La Marque des anges  –  Sylvain White  –  2013

Sous-titre : Miserere

Fiche générale

Affiche
  • Sous-titre : Miserere
  • Durée : 106 minutes
  • Producteur :Stéphane Sperry
    Romain Le Grand (coprod.)
    Luc Bossi (coprod.)
    Hubert Toint (coprod.)
    Jean-Jacques Neira (coprod.)
    Helge Sasse (coprod.)
    Ulf Israel (coprod.)
    Adrian Politowski (coprod.)
    Gilles Waterkeyn (coprod.)
  • Production :Liaison Films (coproduction)
    Pathé (coproduction)...
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Sylvain White
  • Interprètes : Gérard Depardieu (Kasdan)
    JoeyStarr (Salek)
    Rüdiger Vogler (Franz Hartmann)
    Helena Noguerra (Agela Colson)
    Marthe Keller (Laura Bernheim)
    Thierry Lhermitte (Vernoux)...
  • Scénario :Laurent Turner
    Sylvain White
  • Adaptation :Laurent Turner
    Sylvain White
  • Producteur exécutif :Philippe Saal
  • Directeur de la photographie : Denis Rouden
  • Compositeur de la musique : Max Richter
  • Monteur : Sébastien de Sainte-Croix
  • Chef décorateur : Emma Cuillery
  • Costumier : Fabienne Katany

Production

  • Sous-titre : Miserere
  • Producteur :Stéphane Sperry
    Romain Le Grand (coprod.)
    Luc Bossi (coprod.)
    Hubert Toint (coprod.)
    Jean-Jacques Neira (coprod.)
    Helge Sasse (coprod.)
    Ulf Israel (coprod.)
    Adrian Politowski (coprod.)
    Gilles Waterkeyn (coprod.)
  • Production :Liaison Films (coproduction)
    Pathé (coproduction)
    TF1 Films Productions (coproduction)
    Brio Films (coproduction)
    Saga City (coproduction)
    Senator Film Produktion (coproduction)
    DD Productions (coproduction)
    Ufilm (coproduction)
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Producteur exécutif :Philippe Saal
  • En association avec :Ufund
    Cinemao
  • Avec la participation de :Canal+
    Ciné+
    TF1
    TMC
  • Producteurs associés :Matthieu Warter
    Florian Genetet-Morel

 

Fiche artistique

  • Réalisateur :Sylvain White
  • Scénario :Laurent Turner
    Sylvain White
  • Adaptation :Laurent Turner
    Sylvain White
  • Œuvre de référence :d'après le roman de Jean-Christophe Grangé aux éditions Albin Michel
  • Interprètes :Gérard Depardieu (Kasdan)
    JoeyStarr (Salek)
    Rüdiger Vogler (Franz Hartmann)
    Helena Noguerra (Agela Colson)
    Marthe Keller (Laura Bernheim)
    Thierry Lhermitte (Vernoux)
    Kévin Meffre (Naciro)
    Ivan Franek (Vargos)
    Gérard Chaillou (Sarkis)
    James Gerard (Bill Ward)
    Joe Sheridan (Goetz Willhen)
    Thom Hoffman (Sean Singleton)
    Corinne Masiero (Monique Mendez)
    Mathieu Carrière (Peter Hansen)

Fiche technique

  • Directeur de la photo :Denis Rouden
  • Directeur artistique :Albrecht Konrad
  • Compositeur de la musique :Max Richter
  • Ingénieur du son :François Maurel
    Alain Feat
    Marc Doisne
  • Monteur :Sébastien de Sainte-Croix
  • Chef décorateur :Emma Cuillery
  • Costumier :Fabienne Katany
  • Casting :Gérard Moulévrier
  • Régisseur :Henry Le Turc
  • Assistant réalisateur :Thierry Mauvoisin (1er assistant réalisation)
  • Supervision post-production :Hélène Glabèke

Résumé et notes

  • Durée : 106 minutes

RÉSUMÉ

À Paris, Lionel Kasdan, commissaire de la BRI à la retraite, enquête sur un meurtre étrange : un chef de chœur a été retrouvé mort dans sa paroisse, les tympans détruits, sans qu’aucun témoin n’ait apparemment assisté à la scène. De son côté, Frank Salek, un agent d’Interpol menacé d’être mis à pied par ses supérieurs à cause de son comportement excessif, traque la piste d’une organisation secrète, spécialisée dans le kidnapping d’enfants. Lorsque Salek apprend la mort du chef de chœur, il pense avoir établi un lien avec sa propre enquête et accepte de faire équipe avec Kasdan. Mais plus l’enquête avance, plus Salek semble perdre pied, comme rattrapé par un secret jusque-là enfoui. Dès lors, les deux hommes vont plonger dans une affaire qui trouve sa source dans les heures les plus sombres de la Seconde Guerre Mondiale...

D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

  • ENTRETIEN AVEC SYLVAIN WHITE, REALISATEUR

Quand êtes-vous arrivé sur le projet d’adaptation du livre « Miserere » de Jean-Christophe Grangé ?

Environ un an et demi avant le tournage, j’ai été contacté par le producteur Stéphane Sperry, alors que j’étais aux États-Unis. Dès le mois de février 2011, je me suis mis à travailler avec le scénariste Laurent Turner. Transposer Grangé est à la fois séduisant et dangereux. Il était lui-même conscient de la difficulté d’adapter ce roman, notamment à cause de l’histoire du «cri», entre faits réels et science-fiction... qu’on ne dévoilera pas ! Miserere est plongé dans une atmosphère oppressante et ancré dans un pan de l’Histoire : ces deux niveaux étaient passionnants à exploiter visuellement. On s’est aussi retrouvé face à un défi concernant le troisième acte du livre : il a fallu le recomposer pour épouser la structure d’un thriller de cinéma et privilégier la progression psychologique des personnages. L’âme du film, c’est l’amitié que ces deux flics arrivent à développer : il faut que le spectateur y croit pour que l’intrigue, les scènes de terreur ou d’action - comme celle de la bagarre de Salek à l’hôpital - fonctionnent.

Est-ce que cette double sensibilité, française et américaine, a joué dans le choix des producteurs de vous confier le film ?

C’est sûrement une des raisons pour lesquelles ils sont venus me chercher. Mais cette double culture n’agit pas consciemment sur mon travail. C’est toujours étrange de s’entendre parler de sensibilité européenne quand je tourne aux États-Unis, et vice versa...

Lorsque j’ai commencé à écrire des concepts de clips, puis à les tourner moi-même, les Américains me faisaient sentir que ce côté multiculturel était un atout.

J’ai toujours évité d’être catégorisé, ce qui arrive aussi bien aux États-Unis qu’en France : je suis passé de petits à moyens budgets de films, de la série B horrifique au drame, d’un film de danse à une comédie d’action. Tenter de rester éclectique, c’est l’une de mes obsessions.

A l’inverse de bon nombre de thrillers jouant la carte du « buddy movie », Kasdan et Salek mènent leur enquête en parallèle, quasiment en solo…

…Et ce n’est qu’à la fin du film qu’ils se comprennent vraiment. Chacun réussit à exorciser ses démons. Une complicité plus profonde pourrait s’instaurer, mais c’est le début d’un autre film !

Avec Laurent Turner, nous avons axé le récit sur cet apprentissage de l’autre, au lieu d’avoir le tandem classique du flic vétéran et de la tête brûlée. Gérard Depardieu était le premier choix.

Spontanément et sans hésitation ?

Aucune. À mes yeux, c’est LE grand acteur français. J’ai quitté ce pays il y a plus de vingt ans et en revenant faire un film ici, je pouvais réaliser ce rêve. C’est une icône de ces quarante dernières années : qui n’a jamais fantasmé à l’idée de tourner avec lui ? Dans mes précédents films, notamment STEPPIN’, j’ai travaillé avec beaucoup de jeunes acteurs ; me retrouver avec quelqu’un qui a une telle expérience, c’était l’occasion d’apprendre et de progresser. Lorsqu’on lui a envoyé le scénario, il s’est immédiatement emballé pour le projet.

Après avoir incarné pas mal de flics à l’écran, qu’est-ce qui a emporté l’adhésion de Gérard Depardieu ?

Il a été séduit par le fond historique du récit. C’est un homme très cultivé : il en savait déjà beaucoup sur ces nazis exilés en Amérique du Sud, sur ces colonies qui ont vraiment existé, et le scénario était basé sur ces deux éléments.

Gérard venait aussi de lire plusieurs livres sur la vie de policiers, ce qui le rapprochait de Kasdan, qui reste ancré dans ce milieu alors qu’il n’en fait plus officiellement partie. Il s’est donné avec enthousiasme pour le film, physiquement notamment. Je crois aussi qu’il a apprécié que je sois à la fois demandeur et très ouvert à ses suggestions.

En tant que réalisateur, on ne peut plus lui apprendre grand chose : il connaît par cœur toutes nos combines (rires). Je l’ai peut-être surpris avec des mouvements de caméra mais au niveau du jeu, c’est surtout lui qui m’a dévoilé certaines techniques. Il m’a parfois aidé à parler aux autres comédiens.

À JoeyStarr, par exemple. Gérard m’a permis de mieux le cerner, de l’accompagner dans la préparation du rôle.

Comment avez-vous appréhendé l’acteur et le personnage qu’est JoeyStarr ?

D’emblée, un tandem Depardieu / JoeyStarr est intrigant, séduisant : les voir face à face ne peut être qu’explosif ! C’est un «jeune» acteur mais qui a un talent naturel indéniable. En rentrant en France, j’ai vu POLISSE où il était remarquable et où il y avait cette scène bouleversante avec l’enfant. Mais, il ne portait pas toute l’émotion du film sur ses épaules et il y avait pas mal d’improvisation, contrairement à son rôle dans LA MARQUE DES ANGES.

Je voulais être certain qu’on sente chez Salek cette faille fondamentale dans l’intrigue. Il évolue aussi énormément et devient quasiment le personnage principal. C’est en rencontrant JoeyStarr, en discutant du personnage avec lui, que j’ai été définitivement convaincu.

Avait-il suffisamment confiance en lui, au regard de l’ampleur du rôle ?

Il n’en était pas certain à 100% mais il m’a dit avec simplicité : «Je suis nouveau à ce “jeu” ; je veux faire mon maximum et apprendre de Gérard». Ceci explique qu’il n’y ait pas eu le moindre conflit d’ego. JoeyStarr a un grand sens de l’humour et ils se sont véritablement trouvés l’un et l’autre. Ce sont aussi deux rock stars, deux superstars et j’ai eu de la chance de les avoir tous les deux.

A la manière de CES GARCONS QUI VENAIENT DU BRESIL de Franklin J. Schaffner, LA MARQUE DES ANGES est dans la même veine des thrillers de politique-fiction…

Absolument. J’ai été marqué par les polars des années 40 et j’adore ce pan du cinéma américain des années 70. Voir Michael Mann renouer avec le genre, dans RÉVÉLATIONS, a été un bonheur ! Se retrouver à la lisière de la science-fiction est excitant et Grangé réussit souvent ce mélange contemporain / fantastique. J’ai aussi pensé à SOLEIL VERT où l’atmosphère claustrophobe et le malaise prennent le pas sur la violence graphique.

Il y a aussi un côté «serial» que j’adore et que j’assume. Au regard de la somme d’informations, de la diversité des époques traversées, je voulais que la trame soit limpide, afin que le spectateur se focalise sur l’évolution de Salek et de Kasdan. D’une manière fun et feuilletonesque aussi. Lorsque Jean-Christophe Grangé m’a dit que LA MARQUE DES ANGES était son adaptation préférée, c’était le plus touchant de tous les compliments.

Quelle est la part de faits avérés dans la description de l’organisation secrète ciblée par Kasdan et Salek ?

Dans les camps de concentration, il y a bien eu des études sur la souffrance des prisonniers. Les nazis enregistraient aussi les hurlements des gens qui mouraient ou qu’ils torturaient. C’était le cas des expériences pseudo-scientifiques menées par Josef Mengele, surnommé «l’ange de la mort» à Auschwitz.

Ensuite, il y a eu Paul Schäfer Schneider, un ancien nazi mort en 2010, qui a fondé deux colonies, en Argentine puis au Chili avec «Dignidad». Il s’agissait d’une structure agricole recluse, composée d’expatriés allemands, où Schäfer avait reçu l’autorisation de Pinochet d’y supplicier ses opposants. Son «trip» était de réunir des chorales d’enfants afin qu’ils chantent pendant les séances de torture...

Dans le scénario, nous avons repris ces éléments pour nourrir la fiction imaginée par Grangé et monter d’un cran dans l’indicible. À travers le personnage de la procureur incarné par Marthe Keller, il y a aussi un clin d’œil à MARATHON MAN, autre passerelle avec le film, autre perle seventies !

Quelle serait l’empreinte que vous avez imprimée à LA MARQUE DES ANGES ?

Le sujet est radicalement différent de ceux que j’ai abordés dans le passé, surtout axés sur les adolescents. Cela m’a donné l’opportunité de tenter une autre approche de mise en scène : STEPPIN’ et THE LOSERS reposaient sur une esthétique plus débridée, une caméra portée et un montage énergique, très stylisé. Pour LA MARQUE DES ANGES, je me suis «posé», à l’instar du personnage de Kasdan. Cela peut sembler paradoxal pour un film de genre, mais c’est le côté «clean» en surface, le retour à un certain classicisme du polar, qui me motivaient. L’esbrouffe ne m’intéressait pas davantage que le souci de me «protéger», en multipliant les prises avec divers axes de caméra, comme c’est souvent le cas dans les productions américaines.

C’est le premier film que j’ai la chance d’écrire et de réaliser : il y a un parti-pris artistique, c’est à dire un vernis qui sert l’intrigue et non pas un argument de vente qui supplante l’humain. Par sa modernité, son tranchant dans la production française, le cinéma de Kassovitz (LES RIVIÈRES POURPRES) m’a inspiré alors que j’étais encore au lycée. Il a fait partie, avec Kounen et Jeunet, de cette génération de réalisateurs français qui m’a donné envie de faire du cinéma !

Vous parlez quasiment de LA MARQUE DES ANGES comme de votre film le plus personnel…

…Parce que c’est le cas. STEPPIN’ évoquait mon expérience d’étranger débarquant dans le système universitaire américain. Mais LA MARQUE DES ANGES est mon premier film en France : cela faisait longtemps que je voulais tourner dans mon pays natal et, dès l’écriture, je me suis viscéralement attaché aux personnages. En voyant Depardieu en action, j’ai su que le public adopterait ce Kasdan comme je l’avais aimé.

Habiter à Paris pendant un an a été émouvant, puisque j’en suis parti à l’âge de 17 ans pour étudier aux États-Unis.

J’y ai bâti le début de ma carrière avec des clips, de la publicité, des documentaires, des courts puis des longs métrages. J’ai toujours gardé le désir de revenir en France. Restait à trouver le matériau et le contexte adéquats. Et j’ai été gâté. Davantage cette fois qu’à Hollywood où, contrairement aux idées reçues, c’est difficile de trouver un bon projet de thriller !


  • Sortie : 26/06/2013
Date de la publication électronique :17 July 2013
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé