Masaan  –  Neeraj Ghaywan  –  2015

Fiche générale

  • Titre original : Masaan
  • Durée : 103 minutes
  • Production :Drishyam Film
    Macassar Productions...
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Réalisateur :Neeraj Ghaywan
  • Interprètes : Richa Chadda (Devi Pathak)
    Vicky Kaushal (Deepak Chaudhary)
    Sanjay Mishra (Vidyadhar Pathak)
    Shweta Tripathi (Shaalu Gupta)
    Nikhil Sahni (Jhonta)
  • Scénario :Varun Grover
  • Compositeur de la musique : Bruno Coulais

Production

  • Titre original : Masaan
  • Production :Drishyam Film
    Macassar Productions
    Phantom Films
    Sikhya Entertainment
  • Distribution : Pathé Distribution
  • Avec la participation de :Arte France
  • Coproducteur :Pathé
    Arte

Fiche artistique

  • Réalisateur :Neeraj Ghaywan
  • Scénario :Varun Grover
  • Interprètes :Richa Chadda (Devi Pathak)
    Vicky Kaushal (Deepak Chaudhary)
    Sanjay Mishra (Vidyadhar Pathak)
    Shweta Tripathi (Shaalu Gupta)
    Nikhil Sahni (Jhonta)

Fiche technique

  • Compositeur de la musique :Bruno Coulais

Résumé et notes

  • Durée : 103 minutes

RÉSUMÉ

Bénarès, la cité sainte au bord du Gange, punit cruellement ceux qui jouent avec les traditions morales. Deepak, un jeune homme issu des quartiers pauvres, tombe éperdument amoureux d'une jeune fille qui n'est pas de la même caste que lui. Devi, une jeune étudiante à la dérive, vit torturée par un sentiment de culpabilité suite à la disparition de son premier amant. Pathak, père de Devi, victime de la corruption policière, perd son sens moral pour de l'argent, et Jhonta, un jeune garçon, cherche une famille. Des personnages en quête d'un avenir meilleur, écartelés entre le tourbillon de la modernité et la fidélité aux traditions, dont les parcours vont bientôt se croiser...

En savoir plus

Prix et distinctions : Sélection officielle au festival de Cannes. Prix Spécial du Jury et Prix Fipresci - Un Certain Regard.

Extraits du dossier de presse du film, collection de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé

  • ENTRETIEN AVEC NEERAJ GHAYWAN

Comment ce projet est-il né ?

Un ami m’a parlé des ghats de crémation à Bénarès, où les corps sont brûlés près de l’eau, selon la tradition. Il m’a expliqué que ceux qui brûlent les corps sont dépourvus d’émotions. J’ai immédiatement été fasciné par son récit.

Que s’est-il passé par la suite ?

Ma vie a totalement changé du jour au lendemain. Dès que j’ai pris cette décision, je me suis mis à écrire des scénarios, qui étaient tous très mauvais ! Finalement, j’ai décidé de m’y consacrer et j’ai proposé à Varun Grover, un ami originaire de Bénarès, d’écrire le scénario avec moi. Nous avons travaillé sur la première mouture pendant un an environ, mais je n’étais pas totalement satisfait. Il faut dire que j’ai une approche documentaire, qui s’inspire de Haneke et des frères Dardenne, et que je trouve essentiel de faire des recherches approfondies sur le sujet qu’on souhaite aborder. Du coup, nous sommes allés à Bénarès pour rencontrer plusieurs personnes proches de nos personnages, avant de retoucher le scénario qui nous semblait comporter beaucoup de lacunes.

À travers les deux personnages principaux, vous brossez un certain portrait de la jeunesse indienne. Pensez-vous qu’elle ait encore un avenir ?

Tout d’abord, nous souhaitions situer l’intrigue dans une petite ville et y apporter un nouvel éclairage. Nous avons eu envie de filmer dans une ville d’aujourd’hui, en pleine mutation, où les jeunes parlent de leur ambition de devenir ingénieur ou de Facebook, tout en se sentant pris dans un étau socio-économique.

La mort plane sur tous les personnages. Est-ce un thème important à vos yeux ?

Pour moi, le film est un récit initiatique, dans lequel la douleur peut s’avérer positive et n’est pas forcément synonyme de détresse absolue. D’ailleurs, Bénarès est connue comme la « ville de la mort », et on raconte que si l’on meurt à Bénarès, on trouvera le salut. C’est pourquoi c’était d’autant plus important d’y situer l’intrigue.

En dépit d’une approche documentaire, le film est très stylisé. Comment avez-vous travaillé la lumière et les couleurs ?

Anurag Kashyap est adepte d’une mise en scène très sobre et, par exemple, il n’utilise pas de grue, ce qui est très inhabituel dans le cinéma indien. Tout comme lui, je souhaitais surtout raconter une histoire et rester au plus près de mes personnages. Nous avons tourné l’intégralité du film en décors naturels. Nous nous sommes même rendus sur le ghat, mais nous n’avons pas filmé la crémation pour des raisons éthiques. Les décors devaient donc être aussi réalistes que possible. Par exemple, étant donné que le bleu est censé être la couleur du diable, nous avons utilisé cette couleur.

Le film se démarque nettement du Bollywood. Pensez-vous qu’il y ait en Inde un espace pour d’autres genres et notamment pour le cinéma d’auteur ?

Je ne regarde pas beaucoup de films de Bollywood. Ils sont destinés à un public bien spécifique et ils ne me plaisent pas. Les gens sont de plus en plus attirés par des films qui abordent de vrais sujets et qui s’appuient sur de bons scénarios. Du coup, on ne voulait aucune scène de chant ou de danse dans notre film. Je crois vraiment qu’un film est fait pour émouvoir et présenter des situations réalistes – mais réaliste ne veut pas dire ennuyeux.

  • Sortie : 24/06/2015
Date de la publication électronique :01 June 2015
Sources :

Matériel publicitaire de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé.