Hope and Glory  –  John Boorman  –  icel

Fiche générale

  • Autre titre : La Guerre à sept ans (titre secondaire français)
  • Titre original : Hope and Glory
  • Pays de production :Angleterre
  • Genre : Guerre
  • Durée : 113 minutes
  • Producteur :John Boorman
    Michael Dryhurst
    Jake Eberts
    Edgar F. Gross
  • Production :Columbia Pictures
  • Réalisateur :John Boorman
  • Interprètes : Sarah Mile (Grace Rohan)
    David Hayman (Clive Rohan)
    Derrick O’Connor (Mac)
    Susan Woolridge (Molly)
    Sammi Davis (Dawn Rohan)
    Ian Bannen (Grand-père)
    Sebastian Rice-Edwards (Bill Rohan)
    Jean-Marc Barr (Bruce)...
  • Scénario :John Boorman
  • Directeur de la photographie : Philippe Rousselot
  • Compositeur de la musique : Peter Martin
  • Monteur : Ian Crafford
  • Chef décorateur : Anthony Pratt

Production

  • Autre titre : La Guerre à sept ans (titre secondaire français)
  • Titre original : Hope and Glory
  • Pays de production :Angleterre
  • Producteur :John Boorman
    Michael Dryhurst
    Jake Eberts
    Edgar F. Gross
  • Production :Columbia Pictures
  • Coproducteur :Michael Dryhurst
  • Publicité :Lynda Levy
  • Secrétaire publicité :Rosie Segrave

Fiche artistique

  • Réalisateur :John Boorman
  • Scénario :John Boorman
  • Scripte :Elaine Schreyeck
  • Interprètes :Sarah Mile (Grace Rohan)
    David Hayman (Clive Rohan)
    Derrick O’Connor (Mac)
    Susan Woolridge (Molly)
    Sammi Davis (Dawn Rohan)
    Ian Bannen (Grand-père)
    Sebastian Rice-Edwards (Bill Rohan)
    Jean-Marc Barr (Bruce)
    Annie Leon (Grand-Mère)
    Amelda Brown (Hope)
    Jill Baker (Faith)
    Katrine Boorman (Charity)
    Geraldine Muir (Sue Rohan)
    Nicky Taylor (Roger)
    Gérald James (Le Directeur de l’école)
    Sara Langton (Pauline)
    Barbara Pierson (L’Institutrice)
    Charley Boorman (Le Pilote de la Luftwaffe)
    Susan Brown (Mrs. Evans)
    Colin Higgins (Le Copain de Clive)
    Peter Hughes (Le Policier)
    Arthur Cox (Le Chef des sapeurs-pompiers)
    Andrew Bicknell Ann Thornton (Le couple romantique)
    Hannah Nicol (Jane)
    Imogen Cawrse (Jennifer)
    Jodi Andrews Colin Dale (La bande de jeunes)
    Emma Buckley (L’amie de Dawn)

Fiche technique

  • Directeur de la photo :Philippe Rousselot
  • Directeur artistique :Don Dossett
  • Compositeur de la musique :Peter Martin
  • Monteur :Ian Crafford
  • Chef décorateur :Anthony Pratt
  • Monteur son :Ron Davis
  • Casting :Mary Selway
  • Photographe de plateau :Murray Close
  • Procédé image :1.66
  • Chef costumière :Shirley Russell
  • Mixage :Peter Handford
  • Chef monteur :Ian Crafford
  • Coordinateur effets spéciaux :Phil Stokes
  • Premier assistant réalisateur :Andy Armstrong
  • Cadreur :Mike Fox
  • Décoratrice de plateau :Joan Woollard
  • Chef électricien :Chuck Finch
  • Chef constructeur :Syd Nightingale
  • Chef maquilleuse :Anna Dryhurst
  • Chef coiffeuse :Joan Carpenter
  • Chef accessoiriste :George Ball
  • Assistante à la réalisation :Telsche Rotcage
  • Régisseurs d'extérieurs :Peter Cotton
  • Seconds assistants réalisateurs :Melvin Lind
    Julian Wall
  • Pointeur :Ronald Anscombe
  • Clap / Chargeur caméra :Jason Wrenn
  • Assistant opérateur :Bill Geddes
  • Chef habilleur :Steven Hubbard
  • Assistants habilleurs :Sue Honeybourne
    James Langan
    Joanna Measure
  • Perchiste :John Stevenson
  • Maintenance son :Don Brown
  • Premier assistant monteur :Pat Brennan
  • Superviseurs effets spéciaux :Rodny Fuller
    Mike Collins
  • Techniciens effets spéciaux :Joe Fitt
    Sean Collins
    Brian Wood
  • Assistant directeur artistique :Kevin Phipps
  • Acheteur accessoires :Ron Quelch
  • Dessinateur :Gary Tomkins
  • Artiste décorateur :Ted Michel
  • Achats construction :Stan West
  • Maître charpentier :Reg Keywood
  • Accessoiristes de plateau :Stan Cook
    Kevin Wheeler
  • Assistante maquilleuse :Penny Shawyer
  • Assistante coiffeuse :Ann Townsend
  • Résumé et notes

    • Genre : Guerre
    • Durée : 113 minutes

    RÉSUMÉ

    (Extraits du journal secret de Bill Rohan, 9 ans) 3 septembre 1939 : Aujourd’hui, l’Angleterre est entrée en guerre ! Je jouais avec mes soldats de plomb quand le Premier ministre nous apprit la chose à la TSF. Maman a fondu en larmes, évidemment, et nous a tous serrés dans ses bras. Papa a pris un air triste, mais j’ai bien vu que ça lui déplaisait pas d’aller se battre. Il a de bons souvenirs de la Grande Guerre, à ce qu’il paraît… Cette nuit, j’ai rêvé des tranchées… Maman n’a pas voulu se séparer de moi et de mes deux sœurs (Dawn, elle a quinze ans, et pense qu’à se faire belle ; Sue, la petite, a seulement cinq ans et comprend rien à rien : il va falloir que je m’occupe d’elle…). Nous restons donc dans Rosehill Avenue, où toutes les maisons se ressemblent… Cette nuit, c’était la fête : sirènes, explosions, un vrai feu d’artifice ! La maison en tremblait et une autre a cramé, pas loin de chez nous. Dawn est sortie en chemise de nuit et s’est mise à danser… Le matin, je vais fouiller dans les décombres, où je ramasse des éclats d’obus, des bouts de métal calcinés… A l’école, j’ai appris que l’Empire britannique couvre les 2/5 du globe. C’est pour défendre ces terres que nous luttons, a dit l’instit’. J’étais arrivé en retard, le dirlo m’a donné dix coups de règle. Après cela, il nous a expliqué que la discipline nous ferait gagner la guerre… Alerte ! Nous quittons la classe et courons aux abris. Nous enfilons nos masques à gaz et attendons que ça se finisse. Avec un peu de chance, nous rentrons directement chez nous… Ça y est, j’ai trouvé une bande de copains qui passent leurs journées dans une maison bombardée. Pour montrer que je suis à la coule, j’ai dû jurer. C’est bête, mais c’est la règle. J’ai dit « Fuck » et ça a jeté un froid. Après cela, Pauline – qui vient tout juste de perdre sa maman et qui en est toute retournée – leur a montré sa zezette. Moi, j’ai pas voulu regarder… Un avion allemand s’est craché près de chez nous. Le pilote a pu sauter en parachute et s’est posé dans un champ de choux-fleurs. Un vieux policier est venu l’arrêter. Le Boche s’est laissé emmener. En passant, il a fait de l’œil à Dawn. Ce soir, Dawn s’est dessiné des « bas » en se passant un crayon sur les jambes. Elle a été danser le jitterbug et je crois qu’elle a rencontré un gars… Je ne m’étais pas trompé ! Je les ai surpris dans les ruines, serrés l’un contre l’autre, l’air vachement congestionné. Je les ai chassés à coups de pierre… Ce soir j’ai entendu Dawn et Maman se disputer au sujet de ce jeune homme (un pilote canadien qui s’appelle Bruce). « Si tu aimes ce garçon, présente-le-moi », a dit Maman. Dawn lui a juré que c’était pas de l’amour, mais je sais bien qu’elle va le retrouver toutes les nuits. Je comprends rien aux femmes… Molly, l’amie de la famille, a quitté son mari. Mac, qui a toujours eu un faible pour Maman, mais qui était trop timide pour se déclarer… Papa est en perm’. Vu son âge canonique, bientôt quarante ans ! – on l’emploie comme secrétaire. Il nous a ramené de la confiture allemande, qui est presque aussi bonne que la nôtre… On est allés au ciné voir un de ces machins patriotards et romantiques plein de « Je t’aime » et de violons dégoûtants… Mac nous a emmenés en pique-nique au bord de la mer. Maman a fait le poirier entre deux lignes de barbelés et s’est laissé dire des bêtises. Quand on est arrivés dans la rue, notre maison avait brûlé. Je ne m’en remettrai jamais. Tous mes soldats de plomb ont fondu… Grand-père nous invite dans sa maison de campagne. Il me fait un peu peur parce qu’il crie tout le temps. Il aime pas trop ses filles – Hope, Faith, Charity et Maman, qui s’appelle Grace – et ne manque pas une occasion de dire du mal des femmes, bien qu’il en ait connu des ribambelles… Dawn grossit de jour en jour. C’est la faute à Bruce, qui a disparu. Elle pleure quand on parle de lui, mais elle n’a rien fait pour le retenir… Bruce est de retour ! Il a déserté pour rejoindre ma sœur, qui a fini par accepter de l’épouser. Il était temps : elle venait à peine d’enfiler l’anneau nuptial qu’elle accouchait, et que la P.M. rembarquait l’heureux père… Je passe mes journées à la rivière ou à jouer au cricket avec grand-père. Les vacances sont bientôt finies… Chic, l’école a brûlé ! Merci, Adolf, pour ces quelques jours de liberté ! Ce que j’aime la guerre… D’après le synopsis publicitaire du film

    En savoir plus

    Prix et distinctions : Golden Globe du meilleur film musical ou comédie 1988

    Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

    • Souvenirs d’enfance de John Boorman

    Un monde de femmes

    « J’avais deux sœurs, trois tantes du côté de ma mère, et une du côté de mon père. Lorsque celui-ci partit à la guerre, il me laissa dans une maison exclusivement peuplée de femmes. Aucun mâle n’était plus là pour contrôler leurs excès : leurs soudaines et mystérieuses crises de larmes, leurs rires vulgaires et complices à chaque allusion sexuelle, la choquante indifférence qu’elles affichaient à l’égard de leur mystère et de leurs épanchements, ni les étreintes sous lesquelles elles m’étouffaient, me pressant contre leurs corps d’une ineffable douceur, tandis que j’aspirais avidement leurs odeurs, m’abandonnant, écarlate, à une honte aigüe et vertigineuse…

    Mon père

    « Mon père n’était pas snob. Il ne méprisait pas les classes inférieures, mais respectait profondément ses supérieurs, et se sentait menacé lorsque les choses sortaient de leur cours ordinaire. C’était un patriote sentimental, un royaliste passionné, un Tory invétéré… Lorsque la radio diffusait l’hymne national, il insistait pour que nous nous tenions au garde-à-vous, les poings fermés et les pouces sur la couture du pantalon. Il me surprit une fois au lit, écoutant « God Save the King ! » sur mon poste à galène. « Debout ! » m’ordonna-t-il. C’était par une froide nuit d’hiver, durant la guerre, et la chambre était glaciale. Je trouvai une parade ingénieuse : « Le fil de l’écouteur est trop court, si je me lève, je ne pourrai plus entendre la musique ». « Ce n’est pas nécessaire de l’entendre, fils », rétorqua-t-il d’une voix paternelle et pleine de sagesse. « Du moment que tu sais qu’on le joue quelque part, tu dois te lever ». « Mais, papa, on gèle », gémis-je. Il se radoucit : « Soit, passons pour cette fois. Mais couche-toi au garde-à-vous, et n’oublie pas : les pouces sur la couture de ton pyjama… »

    La « nouvelle bourgeoisie » anglaise des années trente

    D’où provenait cette classe sociale ? Certains de ses membres avaient appartenu à la moyenne bourgeoisie, la plupart était issus du prolétariat. Ils avaient désavoué et oublié leur passé à tel point que la plupart de leurs enfants ignoraient leurs origines et n’avaient aucun souvenir de famille. Nous nous observons d’un œil méfiant, nous restions perpétuellement sur nos gardes, ne sachant comment nous comporter. Le petit monde close de la « famille nucléaire » se mettait en place, avec ses cités-dortoirs, peuplées de banlieusards déracinés et amnésiques… Pour remplir le vide confortable où nous étions installés après avoir rompu nos liens avec la société traditionnelle, il y avait la radio. Elle était allumée à longueur de journée pour exorciser l’angoisse du silence. Mais on y parlait rarement de notre monde. Les émissions nous parvenaient d’un pays lointain dont les autochtones s’exprimaient avec des accents aussi étranges que les héros des films américains ou des comédies mondaines anglaises. Nous ne pouvions concevoir de rencontrer de telles gens ou de partager leurs expériences, et cela accentuait encore notre sentiment d’isolement. Nous ne savions plus qui nous étions, et n’osions plus exprimer publiquement la moindre émotion. Nous ne nous permettions plus d’être gais et avions honte de la douleur d’autrui.

    La guerre fut pour nous une véritable bénédiction. Elle nous donna une cause commune, des rations égales, un objectif commun, et surtout elle nous donna un mythe, nourri par la radio, la presse et le cinéma, qui nous permit d’oublier nos inhibitions dans un grand élan de patriotisme…

    • Sortie : 25 novembre 1987 en France;
    Date de la publication électronique :19 août 2013
    Sources :