Marius  –  Daniel Auteuil  –  2013

Fiche générale

Affiche
  • Durée : 93 minutes
  • Producteur :Alain Sarde
    Jérôme Seydoux
  • Production :A.S. Films (coproduction)
    Zack Films (coproduction)...
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Daniel Auteuil
  • Interprètes : Daniel Auteuil (César)
    Raphaël Personnaz (Marius)
    Jean-Pierre Darroussin (Panisse)
    Victoire Bélézy (Fanny)
    Marie-Anne Chazel (Honorine)
    Nicolas Vaude (Monsieur Brun)...
  • Adaptation :Daniel Auteuil
  • Directeur de production :Gérard Gaultier
  • Directeur de la photographie : Jean-François Robin
  • Chef opérateur : Henri Morelle (chef opérateur du son)
  • Compositeur de la musique : Alexandre Desplat
  • Monteur : Joëlle Hache (chef monteuse)
  • Chef décorateur : Christian Marti
  • Costumier : Karine Charpentier (chef costumière)

Production

  • Producteur :Alain Sarde
    Jérôme Seydoux
  • Production :A.S. Films (coproduction)
    Zack Films (coproduction)
    Pathé (coproduction)
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Directeur de production :Gérard Gaultier
  • Producteur associé :Julien Madon
  • Avec la participation de :Canal+
    Ciné+
  • En association avec :La Banque Postale Image 6
    Palatine Etoile 10
    Indefilms
    Cofimage 24
  • Avec le soutien de :La Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
  • En partenariat avec :le Centre National du Cinéma et de l'Image Animée

 

Fiche artistique

  • Réalisateur :Daniel Auteuil
  • Adaptation :Daniel Auteuil
  • Œuvre de référence :d'après l'oeuvre de Marcel Pagnol aux éditions Bernard de Fallois
  • Scripte :Josiane Morand
  • Interprètes :Daniel Auteuil (César)
    Raphaël Personnaz (Marius)
    Jean-Pierre Darroussin (Panisse)
    Victoire Bélézy (Fanny)
    Marie-Anne Chazel (Honorine)
    Nicolas Vaude (Monsieur Brun)
    Daniel Russo (Escartefigue)
    Rufus (Piquoiseau)
    Jean-Louis Bercelona (Frisepoulet)
    Martine Diotalevi (Madame Escartefigue)
    Roger Souza (Le commis)
    Laurent Fernandez (Le premier marin du "Coromandel")
    Charlie Nelson (Le second de "La Malaisie")
    Michel Ferracci (Le deuxième marin du "Coromandel")
    Frédéric Gérard (Amourdedieu)
    Ryad Lovera (Le jeune garçon)

Fiche technique

  • Photographie :Jean-François Robin
  • Chef opérateur :Henri Morelle (chef opérateur du son)
  • Compositeur de la musique :Alexandre Desplat
  • Monteur :Joëlle Hache (chef monteuse)
  • Chef décorateur :Christian Marti
  • Costumier :Karine Charpentier (chef costumière)
  • Monteur son :Jean Goudier
  • Maquilleur :Joël Lavau (chef maquilleur)
  • Casting :Elodie Demey
    Coralie Amedeo
  • Photographe de plateau :Luc Roux
  • Régisseur :François Menny
  • Assistant réalisateur :Alain Olivieri (1er assistant réalisateur)
  • Supervision post-production :Amélie Dibon (directrice de post-production)
  • Cadreur :Berto
  • 1er assistant opérateur :Olivier Fortin
  • Créateur de costumes :Pierre-Yves Gayraud
  • Chef coiffeur :Laurent Bozzi
  • Chef machiniste :Gérard Buffard
  • Chef électricien :Olivier Rodriguez
  • Bruiteur :Pascal Chauvin
  • Mixage :Thomas Gauder

 

Résumé et notes

  • Durée : 93 minutes

RÉSUMÉ

L’action de MARIUS se déroule sur le Vieux-Port de Marseille, dans le Bar de la Marine tenu par César et son fils Marius.

Marius ne rêve que d’embarquer sur un des bateaux qui passent devant le bar et prendre le large vers les pays lointains.

Fanny, jeune et jolie marchande de coquillages sur le devant du bar, aime secrètement Marius depuis l’enfance ; Marius, sans l’avouer, a toujours aimé Fanny. Pour retenir Marius, pressenti pour un engagement sur un navire d’exploration, Fanny lui dévoile son amour et parvient à attiser sa jalousie en provoquant une vive dispute entre Marius et un vieil ami de César, le maître-voilier Panisse, qui, bien que beaucoup plus âgé, courtise Fanny.

Partagé entre l’appel de la mer et son amour pour Fanny, Marius renonce à son projet et finit par s’unir à Fanny qui s’offre à lui. Mais, alors que César et Honorine, la mère de Fanny, sont prêts à les marier, Marius est repris par sa folie de la mer. Poussé par Fanny qui se sacrifie par amour pour Marius, ce dernier monte à bord du navire qui part, abandonnant Fanny bouleversée, qui retient ses larmes et cache à César le départ de son fils.

D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Tournage du 14 mai au 3 août 2012. Studios de Bry-sur-marne, Marseille et région PACA.

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

  • NOTE D’INTENTION de DANIEL AUTEUIL, REALISATEUR

En adaptant la trilogie, j’ai souhaité revenir aux sources de cette mythologie comme d’autres revisitent inlassablement Shakespeare, Tchekhov ou Molière.

Je suis reparti des pièces de Marcel Pagnol bien plus que du film d’Alexander Korda - MARIUS, ou de celui de Marc Allégret - FANNY. On trouve ici ce qu’on retrouvera dix ans plus tard dans LA FILLE DU PUISATIER. Tout chez Pagnol est répété. C’est le même thème qu’il traite indifféremment, la poursuite sans trêve de la recherche des sentiments. De nouveau, nous sommes face à l’absence de la mère, du départ des enfants et de la figure forte et maternelle du père.

Ces deux récits cristallisent de nombreux thèmes modernes et intemporels que je souhaitais mettre en avant et notamment celui des liens du sang. La question centrale est celle de la paternité. Qui est le père, celui qui paye les biberons ou celui qui donne la vie ? Et si les liens du sang n’étaient pas si primordiaux et que seul comptait l’amour !? Cette problématique parent-enfant, leurs relations extrêmes d’amour, souvent intrusives voire autoritaires, présente dans les deux premiers volets de la trilogie, je la prolonge et l’intensifie dans le troisième tableau qui s’achève avec CÉSAR, que je tournerai prochainement.

Quant aux questions du déshonneur, de l’ailleurs et de la perte de l’innocence, je pense qu’elles tissent une trame narrative qui reste à jamais contemporaine.

Pour moi, les personnages de Pagnol sont des individus en état de manque, de déséquilibre, qui cherchent à réaliser quelque chose de parfait, quelque chose qui nous ressemble.

Je suis allé puiser dans les pièces des scènes que j’avais envie de raconter et d’autres, qui n’existaient pas et que j’ai rajoutées. Je voulais en retirer le folklore pour faire entendre aujourd’hui la force dramatique et complexe de ces textes. Ces deux films ne sont pas que des films de soleil. Contre la lumière du Sud qui aveugle ses personnages, j’ai cherché à dessiner des zones d’ombre, des choses enfouies. César, Panisse ou Honorine sont des individus qui avancent avec leurs secrets, le poids de leur vie et leurs envies. Ce sont de petits commerçants pour lesquels l’amour est comme le reste, un marchandage qui débouche sur un pacte.

Nous sommes ici dans un monde de non-dits et de secrets de famille.

Prenons César. C’est un homme bourru, un père dont l’éducation s’est faite «à coups de pied au cul» comme il le dit lui-même. Il a toujours été celui qui faisait preuve d’autorité, de mauvaise foi et de violence. Mais malgré tout, il sait se faire pardonner. César comme «Le Papet» autrefois sont des chefs de clan mais ils ne vivent absolument pas la même chose. «Le Papet» règne sur des terres là où César règne sur un théâtre vivant. Nous sommes dans le Midi, les grecs ne sont pas très loin. La commedia dell’arte, non plus. La construction dramatique de Pagnol emprunte beaucoup à cette scène à ciel ouvert où chacun a cette faculté de vivre de façon extrême les sentiments et les situations.

César, malgré ses fulgurances et ses expressions fleuries, est un homme qui ne sait parler à personne. Pas plus à son fils qu’aux autres. Parfois, quand il y est contraint, il livre ce qu’il a au fond du cœur, des choses d’amour, de raison, de logique, de lucidité et de cruauté. Il sait voir mais il est impuissant à traduire ses émotions par des paroles. Les échanges avec son fils ne passent pas par les mots, mais par des regards. C’est ce que j’ai voulu capter à l’image. Je pense que c’est aussi par les yeux que les gens se parlent. S’il avait pu, il aurait expliqué à son fils que cela ne servait à rien de partir.

Marius est un caractère compliqué. C’est un garçon qui est né avec des cartes en main. Un bonheur simple mais tracé, c’est-à-dire un emploi, une maison et une femme qui depuis l’enfance l’attendent. Malheureusement il n’est pas bien là où il est, puisqu’au fond, naviguer, partir, ne sont que des prétextes. Il a envie d’ailleurs. Pour plaisanter, il dit à son père qu’il est peut-être neurasthénique. Ce qui plonge César dans un profond questionnement, se demandant où son fils aurait bien pu attraper cela. C’est un grand personnage de tragédie. Il n’arrive pas à choisir.

Il y a quelque chose de romantique en lui, pas romanesque, romantique. Quelque chose qui le pousse à se lancer vers ce qu’il ne connaît pas, ce qui n’existe pas, plutôt qu’une réalité sublime qui est Fanny. Marius épouse la mer là où Fanny se marie avec le père.

C’est un homme qui se trompe et c’est ce qui me touche chez lui.

Quant à la fille d’Honorine, c’est une femme moderne, libre et non une femme d’antan. Fanny a ce bon sens que Pagnol donne aux femmes et qu’elles ont de toute évidence depuis toujours. C’est-à- dire que Fanny sait depuis l’enfance que Marius est l’homme de sa vie, elle sait que son amour c’est lui et que c’est réciproque. Contrairement à lui, elle, elle a le temps. Jusqu’au jour où ils ont l’âge de transformer leurs sentiments. Mais ces promesses faites dans les cours d’école sont-elles encore d’actualité quand on devient adulte ? Ce passage d’un âge à l’autre n’est pas vécu de la même manière quand on est une femme ou un homme.

On peut dire que ce récit est avant tout celui d’une immense histoire d’amour ratée. Encore faut-il se poser la question de ce qui est raté. Au fond, leur histoire n’a pas eu lieu mais ils se sont quand même aimés.

Finalement, on pourrait presque résumer la morale de cette histoire en une phrase : l’homme n’a qu’un amour, le monde, la femme n’a qu’un monde, l’amour.

J’ai été vigilant à ce que ces moments d’émotion soient contrebalancés par la comédie. La comédie est d’ailleurs à tous les niveaux. Dans la langue mais aussi entre les personnages qui se jouent les uns des autres comme lors de la partie de cartes. Bien sûr, ce sont des passages qui peuvent impressionner. Comment appréhender alors ces moments d’anthologie ? J’ai réfléchi sur ces scènes incontournables, archi connues mais plus d’une mémoire je dirais auditive que cinématographique. Ce sont des morceaux de vie que Pagnol a pris de-ci de-là. Il fallait donc les restituer aussi simplement qu’il les a pêchés à la vie et les rendre à la vie. Toutes ces scènes mythiques n’étaient pas des scènes à jouer, c’étaient des scènes à vivre.

Ce qui a changé entre LA FILLE DU PUISATIER et ce que je fais aujourd’hui, c’est que pour mon premier film j’avais plus de références, et que là, ce que j’ai envie de voir, de raconter est plus personnel. Ça m’appartient davantage qu’un cinéma qui aurait pu m’inspirer. Pour que ces histoires soient justes et qu’elles touchent les spectateurs, je me sers de ce que j’ai vécu. Ce que je raconte c’est la trajectoire d’individus qui n’accomplissent pas leur propre vie. Et c’est une tragédie de ne pas pouvoir accomplir son propre destin et c’est ça qui me bouleverse et c’est ça que je raconte, la vie des autres.


  • Sortie : 10 juillet 2013 (sortie en avant-première en Région PACA le 3 juillet 2013)
Date de la publication électronique :17 juillet 2013
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé