si ni l’un ni l’autre n’était alors certain du rôle qu’il interpréterait. Le réalisateur se souvient : «Lorsque j’ai rencontré Aaron à Londres, je l’ai trouvé original et moderne. Je lui ai dit : “Vous êtes parfait pour ce film. Je ne sais pas quel rôle je veux que vous jouiez, mais s’il vous plaît, attendez.” Et il l’a fait.» Ben, sans doute plus que tous les autres personnages, doit découvrir et accepter le sauvage qui sommeille au fond de lui – une épreuve pour ce pacifiste auto-proclamé. Aaron Taylor-Johnson : «C’est pour Oliver Stone que j’ai accepté de faire le film, quel que soit le rôle que j’allais y jouer. Lorsque j’ai appris que ce serait Ben, j’étais aux anges. Oliver est l’un de mes héros. C’est un scénariste et un cinéaste fantastique, il est incroyablement doué pour assembler les ingrédients d’une histoire de manière originale. Faire partie de ce puzzle était formidable. Je n’avais jamais joué un rôle comparable à celui-ci, mais j’avais totalement confiance en Oliver : il est vraiment exigeant. Il vous pousse à faire de votre mieux, à vous dépasser. Pour un rôle comme celui de Ben, où les émotions succèdent aux scènes d’action, Oliver m’a aidé à trouver l’équilibre et la force nécessaires.» Oliver Stone a bâti la suite du casting en fonction des trois personnages principaux. Parmi ces acteurs figurent John Travolta qui incarne Dennis, l’agent corrompu de la DEA, Salma Hayek dans le rôle de l’impitoyable Elena, «reine» du cartel de Baja et Benicio Del Toro qui interprète Lado, le redoutable homme de main d’Elena. Dennis, agent affable et manipulateur de la DEA, joue un double jeu. C’est John Travolta qui endosse le rôle de l’agent qui a oublié la mission de son agence depuis bien longtemps. Oliver Stone : «John était mon premier choix pour Dennis. Je souhaitais travailler avec lui depuis longtemps. Lui seul a le talent requis pour jouer l’ambivalence débonnaire de cet agent double de la DEA.» C’est autant l’histoire que ce rôle en particulier qui ont séduit John Travolta. L’acteur raconte : «Dans tous ses aspects, le scénario m’a plu. J’ai eu envie de faire partie du projet. Oliver m’a très vite mis en confiance, d’autant que dans un second rôle comme celui de Dennis – qui relie les pièces du puzzle entre elles – il était important de se sentir à l’aise. Oliver avait une vision globale bien précise du film. Je le savais lorsque j’ai accepté le rôle. SAVAGES, c’est du pur Oliver Stone.» Avec deux filles en bas âge et une femme en train de mourir, les choix de Dennis sont dictés par ses problèmes. John Travolta observe : «Je me suis demandé ce que je pouvais faire pour que l’on comprenne ce type car il se fait sournoisement rémunérer à la fois par le gouvernement américain et par le cartel. Il cherche un moyen de justifier tout ce qui lui arrive de mauvais dans sa vie. Comme les autres personnages, il est vulnérable et il y a en lui une certaine dualité. Alors oui, il agit mal mais c’est un être humain sensible, jusqu’à un certain point.» La plus grosse prise que Dennis pourrait livrer à ses supérieurs est Elena Sanchez, la chef du cartel de Baja qui «négocie» avec Ben et Chon pour reprendre leur affaire. Salma Hayek : «On pense rarement à moi pour un rôle comme celui d’Elena. C’est une femme qui commandite le kidnapping de O avant de se laisser attendrir par celle qui pourrait être sa fille. On ne me propose pas souvent des rôles de méchante, je me suis donc beaucoup amusée à jouer Elena. Elle est forte et vit dans un univers épouvantable et violent : ce sont habituellement des hommes qui occupent son poste. Cependant, Elena sait s’y prendre. Il y a quelque chose d’intimidant chez elle, elle dégage une impressionnante noblesse. Elle est d’ailleurs surnommée «la Reina». Elle se doit d’avoir de la prestance, elle doit inspirer la peur et le respect. Sans quoi elle serait incapable de mener le cartel.» L’actrice explique : «La faille d’Elena, c’est la distance affective et géographique qui existe entre elle et sa fille. Lorsque O entre dans sa vie, Elena est touchée et fragilisée émotionnellement. O est un nouveau rayon de soleil, bien que les circonstances qui les rassemblent ne soient pas idéales. À travers ce contact, l’implacable Elena laisse entrevoir qu’elle n’a pas encore complètement perdu son humanité. Trouver cela chez un personnage est formidable.» Salma Hayek précise : «L’aspect politique de l’histoire m’a également séduite. Je suis mexicaine. J’ai vécu différents aspects de l’histoire d’Elena. Cela fait partie de la vie de mon pays, mais ce n’est pas uniquement un problème mexicain. C’est un problème que nous partageons : l’Amérique et le Mexique sont partenaires dans ce trafic. L’un des pays vend, l’autre achète, et cela échappe aux deux gouvernements.» Durant les répétitions, Oliver Stone a mis le courage de Salma Hayek à l’épreuve. Mais les craintes selon lesquelles l’actrice ne serait «pas assez endurcie» ont rapidement été balayées. Le réalisateur, généralement économe sur le nombre de prises qu’il demande à ses acteurs, a demandé à l’actrice de répéter un nombre incalculable de fois une séquence cruciale dans laquelle Elena s’en prend verbalement violemment à Lado et Alex. Elle fustige ses hommes dans un déchaînement de menaces mélangeant anglais et espagnol. Salma Hayek a livré une telle prestation qu’à la fin de la séquence, l’actrice ressentait profondément la rage et la confusion d’Elena. alma Hayek : «J’ai été heureuse de faire SAVAGES car j’ai toujours voulu travailler avec Oliver. Mais je suis un peu triste aussi : maintenant que l’un de mes rêves s’est réalisé, je dois lui dire adieu…» Homme de main d’Elena aux États-Unis, Lado dirige les affaires du cartel de Baja en Californie du Sud. Il est de plus en plus mécontent face aux exigences de sa patronne, et utilise ses méthodes brutales pour s’installer à son compte. Pour interpréter ce psychopathe qui tire dans les genoux de ses détracteurs, exécute ses alliés et fouette implacablement l’un de ses employés pour lui soutirer de faux aveux, Benicio Del Toro a dû faire appel à ses plus sombres instincts : «Lorsque l’on entend le récit de personnes qui ont réellement vécu ces situations ou qui ont été victimes du trafic de drogue, lorsque l’on écoute les gens des deux parties cela apporte du poids à l’histoire et aide tout le monde à rester concentré. Oliver est un coach qui entraîne pour gagner. Il observe et écoute chaque match, son cerveau capte tout. Il connaît les scènes par cœur. Il bouscule ses acteurs. Il les met en colère puis les bouscule à nouveau. On a le sang qui se met vraiment à bouillonner et c’est à ce moment qu’il nous sourit. Et puis on joue la scène, on ne sait pas très bien ce qu’on fait, mais lorsque l’on se rend compte que ça fonctionne, on comprend pourquoi on a voulu travailler avec Oliver Stone.» Benicio Del Toro et Salma Hayek ont naturellement partagé plusieurs scènes magistrales. Bien que l’acteur fasse environ 30 centimètres et 45 kilos de plus que sa partenaire, c’est sans aucun doute elle qui a mené la barque. Oliver Stone: «J’ai rencontré Salma il y a plusieurs années, je connaissais sa personnalité et je savais qu’elle avait ce qu’il fallait pour incarner une baronne de la drogue. J’ai adoré voir Benicio s’écraser devant elle, car son personnage n’a peur de personne en dehors d’Elena. Il a beaucoup apporté à son personnage. Lado est un monstre, mais Benicio en a fait un monstre à visage humain.» Salma Hayek confie : «C’était tellement drôle d’être la patronne ! J’ai adoré voir ces gros durs travailler pour moi et exécuter mes ordres. Avoir de gros machos tels que Benicio Del Toro et Demián Bichir à son service, c’est le rêve de toutes les filles !» Plusieurs autres acteurs renommés ont rejoint la distribution de SAVAGES dans des rôles secondaires, notamment Emile Hirsch, dans le rôle de Spin, un petit génie de l’informatique et Demián Bichir qui incarne Alex, l’avocat du cartel et négociateur en chef. Demián Bichir, qui connaît bien Benicio Del Toro et Salma Hayek, a partagé la plupart de ses scènes avec le duo. Demián Bichir : «Ce tournage était comme un grand match. J’adore jouer au tennis et lorsque l’on joue face à un bon joueur, on n’en est que meilleur. C’est de cette façon que j’ai ressenti mon travail avec Benicio. C’est un acteur fantastique. Lado et Alex sont très différents. Alex est élégant, bien habillé, alors que Lado est primaire et brutal. Salma est magnifique. Cela faisait des années que je ne l’avais pas vue, mais je la trouve de plus en plus impressionnante. Elle a beaucoup de grâce et d’assurance.» Demián Bichir : «Oliver est le chef d’une troupe dont nous sommes les membres. Comme tout bon commandant, il est dur avec ses troupes car ce qu’elles devront affronter au combat sera difficile. Elles doivent être prêtes à tout et c’est dans cette optique qu’il nous prépare et nous accompagne.» Emile Hirsch, qui incarne Spin, un remarquable hacker engagé par Ben et Chon, s’est découvert un point commun avec le réalisateur : «Nous avons la même sensibilité comique et nous nous faisions beaucoup rire. Avec moi, il a été une sorte d’ours gentil. Il est vraiment cool et hyper perfectionniste.» À travers le rôle du spécialiste de la finance qui gère les fonds de Ben et Chon, Emile Hirsch devait assumer des dialogues hautement spécialisés. Il explique : «Oliver Stone m’a mis en confiance et m’a permis de jouer sans m’inquiéter du jargon. Je ne connais absolument rien aux subtilités du blanchiment d’argent. J’ai simplement appris mes répliques et étudié le contexte de la scène.» Les femmes de SAVAGES sont indépendantes, sexy, intelligentes et fascinantes. Les relations entre Elena, O et la fille d’Elena, Magda (interprétée par Sandra Echeverría), oscillent entre domination, affection et trahison. Le film a pour fil rouge une voix féminine forte, souvent perceptible à travers la narration d’O. Bien que Chon et Ben tentent de la sauver, O n’est pas pour autant une demoiselle en détresse. Chez les Sanchez, la mort fait partie du quotidien. Dans cette guerre de la drogue, Elena a déjà perdu son mari et deux fils. Elle a envoyé sa fille Magda à l’abri en Californie, et le réalisateur a voulu explorer l’effet que cela avait eu sur Elena. Élevée dans le giron du cartel, Magda ferme les yeux sur le fait que les activités de sa mère financent son mode de vie luxueux et insouciant. Oliver Stone : «La relation entre Elena et Magda est impitoyable. La fille ressemble à la mère de bien des façons mais Elena a plus de cœur. Elle fait un transfert affectif sur O. Lorsqu’elle la retient en otage, Elena adopte plus ou moins O. Cette dernière et sa mère n’ont plus de contacts, au début elle est donc attirée vers Elena à un certain niveau. Mais en fin de compte une lutte de pouvoir va s’installer entre ces deux femmes qui développent l’une pour l’autre une affection teintée de méfiance.» Salma Hayek a été surprise par le lien qui s’est instauré hors caméra entre elle et Blake Lively, et entre elle et Sandra Echeverría : «J’adore ces filles ! Blake est intelligente, drôle, professionnelle, pleine d’imagination et vraiment originale. Elle n’a jamais eu peur de dire ce qu’elle pensait. Dès le premier jour des répétitions, lorsqu’elle s’est mise à discuter de son personnage et de la structure du scénario, je me suis dit que nous allions pouvoir échanger. Nous avons commencé à travailler les scènes à notre rythme, et lorsqu’il a fallu les jouer, elle avait pris des notes sur tout ce que nous avions fait. Je lui ai fait totalement confiance. Je n’avais pas eu le plaisir de rencontrer Sandra avant ce film, mais je suis très heureuse d’avoir deux nouvelles amies.» À son tour, Sandra Echeverría déclare : «J’ai toujours respecté Salma. C’est une femme de caractère, séduisante et intelligente qui a réalisé ses rêves, et c’était fantastique de la voir canaliser tout cela dans son personnage. Maintenant que je la connais personnellement, je l’admire encore davantage. Elle a toujours énormément d’idées et de suggestions. Elle déborde d’énergie et de générosité. Elle a vraiment été une source d’inspiration pour moi.» En quête d’authenticité : Répétitions et recherches Avant le début du tournage, les acteurs ont répété pendant deux semaines, mais durant toute la durée des prises de vues, Oliver Stone a aussi eu recours à des répétitions. Ces exercices pouvaient durer des heures car le réalisateur et ses comédiens revoyaient de longues séquences prévues les jours suivants. Après avoir travaillé les moments physiques et émotionnels clés en privé, Oliver Stone invitait l’équipe à regarder le résultat, et prenait le rôle du narrateur. Il donnait ainsi une idée générale du travail qui attendait l’équipe. Ces répétitions étaient essentielles pour un film comprenant autant de personnages et de rebondissements que SAVAGES. Ce processus n’avait rien de nouveau pour le cinéaste : «J’ai toujours eu recours à ces répétitions. Les scènes de ce film étaient incroyablement complexes. Il y a cinq ou six personnages principaux, et les acteurs ont tous beaucoup apporté au scénario. Avant tout, il faut savoir où l’on va dans la scène et de quoi elle parle. Avec un peu de chance, on est d’accord, mais c’est lors des répétitions que tout se joue. Le planning de tournage réel est élaboré à partir de là. Si on ne s’est pas préparé, on se perd. Les questions doivent être résolues avant le tournage et ce processus permet de les faire surgir tant que l’on a encore le temps d’y répondre.» Le producteur Eric Kopeloff déclare : «Oliver adore l’expérience en soi. Certains réalisateurs veulent créer l’instant parfait, lui aime le voir évoluer. C’est ce qui rend ses tournages aussi intéressants : le dynamisme et la détermination qu’il apporte s’associent à cette dimension de découverte. Il sait quelle direction il veut suivre mais il l’explore avec les acteurs. Il a un véritable amour des personnages, de l’histoire et des dialogues. Il est très important à ses yeux que le ton et l’intention soient justes et que les acteurs sentent que cela sonne vrai. Il ne s’agit pas de lui et du scénario mais de la manière dont cela apparaîtra au bout du compte à l’écran.» L’une des répétitions les plus élaborées s’est déroulée au sommet d’une large mesa dans le parc de Vasquez Rocks au nord de Los Angeles, un site surnommé le «Desert Bowl» par la troupe d’acteurs. Oliver Stone, de nombreux acteurs principaux et la totalité de l’équipe technique du film y ont fait les repérages de la scène finale lyrique du film. La répétition a débuté sous la chaleur torride d’un milieu d’après-midi et s’est prolongée bien après que le soleil ait disparu derrière les montagnes. Oliver Stone : «Je savais que ce serait une répétition qui durerait longtemps car il s’agissait d’une scène très longue et très importante. Je l’ai réduite à six personnes, un désert, une confrontation et des tireurs embusqués autour. Ça avait la simplicité d’un western. Mais nous devions déterminer à quel moment intervenaient les tirs et tous les éléments du drame.» Oliver Stone est depuis longtemps partisan des conseillers techniques ; il les engage pour s’assurer que ses films soient aussi authentiques que possible. Le coordinateur de cascades Keith Woulard a été un membre essentiel de l’équipe du réalisateur. Oliver Stone : «Keith est un ancien membre des forces spéciales de la Navy, il a fait preuve d’une immense patience malgré les exigences du tournage.» Keith Woulard a trouvé un partenaire enthousiaste et compétent en la personne de Taylor Kitsch. Pour une scène particulièrement complexe, Chon devait jaillir de derrière un SUV et courir accroupi en zigzag à travers l’étendue aride de la mesa, fonçant tête baissée vers les cibles de Lado et Elena, et tirant à tout va. De multiples caméras étaient braquées sur lui. Taylor Kitsch était tellement en phase avec le personnage et sa mission qu’il a réussi la scène en une seule prise. Le fait qu’il soit un athlète complet et s’y connaisse en scènes de combat a été d’une grande aide. Taylor Kitsch : «Je me suis entraîné avec un Navy Seal avant de commencer le tournage. Il ne s’agissait pas uniquement d’apprendre à tirer avec des armes semi-automatiques. Il m’a raconté des histoires sur l’Irak et l’Afghanistan. Cette expérience m’a aidé à comprendre Chon. Vous pouvez croiser un membre des forces spéciales de la Navy dans la rue sans vous douter un instant de ce qu’ils font. Mais les voir dans leur élément, c’est autre chose. J’ai aussi la chance de pouvoir compter certains d’entre eux parmi mes amis aujourd’hui.» Pour guider les personnages de Spin et Dennis, Oliver Stone a fait appel à un trio unique : Ralph Echemendia, expert du piratage informatique ; Patrick Fourmy, spécialiste du cannabis, et Eddie Follis, un agent de la DEA récemment retraité. Pour Oliver Stone, documentariste de longue date, il fallait que le film possède une vraisemblance dans ces domaines, en particulier par rapport aux cultivateurs locaux de marijuana, et à l’influence des cartels mexicains. Il explique : «Nous traitons de la réalité brute du trafic de marijuana, et franchement, on a beaucoup de fausses informations sur le sujet. Pour SCARFACE, j’étais à cheval sur les détails. Je voulais savoir quel était le poids de la cocaïne, quelle quantité était acheminée par bateau, qui était derrière ce trafic… Ici, j’ai essayé d’avoir une approche aussi rigoureuse sur la marijuana mais les informations sont plus difficiles à trouver.» Oliver Stone poursuit : «C’est là qu’Eddie Follis, Patrick Fourmy et Don Winslow nous ont guidés. Grâce à eux et à mes propres recherches, je me suis familiarisé avec les particularismes du mouvement indépendant des cultivateurs de marijuana. Ce n’est pas un cartel : chacun fait pousser ses plants à sa façon.» La contribution de Ralph Echemendia aux scènes de blanchiment d’argent, de surveillance électronique ou informatique et de cyber-vol a permis au film d’être en phase avec son époque. Le conseiller explique : «Je suis ce qu’on appelle un «hacker éthique». Je suis spécialiste en cyber-sécurité, essentiellement en sécurité offensive – ce qui signifie en fait pirater un système informatique. Oliver voulait s’assurer que les scènes de piratage informatique étaient réalistes. Par exemple, de nos jours, les informations peuvent être stockées sur ce qui ressemble à de petites cartes de crédit, pas seulement sur des clés USB, nous avons donc ajouté cela – ainsi que de vrais logos et même les boissons énergétiques que nous buvons lorsque nous travaillons toute la nuit.» Les compétences d’Eddie Follis dans l’univers de la DEA l’ont conduit de l’Asie du Sud-Est au Moyen-Orient en passant par l’Amérique du Sud et Los Angeles, où il a travaillé comme agent spécial adjoint chargé des opérations d’écoute, des gangs et des procédures générales contre les membres des cartels. Comme il le dit : «En gros j’étais Dennis, la corruption en moins.» Il a travaillé en étroite collaboration avec Oliver Stone et John Travolta pour s’assurer de la crédibilité de l’agent véreux de la DEA. L’ancien agent spécial se souvient de son expérience : «J’ai rencontré John Travolta à Dallas quatre soirs de suite. C’est un parfait gentleman. Il avait une très grande capacité à intégrer les informations sur chaque sujet – même la manière de se déplacer, d’imposer son autorité rien qu’avec le langage du corps. Il voulait tout savoir. Il a posé toutes les questions précises qui l’aideraient à se comporter dans les univers variés dans lesquels Dennis évolue. C’est un monde fourbe et trouble, et il en a parfaitement maîtrisé les codes.» John Travolta : «Je l’ai assommé de questions ! Eddie est une version positive de Dennis. Je voulais savoir ce que l’on ressent quand on apprend à connaître quelqu’un que l’on va trahir quelques mois ou quelques années plus tard. Il m’a dit que c’était difficile pour lui car il s’attachait à ces gens et qu’il savait dès le départ qu’ils ne réaliseraient jamais que c’était lui qui les avait neutralisés. Travailler sous couverture exige une implication totale. C’est crucial. Et très dur. C’était fascinant : jusqu’où doit-on aller en tant qu’acteur pour tromper tout le monde ? Il s’avère qu’il faut aller très loin car c’est votre vie qui est en jeu. Le gouvernement est en jeu. Tout est en jeu.» Eddie Follis a également rassemblé un groupe d’anciens membres des cartels afin que les acteurs puissent échanger avec eux. Pour Aaron Taylor-Johnson, dont le personnage est sans doute le plus rompu à tous les aspects du trafic de la marijuana, depuis le côté humain et altruiste jusqu’à l’aspect plus féroce et brutal, cela a été très enrichissant. L’acteur anglais a reçu un cours intensif sur la culture et la politique du trafic de marijuana américain. Il explique : «Nous avons bénéficié de l’aide d’une équipe fantastique depuis la pré-production jusqu’au tournage. Dès le début, Eddie nous a présenté d’anciens membres des cartels et de la mafia colombienne. Les écouter était génial et un peu terrifiant ! Oliver souhaitait que nous soyons aussi préparés que possible pour que notre jeu ait l’air naturel.» « On ne peut pas tourner là-bas » : Décors et lieux de tournage SAVAGES débute comme un rêve californien idyllique, mais au fur et à mesure que le film avance, le paradis se transforme en enfer. Le chef décorateur Tomás Voth déclare : «Oliver s’enthousiasmait pour les idées même les plus extrêmes. Dans un film comme celui-ci, nous ne sommes pas sur une réalité documentaire. Dès le début, nous nous sommes mis d’accord sur le fait que le film était empreint d’ambivalence : qui sont les sauvages du titre ? Tout le monde peut en devenir un. Par ailleurs, la Californie est un mélange complexe d’Américains et de Mexicains. Il existe peut-être une frontière, mais les populations sont tellement imbriquées les unes dans les autres qu’on ne la remarque pratiquement pas. Il fallait que cela transparaisse à l’écran, nous avons donc utilisé des couleurs vives et éclatantes. Nous voulions quelque chose de net, de tranchant, et nous ne souhaitions pas que le film soit monochrome. Cela m’a donné la liberté de faire des choses plus originales que d’habitude.» Le tournage de SAVAGES a débuté à Malibu, dans une maison au bord de la mer avant de s’installer ensuite à Pyramid Dam dans les montagnes au nord de Los Angeles, à Dana Point et Laguna Beach au sud, puis dans les banlieues de la vallée de San Fernando et de Pacific Palisades et enfin au centre-ville de Los Angeles. Tomás Voth raconte : «Les lieux de tournage ont joué un rôle important. Oliver et moi avons été inspirés par leur configuration. Il se mettait à imaginer la scène en fonction de l’agencement de la maison ou de la topographie du paysage. L’aménagement de l’espace a affecté la dynamique de chaque scène.» Eric Kopeloff ajoute : «Si nous devions construire des décors, nous nous efforcions de le faire dans des décors naturels. Nous avons tourné une journée en plateau car nous voulions intégrer quatre lieux différents dans la scène et c’était la seule manière de le faire. Mais 95% de nos décors existent vraiment et ressemblent autant que possible aux descriptions qui en étaient faites dans le scénario. Ainsi, par la fenêtre, on voit véritablement l’océan et le coucher de soleil. On se bat contre les éléments mais, lorsqu’on tourne ce plan et que l’on voit les oiseaux voler, c’est magique… et ça nourrit les acteurs.» L’équipe a tourné durant une semaine à Laguna Beach et Dana Point. Le producteur explique : «Notre projet était de tourner un tiers du film à Orange County et les deux tiers restants à Los Angeles. Il fallait que nous tournions le film au printemps et en été à cause de la météo et de la lumière que nous voulions obtenir. Mais nous avons dû faire face à beaucoup d’obstacles, certaines municipalités n’étaient pas ravies à l’idée que nous tournions chez elles à cause du sujet du film. Et puis nous avons rencontré des problèmes logistiques. L’été est la saison touristique à Laguna, il a donc fallu se faire discrets jusqu’au weekend du Labor Day. Nous y avons passé une semaine pour déterminer l’aspect visuel du film puis nous y sommes retournés après ce week-end-là pour tourner les scènes sur la plage avec les acteurs.» La cour des riches Le tournage a débuté à Malibu, qui figure Laguna. Le producteur Moritz Borman explique : «Oliver aime tourner en respectant autant que possible la chronologie afin que les acteurs puissent évoluer. C’est une bonne manière de fonctionner si l’on peut se le permettre du point de vue logistique.» Durant environ deux semaines, les acteurs et l’équipe se sont installés dans une maison de 325 mètres carrés appartenant à un ancien joueur de baseball, avec une spectaculaire vue sur l’océan Pacifique. Tomás Voth lui a donné un aspect zen et rock à l’aide de tapisseries indiennes colorées. De petits autels consacrés à divers dieux hindous qui côtoient les couleurs primaires de tableaux éclatants. Il a, bien entendu, également ajouté l’attirail nécessaire à un cultivateur – et consommateur – de marijuana. Le chef décorateur a par ailleurs dû recréer une portion du Mexique en Californie, en particulier la villa d’Elena. Sa maison, l’une des nombreuses qu’elle possède, devait refléter son pouvoir, sa richesse et son isolement. L’équipe du film a déniché une remarquable propriété baptisée Hummingbird Nest Ranch dans les montagnes de Santa Susana. Avec son architecture et sa décoration de style espagnol, elle ressemble à s’y méprendre à une grande hacienda mexicaine, avec des écuries, des fontaines, une piscine, une immense baie vitrée et une gigantesque chambre à coucher royale. Le Hummingbird Nest Ranch peut recevoir jusqu’à 5 000 personnes, pourtant Elena et ses sbires en sont les seuls occupants. La propriété représente, en réalité, une prison dorée. Malgré tout son argent et tout son pouvoir, Elena est seule et c’est ce que l’équipe a voulu montrer à travers sa villa. Tomás Voth : «Le fait qu’elle soit «la reine du cartel», qu’elle ait survécu, persévéré et réussi en dit beaucoup sur son ambition. Nous voulions que son domicile illustre cette notion, et montre ce qu’elle a dû abandonner pour en arriver là. Nous sommes donc partis du personnage pour concevoir la villa. Je voulais qu’elle soit élégante et imposante, mais qu’elle donne également un aperçu de ce que c’est d’avoir réussi et d’être complètement seul. Heureusement, nous sommes tombés sur un lieu fantastique à Simi Valley qui ressemble à Tijuana et cela a satisfait tous nos désirs.» Les créations du chef décorateur ont permis à Salma Hayek de comprendre son personnage bien avant que les caméras ne tournent. L’actrice raconte : «Tomás m’a gentiment fabriqué d’immenses tableaux de chacune des propriétés d’Elena que je conservais dans ma chambre et qui m’ont aidée à comprendre cette femme. Mon mari les a vues et m’a demandé si nous avions l’intention d’acheter une nouvelle maison. Je lui ai répondu : «Non, ne t’inquiète pas, elles sont déjà à moi !» Une pépinière originale Les recherches d’Oliver Stone et Tomás Voth pour créer le commerce de Ben et Chon les ont conduits à visiter de véritables plantations de cannabis dans la région de Los Angeles. Le chef décorateur raconte : «Il y en a partout, depuis la vallée de San Fernando jusqu’au centre-ville de Los Angeles, mais ce sont simplement des plantes qui poussent sous des lampes. Si on ne sait pas qu’il s’agit de marijuana, elles n’ont rien de particulier. J’ai commencé à me demander comment nous allions pouvoir rendre une plantation intéressante sur le plan cinématographique. J’ai repensé à une idée que j’avais eue : utiliser une maison ordinaire. Nous avons donc déniché une superbe maison des années 1960 à Pacific Palisades avec une cour couverte et la piscine idéale.» Cette maison est perchée au sommet d’une étroite colline sinueuse, et son vaste jardin domine les Topanga Mountains et l’océan. Bien que ce lieu ait représenté un défi en matière d’acheminement de véhicules et de matériel, c’était l’endroit idéal où installer une plantation de cannabis haut de gamme. Les accessoires et éléments de décoration nécessaires à cette scène étaient spécifiques à l’activité de Ben et Chon : des bocaux de cannabis, des centrifugeuses, un spectromètre de masse, un système de goutte à goutte, des lampes chauffantes, et bien sûr, la pièce de résistance, une piscine intérieure remplie d’innombrables plants de cannabis factices. Remplir cet espace de plants de cannabis a représenté un autre défi majeur pour Tomás Voth et son équipe. Le chef décorateur explique : «Pour des raisons légales, il nous était interdit d’utiliser de vrais plants de cannabis. Nous avons passé des mois à faire en sorte que les fausses plantes ressemblent aux vraies pour les plans larges. Mais lorsqu’on travaille avec du plastique et de la soie, il est parfois difficile d’obtenir un résultat convaincant. Pour les plans plus serrés, après d’autres recherches, nous avons opté pour une combinaison de plusieurs matériaux. Je ne conseille à personne de les fumer.» Les plantes étaient si réalistes qu’elles ont dupé les acteurs et l’équipe. La directrice artistique Lisa Vasconcellos raconte : «Voir les gens arriver sur le tournage convaincus qu’ils s’agissait de vrais plants était rassurant. Il leur fallait s’approcher très près pour se rendre compte qu’il s’agissait de copies. Cela nous a permis de déterminer comment filmer nos plantes.» Prières à la Santa Muerte Outre Elena, Lado obéit à une autre sinistre patronne : la Santa Muerte, déesse de la mort. La mission de Lado est de développer les affaires du cartel de Baja en Amérique du Nord et de consolider le pouvoir de la Reina en semant la terreur. Il opère sous la couverture d’une société d’aménagement paysager ordinaire. Mais lorsque son équipe débarque dans son camion cabossé plein à craquer d’armes mortelles, ce ne sont pas les palmiers qu’ils ont l’intention d’élaguer. Il a baptisé sa société “La Guadaña” (”La faux”), et une immense faucille – ainsi que des tronçonneuses et des haches – se dresse à l’arrière de la cabine du camion. Sur le tableau de bord se trouve une statuette de la sinistre Santa Muerte. Le phénomène magnifique, bien qu’inquiétant, de la Santa Muerte est décrit comme le culte de la Sainte Mort au Mexique. Tomás Voth : «Il s’agit également d’une réinterprétation plus sombre du culte que vouent les Mexicains à l’une des icônes religieuses les plus vénérées du pays. Ils ont remplacé la Vierge de Guadalupe par un squelette, et c’est lui qu’ils prient et à qui ils demandent des faveurs. C’est un mélange de traditions mexicaines du Jour des Morts, de catholicisme et d’occultisme caribéen. Les croyants s’adressent à elle pour les protéger, mais aussi pour leur apporter la prospérité et faire en sorte que leurs balles atteignent leurs cibles. J’ai pensé que cela représentait parfaitement Lado et tout ce qu’il incarne. Son camion est la manifestation physique de la Santa Muerte. Je l’ai rempli de tout ce qui a une forme aiguisée ou pointue. Au lieu de placer les tronçonneuses à l’intérieur, je les ai installées à l’extérieur de manière à ce qu’elles se découpent comme une silhouette. Je voulais qu’on se dise immédiatement que si ce camion se trouve dans notre allée, on a intérêt à se mettre à prier parce que la fin est proche.» Il y a quelque chose d’outré chez Lado, et c’est dans l’entrepôt du centre-ville qui lui sert de salle de torture que l’expression de son côté macabre est la plus évidente. Dans les entrailles d’un sous-sol nauséabond, il inflige toutes sortes de supplices à ses victimes. L’homme de main d’Elena est un Monsieur Loyal funèbre. Tomás Voth : «J’ai dû aller très loin pour créer ce décor. Dans le scénario, il n’est fait mention que d’un entrepôt mais nous avons pensé qu’il fallait que ce soit plus que cela. C’est un lieu où ils torturent et tuent des gens de manière abominable. C’est pourquoi je voulais que cela ressemble à une fosse, qu’il n’y ait aucune échappatoire. C’est comme une arène romaine : les gens peuvent observer d’en haut ou depuis les côtés, tel le public qui regardait les chrétiens jetés aux lions.» Oliver Stone a suggéré que les hommes de Lado installent une petite distillerie de tequila illégale sur le site. Tomás Voth : «Nous nous sommes dit que ça pourrait être le repaire de Lado et de ses hommes, un endroit où ils cuisinent, regardent la télé et ramènent des femmes de mauvaise vie, même si les sols et les murs sont maculés de sang à cause de tous les meurtres qu’ils y ont perpétrés. C’est devenu un lieu tout droit sorti de l’Enfer de Dante. Après trois jours – deux jours de préparation et le premier jour de tournage – il fallait que je sorte. Ma tête allait exploser.» Fusillade finale L’un des lieux de tournage les plus difficiles pour l’équipe a été Pyramid Dam, à l’extrémité de la branche ouest de l’aqueduc de Californie, au nord du comté de Los Angeles. Les collines et les vallées voisines du barrage ont été le théâtre des trois jours du tournage de l’embuscade incendiaire que l’équipe de Ben et Chon organisent contre le cartel. L’équipe du film a été la première à être autorisée à tourner aussi près du barrage et à réaliser d’importantes cascades et effets pyrotechniques pendant la saison où le risque d’incendies est le plus élevé. Ces séquences ont été tournées en août, et dès le deuxième jour, les températures ont dépassé les 35°C. Oliver Stone se souvient : «Les panoramas étaient incroyables là-bas mais nous devions travailler à un rythme soutenu et dans des conditions vraiment difficiles. Ça a été dur mais tout le monde s’est mobilisé.» Au lieu d’ajouter de nombreux effets visuels en post-production ou de tourner la scène sur plusieurs lieux de tournage, Oliver Stone a exploité la topographie des routes et des collines alentour pour tourner la plus grande partie de la scène en un seul lieu. Grâce à des véhicules blindés et des armes lourdes (lance-roquettes et autres engins explosifs improvisés), le cinéaste a capté ce dont l avait besoin. Pourtant, c’est par hasard que l’équipe de production avait découvert ce lieu de tournage précis. Après être arrivée sur place à la suite d’indications erronées, l’équipe a convaincu le gardien de leur faire visiter l’endroit. Mais à l’époque, on leur avait affirmé qu’ils ne pourraient pas tourner là. Eric Kopeloff : «Nous avons enfreint une règle d’or du cinéma : ne jamais emmener un réalisateur dans un endroit où l’on ne peut pas tourner, parce que c’est là qu’il voudra tourner ! Oliver n’a pas réussi à se l’ôter de l’esprit. Nous lui avons présenté d’autres endroits mais il refusait. Il ne voulait pas s’entendre dire «on ne peut pas tourner là-bas» ; pour lui rien n’est impossible, il suffit de trouver le moyen d’y arriver. Nous avons donc demandé à rencontrer plusieurs agences gouvernementales pour soutenir notre projet. Le Service des forêts des États-Unis, les Services d’aménagement des forêts et de la gestion des feux de forêts de Californie, le Département de la sécurité intérieure, la California Highway Patrol se sont tous rassemblés et nous leur avons présenté nos idées. Nous voulions tourner durant la période la plus critique pour les incendies de forêt, et si nous avions déclenché un feu de forêt, nous aurions eu de vrais problèmes…» Le fait qu’un grand nombre de scènes devaient être tournées en très peu de temps par une chaleur intense et en terrain accidenté s’est révélé difficile et épuisant pour tout le monde… sauf pour Taylor Kitsch. Eric Kopeloff : «Taylor n’en avait jamais assez. Il était dans son élément.» Exposition multiple : Tourner en format anamorphique Afin de saisir et de restituer l’atmosphère enivrante de la côte californienne et la bataille épique entre le cartel et le trio formé par Ben, Chon et O, Oliver Stone et le directeur de la photographie Dan Mindel ont filmé SAVAGES en format large avec des objectifs anamorphiques. Initialement sceptique quant au retour de ce format, Oliver Stone s’est fié au directeur de la photographie de STAR TREK, avec lequel il avait collaboré sur des publicités voilà près de dix ans, et s’est trouvé séduit par l’anamorphique autant que lui. Alors qu’il avait tourné trois de ses précédents films dans ce format, notamment NÉ UN 4 JUILLET et LES DOORS, Oliver Stone admet qu’il l’avait abandonné au profit d’un format qu’il considérait comme plus rapide : «Danny n’arrêtait pas de me répéter que l’anamorphique pouvait être rapide et économique et il a effectivement tourné aussi vite qu’il le fallait. Le film a l’air torride, sexy et on n’a pas besoin d’utiliser le Super 35. Nous avions une liberté complète avec la caméra, l’objectif anamorphique apporte bien plus d’informations et une bien meilleure résolution s’il est bien utilisé. Dan a vraiment un don avec la lumière, il a l’oeil et c’est l’un des travailleurs les plus acharnés que je connaisse. Il ne quittait pratiquement jamais le tournage. Lorsque le film est bien éclairé, on n’a pas besoin de beaucoup d’angles. On peut transmettre énormément d’informations avec un seul angle, ce qui est également bien pour les acteurs car sans changement d’axe à gérer, leur jeu reste spontané. Il n’y a rien de plus abrutissant que de tourner une scène encore et encore.» Le directeur de la photographie explique : «Le recours à l’anamorphique était essentiel pour décrire la Californie, à la fois sur un plan artistique et pratique. L’utilisation de ce format apporte une sensualité et une atmosphère particulières qu’il est difficile d’obtenir autrement.» Inspirations inattendues : Costumes et accessoires Cindy Evans, la chef costumière du film, a travaillé en étroite collaboration avec Oliver Stone et les acteurs afin que chaque personnage ait un style caractéristique qui complète l’aspect visuel du film. Oliver Stone : «Les costumes de Cindy se démarquent vraiment. Elle a saisi l’atmosphère sensuelle de la plage. Elle a travaillé sur LES SEIGNEURS DE DOGTOWN, THIRTEEN et LAUREL CANYON, elle comprend la mentalité de la Californie du Sud et de Laguna.» Avec les nombreux personnages et leurs différents parcours dans l’intrigue, il était important d’établir une «bible» détaillée des costumes. Cindy Evans : «Durant mes recherches, j’ai tout passé en revue depuis Orange County jusqu’au Mexique, en passant par les références des classiques du cinéma. J’ai compilé tout cela sur des panneaux. Ils ont été un outil visuel important pour définir le style des personnages et le ton du film. Ils sont également nécessaires pour instaurer un dialogue visuel avec les différents membres de l’équipe.» Alors que la plupart des vêtements de Chon sont structurés, ceux de Ben ne le sont pas du tout : pantalons amples et usés, chemises en batik et chèches, souvenirs des nombreux pays qu’il a visités dans sa recherche de l’illumination. La chef costumière confie : «L’idée était de lui donner un style de baroudeur unique tout en conservant ses racines californiennes.» O est un peu une fashion addict, elle a son propre style, une superposition unique de motifs et de tissus. Cindy Evans a utilisé le style d’O dans un but précis avec une robe en mousseline violette sur un jupon qui est devenu sa tenue durant la majeure partie du film. Lorsque Lado la kidnappe, il ne lui reste bientôt plus que le léger jupon blanc qui, à l’image d’O, est abîmé et fragile. Il est inspiré d’une peinture préraphaélite de Sir John Everett Millais baptisée «Ophelia», le personnage shakespearien. De son côté, Blake Lively a fait engager Sage Vaughn pour réaliser les tatouages inspirés de la nature de son personnage. L’actrice déclare : «O est un esprit libre. C’est peut-être pour cela qu’elle est amoureuse de deux hommes, parce qu’elle veut être libre et ouverte. Elle a vécu une vie de privilégiée mais elle a aussi beaucoup souffert. Je voulais que cela se reflète dans ses tatouages, car elle a besoin de ce pense-bête pour sourire tous les jours. Sage a réalisé les tatouages d’O et les a peints à la main sur moi. Puis Bill Corso en a fait des moulages et nous avons fait fabriquer les tatouages.» Son geôlier, Lado, et l’avocat du cartel, Alex, ont des styles vestimentaires totalement opposés. Le contraste entre Lado, avec ses énormes bottes de cowboy et sa veste en cuir noir, et l’élégant Alex, avec ses costumes sur mesure et ses cravates, est saisissant. Cindy Evans : «La différence entre Lado et Alex est définie par la hiérarchie et les privilèges de l’univers des cartels. Lado devait avoir l’air d’essayer de gravir les échelons sans jamais y arriver. Et Demián porte si bien le costume qu’il était magnifique.» Leur patronne arbore un style glamour qui rappelle celui des actrices des années 1940 : décolletés plongeants et épaulettes, et un penchant pour la soie, les couleurs vives et les talons aiguilles. Elena porte aussi de nombreux bijoux. Le chef accessoiriste Kirk Corwin confie : «Salma Hayek avait des idées bien précises à ce sujet. Son alliance a été une pièce importante pour nous. Salma connaît la haute joaillerie, moi je suis accessoiriste, je connais les bijoux fantaisie. Elle m’a dit de la façon la plus gentille qui soit : «Certains bijoux fantaisie sont très bien… d’autres moins.» Nous sommes donc passés au niveau supérieur et elle m’a appris beaucoup de choses.» Kirk Corwin a également involontairement inspiré la garde-robe de Dennis : «J’ai fait la connaissance de John juste après son premier rendez-vous costume avec Cindy. Ils envisageaient un style plus inspiré par les westerns pour lui, avec une bolo tie : une cravate lacet et des bottes en peau de serpent. Je suis entré pour discuter avec lui de ses accessoires : montres, bagues… et il m’a demandé : «Ça vous ennuie si Cindy jette un œil à vos vêtements ? Et à vos chaussures ? Qu’est-ce que c’est que ces chaussures ? Je les aime beaucoup.» Sa garde-robe ressemble donc beaucoup à ce que je porte sur le tournage. Je ne suis pas une gravure de mode, mais il faut croire que pour John et ce personnage, je l’étais !»


    • Sortie : 26/09/2012
    Date de la publication électronique :27 August 2012
    Sources :

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