Attila Marcel  –  Sylvain Chomet  –  2013

Fiche générale

Affiche
  • Durée : 106 minutes
  • Producteur : Claudie Ossard
    Chris Bolzli
    Florian Genetet-Morel (coproducteur)
    Romain Le Grand (producteur associé)
  • Production : Pathé
    France 3 Cinéma...
  • Distribution : Pathé
  • Réalisateur : Sylvain Chomet
  • Interprètes : Guillaume Gouix (Paul / Attila Marcel)
    Anne Le Ny (Madame Proust)
    Bernadette Lafont (Tante Annie)
    Hélène Vincent (Tante Anna)
    Luis Rego (Monsieur Coehlo)
    Fanny Touron (Anita)...
  • Scénario : Sylvain Chomet
  • Dialogues : Sylvain Chomet
  • Producteur exécutif : François-Xavier Decraene
  • Producteur délégué : Eurowide Film Production
  • Directeur de la photographie : Antoine Roch
  • Compositeur de la musique : Sylvain Chomet
    Franck Monbaylet
  • Monteur : Simon Jacquet
  • Chef décorateur : Carlos Conti
  • Costumier : Olivier Bériot

Production

  • Producteur : Claudie Ossard
    Chris Bolzli
    Florian Genetet-Morel (coproducteur)
    Romain Le Grand (producteur associé)
  • Production : Pathé
    France 3 Cinéma
    Appaloosa Développement
  • Distribution : Pathé
  • Producteur délégué : Eurowide Film Production
  • Producteur exécutif : François-Xavier Decraene
  • Avec la participation de : Canal+
    Ciné+
    France Télévisions
  • En association avec : Hoche Images
    Confinova 9
    Manon 3
  • Le soutien de : Procirep

 

Fiche artistique

  • Réalisateur : Sylvain Chomet
  • Scénario : Sylvain Chomet
  • Dialogues : Sylvain Chomet
  • Scripte : Christine Sivan
  • Interprètes : Guillaume Gouix (Paul / Attila Marcel)
    Anne Le Ny (Madame Proust)
    Bernadette Lafont (Tante Annie)
    Hélène Vincent (Tante Anna)
    Luis Rego (Monsieur Coehlo)
    Fanny Touron (Anita)
    Kea Kaing (Michelle)
    Jean-Claude Dreyfus (Monsieur Kruzinsky)
    Vincent Deniard (Gégé, l'ami d'Attila)
    Cyril Couton (Le Docteur)
    Philippe Soutan (Le Concierge)
    Guilhelm Pellegrin (Monsieur Chassepot de Pissy)
    Jean-Paul Solal (Monsieur Pineton de Chambrun)
    Jean-Pol Brissart (Monsieur Berkoff)

Fiche technique

  • Directeur de la photo : Antoine Roch
  • Compositeur de la musique : Sylvain Chomet
    Franck Monbaylet
  • Ingénieur du son : Jean-Paul Mugel
    Olivier Walczak (monteur son)
    Sébastien Wera (monteur son)
  • Monteur : Simon Jacquet
  • Chef décorateur : Carlos Conti
  • Costumier : Olivier Bériot
  • Chorégraphie : Dominique Hervieu
  • Maquilleur : Myriam Hottois
  • Casting : Gérard Moulévrier
  • Photographe de plateau : Etienne George
  • Régisseur : Christophe Anzoli
    Logan Lelièvre
  • Assistant réalisateur : Mathilde Cavillan (1er assistant réalisateur)
  • Supervision post-production : Cédric Ettouati (directeur de post-production)
  • Mixeur : Emmanuel Croset
  • Chef coiffeur : Michel Demonteix

 

Résumé et notes

  • Durée : 106 minutes

RÉSUMÉ

Paul a la trentaine, il vit dans un appartement parisien avec ses tantes, deux vieilles aristocrates qui l’ont élevé depuis ses deux ans et rêvent de le voir devenir pianiste virtuose. Sa vie se résume à une routine quotidienne, entre le grand piano du salon et le cours de danse de ses tantes où il travaille en tant qu’accompagnateur. Isolé du monde extérieur, Paul a vieilli sans jamais avoir vécu… Jusqu’au jour où il rencontre Madame Proust, sa voisine du quatrième étage. Cette femme excentrique possède la recette d’une tisane aux herbes capable, grâce à la musique, de faire ressurgir les souvenirs les plus profondément enfouis. Avec elle, Paul va découvrir son histoire et trouver la clé pour enfin vivre sa vie…

D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

  • ENTRETIEN AVEC SYLVAIN CHOMET, REALISATEUR

Qu’est-ce qui vous a poussé à passer du cinéma d’animation à ce long métrage en prises de vues réelles ?

Tourner avec des acteurs est un rêve d’enfant mais je pensais ne jamais pouvoir le réaliser : je viens du dessin ; pour moi, c’était un autre métier. C’est Claudie Ossard qui m’a donné ma chance en 2006 en me proposant un épisode de PARIS JE T’AIME. L’animation coûtant plus cher qu’un film en vues réelles, le financement du projet a été difficile et, l’argent enfin obtenu, s’est posé le problème des délais, beaucoup plus longs que pour les autres courts métrages du programme. J’ai alors proposé à Claudie de réaliser le film en vues réelles. «Tour Eiffel» a été une expérience fondatrice : je me suis vraiment senti dans mon élément. (…)

ATTILA MARCEL est d’abord une chanson qu’on retrouve dans la bande originale des TRIPLETTES DE BELLEVILLE.

Un jour, j’ai eu l’idée du titre. Je l’ai noté sur un post-it que j’ai laissé traîner sur la table de la salle à manger en pensant : «Ce sera un film !». Nous étions en 2000, je travaillais sur LES TRIPLETTES et m’est venue cette chanson - «Moi mon homme c’est un vrai / C’est un dur, un balaise / Je vois la mort de près / Dans ses yeux de braise / Il me fait ce que personne n’ose / Il couvre mon corps d’ecchymoses / Il m’assomme, Il m’poche les yeux / Il m’fait la vie en bleu» - ce pastiche d’Edith Piaf qui est effectivement sorti dans la BO des TRIPLETTES. «Attila Marcel» a ensuite vécu sa vie sur YouTube.

Vous n’aviez alors pas de scénario ?

Des bribes ; quelques scènes – celles du cours de danse notamment avec ces gens aux physiques incroyables existaient par exemple, sous la forme d’esquisses. Je savais aussi qu’il serait question de catch et qu’il y aurait beaucoup de musique. Je ne pars jamais avec une idée préconçue lorsque je démarre l’écriture d’un projet. Disons que je procède comme un archéologue : je trouve un petit bout d’os et me dis qu’il y a sûrement quelque chose en dessous. Chaque petit détail m’amène ensuite à découvrir le reste.

ATTILA MARCEL est l’histoire d’un jeune homme qui vit sous la coupe de ses tantes et dont l’affect est resté bloqué à l’âge de deux ans, à la mort de ses parents.

Ses tantes ont fait le contraire de ce qu’une mère doit faire : elles l’ont étouffé sans essayer de comprendre qui il était réellement ni ce qu’il voulait faire. Il ne sait plus ce qu’est l’affection depuis la disparition de sa mère. Au fond, le film est toute l’histoire de sa relation avec les femmes : sa mère, ses tantes, Madame Proust, avec laquelle il tisse un vrai lien amoureux et qui est une sorte de femme universelle, et évidemment Michelle, la petite violoncelliste chinoise.

Le personnage de Madame Proust est incroyable.

C’est l’antidote des tantes ! Chez elle, on est vraiment dans la lumière ; tout le contraire de l’appartement de Paul et de ses tantes, très sombre, très propre, très nu (à part quelques tableaux d’ancêtres), sinistre quoi ! Quand Paul le découvre, il est d’ailleurs ébloui, il a mal aux yeux.

Au début de l’écriture, Madame Proust était le personnage central du film et c’est Yolande Moreau, avec qui j’avais tourné «Tour Eiffel», qui devait l’interpréter. Peu à peu, l’arrivée de Guillaume Gouix dans le casting et la défection de Yolande ont changé la donne. Claudie Ossard a alors pensé à Anne Le Ny, ce qui était une idée formidable. Des lors, le personnage de Madame Proust s’est développé différemment, en fonction de la sensibilité et la vision très forte qu’Anne s’était faite de Madame Proust. Elle en a fait un personnage très attachant et qui me touche beaucoup. Quant à Paul, il s’est étoffé jusqu’à devenir prépondérant.

Vous évoquiez l’importance prise par le personnage de Paul...

Contre l’avis général, qui le trouvait trop voyou pour incarner un petit-fils d’aristocrate, Guillaume Gouix, que j’avais remarqué sur Internet, s’imposait dans mon esprit : il a quelque chose d’incroyablement touchant dans le regard, je suis tombé amoureux de ses yeux. Guillaume me fait penser à Lino Ventura ; Ventura était extraordinaire dans les emplois comiques et Guillaume a cette même force en lui : ce n’est pas facile de faire rire quand on n’a pas de dialogues !

Revenons à Madame Proust que vous appelez ainsi en référence aux madeleines servies à ses clients en complément des tisanes qu’elle leur administre pour réveiller leur mémoire.

Oui. C’est un petit hommage à l’écrivain et à ses madeleines dont on détourne un peu le sens puisqu’il ne s’agit pas ici de la mémoire olfactive mais de la mémoire auditive. (…)

L’entrée de son appartement évoque plus une porte de placard que celle d’une habitation normale.

On imagine que c’est plus ou moins un squat. Elle a dû casser un mur pour passer dans un autre immeuble - on voit d’ailleurs des traces de coups de massue dans la salle d’attente. Il y a un côté mystique dans l’appartement de Madame Proust : comme dans la mythologie bouddhiste, il faut traverser un long couloir pour aboutir vers la lumière. Arriver chez elle est comme une renaissance. Elle a dû défoncer les planchers pour planter son potager et le concierge a fermé les yeux tout en sachant que c’était illégal. Lorsqu’elle disparaît, l’appartement devient blanc, la couleur du deuil chez les bouddhistes. Il est vide ; il a perdu son âme.

Avec les personnages des tantes que jouent Hélène Vincent et Bernadette Lafont, on retrouve votre passion pour les vieilles dames : celle de La vieille dame et les pigeons, Rose Triplette dans LES TRIPLETTES DE BELLEVILLE...

Les personnes âgées ont une force et une sagesse qui me rassurent. Et elles ont une énergie que bien des gens de 20 ans n’ont pas. En écrivant «La vieille dame et les pigeons» et LES TRIPLETTES, je pensais à ma grand-mère que j’ai peu connue et sur laquelle j’ai beaucoup fantasmé. Pour les tantes, je me suis inspiré d’un dîner auquel un ami m’avait convié alors que j’étais encore jeune homme. Sa famille venait d’un milieu très aristocratique et j’avais été très frappé par la façon dont ces gens et leurs amis parlaient. À l’origine, je voulais que les personnages des tantes soient interprétés par des jumelles. Puis, quand Hélène Vincent et Bernadette Lafont sont arrivées, j’ai décidé que ce serait simplement deux sœurs. On a tous croisé un jour ce genre de sœurs qui ont passé toute leur vie ensemble, auxquelles on ne connaît pas d’amoureux, qui s’habillent exactement pareil et dont chaque geste semble synchrone avec celui de l’autre. Olivier Bériot, le costumier, a fait un magnifique travail sur leurs costumes ; de la même façon, il a réussi à donner à Guillaume, très costaud physiquement, un côté étriqué qui convient à Paul - on le reconnaît à peine quand il joue Attila Marcel. (…)

Quoiqu’il soit tourné en vues réelles, on retrouve, dans ATTILA MARCEL complètement l’univers des TRIPLETTES DE BELLEVILLE : la même drôlerie, la même poésie, une certaine noirceur aussi.

Je ne voulais surtout pas qu’ ATTILA MARCEL donne le sentiment d’être un film dessiné. Il s’agissait au contraire de me détacher du côté graphique de mes précédents longs métrages. Quel que soit le côté farfelu des décors et des situations, tout devait paraître plausible. Mais on n’échappe pas à son style et ATTILA MARCEL est effectivement assez proche des TRIPLETTES. C’est un film avec lequel je me sens une grande filiation. En revanche, j’ai découvert tout ce qu’on ne peut pas avoir en animation : le plaisir des dialogues dont je m’étais éloigné en quittant l’univers de la BD ; celui, plus subtil encore, du jeu – on ne pourra jamais faire jouer un personnage de dessin animé comme on fait jouer un acteur. C’est merveilleux de pouvoir filmer les yeux des comédiens et d’y voir apparaître quelque chose !

Pour en revenir à la noirceur que vous évoquiez, il me semble que je ne pourrais pas faire une comédie sur un sujet joyeux, c’est ainsi, c’est ma sensibilité.

Depuis vos débuts, vous vous réclamez des expressionnistes allemands, du cinéma réaliste italien et des Monty Python. On pense aussi évidemment à Caro et Jeunet…

…qui viennent eux aussi de l’animation ! J’ai vécu pas mal d’années au Royaume-Uni. En fait, je me sens surtout influencé par l’humour britannique ; un humour très noir que je trouve très salvateur. (…)

ATTILA MARCEL a été en grande partie tourné dans les studios de Bry-sur-Marne.

Les seules choses qu’on ait tourné en extérieurs sont le cours de danse, que nous avons filmé rue du Cygne, dans les Halles, la façade de l’immeuble des tantes et de Madame Proust, et les scènes du parc, avec cet arbre magnifique, à Levallois-Perret. Il aurait été impossible de créer les décors des appartements de Madame Proust et des tantes ailleurs qu’en studio ; il y avait beaucoup trop d’éléments. Carlos Conti, le décorateur, a fait un travail remarquable.

Il y a toujours une profusion de détails dans vos films ; ce piano surdimensionné, par exemple, dans l’appartement des tantes, qui ressemble à un corbillard...

Ce piano, c’est le deuil de la jeunesse de Paul. Il est d’une laideur incroyable. Je le voyais comme un animal, quelque chose de mauvais. Le salaud du film, c’est lui !

Au quotidien, il devient un véritable instrument de torture pour le personnage ; tout comme cet appareil qu’on lui offre, destiné à muscler les doigts et sur lequel Schumann se serait cassé l’annulaire.

Paul subit le quotidien des concertistes contraints de travailler leur instrument huit heures par jour et celui, plus pénible encore, de ces gamins qu’on force à jouer du piano, qui deviennent très bons techniquement sans avoir véritablement de motivation pour la musique. Sa seule source de bonheur, c’est son petit bureau : dès qu’il l’ouvre, la lumière arrive, tout devient chaleureux. (…)

La musique joue toujours un rôle important dans vos films.

Sans être une comédie musicale – il n’y a que deux passages chantés dans le film, la scène du berceau et celle de la plage, je vois en effet ATTILA MARCEL comme un film musical. Avec Franck Monbaylet, qui a écrit toutes les pièces de piano, nous avons fait en sorte que chaque personnage ait son propre thème, et que chaque musique, y compris le morceau de disco, soit à trois temps: quand on danse sur un trois temps, on se balance, un peu comme lorsqu’on berce un enfant ou que l’on prend quelqu’un dans ses bras. C’est chaleureux ; presque maternel. (…)

Autre clin d’œil à la comédie musicale, les chorégraphies, très nombreuses.

Elles ont été réglées par Dominique Hervieu, une chorégraphe dont j’avais vu les spectacles à Edimbourg. On trouve, dans sa compagnie, des danseurs aux physiques multiples – des grands, des gros, des maigres – et c’est exactement ce que je souhaitais pour la scène qui se déroule sur la plage. Il fallait que ce soit de vraies personnes qui dansent.

Il y a un petit côté nostalgique à revisiter les années soixante-dix.

Il y a toujours de la mélancolie à retrouver des images de gens qui nous ont quittés. Mais je refuse d’y voir le moindre signe passéiste. ATTILA MARCEL est, au contraire, un film ouvert sur l’avenir.

Parlez-nous du tournage.

J’ai refusé de faire un story-board : je ne voulais pas courir le risque de figer mon travail en revenant aux méthodes du dessin. Du coup, Antoine Roch, mon directeur photo et moi avons beaucoup improvisé sur le plateau et cela donne de la fraîcheur au film. Mais je me refuse à parler de direction d’acteurs : si le casting est bon – et il l’était, grâce au talent de Gérard Moulévrier – et si l’envie est là – Hélène Vincent et Bernadette Lafont se sont lancées dans l’aventure comme s’il s’agissait de leur premier film – il n’y a presque rien à faire.

Et le montage ?

Une découverte totale. Lorsqu’on réalise un film d’animation, le montage réserve peu de surprises : c’est presqu’un bout à bout. En vues réelles, c’est un moment infiniment créatif : on peut vraiment faire quarante films à partir du matériel qu’on a tourné. Entre les mains de Simon Jacquet, ATTILA MARCEL est ainsi devenu un film très tendre. Les tantes, par exemple, sont devenues des victimes alors que, sur le papier, j’en avais fait des monstres. J’ai hâte de m’asseoir à nouveau à une table de montage avec Simon. (…)


  • Sortie : 30 octobre 2013
Date de la publication électronique : 04 novembre 2013
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé