Philomena  –  Stephen Frears  –  2014

Fiche générale

  • Titre original : Philomena
  • Durée : 98 minutes
  • Producteur :Gabrielle Tana
    Steve Coogan
    Tracey Seaward
  • Production :Baby Cow
    Magnolia Mae Films...
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Stephen Frears
  • Interprètes : Judi Dench (Philomena)
    Steve Coogan (Martin Sixsmith)
    Sophie Kennedy Clark (Philomena jeune)
    Anna Maxwell Martin (Jane)
    Peter Hermann (Pete Olsson)
    Michelle Fairley (Sally Mitchell)
    Barbara Jefford (Soeur Hildegarde)
    Ruth McCabe (Mère Barbara)...
  • Scénario :Steve Coogan
    Jeff Pope
  • Adaptation :D'après le livre de Martin Sixsmith "The Lost Child of Philomena Lee" à paraître aux Editions Presses de la Cité
  • Producteur exécutif :Henry Normal
    Christine Langan
    Cameron McCracken
    François Ivernel
    Carolyn Marks Blackwood
  • Directeur de la photographie : Robbie Ryan
  • Compositeur de la musique : Alexandre Desplat
  • Monteur : Valerio Bonelli
  • Chef décorateur : Alan McDonald
  • Costumier : Consolata Boyle

Production

  • Titre original : Philomena
  • Producteur :Gabrielle Tana
    Steve Coogan
    Tracey Seaward
  • Production :Baby Cow
    Magnolia Mae Films
    BBC Films
    Pathé
    British Film Institute (BFI)
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Producteur exécutif :Henry Normal
    Christine Langan
    Cameron McCracken
    François Ivernel
    Carolyn Marks Blackwood

Fiche artistique

  • Réalisateur :Stephen Frears
  • Scénario :Steve Coogan
    Jeff Pope
  • Adaptation :D'après le livre de Martin Sixsmith "The Lost Child of Philomena Lee" à paraître aux Editions Presses de la Cité
  • Interprètes :Judi Dench (Philomena)
    Steve Coogan (Martin Sixsmith)
    Sophie Kennedy Clark (Philomena jeune)
    Anna Maxwell Martin (Jane)
    Peter Hermann (Pete Olsson)
    Michelle Fairley (Sally Mitchell)
    Barbara Jefford (Soeur Hildegarde)
    Ruth McCabe (Mère Barbara)
    Mare Winningham (Mary)

Fiche technique

  • Photographie :Robbie Ryan
  • Compositeur de la musique :Alexandre Desplat
  • Monteur :Valerio Bonelli
  • Chef décorateur :Alan McDonald
  • Costumier :Consolata Boyle

Résumé et notes

  • Durée : 98 minutes

RÉSUMÉ

Irlande, 1952. Philomena Lee, encore adolescente, tombe enceinte. Rejetée par sa famille, elle est envoyée au couvent de Roscrea. En compensation des soins prodigués par les religieuses avant et pendant la naissance, elle travaille à la blanchisserie, et n’est autorisée à voir son fils, Anthony, qu’une heure par jour. À l’âge de trois ans, il lui est arraché pour être adopté par des Américains. Pendant des années, Philomena essaiera de le retrouver.

Quand, cinquante ans plus tard, elle rencontre Martin Sixmith, journaliste désabusé, elle lui raconte son histoire, et ce dernier la persuade de l’accompagner aux Etats-Unis à la recherche d’Anthony.

D’après le synopsis publicitaire du film

En savoir plus

Prix et distinctions : Prix du Meilleur Scénario (Mostra Internazionale d'Arte Cinematografica - La Biennale di Venezia 2013)

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

  • RENCONTRE AVEC STEVE COOGAN

Vous produisez, coécrivez et interprétez l’un des rôles principaux de PHILOMENA. Quelle a été l’origine de ce projet ?

En 2010, j’ai lu un article sur le site du Guardian alors que je me trouvais à New York. Il était intitulé : «L’Église catholique a vendu mon enfant». Il s’agissait d’une interview de Martin Sixsmith à propos de son livre, The Lost Child of Philomena Lee. Il y évoquait les détails et les grandes lignes de l’histoire. Ce papier m’a beaucoup ému. Peu après, j’ai rencontré par hasard la productrice Gaby Tana et lui en ai parlé. Elle m’a alors proposé de le coproduire. J’ai pris contact avec Martin et les droits d’adaptation étant disponibles, j’ai donc pris une option dans l’espoir de pouvoir développer le projet.

Qu’est-ce qui vous a particulièrement intéressé dans l’histoire de PHILOMENA ?

J’étais à la recherche d’un projet que je puisse développer en parallèle de mes autres projets, majoritairement des comédies. Cette histoire m’a touché et a fait vibrer une part intime en raison de mes origines catholiques. D’autre part, je l’ai trouvée universelle. L’histoire nous transporte également en Irlande et aux États-Unis : l’Ancien et le Nouveau Monde. J’ai pensé que cela trouverait un écho chez beaucoup de gens, notamment en raison du lien particulier qui unit ces deux pays. J’ai été saisi par une photo de Martin et de Philomena assis côte à côte sur un banc et par le duo improbable qu’ils formaient. Martin était journaliste, c’est un intellectuel issu de la classe moyenne, diplômé des plus grandes universités anglaises, et il avait fait la connaissance de cette infirmière irlandaise à la retraite, issue de la classe ouvrière. Leur relation m’a tout de suite intrigué.

Avez-vous pensé à produire vous-même le film dès le début ?

Oui, mais je n’avais pas l’intention de l’écrire. Bien que j’aie trouvé le livre intéressant, ce n’était pas l’histoire que je voulais véritablement raconter. Je me suis donc mis à la recherche d’un coscénariste. Gaby a organisé un rendez-vous avec Christine Langan de chez BBC Films, qui nous a conseillé le scénariste Jeff Pope.

Jeff et moi avons créé une histoire qui s’est transformée, d’une certaine manière, en un road-movie sur deux personnages dont la vision du monde est opposée mais qui finissent par accepter qu’il existe d’autres points de vue que le leur, et ce faisant, posent un nouveau regard sur leur propre existence. C’est une histoire sur la tolérance et la compréhension.

Le contraste entre les deux personnages est intéressant. Martin est sophistiqué, intelligent et instruit, tandis que Philomena est d’origine plus modeste, elle est impressionnée par la vie d’opulence qu’il mène et tout ce qu’il tient pour acquis, et pourtant elle fait souvent preuve de plus de perspicacité que lui sur le plan social.

En effet, Jeff et moi tenions également à ce que le film oppose l’intuition à l’intellect. Nous avons rencontré Philomena et Martin à plusieurs reprises et avons discuté avec eux pour nous aider à écrire le scénario. Nombre de leurs conversations dans le film sont d’ailleurs inspirées de ces entretiens.

Outre le fait de produire et d’écrire le film, qu’est-ce qui vous a décidé à incarner Martin ?

J’adore jouer dans des comédies, mais j’avais soif de quelque chose de différent, de me lancer dans des projets créatifs et de me mettre au défi. J’ai envie d’explorer les différentes problématiques de la vie. Aujourd’hui, j’aspire davantage à utiliser la comédie comme un outil au service d’autre chose. L’humour peut aider à faire passer un message plus sérieux. Par exemple, comment peut-on rendre une histoire comme celle de PHILOMENA plaisante et positive ? C’est ce type de défi qui m’intéresse. On peut notamment intégrer des éléments comiques entre les deux personnages pour susciter le rire.

Interpréter Martin a-t-il été difficile ?

Oui, par certains aspects. Dans le personnage, il y a un peu de moi et un peu de Martin. Ce qu’il vit est très similaire à ce qu’a vécu Martin. Le plus difficile a été de résister à mon instinct comique. Martin est souvent venu nous rendre visite sur le tournage alors que je jouais son rôle, et je lui ai demandé de m’observer et de me donner des indications.

Vous avez eu beaucoup de chance que Judi Dench accepte d’incarner Philomena…

Oui, cela va sans dire. Tandis que nous écrivions le scénario, j’ai dit à Jeff : «Ce serait fantastique si Judi Dench acceptait de prendre part au projet. N’ayons pas peur de viser le plus haut possible.» Et elle nous a donné son accord.

Quant à Stephen Frears, quelle a été précisément son influence ?

Stephen ne laisse rien au hasard. Il est pointilleux et rigoureux, mais c’est très constructif. Nous avons eu de longues conversations au sujet du scénario. Nous avons beaucoup discuté de l’histoire et du fait qu’elle comprenait à la fois des éléments tragiques et comiques. Stephen a évoqué les films de Billy Wilder, qu’il affectionne particulièrement, et je lui ai parlé de mon admiration pour Jack Lemmon, qui est apparu dans de nombreux films de Wilder. Ensemble, ils ont fait des films qui ne sont pas faciles à étiqueter tant ils empruntent à différents genres. Ils ont réussi à trouver l’équilibre entre humour et drame.

  • NOTES DE PRODUCTION

Un duo improbable : Steve Coogan et Judi Dench

Judi Dench : «J’avais travaillé avec Billy Connolly sur LA DAME DE WINDSOR, et Steve Coogan et Billy se ressemblent beaucoup d’une certaine manière. Ce sont tous les deux de grands acteurs comiques, mais ils s’impliquent énormément lorsqu’ils incarnent des rôles dramatiques, loin de leur univers habituel. Bien entendu, entre les prises, ils vous font pleurer de rire. Plus l’atmosphère est tendue, mieux c’est. Si nous avions tourné une comédie, peut-être aurions-nous pleuré entre les prises ! Steve est un brillant imitateur ; dans la voiture qui nous emmenait sur le tournage, il s’amusait à imiter des célébrités.»

Steve Coogan : «On se taquinait, on se chambrait. Cela nous a permis de détendre l’atmosphère. Nous avons beaucoup ri pour un film sur un sujet aussi grave. Après avoir rencontré Judi et avoir appris à la connaître, je me suis senti plus à l’aise. Je l’avais vue dans IRIS, et c’était l’image que j’avais gardée d’elle. J’espérais qu’elle apprécierait le fait que le rôle de Philomena soit différent. C’est un rôle magnifique et il n’en existe pas tant que cela. C’est un personnage entier. Lorsqu’elle a mis sa perruque, je me suis dit que je ferais mieux de me retrousser les manches, de hausser mon niveau de jeu et de faire mon possible pour ne pas être éclipsé par sa présence. Pourtant, sur le tournage, j’ai rarement vu Judi Dench : j’étais face à Philomena. Nous évoluions donc d’une certaine manière dans un univers différent. Nous n’étions pas là pour animer un talk-show et faire la fête, mais pour tourner des scènes que nous voulions justes.»

Philomena : du livre à l’écran

Philomena Lee a été surprise par le succès public du livre de Martin Sixsmith qui retrace son enquête sur les traces de son fils, The Lost Child of Philomena Lee : «Je n’arrivais pas à croire le nombre de lettres que Martin a reçues après sa parution.»

Mais elle a été encore plus stupéfaite lorsqu’il est devenu certain que le livre de Martin allait être adapté sur grand écran. Sa fille, Jane, se souvient :«J’ai reçu un coup de fil de Martin qui m’a dit que Steve Coogan était intéressé pour adapter le livre. Je me souviens m’être dit que je ne le voyais pas jouer un rôle dramatique.»

Philomena Lee : «Lorsque nous avons rencontré Steve chez Martin, ils m’ont dit qu’ils aimeraient adapter le livre pour le cinéma. Rendez-vous compte : mon histoire ! Je ne pensais pas que cela se ferait un jour. Mais Steve avait l’air véritablement touché par mon parcours. Lors de notre second rendez-vous, ils m’ont dit que Judi Dench avait fait part de son intérêt pour jouer mon rôle. J’étais plus que ravie !»

Jeff Pope, qui a coécrit le scénario du film avec Steve Coogan, se souvient : «Pour résumer, il s’agissait de l’histoire d’une Irlandaise qui part à la recherche du fils que des bonnes soeurs lui ont enlevé 50 ans plus tôt. À aucun moment Steve Coogan n’a été tenté d’écrire une réplique comique. Notre but était d’être fidèles aux faits, tout en mettant l’accent sur l’émotion. Nous savions qu’il serait intéressant d’explorer le choc des cultures. Mais ce qui m’a vraiment plu, c’est l’idée qu’a eue Steve de faire de Martin un personnage. Martin n’apparaissait pas dans le livre, Steve a donc eu l’idée de raconter l’histoire de cet homme de la classe moyenne, diplômé d’ «Oxbridge» et ancien chargé de communication pour le gouvernement britannique, et de cette modeste vieille dame irlandaise. Cette association a constitué notre point de départ. Martin a accueilli cette idée avec enthousiasme. Nous en avons également discuté avec Philomena et lui avons dit que nous voulions raconter l’histoire qui avait mené à l’écriture du livre. Ça a été une aventure intéressante pour elle. Le jour des 50 ans de son fils perdu, elle a confié à sa fille qu’elle avait eu un enfant hors mariage 50 ans plus tôt, qu’elle avait dû l’abandonner et que depuis, elle était à sa recherche. Je ne crois pas qu’elle se soit imaginé une seconde que son histoire aboutirait sur grand écran. Elle a été élevée dans la religion catholique et ressent encore beaucoup de culpabilité par rapport à ce qui lui est arrivé. Elle s’inquiétait de savoir ce que les gens allaient penser d’elle. Elle ne voulait pas embarrasser sa famille. Mais je pense que le film lui a permis de prendre conscience qu’aujourd’hui encore, des milliers de gens sont confrontés à la même situation. Si en parler permet ne serait-ce qu’à une mère et son enfant de se retrouver, alors, pour elle, cela en vaut la peine.»

De son livre, Martin Sixsmith dit : «Comme beaucoup de bonnes histoires, celle-ci est née d’une coïncidence. Lors d’une soirée, j’ai rencontré quelqu’un, qui, sachant que j’étais journaliste, m’a raconté l’histoire de Philomena et de son fils perdu. C’était une histoire tellement poignante que j’ai ressenti le devoir de la raconter. Elle parlait d’amour, de séparation, d’espoir et finalement de rédemption. J’ai fait beaucoup de choses dans ma vie – j’ai travaillé pour le gouvernement, pour la BBC, j’ai été historien – mais je n’avais encore jamais raconté une histoire vécue. Et plus Philomena et moi travaillions ensemble, plus cela me semblait en valoir la peine. Nous menions en quelque sorte une enquête policière. Nous savions ce qui était arrivé à son fils : il avait été adopté et était parti aux États-Unis, mais nous ignorions tout de sa vie. Philomena était partagée à l’idée que j’écrive ce livre. Durant 50 ans, elle a eu le sentiment d’avoir commis une faute et de devoir garder tout cela pour elle. Mais je suis journaliste, c’est dans ma nature. Je ne suis ni irlandais ni catholique, j’ai donc pu écrire cette histoire avec un peu plus de distance.»

Le fait que Judi Dench ait très tôt donné son accord pour le film fut un réel avantage. L’actrice se souvient : «Steve a contacté Tor Belfrage, mon agent, et lui a exposé les grandes lignes de l’histoire. Tor m’a appelée pour me raconter le parcours de cette femme extraordinaire, toujours en vie, qui avait rencontré Martin Sixsmith et entrepris de découvrir ce qu’il était advenu de son fils. Steve est venu me rendre visite chez moi, nous nous sommes installés dans mon jardin. Il s’est mis à me lire le scénario et j’ai immédiatement été conquise.»

Il restait cependant un choix important à faire : celui du réalisateur. Gabrielle Tana se souvient : «Nous avions pensé à beaucoup de réalisateurs, mais Stephen Frears arrivait en tête de notre liste. Christine Langan, qui avait collaboré avec lui sur THE QUEEN, lui a remis le scénario, qui a éveillé sa curiosité.» Stephen a travaillé sur le scénario avec Steve et Jeff durant trois mois avant de nous dire qu’il était partant. J’ai ensuite approché Cameron McCracken, chez Pathé, afin qu’ils distribuent le film. Cameron m’a très vite recontactée : il était séduit par le scénario et l’idée de retravailler avec Stephen et Judi, et nous a immédiatement donné son accord.»

Stephen Frears : «Plusieurs éléments ont aiguisé ma curiosité dans cette histoire. J’ai particulièrement apprécié le fait qu’il s’agisse d’une histoire dramatique doublée d’une sorte de comédie romantique. C’est à la fois triste et joyeux, ce qui constitue un mélange particulièrement intéressant.»

Stephen Frears était également ravi à l’idée de retravailler avec Judi Dench. PHILOMENA est leur quatrième film ensemble. Leur première collaboration, un téléfilm BBC intitulé «Going Gently», remonte à 1981 ; ils s’étaient également retrouvés sur MADAME HENDERSON PRÉSENTE. Stephen Frears a également rencontré Philomena Lee et se souvient qu’elle était présente lors du tournage des scènes qui se déroulent dans la blanchisserie du couvent. Il raconte : «Je lui ai dit :«Vous ne devriez pas vous trouver ici. Vous avez dû passer toute votre vie à essayer d’échapper à ce lieu.» Philomena est quelqu’un d’incroyable. Il est impossible de deviner qu’elle a traversé une épreuve aussi difficile. Elle ne s’apitoie jamais sur son sort, elle ne porte pas de cicatrice visible. Elle est formidable, c’est une femme sincère, franche et directe. Dans le film, le personnage de Judi a réussi à conserver la foi, c’est également le cas de Philomena.»

Interpréter Philomena fut une grande responsabilité pour Judi Dench : «Lorsque le personnage que l’on joue est encore en vie, on porte une responsabilité encore plus grande. Il faut être d’autant plus fidèle à l’histoire.» Stephen Frears rejoint l’actrice sur ce point : «Raconter la vie de personnes réelles est toujours une grande responsabilité, mais c’est encore plus vrai s’agissant de Philomena, car c’est une femme formidable qui nous montre l’exemple. Mais il m’a semblé qu’avec Judi, elle était entre de bonnes mains.»

Jeff Pope : «Le plus intéressant dans ce film, c’est que la vie y occupe une place centrale et si cela permet aux mères et aux enfants de cette époque de se retrouver, alors c’est merveilleux. Mais le thème principal est celui du triomphe de l’esprit humain. Malgré cette épreuve, le coeur de Philomena est toujours empli d’amour.»


  • Sortie : 08/01/2014
Date de la publication électronique :03 February 2014
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé