Des gens qui s'embrassent  –  Danièle Thompson  –  2013

Fiche générale

Affiche
  • Durée : 100 minutes
  • Producteur :Jérôme Seydoux
    Albert Koski
  • Production :G Films
    Pathé...
  • Distribution : Pathé
  • Réalisateur :Danièle Thompson
  • Interprètes : Eric Elmosnino (Zef)
    Lou de Laâge (Noga)
    Kad Merad (Roni)
    Clara Ponsot (Melita)
    Max Boublil (Sam)
    Monica Bellucci (Giovanna)...
  • Scénario :Danièle Thompson
    Christophe Thompson
  • Producteur exécutif :Stéphane Riga
  • Producteur délégué :Romain Le Grand
    Florian Genetet-Morel
  • Directeur de production :Philippe Morlier
  • Directeur de la photographie : Jean-Marc Fabre
  • Compositeur de la musique : Stephen Warbeck
  • Monteur : Sylvie Landra
  • Chef décorateur : Michèle Abbe
  • Costumier : Catherine Leterrier (créatrice costumes)
    Nathalie Chesnais (chef costumière)

Production

  • Producteur :Jérôme Seydoux
    Albert Koski
  • Production :G Films
    Pathé
    TF1 Films Production (coproduction)
  • Distribution : Pathé
  • Producteur délégué :Romain Le Grand
    Florian Genetet-Morel
  • Producteur exécutif :Stéphane Riga
  • Directeur de production :Philippe Morlier
  • Avec la participation de :Canal+
    Ciné+
    TF1
  • Avec le soutien du :Tax Shelter
    du gouvernement fédéral de Belgique et des investisseurs Tax Shelter

 

  • Avec la participation de :Canal+
    Ciné+
    TF1
  • Avec le soutien du :Tax Shelter
    du gouvernement fédéral de Belgique
    des investisseurs Tax Shelter

 

Fiche artistique

  • Réalisateur :Danièle Thompson
  • Scénario :Danièle Thompson
    Christophe Thompson
  • Scripte :Sophie Le Breton
  • Interprètes :Eric Elmosnino (Zef)
    Lou de Laâge (Noga)
    Kad Merad (Roni)
    Clara Ponsot (Melita)
    Max Boublil (Sam)
    Monica Bellucci (Giovanna)
    Ivry Gitlis (Aron)
    Valérie Bonneton (Clarisse/Irène)
    Alexis Michalik (Daniel Touré)
    Hande Kodja (Louise)

Fiche technique

  • Photographie :Jean-Marc Fabre
  • Compositeur de la musique :Stephen Warbeck
  • Ingénieur du son :Miguel Rejas
  • Monteur :Sylvie Landra
  • Chef décorateur :Michèle Abbe
  • Costumier :Catherine Leterrier (créatrice costumes)
    Nathalie Chesnais (chef costumière)
  • Maquilleur :Natacha Bernett
  • Casting :Pierre-Jacques Bénichou
  • Régisseur :Stéphan Guillemet
  • Assistant réalisateur :Denis Bergonhe (1er assistant réalisateur)
  • Chef coiffeur :Stéphane Desmarez
  • Coordination :Anne Gerles

 

  • Chef coiffeur :Stéphane Desmarez
  • Coordination :Anne Gerles

 

Résumé et notes

  • Durée : 100 minutes

RÉSUMÉ

Ça tombe mal l’enterrement de la femme de Zef pendant que Roni marie sa fille ! Cet événement inattendu aggrave les conflits entre les deux frères que tout sépare déjà : métiers, femmes, austérité religieuse de l’un, joie de vivre de l’autre, tout, à part leur vieux père au cerveau en vadrouille et leurs deux filles qui s’adorent. Entre Londres, Paris, Saint-Tropez et New York, affrontements, malentendus, trahisons, vont exploser le paysage de la famille, mais grâce à ces disputes, à ces réconciliations chaotiques, vont naître une grande histoire d’amour… et peut-être deux.

D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

  • ENTRETIEN AVEC DANIELE THOMPSON, REALISATRICE

Vous signez encore une belle histoire de famille. Quel a été le point de départ ?

C’est généralement un point minuscule lorsqu’on commence à réfléchir avec Christopher à ce qui pourrait devenir un film. C’est une petite graine qu’on arrose. Pour FAUTEUILS D’ORCHESTRE, c’était après avoir assisté à un concert au Théâtre des Champs Élysées : des gens sortaient au même moment de la salle des ventes à côté et quand j’ai vu tout le monde converger vers la brasserie d’en face, j’ai eu envie de raconter qui étaient les gens qui fréquentaient ce bistrot…

Avec DES GENS QUI S’EMBRASSENT, vous confrontez plutôt des styles de vie.

Oui. Le point de départ, c’est le constat qu’il y a des manières différentes de vivre à Saint-Tropez. Ce ravissant village où nous passons la plus grande partie de l’année est un endroit très étrange parce qu’il y a vraiment plusieurs univers selon son âge, selon ses moyens, selon ses envies. D’un côté, on trouve les adeptes d’une vie bruyante, rythmée par la fête et qui aiment la foule du port. Et de l’autre, ceux qui, comme nous aujourd’hui, dans le silence des pinèdes, ne recherchent que les coins tranquilles et son atmosphère de vieille forteresse provençale avec ses concerts classiques. Quand j’avais 20 ans, j’allais dans les boîtes et je me couchais à 5 heures du matin. Je suis passé d’un monde à l’autre, en me disant que ce serait intéressant de confronter ces deux façons de vivre.

Après, il restait à inventer l’histoire ?

Ou plus exactement «les» histoires, puisqu’il s’agit une nouvelle fois d’un film choral.

Vous n’aimez pas trop l’étiquette « comédie romantique » appliquée à vos films.

Je suis un peu fatiguée de l’entendre. C’est une formule. Je ne trouve pas que ça corresponde au film dans ce cas précis. C’est plus émotionnel que romantique. C’est pour beaucoup aussi un film sur la mésentente et la trahison. Et j’espère de tout mon cœur que les gens riront aussi par moments. Ivry Gitlis m’a dit l’autre jour «c’est un film d’amour». Je préfère !

Vous aviez un autre titre de film en tête au départ ?

Oui, mais je le trouvais trop sérieux : DES SENTIMENTS CONTRADICTOIRES. Pour dire justement le ballotage affectif auquel sont soumis mes personnages dans la vie quotidienne.

On change beaucoup de décor.

On s’est pas mal baladé. Londres, New York… Avec beaucoup de tournages de nuit. Un total de 23, 24 nuits, entre 22 heures et 6 heures du matin, pour toute la partie Saint-Tropez, la scène place de la Concorde et la soirée chez Maxim’s. Épuisant, mais réjouissant.

Quelle est la principale difficulté pour réussir ce genre de film ?

Trouver l’équilibre qui permettra à chaque personnage d’exister au milieu des autres pendant l’heure et demie que durera le film. Chacun ballade une petite valise qu’on lui fait vider petit à petit, au fil de l’histoire. Ils sont loin d’être parfaits et généralement c’est ça qui est drôle : on se sert beaucoup de leur égoïsme, de leurs défauts. En dépit de quoi, il faut qu’on puisse s’attacher à eux. Moi je n’aime pas qu’on déteste les personnages de mes films. J’aime les soumettre à des hautes pressions, ça oui ! Les faire sauter à l’élastique si vous préférez. Mais en faisant en sorte qu’ils remontent toujours.

Vos personnages vivent ici dans le dilemme permanent.

Comme beaucoup de monde je crois ! C’est le «chacun pour soi» qui prévaut ; et, en même temps, il y a dans le fond beaucoup d’amour entre les gens. C’est la complexité de tout ça.

Kad Merad joue le frère bing-bling de la famille.

Il joue un homme qui est la générosité même. Ça marche pour lui, mais il en tire un tel sentiment de culpabilité qu’il se fait pardonner sa réussite en entretenant un peu tout le monde. Il souffre de se sentir moins aimé que son frère. Et en plus, il rêve d’une autre vie…

Une vie de chanteur, à la Sinatra !

Kad m’a bluffé. Il chante très bien, mais il a de surcroît travaillé spécifiquement pour atteindre un très bon niveau même si tous lèvent les yeux au ciel dès qu’il commence encore une fois à chanter.

Eric Elmosnino joue le frère ultra religieux. Vous le connaissiez ?

Je l’avais vu dans la pièce de Yasmina Reza, «Les dieux du carnage» où il était formidable et dans GAINSBOURG. Puis je l’ai revu à Marigny jouer «Feydeau» lorsque je mettais en scène «L’amour, la mort, les fringues», dans la salle d’à côté. Je le voyais tous les jours en passant lorsque j’allais retrouver mes actrices. Il était tranquille dans sa loge et on se saluait… Il était particulièrement drôle dans «Feydeau». C’est là que je me suis dit qu’il avait ce que je cherche invariablement chez mes acteurs : ce mélange subtil du sens comique et de l’émotion. Kad Merad aussi possède cette dualité. En fait, ils sont parfaitement bien assortis !

Comment avez-vous construit les dialogues entre eux ? Car c’est une véritable joute que se livrent les deux frères lorsqu’ils débattent sur leur choix de vie. Le fruit de votre expérience ?

Pas vraiment puisque je suis fille unique ! Quant à mes deux enfants, Dieu merci, ils s’entendent bien. J’ai simplement eu envie et besoin que ces deux frères s’affrontent ; que ça vire au rouge chaque fois qu’ils se parlent. On entend souvent les gens vous raconter : «Mon frère je l’adore, mais dès qu’on est 5 minutes ensemble, ça explose. On n’y arrivera jamais.» Et en même temps il y a de l’amour véritable, ou au moins parfois, le plaisir de se retrouver. D’autres fois, c’est par la force des choses qu’on se retombe dans les bras : un mariage, un enterrement. Mais aussitôt, le fait d’être obligé de se voir attise les exaspérations et les vieilles rancunes. A fortiori lorsque l’un des deux arrive en retard au cimetière parce qu’en chemin sa femme a jugé urgent de s’arrêter dans une brocante… Alors ça explose encore.

Le violoniste virtuose Ivry Gitlis joue le vieux père avec beaucoup de talent et d’humour. Une star est née à 90 ans passés !

C’est Albert (Koski, ndlr), mon mari et producteur du film, qui me l’a sorti comme ça du chapeau, un jour où j’étais assez désespérée, parce que je n’arrivais pas à trouver le comédien que j’imaginais pour le rôle. Ils se connaissent de longue date et se sont retrouvés après des années par hasard lors d’une projection, d’où Albert est revenu en me disant : «je crois que j’ai trouvé ton personnage !» J’aurais eu l’embarras du choix s’il avait été sépharade, tant d’acteurs en France sont originaires d’Afrique du Nord, mais je raconte l’histoire d’une famille juive d’Europe Centrale. Or, si la majorité des gens en France ne fait sans doute pas la différence, l’humour sépharade et l’humour ashkénaze sont cousins mais pas jumeaux ! Les nuances sont importantes.

On dit qu’un auteur se projette un peu dans tous ses personnages.

Je ne m’identifie à aucun, mais tous me sont familiers, oui. Je les connais bien : ces gens qui se sentent un peu supérieurs parce qu’ils sont artistes ; ceux que le choix d’une vie religieuse rend très intolérants ; ceux qui payent leur réussite financière en devenant d’une certaine manière les mal aimés de la famille, ou les «vaches à lait». J’en connais des idiotes adorables, comme le personnage qu’a si bien créé Monica : vraie gentille, mais vraie sotte aussi. Tous ces gens me font sourire. J’aime les taquiner, les pousser à la limite du ridicule, mais jamais je ne les laisse sombrer.

Aussi typés que soient vos personnages, ce ne sont jamais des caricatures.

J’ai essayé en effet de faire en sorte que personne ne soit caricatural ; tout en me faisant un devoir de rester dans la comédie. Mais aucun des personnages, pas même celui de Monica Bellucci, n’est sacrifié au nom de la comédie, justement.

Vous vouliez aussi dîtes-vous « raconter une histoire d’amour aux antipodes de « Roméo et Juliette » ».

Oui. Mais avec les mêmes ingrédients. Comme dans «Roméo et Juliette», l’histoire pourrait déboucher sur un drame absolu. Mais ma morale personnelle me conduit à penser qu’il ne faut pas transformer les soucis en catastrophe. Le côté «feel good movie» de mes films vient un peu de là. L’idée maîtresse quand j’écris un film, c’est qu’on ressorte de la salle en se disant «tout ça n’est pas si grave». Et pourtant, on aura vu se dérouler une histoire qui évoque la vieillesse, la maladie d’Alzheimer, le deuil, la trahison amoureuse, la jalousie… Je pense qu’on fabrique sa propre vie selon la manière dont chacun fait face à ces difficultés.

Vous avez fait de l’amuseur Max Boublil, votre « jeune premier ».

Max est la coqueluche de beaucoup de jeunes. Ma petite fille par exemple l’adore. Le plus drôle c’est que lorsque je lui ai offert le rôle de l’amoureux, il m’a dit : «mais je ne suis pas assez beau pour jouer ce genre de personnage !». Je le trouve au contraire très séduisant, à la Bruel ou Elliott Gould. Plein de charme. S’il avait été trop beau, c’eût été trop évident. Il exprime plein de fragilités en fait.

La découverte, c’est sans doute l’étonnante Lou de Laâge.

Lorsque Lou est arrivée pour les essais, le lendemain elle était dans le film. J’avais pourtant vu déjà des dizaines de comédiennes susceptibles de tenir le rôle. Je l’ai trouvée époustouflante. Dans la scène du train, elle incarne à elle seule ce que peuvent être des sentiments contradictoires : elle vient de perdre sa mère, elle pleure, et en même temps elle tombe amoureuse du garçon assis en face d’elle. Et oui ! Car ça se passe comme ça parfois dans la vie lorsqu’on est dans une situation de vulnérabilité affective totale.

On connaissait un peu mieux Clara Ponsot pour l’avoir vue dans LES INFIDELES.

Clara est une nature. Son personnage est un des rares à savoir ce qu’il veut, même si elle prétend le contraire. Avec Lou, elles forment un tandem de cousines assez vraies et touchantes. Le conflit entre leurs pères ne les atteint pas. Elles s’adorent. Elles ont des souvenirs communs, des valeurs communes aussi que leur a transmis leur grand-mère. Et pourtant, à un moment, il y aura trahison.

La manière dont vous faites conclure l’histoire d’amour entre les deux filles est d’une grande audace. C’est très fort qu’une auteur, scénariste, laisse entendre, même de très loin, qu’une forme de bigamie est admissible si l’amour véritable y trouve son compte.

Mais j’espère bien de tout mon cœur que le film est un peu irrévérencieux. Même si ce n’est pas pour autant un plaidoyer pour la bigamie, loin de là ! J’ai toujours trouvé remarquable la liberté soit des très jeunes soit des très vieux. La génération du milieu est souvent plus coincée et ancrée dans les réalités écrasantes du quotidien. C’est un thème qui existait déjà dans LA BOUM à travers les personnages des ados et de la grand-mère. Dans mon film, le grand-père et les cousines ne sont pas conformistes. Lui avec son grand âge et son cerveau en balade n’en a rien à fiche de ce qui se fait, se dit ou ne se dit pas. Et les deux cousines ne se conduisent ni l’une ni l’autre «comme elles devraient».

Le film est remarquable aussi de par la manière dont la légèreté l’emporte, en dépit d’une situation de départ très lourde sur le plan affectif.

Oui, parce qu’au final, grâce aux cousines, la famille surmonte la crise et s’agrandit même dans des proportions inattendues ! Tant mieux si vous avez ressenti cela, c’est tellement difficile de finir les films !

Dans cette famille juive, les personnages de Kad Merad et d’Eric Elmosnino défendent deux visions opposées de la religion. Quelle éducation avez-vous reçue ?

Aucune éducation religieuse, même si nous avions conscience de nos origines juives puisque mon père avait un arrière grand-père rabbin…

La tolérance est aussi un des sujets du film.

Oui la tolérance en amour, dans la religion, à l’intérieur d’une famille, sur les choix des uns, des autres…

Ce film est votre cinquième mise en scène depuis 1999. En tant que réalisatrice, vous ressentez un plaisir accru à diriger ?

Un plaisir immense vous voulez dire ! Il y a surtout chez moi l’espoir permanent de faire des progrès comme metteur en scène. C‘est drôle de dire ça à mon âge, mais c’est la vérité. J’aime tant les acteurs ! Et cette dynamique de l’équipe que procure un tournage est quelque chose de très fort.

Comme le film l’indique, on s’embrasse beaucoup dans votre film. Quels sont les baisers de cinéma qui vous ont subjuguée ?

Toute la période des années 40 ou 50 est une grande époque pour le baiser de cinéma. Cary Grant et Ingrid Bergman dans LES ENCHAÎNÉS, Morgan et Gabin dans QUAI DES BRUMES, et puis Burt Lancaster et Deborah Kerr dans TANT QU’IL Y AURA DES HOMMES. C’était un âge où le romantisme n’inspirait pas le ridicule. Le baiser était l’aboutissement de l’aventure sexuelle dans les films. Ils avaient une dimension symbolique plus forte. Aujourd’hui on va parfois beaucoup plus loin et pourtant je trouve nombre de scènes de sexe ennuyeuses dans les films. Ce n’est vraiment pas ce que je préfère filmer dans une histoire d’amour.

Et pourtant ici vous n’y renoncez pas, au « baiser de cinéma » !

Et non. J’y suis allée à fond : la scène de baiser avec les violons, comme on faisait à l’époque. Au nom des bonnes manières cinématographiques, on n’a plus vraiment le droit. Mais je l’ai pris quand même !


  • Sortie : 10 avril 2013
Date de la publication électronique :19 mars 2013
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé