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La renaissance de Pathé (2000-2017)

Repris par Jérôme Seydoux depuis la fin de l’année 1999, Pathé va développer ce qui a été, pendant des décennies, son métier principal, le cinéma. La production de films, la distribution, l’achat de droits, l’exploitation connaissent un fort développement. lire la suite...

Au cours de la décennie, Pathé devient le premier exploitant de salles de cinéma en France et en Europe. En France, les salles de cinéma Pathé et Gaumont sont réunies en 2001 en un circuit unique, détenu par la société EuroPalaces, dont Pathé détient 66% et assure la direction. EuroPalaces, qui en 2010 prend le nom Les Cinémas Gaumont Pathé, engage une importante vague de constructions de nouveaux multiplexes en France : à Montataire, Conflans-Sainte-Honorine, Ivry-sur-Seine, Bordeaux, Melun-Sénart, Orléans, Toulouse, Toulon, Valence, Amiens, Lyon, Rennes, Dammarie-lès-Lys et mène également, pendant toute la décennie, une politique de rénovation, d’agrandissement et de modernisation de ses sites. Il fait appel à des architectes de renom : Christian de Portzamparc en France, Renzo Piano en Italie, Daniel Liebeskind en Suisse par exemple. L’ouverture du Pathé Vaise en 2008 marque la volonté de Pathé de développer ses équipements en numérique, l’ensemble du parc étant équipé en 2012. Aux Pays-Bas, où il compte aujourd’hui 22 cinémas, le groupe a ouvert plusieurs multiplexes : notammant à Amsterdam (Pathé Arena, Pathé De Munt), à Haarlem, à la Haye (Pathé Spuimarkt, Pathé Buitenhof, Pathé Scheveningen), à Rotterdam (Pathé De Kuip, Pathé Schouwburgplein) et à Eindhoven (Pathé Eindhoven, Pathé Helmond). A partir de 2001, Pathé se développe dans de nouveaux pays: en Italie, circuit finalement cédé en 2010, et en Suisse, où il exploite 10 cinémas en 2011 (à Genève, puis Zurich, Bâle et Lausanne, Küchlin et Berne). Plusieurs cinémas sont par ailleurs acquis, notamment Village Roadshow en 2001 (France), Europlex en 2005 (Suisse), Rytmann en 2009 (France), Minerva en 2010 (Pays-Bas). Fin 2011, le circuit est fort de 104 cinémas et de 969 écrans, à comparer aux 130 écrans de 1990. Il contribue ainsi, grâce aux multiplexes, au développement considérable de la fréquentation des salles, qui passe chez les cinémas Gaumont de 10 millions d’entrées annuelles en 1990, à près de 70 millions en 2011. En août 2000, Pathé lance la carte Ciné à volonté au Pathé Atlantis à Nantes, rebaptisée Le Pass, avant de l’étendre au territoire français et d’en décliner la formule aux Pays Bas et en Suisse. Les cinémas proposent toujours plus de confort au spectateur grâce à la mise en place de bornes interactives (2006), la réservation par internet, le e-billet (2011), des applications internet sur les mobiles, ainsi qu’un accès wifi. Les cinq salles Imax françaises (dont 4 ouvertes en 2010) et les trois salles en Hollande participent également à cette offre.En octobre 2008, EuroPalaces prend le contrôle de CielEcran, rebaptisé Pathé Live, spécialisé dans la retransmission de spectacles et d’évènements. Les cinémas proposent ceux du Metropolitan Opera, les Ballets du Bolchoï, les Ballets de l’Opéra National de Paris et des concerts.

Dans le domaine de la production de films, le nombre de titres coproduits chaque année en France et au Royaume Uni (10 en 2012 et 21 en 2013) donne à Pathé une place de premier plan en Europe. Pathé s'intéresse aussi bien aux œuvres de talents confirmés qu'à des premiers films. En 2008, Bienvenue chez les Ch’tis de Dany Boon bat tous les records de films français avec 20,4 millions d’entrées. Au cours de ces années, de nombreux films produits ou distribués par Pathé ont été nominés et distingués, que ce soit au Festival de Cannes, au Bafta de Londres, à la Mostra de Venise et aux Oscars d’Hollywood où Slumdog Millionaire de Danny Boyle, a remporté en 2009 huit Oscars dont celui du «Meilleur film».

Parmi les titres marquants, se retrouvent:

Chicken Run des Studios Aardman (2000), Astérix et Obélix: Mission Cléopatre (Alain Chabat, 2002), Lost in Translation (Sophia Coppola, 2003), Les Choristes (Christophe Barratier, 2004), Deux Frères (Jean-Jacques Annaud, 2004), Brokeback Mountain (Ang Lee, 2005), The Queen (Stephen Fears, 2006), Volver (Pedro Almodovar, 2006), Le Scaphandre et le Papillon (Julian Schnabel, 2007), Into the Wild (Sean Penn, 2007), LOL (Lisa Azuelos, 2008), Les Beaux gosses (Riad Sattouf, 2009), Tout ce qui brille (Géraldine Nakache et Hervé Mimran, 2009), Océans (Jacques Perrin et Jacques Cluzaud, 2009), Rien à déclarer (Dany Boon, 2010), L’Illusionniste (Sylvain Chomet, 2010), The Ghost Writer (Roman Polanski, 2010), Et maintenant on va où ? (Nadine Labaki, 2011), The Iron Lady (Phyllida Lloyd, 2012), Sur la piste du Marsupilami (Aliin Chabat, 2012).

En parallèle Pathé s’efforce de devenir un éditeur de chaînes de télévision. Il prend, en décembre 1999, le contrôle de Comédie !, lance, en avril 2001, Cuisine.tv et acquiert, en 2002, 80 % du capital de Télé-Monte-Carlo (TMC), au moment où l’apparition de la télévision numérique terrestre ouvre à cette chaîne la perspective d’un développement national en clair. Malgré le rapide redressement en termes d’audience, opéré en deux ans par les équipes de Pathé chez TMC, la taille du pole télévision insuffisante et le retard subi par le lancement du numérique terrestre conduisent Pathé à céder sa branche télévision au cours de l’année 2004.

En 2003, Pathé s'allie à Gaumont pour constituer la société Gaumont Pathé Archives, détenue par Pathé à hauteur de 42,5 %. Cette société rassemble sur le site de Saint-Ouen les fonds d’actualité des deux groupes et en assure l’exploitation.

Créée le 9 mai 2006, la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé regroupe l’ensemble des collections non-film de Pathé depuis sa création en 1896. Elle est la seule fondation reconnue d’utilité publique dédiée au cinéma. Elle œuvre à la conservation et à la mise à disposition du public du patrimoine historique de Pathé. Son fonds d’archives regroupe plusieurs collections comprenant un riche ensemble de matériel iconographique et publicitaire, des documents imprimés, des appareils et des accessoires cinématographiques, des objets, une bibliothèque d’ouvrages et de périodiques, ainsi que les archives administratives et juridique de Pathé depuis sa création.

Depuis 2010, Pathé valorise son patrimoine en restaurant des films emblématiques de son catalogue tels que Boudu sauvé des eaux (Jean Renoir, 1932), Les Misérables (Raymond Bernard, 1934), Justin de Marseille (Maurice Tourneur, 1935), Les Enfants du Paradis (Marcel Carné, 1945), Tess (Roman Polanski, 1979). Un plan pluriannuel de restauration d’une centaine de films est lancé en 2012. ...replier le texte